Jésus dit : Enlevez la pierre.
LA PIERRE DU TOMBEAU ET LA PIERRE DU PUITS
Ici, Jésus n'enlève pas lui-même la pierre placée contre la grotte, mais il dit : “ Enlevez la pierre ” ; au contraire (de ce qui se passe) dans la Genèse, quand “ il y avait une grande pierre sur l'orifice du puits, tous les troupeaux se rassemblaient là, on roulait la pierre loin de l'orifice du puits, on rassemblait les brebis et on leur donnait à boire, puis on remettait la pierre à sa place, sur l'orifice du puits ” ; or, comme cela n'avait pas encore eu lieu parce que le bétail n'avait pas été rassemblé, Jacob, voyant “ Rachel, la fille de Laban, le frère de sa mère, et les brebis de Laban, le frère de sa mère, s'avança, roula lui-même la pierre loin de l'orifice du puits et fit boire les brebis de Laban, le frère de sa mère ” ; nous voulons donc comparer ces deux pierres l'une à l'autre, afin de saisir le motif pour lequel ici Jésus n'a pas enlevé lui-même la pierre de devant la grotte, mais a dit : “ Enlevez la pierre ”, alors que, dans la Genèse, Jacob a roulé lui-même la pierre de dessus l'orifice du puits. Considère également si nous pouvons dire de la pierre posée à l'entrée de la grotte que, cette grotte étant un tombeau, Jésus ne devait pas toucher lui-même cette pierre, mais seulement donner l'ordre de l'enlever à ceux dont c'était le travail, (dire) aussi de la pierre posée à l'orifice du puits, empêchant de boire les brebis dont devaient naître celles qui seraient marquées d'une empreinte et deviendraient la part de Jacob, qu'il importait que Jacob la saisît lui-même, que, s'approchant de cette pierre, il la roulât lui-même de dessus l'orifice du puits afin de désaltérer les brebis de Laban, le frère de sa mère. Il importait certes que Jacob s'approchât lui-même du puits et que Jésus demeurât, au contraire, à l'extérieur de la grotte. Si tu le peux, sois également attentif au motif pour lequel, quand il s'agit de la grotte, la pierre posée sur elle n'est pas roulée, mais enlevée et, quand il s'agit du puits, la pierre n'est pas entièrement enlevée, mais seulement roulée il fallait enlever complètement la pierre provenant du tombeau et ne pas la rouler de nouveau, celle qui était sur le puits, il fallait seulement l'éloigner en la roulant. En effet, il est dit plus haut que la gloire de Dieu, ayant présente à l'esprit la grandeur de la foi qui est imputée à justice, croyons. Mais, si l'un de ceux qui s'imaginent croyants n'a pas encore vu la gloire de Dieu, il doit comprendre qu'il est contraint d'avouer son manque de foi, puisqu'il n'a pas encore vu la gloire de Dieu car il ne ment pas celui qui dit ceci, non seulement à Marthe mais aussi à tout homme “ Si tu croîs, tu verras la gloire de Dieu ”.
Ils enlevèrent donc la pierre ”.
MARTHE A RETARDÉ L'ENLÈVEMENT DE LA PIERRE
Le retard apporté à l'enlèvement de la pierre posée devant la grotte est dû à la sœur du défunt ; en déclarant : “ il sent déjà, car il en est au quatrième jour ”, elle a en quelque sorte empêché d'agir ceux qui en avaient reçu l'ordre de Jésus, qui leur avait dit : “ Enlevez la pierre.” Et si l'incrédulité de Marthe n'avait pas diminué lorsque Jésus lui dit : “ Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? ” ceux qui avaient reçu l'ordre : “ Enlevez la pierre ” n'auraient pas enlevé la pierre. Supposons en effet, par hypothèse, qu'à l'injonction de Jésus “ Enlevez la pierre ” la sœur du défunt n'ait pas répliqué et qu'elle n'ait pas dit : “ Il sent déjà, car il en est au quatrième jour ” ; d'après cette hypothèse serait-il écrit autre chose que ceci : “ Jésus dit : Enlevez la pierre ; ils enlevèrent donc la pierre ” ? Mais en fait, entre l'ordre : “ Enlevez la pierre ” et son exécution : “ Ils enlevèrent donc la pierre ”, les paroles de la sœur du défunt firent obstacle à l'enlèvement de la pierre. Et elle n'aurait pas du tout été enlevée, même pas plus tardivement, si Jésus n'avait pas répondu à l'incrédulité de Marthe par ces mots : “ Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? ” Il est donc bon que rien ne s'interpose entre l'ordre de Jésus et l'exécution, par ceux qui ont reçu cet ordre, de ce que Jésus a commandé. Et je pense qu'à un tel homme (qui obéit aussitôt) il siéra de dire qu'il est devenu l'imitateur du Christ. Car, de même que Dieu dit au Christ “et cela arriva, il commanda et ce fut créé ”, ainsi le Christ dit au fidèle et celui-ci agit, le Fils de Dieu commanda et, lui, il accomplit le commandement, sans remettre à plus tard et sans se faire tort à lui-même par une désobéissance (en laissant) du temps entre l'ordre et son exécution il faut penser, en effet, que pour celui qui effectue avec retard la chose ordonnée, le temps du délai est un temps de désobéissance à l'égard de l'ordre reçu. C'est aussi pourquoi, dans la parabole de l'Évangile, le fils qui, ayant reçu de son père l'ordre d'aller travailler aux champs, ne le fit pas aussitôt mais plus tard, quand, s'étant repenti, il y alla, celui-là ne fit pas la volonté de son père pendant le temps qui précéda son repentir. Il faut, par conséquent, se souvenir de cette parole “ Ne tarde pas à te tourner vers le Seigneur, ne remets pas de jour en jour ”, et de cette autre “ Ne dis pas Va et reviens , je donnerai demain, au moment ou il t'est possible de faire du bien ”. On doit donc considérer comme une accusation portée contre Marthe le fait que ces mots-ci “ Ils enlevèrent donc la pierre ” soient écrits plus tard, alors qu'ils auraient dû suivre immédiatement ceux-là “ Jésus dit Enlevez la pierre ”.
Jésus leva les yeux vers le haut et dit..
QUI A LE DROIT DE LEVER LES YEUX ?
Il faut procéder à une observation et à un examen attentifs de ce qui est écrit au sujet des yeux de Jésus et de leur attitude à l'égard de certains, ainsi, d'après l'Évangile selon Luc, lorsque Jésus était sur le point de prononcer les béatitudes et l'enseignement qui leur fait suite, “ il leva les yeux sur ses disciples et dit ”, et maintenant, “ il leva les yeux vers le haut et dit ”. Par le premier exemple, nous apprenons, en effet, que les disciples de Jésus ne sont pas en bas : par conséquent les yeux du Maître se lèvent sur ceux qui ont mérité qu'il lève les yeux sur eux ; et par l'exemple que nous examinons maintenant (nous apprenons) qu'il a écarté sa pensée de l'entretien avec ceux d'en bas, l'a élevée et exaltée, la conduisant jusqu'à la prière adressée au Père qui est au-dessus de tout. Mais aussi, s'il est vrai que Paul et ses pareils sont les imitateurs du Christ, il est nécessaire à qui veut prier en émule de la prière du Christ et à son imitation, de lever vers le haut les yeux de son âme et, les faisant monter loin des affaires, du souvenir, des idées et des réflexions d'ici-bas, d'adresser ainsi à Dieu les paroles de la prière, paroles élevées et célestes, dont l'objet est élevé et céleste. Si quelqu'un objecte à cela le publicain qui ne voulait même pas lever les yeux et qui se frappait la poitrine en disant : “ Dieu, aie pitié de moi, pécheur ”, il faut lui dire ceci : tout comme ce n'est ni par tous ni en tout temps que doit être assumée “la tristesse selon Dieu qui crée un repentir salutaire dont on n'a pas lieu de se repentir ”, mais par tous ceux — et ceux-là seuls — dont les actes méritent une telle tristesse et qui s'en repentent, et tout comme cette tristesse doit être assumée avec mesure et sans excès, de peur que, sous l'emprise d'une tristesse excessive, on ne soit englouti par Satan, de même ne convient-il peut-être pas à tout homme de ne même pas vouloir lever les yeux, comme aussi de se tenir à distances
Que chacun donc se juge lui-même à ce sujet, “ que l'homme s'éprouve lui-même ” et qu'ainsi non seulement “ il mange du pain et boive de la coupe ”, mais qu'aussi il levé les yeux, les tourne vers le haut pour la prière, en se soumettant lui-même à Dieu, et qu'en s humiliant, il lui parle.
Si nous pensons qu'a quiconque vit n'importe comment, il convient, comme au publicain, de ne même pas vouloir lever les yeux, il est temps de dire que, tout comme il lui faut ne pas vouloir lever les yeux, il lui faut aussi se tenir à distance du sanctuaire. Mais quel peut-être ce sanctuaire, si ce n'est l'Église du Dieu vivant elle que Paul appelle aussi la maison de Dieu en disant “ Pour que, si je tarde, tu saches comment tu dois te conduire dans la maison de Dieu qui est l'Église du Dieu vivant, colonne et soutien de la vérité ”. De même donc qu'il ne convient pas à chacun de ne pas user du pain, de ne pas boire de la coupe et de se tenir à distance de la maison de Dieu et de l'Église, de même ne convient-il pas à chacun de ne pas vouloir lever les yeux. Bien plus, il y a péché si celui à qui il convient de lever les yeux ne les lève pas et si celui à qui il convient de ne pas les lever les lève. Agissant donc convenablement, le publicain de l'Évangile n'a même pas voulu lever les yeux, il les lèverait, au contraire, à juste titre, le disciple présent auprès de Jésus, qui reçoit aussi l'ordre que voici “ Levez les yeux et considérez les champs, car déjà ils sont blancs pour la moisson ”. Et le prophète dit également “ Levez les yeux vers le haut ”, mais encore, au Psaume 122, qui est le quatrième cantique des degrés, le prophète dit à Dieu, comme quelqu'un qui levé les yeux vers lui comme il le faut “ Vers toi j'ai levé les yeux, toi qui demeures dans le ciel Voici, comme les yeux des serviteurs sur les mains de leurs maîtres, comme les yeux de la servante sur les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux (sont tournes) vers le Seigneur, notre Dieu, jusqu'à ce qu'il nous prenne en pitié ” Mais s'il faut aussi montrer plus clairement pour qui il est désormais convenable d'imiter Jésus qui levé les yeux vers le haut en levant lui aussi les yeux, et pour qui ce qui convient, ce n'est pas cela, mais au contraire non seulement de se tenir, comme le publicain, à distance du sanctuaire, mais encore de ne pas vouloir lever les yeux, nous citerons, au Livre de Daniel, le passage concernant les vieillards iniques épris de Suzanne, il est conçu ainsi “ Ils pervertirent leur esprit et détournèrent les yeux, de peur de regarder vers le ciel et de se souvenir de ses justes jugements ” (Nous citerons) aussi ce qui est dit de Suzanne en ces termes “Toute en larmes, elle regarda vers le ciel, car son cœur faisait confiance au Seigneur.” Remarque, en effet, dans ces récits qu'eux, pervertissant leur esprit, détournèrent les yeux de peur de regarder vers le ciel, et qu'elle, faisant confiance au Seigneur, regarda vers le ciel parce qu'elle mettait sa confiance dans le Seigneur. Il seyait donc à celle qui allait prier avec la liberté de parole qu'autorisait sa chasteté, de regarder vers le ciel et de lever les yeux vers le haut ; quant aux vieillards — si, par hypothèse, après avoir perverti leur esprit et détourné les yeux, de peur de regarder vers le ciel et de se souvenir de ses justes jugements, si, après avoir tenté la femme, mais sans en obtenir ce qu'ils désiraient, ils s'étaient repentis et si, après cela, ils avaient prié —, (il leur aurait convenu) de ne pas vouloir lever les yeux, de se tenir aussi à distance comme le publicain et de se frapper la poitrine en disant : “ Dieu, aie pitié de moi, pécheur ! ” . A qui lève les yeux vers le haut, qui les élève comme il convient vers le ciel, il siérait aussi de lever des mains pures surtout lorsque, sans colère ni contestation, il fait monter sa prière. De cette façon, en effet, si nos yeux sont levés vers le haut par la pensée et la contemplation et si nos mains sont élevées dans des actions qui élèvent et exaltent l'âme — comme Moïse à élevé les mains au point qu'il aurait pu dire : “L'élévation de mes mains, c'est le sacrifice du soir ” —, les Amalécites et tous les ennemis invisibles seront vaincus, les Israélites en nous, les pensées (d'Israélites) seront vainqueurs. Voilà donc les remarques qui nous ont paru appropriées au texte “ Jésus leva les yeux vers le haut et dit ”.
Père, je te rends grâces de m'avoir exaucé ; moi, je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, pour qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé.
L'ACTION DE GRÂCES DE JÉSUS
1. Le Père a devancé sa prière
A ceux qui prient d'une manière digne de ceux qui sont dans la chair sans combattre selon la chair, Dieu a fait, pour leur prière, cette promesse : “Tu parleras encore que je dirai : Me voici ” ; s'il en est ainsi, que penser du Sauveur et Seigneur, si ce n'est que (Dieu lui a promis :) “Avant que tu parles, je dirai : Me voici” ? C'est en même temps, en effet, qu'“ il leva les yeux vers le haut et dit”. Qu'a-t-il dit ? à supposer qu'il soit possible de formuler, en une telle matière, une conjecture conforme à cette parole : “ Avant que tu parles, je dirai : Me voici ”, de sorte que ce qui est dit au Sauveur soit plus que ce qui est écrit pour les justes dans la promesse : “Tu parleras encore que je dirai Me voici ” Qu'a-t-il donc dit il avait l'intention de prononcer une prière de demande, mais, celui qui pourrait lui dire “Avant que tu parles, je dirai Me voici ” devança sa demande et, au lieu de la demande qu'il avait l'intention de prononcer, Jésus adressa son action de grâces à celui qui avait devance sa prière et, parce qu'il était exaucé en ce qu'il pensait seulement mais sans l'avoir exprimé dans sa prière, il dit “ Père, je te rends grâces de m'avoir exauce ” Il allait donc prier pour la résurrection de Lazare et Dieu, qui seul est bon, le Père, devançant sa prière, entendit les paroles qu'il allait prononcer dans sa prière c'est pourquoi, au lieu d'une prière de demande, le Sauveur fait monter une action de grâces, de façon à être entendu de la foule qui l'entoure, car il poursuit deux objectifs à la fois rendre grâces de ce qu'il a obtenu en faveur de Lazare et inciter à la foi la foule qui l'entoure, car il voulait leur faire admettre que c'était bien comme envoyé de Dieu qu'il résidait en cette vie
2 L'âme de Lazare réinsérée dans son corps
Il se sut exauce parce qu'il vit en esprit l'âme de Lazare rendue à son corps après avoir été renvoyée du lieu des âmes. Car il ne faut pas croire que l'âme de Lazare demeurait auprès de son corps après en être sortie et que, présente, elle entendit aussitôt le cri de Jésus qui disait “Lazare, viens ici, dehors ” Ou bien, si quelqu'un suppose cela de l'âme de Lazare et admet, pour l'âme affranchie du corps, l'absurdité selon laquelle elle se tiendrait près du cadavre, qu'il nous dise comment Jésus fut exaucé par le Père alors que le corps de Lazare restait encore à l'état de cadavre et que son âme en était disjointe, tout en se tenant auprès du corps, comme on le penserait chez ceux qui formulent ces théories. Pour concéder cela, en effet, nous ne dirions pas que Jésus avait été exaucé, lui qui allait être exaucé au moment où l'âme serait relogée dans son corps. Je pense que quelque chose d'analogue eut aussi lieu lorsque, en priant à cette intention, Jésus ressuscita la fille du chef de la synagogue, car il demanda que l'âme revînt et soit relogée dans son corps. Si, oui ou non, il en est aussi de même pour le fils de la veuve porté en terre, tu le chercheras toi-même, afin de trouver quelle conclusion tirer des événements relatés en tous ces passages, car il ne nous convient pas de faire de telles digressions. Peut-être aussi Jésus, qui est si grand, vit-il l'âme même de Lazare amenée soit par les préposés à cet office, soit par la volonté même du Père qui l'exauçait, et, la voyant entrer par le lieu d'où la pierre avait été enlevée, dit-il : “Père, je te rends grâces de m'avoir exaucé. ” Mais puisque, avant cela, Jésus avait aussi demandé des milliers d'autres bienfaits et les avait obtenus, pour ce motif, il ne rend pas seulement grâces pour Lazare, mais aussi pour les précédents en disant, pour Lazare “ Père, je te rends grâces de m'avoir exaucé ” et, pour les précédents “ Moi, je savais que tu m'exauces toujours ”, et tout cela, ajoute-t-il, je l'ai dit “ à cause de la foule qui m'entoure, pour qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé ” Voilà donc notre explication littérale de la résurrection de Lazare
3 L'interprétation spirituelle
Quant à l'interprétation spirituelle de ce passage, elle n'est pas difficile d'après ce qui a été explique auparavant Jésus demanda, en effet, que celui qui, après avoir été en amitié avec lui, avait péché et était devenu cadavre pour Dieu, revînt à la vie par un miracle de Dieu, il l'obtint et il perçut en cet homme des mouvements de vie dont il rend grâces au Père. Ce mort-là était entoure d'une foule de gens qui ne croyaient pas encore que Dieu avait envoyé Jésus et que c'était lui la Parole venue de la part de Dieu résider parmi les hommes. Et, l'entourant de cette façon, une foule pouvait s'étonner qu'un homme devenu aussi fétide à cause de ses péchés menant à la mort, un homme mort à la vertu, revînt à la vertu, d'étonnement, elle pouvait croire que cette Parole, qui avait vivifié Lazare, était venue de la part de Dieu résider parmi les hommes.
Ayant dit cela, il cria d'une voix forte : Lazare, viens ici, dehors ! Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage était enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : Déliez-le et laissez-le aller.
JÉSUS A RENDU LA VIE À UN PÉCHEUR
1. Le cri de Jésus vivifie un homme qui s'est détourné de lui
“ Jésus leva les yeux vers le haut et ”, alors qu'il était encore sur le point de formuler une prière de demande, il fut exaucé et, au lieu de demander, il rendit grâces ; il avait, en effet, perçu la rentrée de l'âme de Lazare dans son corps et son besoin, pour sortir du tombeau, de la vigueur que donnerait à son corps l'ordre de Jésus. C'est pourquoi, après avoir rendu grâces à son Père, il prit une voix puissante pour conférer de la force à Lazare qui, étant encore dur d'oreille, avait besoin que fût puissant le cri qui l'appellerait hors du tombeau. Et cela doit être considéré comme une œuvre digne de Jésus, non seulement de demander que vive le mort, mais aussi de l'éveiller par un cri et d'appeler à l'extérieur celui qui était à l'intérieur de la grotte et du tombeau.
Mais il faut savoir qu'il y à aujourd'hui encore des Lazares, tombés malades et décédés après avoir été en amitié avec Jésus, demeurés au tombeau et au pays des morts, morts parmi les morts et ensuite vivifiés par la prière de Jésus, appelés par Jésus d'une voix forte à sortir du tombeau vers l'extérieur : celui qui lui obéit sort, enserre, à cause de ses pèches antérieurs, des liens mérites par son état de mort et le visage encore enveloppe, sans voir, sans pouvoir marcher ni faire quoi que ce soit à cause des liens de la mort, jusqu'à ce que Jésus donne un ordre à ceux qui peuvent le délier et le laisser aller Et quiconque peut dire “ Cherchez-vous la preuve que c'est le Christ qui parle en moi ” doit s'efforcer de devenir tel que le Christ crie en lui d'une voix forte à celui qui, après avoir été mort, entend, mais sans acuité, et a besoin, pour ce motif, du cri de Jésus, (qu'il crie) ces mots “ Lazare, viens ici, dehors ” Songe qu'est en Hades, avec les ombres et les morts, au pays des morts ou parmi les tombeaux, celui qui, après avoir reçu la connaissance de la vérité, “ avoir été illuminé, avoir goûté au don céleste, être devenu participant de l'Esprit-Saint, avoir goûté l'excellence de la parole de Dieu et les puissances du siècle à venir ”, à abandonné le Christ et s'en est retourné à la vie païenne.
2. Lazare reste entravé
C'est donc en faveur d'un tel homme que Jésus, après être venu jusqu'à son tombeau, avoir prié debout à l'extérieur de ce tombeau et avoir été exaucé — il avait demandé qu'il y eût une force dans sa voix et dans ses paroles —, cria d'une voix forte pour appeler à sortir de la vie des païens, de leur tombeau et de leur caverne, celui qui était devenu ainsi un ami. C'est alors que le disciple de Jésus peut voir comment un tel homme sort grâce à la voix de Jésus, mais encore lié et enserré par les bandelettes de ses propres péchés, vivant par le repentir et l'écoute de la voix de Jésus, mais les pieds et les mains encore liés des bandelettes des morts, parce qu'il n'a pas encore été délivré des liens du péché et qu'il ne peut encore ni marcher d'un pied dégagé ni accomplir librement le bien. Et, à cause de l'état de mort qui s'est emparé de lui, cet homme a, en plus des liens qui entravent ses mains et ses pieds, le visage caché et voilé par l'ignorance (entièrement) sorti du tombeau, il en est incapable tant qu'il reste lié —, Jésus dit à ceux qui peuvent lui rendre ce service “ Déliez-le et laissez-le aller ” Je pense que, d'accord avec la doctrine sur la conversion après le péché, mais encore trop faible pour vivre selon elle — parce que les facultés de son âme étaient inhibées, celles de marcher, d'agir et de contempler —, cet homme est sorti du tombeau , mais il a encore les pieds et les mains liés de bandelettes et son visage est enveloppe d'un suaire. Mais, lorsque Jésus eut parlé à ceux qui pouvaient le délier, lorsque, grâce à cet ordre du Christ parlant en maître “ Déliez-le et laissez-le aller ”, Lazare eut les pieds et les mains libères, lorsqu'il déposa le voile qui avait recouvert son visage et qui lui était enlevé, il se mit à marcher de manière à parvenir, lui aussi, à faire partie de ceux qui sont à table avec Jésus s
3 Liens du péché et liens de la mort
A cause du texte “ le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes ”, il faut dire ensuite qu'il y a une différence même parmi ceux dont les pieds et les mains sont liés et que ce n'est pas la même chose de recevoir des liens dont l'origine est une mort déjà intervenue, de sorte que même les liens portent le nom de l'état de mort — maintenant, en effet, les bandelettes sont les liens des morts —, et d'en recevoir à la suite d'un jugement du Seigneur entre voir les convives et qui, apercevant celui qui n'avait pas revêtu l'habit de noces, ordonne à son sujet . “ Après lui avoir lié les pieds et les mains, jetez-le dans les ténèbres du dehors. ” Il y a dans notre texte quelque chose qui appelle une distinction puisque “ son visage était enveloppe d'un suaire ” et qu'un voile recouvrait la figure de Moïse quand il parlait au peuple ; en effet, le suaire qui recouvrait le visage de Lazare cachait ses yeux morts, tandis que le voile de Moïse enveloppait à dessein sa figure à cause des gens du peuple incapables de supporter la vue de sa gloire. A propos de celui qui n'avait pas revêtu d'habit de noces et pour qui fut donné l'ordre : “ Apres lui avoir lié les pieds et les mains, jetez-le dans les ténèbres du dehors ”, tu chercheras aussi s'il demeure pour toujours lié et dans les ténèbres du dehors ou s'il sera délié un jour, car il n'est ajouté ni jusqu'au siècle (au singulier), ni jusqu'aux siècles (au pluriel). Dans le texte qui le concerne, en effet, il ne paraît pas être question d'une délivrance future. Il ne me semble donc pas prudent de me prononcer, alors que je n'y comprends goutte, et cela d'autant plus que rien n'est écrit à ce propos. Et à cause de cette parole “ Jésus leur dit Déliez-le ”, tu chercheras à qui (il l'a dite), car il n'est pas écrit que ce fut aux disciples, ni à la foule qui faisait cercle, mais pas non plus aux Juifs qui entouraient Marie pour la consoler, à cause du texte “ Des anges s'approchèrent et ils le servaient ” et l'interprétation spirituelle de ce passage, on pourrait supposer que l'ordre “ Déliez le et laissez-le aller ” peut éventuellement aussi avoir été donné à des anges.
4 Rôles du Père et du Fils
Je cherche encore si Jésus a accompli la parole qui fait suite à celle-ci “ Notre ami Lazare s'est endormi ”, à savoir “ Mais je vais aller le réveiller”. Je me demande donc s'il faut affirmer que c'est du fait que Jésus parla d'une voix forte et cria “ Lazare, viens ici, dehors ! ” que fut accomplie la parole “ je vais aller le réveiller ” — car on peut dire sans absurdité que la voix forte et le cri auraient pu le réveiller —, plutôt que du fait que le Père, exauçant la prière du Fils, fit revenir l'âme de Lazare auprès de son corps déposé dans le tombeau. On pourrait dire, en effet, que le Père, en exauçant la prière du Fils, ressuscita Lazare d'entre les morts, et que le Fils, en parlant d'une voix forte et en criant “Lazare, viens ici, dehors ! ” accomplit ce qu'il avait promis “ Mais je vais aller le réveiller ”. L'auteur d'un tel raisonnement, établissant une distinction entre cette déclaration-ci “ Notre ami Lazare s'est endormi ” et celle-là “ Lazare est mort ”, dira que, à la suite de “ Il s'est endormi ”, Jésus a fait cette promesse “ Mais je vais aller le réveiller ” et que, à la suite de “ Il est mort”, il n'a pas ajouté Je vais aller le ressusciter d'entre les morts. Mais celui qui résout l'apparente contradiction de ces versets et convient que la résurrection de Lazare d'entre les morts est l'œuvre commune du Fils, qui a prié, et du Père, qui l'a exaucé, aura aussi recours à la parole du Seigneur à Marthe, à qui il dit “ C'est moi, la résurrection et la vie ”, et il citera également ces mots “ Car, de même que le Père ressuscite les morts et les vivifie, de même aussi le Fils vivifie qui il veut ”
Ainsi un grand nombre de Juifs, ceux qui étaient venus trouver Marie et avaient vu ce que (Jésus) avait accompli, crurent en lui.
LA FOI DES TEMOINS
Qui ne serait incité à croire la prédication de Jésus et à la croire véritablement, alors que c'est comme au sortir d'un état de mort et de fétidité que, par une métamorphose inouïe, ceux que le vice avait complètement submergés ont secoué, sur l'ordre du Logos et avec son concours, non seulement l'horrible fétidité du péché, mais encore les liens inhibant les facultés de marcher et d'agir de leur âme et, de plus, outre celles-ci, celle de voir ? (Ils étaient) en effet stupéfies, ceux qui avaient vu Jésus si puissant en de telles circonstances, eux qui se vantaient de se consacrer à l'étude de la parole de Dieu, mais sans accepter encore la plénitude de la Parole, (et) ils étaient disposés à croire, surtout ceux qui étaient venus pour un mort dont on désespérait tout à fait, désespérant eux aussi d'un tel homme, ils étaient venus consoler Marie qui se lamentait de la perte de son frère, c'est peut-être pour eux, plus que pour celui qui avait enduré la mort, qu'arrivant à la grotte ou était le cadavre “ Jésus leva les yeux vers le haut et dit Père je te rends grâces de m'avoir exaucé Moi je savais que tu m'exauces toujours ” Pour eux, en effet, plus que pour Lazare, il adressa cette action de grâces au Père, c'est évident d'après les mots “ Mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entouré, pour qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé ” Il avait donc pris soin de Lazare à cause de la foule qui l'entourait, afin que crussent en lui les nombreux Juifs venus trouver Marie et qui avaient vu ce qu'il avait accompli. Mais écoute aussi (ce que j'ai à dire) de la suite, et pas seulement au sens matériel.