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b. Guérison d’un lunatique.
Mt 17.14-20. Parall. Mc 9.13-28 ; Lc 9.37-43.

Lorsqu'Il fut venu vers la foule, un homme s'approcha de Lui, et se mit à genoux devant Lui, et Lui dit : Seigneur, ayez pitié de mon fils, qui est lunatique, et qui souffre beaucoup ; car il tombe souvent dans le feu, et souvent dans l'eau.

Et cum venisset ad turbam, accessit ad eum homo genibus provolutus ante eum, dicens : Domine, miserere filio meo, quia lunaticus est, et male patitur : nam sæpe cadit in ignem, et crebro in aquam.

Καὶ έλθόντων αύτω̃ν πρὸς τὸν όχλον προση̃λθεν αύτω̣̃ άνθρωπος γονυπετω̃ν αύτω̣̃ Καὶ λέγων

17.14. — Et quum venisset… Quel contraste ! Be la montagne de la Transfiguration, où le ciel s’était en quelque sorte confondu avec la terre, Jésus descend dans la vallée des larmes, pour y contempler le spectacle des plus terribles conséquences du péché. « Hic jam alia longe scena se pandit, quam optarat Petrus ℣. 4. Bum Moses in monte erat, populus deliquit, Ex. xxxii, 4. Dum Jesus in monte erat, res apud populum non optime gesta est[718] ». On sait le parti que le génie de Raphaël a su tirer de ce contraste dans son tableau de la Transfiguration que nous signalions précédemment. Tandis que la partie supérieure de la fresque est consacrée au mystère de la glorification de Jésus, on voit au bas, au milieu des Apôtres impuissants et de la foule incrédule, le jeune possédé qui s’agite violemment et dont les trails contractés, livides, font ressortir davantage la divine physionomie de Jésus. — Accessit ad eum homo… Dès qu’il aperçoit le Sauveur, ce malheureux père se détache de la foule et se précipite au-devant de lui ; puis, tombant à genoux, il lui adresse la prière motivée que nous ont conservée les trois premiers Évangiles. C’est d’abord un cri de pitié : Miserere filio meo, poussé avec d’autant plus de douleur et d’énergie que le suppliant n’avait pas d’autre fils, cf. Luc. ix, 38. C’est ensuite la description émue des souffrances qu’endure ce pauvre enfant, et des dangers qu’il court, lunaticus est. Nous avons dit, en expliquant iv, 24, que cette expression était une désignation populaire de certaines maladies sur lesquelles la lune, dans ses différentes phases, était censée avoir, ou avait en réalité quelque influence. Au trouble des organes s’était joint, d’après le contexte, un autre mal encore plus affreux, puisque cet infortuné jeune homme était possédé du démon. — Et male patitur, κακω̃ς πασχεί indique le contraire de εύ πάσχειν : les détails pathologiques plus complets du second et du troisième évangéliste nous montrent combien étaient affreuses les souffrances endurées par ce démoniaque. Son état, tel qu’ils le décrivent, présente de très grands rapports de ressemblance avec l’épilepsie. — Sæpe cadit in ignem… in aquam. Ces mots indiquent le caractère subit et dangereux des crises : elles avaient lieu dans des circonstances telles que le malade risquait d’y trouver à chaque instant une mort horrible. Le médecin Cælius Aurelianus, dans son traité des maladies chroniques, i, 4, dépeint presque dans les mêmes termes la situation précaire de quelques-uns de ses patients atteints du haut mal : « Alii publicis in locis cadendo fœdantur, adjunctis etiam externis periculis, loci causa præcipites dati, aut in flumina vel mare cadentes ».

Je l'ai présenté à Vos disciples, et ils n'ont pu le guérir.

Et obtuli eum discipulis tuis, et non potuerunt curare eum.

Κύριε έλέησόν μου τὸν υίόν, ότι σεληνιάζεται καὶ κακω̃ς πάσχει· πολλάκις γὰρ πίπτει είς τὸ πυ̃ρ καὶ πολλάκις είς τὸ ύδωρ

17.15. — Et obtuli eum. Il était venu la veille, pendant la courte absence de Jésus, cf. Luc. ix, 37 ; n’ayant trouvé que les Apôtres, ils les avait priés de guérir son fils. Ceux-ci s’étaient mis aussitôt à l’œuvre pour chasser le démon ; mais en vain, car il avait résisté victorieusement à tous leurs exorcismes.

Jésus répondit : Ô génération incrédule et perverse, jusques à quand serai-Je avec vous ? jusques à quand vous souffrirai-Je ? Amenez-le-Moi ici.

Respondens autem Jesus, ait : O generatio incredula, et perversa, quousque ero vobiscum ? usquequo patiar vos ? Afferte huc illum ad me.

καὶ προσήνεγκα αύτὸν τοι̃ς μαθηται̃ς σου καὶ ούκ ήδυνήθησαν αύτὸν θεραπευ̃σαι

17.16. — Respondens autem Jesus. Cette nouvelle remplit le divin Maître d’une sainte tristesse et d’une sainte indignation auxquelles il donna immédiatement un libre cours. — O generatio intredula… Autant la signification de ce reproche est claire, autant il est difficile de déterminer la partie de l’assistance sur laquelle il retombe. Suivant Origène, il serait adressé directement aux disciples et à eux seuls ; au contraire, d’après la plupart des anciens commentateurs, cf. Maldonat in h.l., il n’était appliqué qu’au reste de l’assemblée, à l’exclusion des Apôtres. Il nous parait plus juste de dire avec Olshausen, Slier et plusieurs autres, qu’il concerne tout à la fois le père du démoniaque, la foule et les disciples. En effet, si le mot « génération » est trop vaste pour ne désigner que les Apôtres, l’entretien particulier que ceux-ci auront bientôt avec Jésus, cf. ℣℣. 18 et 19, prouvera suffisamment qu’ils méritaient eux aussi, jusqu’à un certain point, l’épithète d’incrédules. Mais, d’autre part, ce furent avant tout les sentiments imparfaits des assistants gui contribuèrent à prêter main forte au démon et à lui donner la victoire sur les neuf disciples. De même que Jésus n’avait pu opérer de nombreux prodiges à Nazareth, à cause de l’incrédulité de ses concitoyens, cf. xiii, 58, de même ses Apôtres étaient restés impuissants dans la circonstance présente, parce que ceux qui les entouraient n’avaient pas une foi suffisante, digne d’un miracle. — La seconde épithète, perversa, διεστραμμένη, désigne un bouleversement moral, un triste désordre de l’âme ; Cf. Deut. xxxii, 5. — Quousque ero… Ces paroles semblent si dures, elles sont de prime abord si extraordinaires sur les lèvres de Notre-Seigneur, que saint Jérôme croit devoir en adoucir l’effet en disant, du reste avec beaucoup de délicatesse et de vérité : « Non quod tædio superatus sit, at mansuetus ac mitis, qui non aperuit sicut agnus coram tondente os suum, nec in verba furoris eruperit ; sed quod in similitudinem medici, si ægrotum videat contra sua præcepta se gerere, dicat : Usquequo accedam ad domum tuam, quousque artis perdam injuriam, me aliud jubente et te aliud perpetrante[719] ». Douloureusement ému, le Sauveur voudrait que sa tâche fût enfin achevée, et qu’il pût jouir au ciel de la paix et du repos, après tant d’ennuis que lui causent ceux qu’il est venu sauver. — Afferte ilium. Son mécontentement n’est pas un obstacle à sa bonté et il se dispose à guérir le jeune malade, qu’il commande de lui amener. — Ad me est emphatique ; à moi, puisque vous avez été si faibles. Le général va réparer la défaite de ses officiers inférieurs.

Et Jésus le menaça, et le démon sortit de l'enfant, qui fut guéri à l'heure même.

Et increpavit illum Jesus, et exiit ab eo dæmonium, et curatus est puer ex illa hora.

άποκριθεὶς δὲ ό 'Iησου̃ς εί̃πεν ̔Ω γενεὰ άπιστος καὶ διεστραμμένη έως πότε έσομαι μεθ'' ύμω̃ν έως πότε άνέξομαι ύμω̃ν φέρετέ μοι αύτὸν ώ̃δε

17.17. — Et increpavit ilium… La Vulgate a traduit par le masculin et appliqué à l’enfant le pronom αύτω̣̃ dont le genre est douteux dans le texte grec. Nous préférerions le neutre, les réprimandes divines de Jésus s’adressant plutôt au démon qu’au possédé. Les récits de saint Marc et de saint Luc décrivent la scène terrible qui se produisit alors, et les violences que l’esprit mauvais fit subir à sa victime avant de la quitter pour toujours. Néanmoins, le démon fut bien forcé d’obéir, « et l’enfant fut délivré à partir de ce moment ».

Alors les disciples s'approchèrent de Jésus en particulier, et Lui dirent : Pourquoi n'avons-nous pas pu le chasser ?

Tunc accesserunt discipuli ad Jesum secreto, et dixerunt : Quare nos non potuimus ejicere illum ?

καὶ έπετίμησεν αύτω̣̃ ό 'Iησου̃ς καὶ έξη̃λθεν άπ' αύτου̃ τὸ δαιμόνιον καὶ έθεραπεύθη ό παι̃ς άπὸ τη̃ς ώρας έκείνης

17.18. — Ce verset et les deux suivants contiennent la relation d’une intéressante conversation qui eut lieu presque aussitôt après le miracle entre Jésus et ses Apôtres, touchant l’impuissance de ces derniers. — Secreto. Le Maître et les disciples sont actuellement seuls ; la foule s’est dispersée, et ils ont pu se retirer dans une maison voisine. Cf. Marc. ix, 27. L’entretien est ouvert par les Apôtres eux-mêmes qui interrogent naïvement et familièrement le Sauveur, suivant leur habitude. — Quare nos non potuimus ? Ils n’ont pas bien compris le sens du reproche adressé par Jésus à la génération incrédule et perverse ; il ne leur est pas venu à la pensée qu’il pouvait bien les concerner aussi. De plus, comme ils avaient déjà fait usage, et victorieusement, du pouvoir que Jésus-Christ leur avait conféré sur les démons, cf. Luc. x, 17, ils se demandent avec une certaine amertume quel a été le motif de leur récent insuccès, et de la pénible humiliation qui en a été la conséquence.

Jésus leur dit : À cause de votre incrédulité. Car en vérité, Je vous le dis, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici là, et elle s'y transporterait ; et rien ne vous serait impossible.

Dixit illis Jesus : Propter incredulitatem vestram. Amen quippe dico vobis, si habueritis fidem sicut granum sinapis, dicetis monti huic : Transi hinc illuc, et transibit, et nihil impossibile erit vobis.

Τότε προσελθόντες οί μαθηταὶ τω̣̃ 'Iησου̃ κατ' ίδίαν εί̃πον Διατί ήμει̃ς ούκ ήδυνήθημεν έκβαλει̃ν αύτό

17.19. — Dixit iliis Jesus. Jésus leur dévoile simplement la raison secrète qu’ils désirent connaître, et profite de cette occasion pour leur donner une leçon de la plus haute importance. — Propter incredulitatem vestram : telle a été la cause de leur défaite. Eux aussi, ils sont incrédules, non pas sans doute « in stricto sensu », à la façon des Scribes ou du peuple qu’animent des sentiments pharisaïques, mais du moins d’une manière relative. Ils n’ont pas la foi que Jésus serait en droit d’attendre d’eux après les grâces et les lumières spéciales dont ils ont été comblés. Plusieurs manuscrits grecs portent διὰ τὴν όλιγοπκιτίαν, « propter modicam fidem », au lieu de διὰ τὴν άπιστίαν : mais c’est là une correction malheureuse, qui provient manifestement du désir d’enlever à la réprimande du Sauveur quelque chose de sa dureté apparente. — Amen quippe. Après avoir appliqué d’avance le sceau du serment à la promesse qu’il va faire, Jésus-Christ propose à ses disciples l’image de la foi parfaite, dont il développe les effets tout-puissants. — Si habueritis fidem ; non pas simplement la foi théologale, mais ce que l’on a nommé « fides miraculosa », cette foi vive, efficace, cette confiance complète en Dieu, qui permettent d’accomplir des prodiges étonnants avec la plus grande facilité. — Sicut granum sinapis. « Modicum videtur granum sinapis ; nihil fortius gustu. Quod quid est aliud, nisi maximus ardor et intima vis fidei in Ecclesia[720] ? » Mais nous croyons qu’ici encore Notre-Seigneur fait plutôt allusion à la petitesse du grain de sénevé qu’à l’âcreté et à la force intrinsèque de la moutarde ; Cf. xiii, 34. « Docens igitur sinceram fidem vel minimam magna posse, sinapim commemorat[721] ». De même qu’il ne faut qu’une étincelle pour allumer un violent incendie, de même, pour réaliser les merveilles dont parle Jésus, il suffit d’un peu de foi réelle et vigoureuse. Assurément, plus on en aura, plus on sera puissant ; mais c’est la qualité qui importe avant tout. — Dicetis monti huic : en prononçant ces mots, le Sauveur indiquait de la main la montagne de la Transfiguration, l’Hermon et sa masse gigantesque. — Transi hinc illuc : nouveau geste pour montrer l’endroit où la montagne devrait se transporter dans cet étrange déplacement. — Et transibit, docile comme un enfant à la voix de son maître. Et c’est une quantité de foi simplement égale à un grain de sénevé qui changerait de place une montagne énorme ! La plus petite mesure concevable de pouvoir spirituel suffit donc pour réduire à l’obéissance les puissances les plus colossales de ce monde. « Quod si dixeris, Ubinam (apostoli) montes transtulerunt ? dicam illos multo majora fecisse, quum mille mortuos suscitarint. Neque paris potestatis est montem transferre ac mortem a corpore pellere. Narrant, post illos, sanctos quosdam iilis minores montes necessitate postulante transtulisse. Unde liqueat illos quoque translaturos fuisse, si id necessitas postulasset[722] » Parmi les Saints de second rang auxquels fait allusion le grand évêque de Constantinople, qu’il suffise de mentionner l’histoire bien connue de saint Grégoire-le-Thaumaturge[723]. Grotius, dans son commentaire, cite deux autres exemples plus récents : « Neque vero negarim… interdum impletum quod hic dicitur, quum Nonnosi precibus ingentis molis saxum ad Soracte translatum martyrologia prodant, et idem ab Episcopo Armenio præstitum instante Chalifa Babylonis, anno 1225, haud spernendi auctores sint[724] ». Il faut donc prendre à la lettre cette promesse de Jésus-Christ, que nous lui entendrons répéter dans plusieurs autres circonstances[725]. Elle confère aux vrais croyants autre chose que le pouvoir d’accomplir des prodiges dans l’ordre moral. « Que la foi ait opéré des miracles dans le monde extérieur, dit le protestant Stier, et qu’elle en opère encore de de temps à autre, il n’y a pour le nier que les fous, qui s’imaginent qu’avec leur incrédulité ils peuvent réussir à mettre de côté tous les faits de l’histoire[726] ». La foi, il est vrai, fait rarement usage de cette puissance que Jésus lui a concédée ; car elle comprend que les occasions où elle doit l’exercer prudemment, d’une manière conforme au plan divin, ne se présentent pas tous les jours : elle n’en use que sous l’influence des inspirations célestes. Le Sauveur n’a point donné par là au premier venu le droit de bouleverser la géographie physique du globe, selon la réflexion pittoresque du P. Curci[727]. — Mais il ne permet pas seulement aax hommes doués d’une foi robuste d’être des עקר הרים, c’est-à-dire, des arracheurs de montagnes, comme disaient les Rabbins des orateurs éloquents[728], aussi ajoute-t-il : Et nihil impossibile erit vobis : tout ce qui sera conforme à la volonté de Dieu, utile à mon royaume, vous le pourrez. La foi met ainsi entre nos mains l’omnipotence divine.

Mais cette sorte de démon ne se chasse que par la prière et le jeûne.

Hoc autem genus non ejicitur nisi per orationem et jejunium.

ό δὲ 'Iησου̃ς εί̃πεν αύτοι̃ς Διὰ τὴν άπιστίαν ύμω̃ν· άμὴν γὰρ λέγω ύμι̃ν έὰν έχητε πίστιν ώς κόκκον σινάπεως έρει̃τε τω̣̃ όρει τούτω̣ Μετάβηθι έντευ̃θεν έκει̃ καὶ μεταβήσεται· καὶ ούδὲν άδυνατήσει ύμι̃ν

17.20. — Hoc autem genus. Tout est possible à la foi, et pourtant il est des œuvres qu’elle accomplit plus difficilement que d’autres : telle est la signification de ce « mais » placé en tête du ℣. 20. Jésus, revenant directement à la question que lui avaient posée les Apôtres, montre que le contrôle des esprits mauvais est une chose plus malaisée que l’action de transporter les montagnes : il faut donc, pour remplir le rôle d’exorciste, une foi d’une énergie particulière, activée par de grands moyens. Les exégètes se demandent si, par les mots « hoc genus », Notre-Seigneur a voulu désigner toute la race des démons en général, τὸ τω̃ν δαιμόνων άπαν, Saint Jean Chrysostome, ou seulement la catégorie à laquelle appartenait l’esprit infernal que les Apôtres n’avaient pas été capables d’expulser. Ce second sentiment nous parait le plus probable ; c’est du reste le plus généralement adopté. — Nisi per orationem… Évidemment, il s’agit ici de la prière et des jeûnes de l’exorciste, bien que des esprits bizarres aient essayé d’en faire les œuvres du possédé lui-même. Évidemment aussi, cette prière et ce jeûne ne doivent pas être considérés isolément, mais dans leur union avec la foi qui forme le sujet de l’entretien, ou mieux encore, comme moyens d’accroître et d’aviver la foi. Jésus veut dire que, dans certaines circonstances, le Thaumaturge est en présence de démons supérieurs et si puissants qu’une foi commune est insuffisante pour les expulser : les Apôtres venaient précisément de se trouver dans un cas semblable. Quand cela arrive, il faut exciter sa foi pour la mettre à la hauteur du prodige que l’on veut accomplir ; or, la prière et le jeûne produisent sous ce rapport des résultats aussi prompts qu’infaillibles. La prière, qui est au fond un acte de foi, fortifie considérablement cette vertu dans un cœur. Vivre dans la prière, c’est vivre dans la foi ; il en est de même du jeûne : « Cum fide jejunium non parvam inducit fortitudinem[729] ». Ces deux moyens réunis sont donc, suivant la belle comparaison du saint Docteur, deux ailes qui nous transportent bien haut dans les régions de la foi. « Qui orans jejunat, binas possidet alas, ipsis ventis leviores… ; est igne ardentior et terra superior, ideoque maxime dæmonum et hostis et inimicus[730] ».

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