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La Pâque des Juifs était proche et beaucoup de Juifs venus de la région montèrent à Jérusalem avant la Pâque, afin de se purifier. Ils cherchaient donc Jésus et, debout dans le temple, ils se disaient les uns aux autres : Que vous en semble ? ne viendra-t-il pas à la fête ?

 

LA PÂQUE PRÉCÉDÉE D'UNE PUHIFICATION

 

1 Pâque de Dieu et Pâque des Juifs

 

Il ne faut pas croire que la Pâque du Seigneur est la même chose que la Pâque des Juifs en effet, le, Pâque selon la Loi est celle du Seigneur, et la Pâque des transgresseurs de la Loi celle des Juifs. C'est pourquoi il faut observer quand la Pâque et les autres jours sont appelés “ du Seigneur” et quand ils ne sont pas appelés “ du Seigneur ”, mais des hommes convaincus de péchés Ainsi, pour la première ordonnance sur la Pâque, est-il écrit entre autres dans l'Exode “Vous la mangerez en hâte, c'est la Pâque du Seigneur ” et, pour la seconde “ Si vos fils vous disent : Quel est ce culte que vous célébrez vous leur direz : C'est un sacrifice, la Pâque du Seigneur, car, en Égypte, il a protégé les maisons des fils d'Israël ”. En Isaïe, au contraire, le Seigneur déclare que ne sont pas à lui, mais aux pécheurs, les nouvelles lunes, les sabbats, le jeûne, le repos et les fêtes. S'il en est donc ainsi des fêtes, évidemment aussi de la Pâque car c'est une des fêtes Voici ce qui est écrit “Vos nouvelles lunes, vos sabbats et votre grand jour, je ne les supporte pas, votre jeûne, votre repos, vos nouvelles lunes et vos fêtes, mon âme les hait ” Et, chez l'un des douze (prophètes), il est écrit “Je hais vos fêtes, elles me rebutent ”. Or, d'après le texte propose maintenant, cette Pâque n'était pas celle du Seigneur, mais celle des Juifs c'est au cours de cette fête, en effet, qu'on complota contre notre Sauveur. Et pour ce motif, à mon avis, le prophète leur à déclaré que cette Pâque était la leur en disant “ Je hais vos fêtes, j'en suis rebuté ”, l'œuvre qu'ils y accomplirent, en effet, en tuant Jésus n'était pas l'œuvre d'une fête de Dieu, mais une œuvre maudite

 

2 La condamnation de Jésus est une souillure pour les Juifs

 

Cependant, avant cette Pâque des Juifs, beaucoup étaient montes de la région jusqu'à Jérusalem afin de se purifier. Je dirais, pour anticiper, que ces hommes nombreux ne comprenaient pas comment ils devaient se purifier, c'est pourquoi, alors qu'ils s'imaginaient présenter à Dieu leur Pâque comme un culte, ils furent si éloignas de se purifier, qu'ils devinrent encore plus impurs qu'ils ne l'étaient avant de se purifier. Les Juifs qui livraient Jésus à Pilate lui dirent en effet “A nous, il n'est pas permis de mettre quelqu'un à mort ”, à cause d'eux, Pilate dit au Sauveur “ Suis-je Juif, moi Ta nation et les grands prêtres t'ont livré à moi ”. Eux qui prétendaient être montés afin de se purifier, poussaient des cris, en disant à Pilate : Ne relâche “ pas celui-ci, mais Barrabas .Or Barrabas était un brigand ”. Et encore “Les Juifs répondirent “ Nous avons une loi, et d'après cette loi il doit mourir, parce qu'il s'est fait fils de Dieu ”, et encore “ Les Juifs criaient, en disant à Pilate “ Si tu le relâches, tu n'es pas ami de César, quiconque se fait roi, s'oppose à César ” Et enfin “ Les Juifs crièrent “ Supprime-le, supprime-le, crucifie-le ”. Eux, qui étaient montés avant la Pâque afin de se purifier, disaient, au cours de cette Pâque “ Nous n'avons d'autre roi que César ”, et ce que le Sauveur avait annonce d'avance à ses disciples en prophétisant en ces termes “ L'heure vient ou quiconque vous tuera croira rendre un culte à Dieu ”, cela s'est accompli en lui-même pour commencer. Ceux qui jugèrent qu'il mentait la mort s'imaginaient, en effet, rendre un culte à Dieu ; ils étaient montés à Jérusalem avant la fête afin de se purifier. Or, la véritable purification n'eut pas lieu avant la Pâque, mais à la Pâque, lorsque Jésus mourut, comme un agneau de Dieu, pour les hommes qu'il purifiait et lorsqu'il ôta le péché du monde.

Et assurément ils cherchaient Jésus, non afin d'en tirer profit, mais afin de le tuer, ces Juifs à qui il disait “ Maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous a dit la vérité que j'ai entendue de la part de Dieu ”

Debout dans le temple même, ils se disaient les uns aux autres au sujet de Jésus “ Que vous en semble ? ne viendra-t-il pas a la fête ”. Mais ce n'est pas là ou ils se tenaient que Jésus célébrait la fête, mais dans la grande chambre haute, balayée et ornée ou il avait désiré d'un grand désir manger la Pâque avec ses disciples avant de souffrir.

 

3 Chercher Jésus pour le condamner ou pour le suivre

 

On pourrait dire qu'il y en a, maintenant encore, qui, debout dans le temple, cherchent Jésus appuyés sans doute sur les Écritures, qu'ils considèrent comme saintes, méconnaissant toutefois celui qui est venu, ils cherchent à en dire du mal et à reconnaître un Christ différent de lui. Recherche si tu peux dire aussi que d'autres Juifs montent à Jérusalem et viennent de la région en dehors de Jérusalem jusqu'à la cité de Dieu, y viennent s'y purifier, afin de pouvoir, après le sacrifice du Christ, (notre) Pâque, célébrer la fête “ non avec du vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les azymes de la pureté et de la vérité ”. Eux aussi certes, debout dans le temple des Écritures, chercheront Jésus, et ils se demanderont les uns aux autres si Jésus viendra a la fête.

 

Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : si quelqu'un savait où était Jésus, il devait le dénoncer afin qu'ils se saisissent de lui.

 

CEUX QUI CHERCHENT JESUS POUR SE DÉFAIRE DE LUI

 

Regarde comment il est atteste qu'il s'est éloigné, afin que nous sachions, nous aussi, faire de même en temps voulu. Et note que les grands prêtres et les pharisiens ignoraient où était Jésus et que, à cause de cette ignorance, ils donnent des ordres pour que, si quelqu'un sait où il est, il le leur dénonce et qu'eux l'arrêtent. Tu peux dire, en outre, que ceux qui complotent contre Jésus ne savent pas où il est. C'est pourquoi ils donnent des ordres contraires à ceux de Dieu, “ dispensant des enseignements qui sont préceptes humains ”.Et leurs ordres sont ceux que donnent les pharisiens et les grands prêtres contre Jésus, car ils font partie des Juifs “ corporels ” ; ils veulent, en effet, qu'on leur dénonce Jésus, afin de le prendre en leur pouvoir et de le livrer. Et tu diras que quiconque s'enquiert de ce qui a trait au christianisme afin de le réfuter et de l'accuser est une sorte de pharisien et de mauvais grand prêtre, donnant, sous d'autres prétextes, des ordres à ceux par qui il estime pouvoir être informé de ce qui concerne Jésus, afin qu'une fois Jésus dénoncé, il s'en saisisse et le mette à mort après l'avoir outragé.

Cependant, le tome XXVIII du Commentaire sur l'Évangile selon Jean ayant pris une ampleur suffisante, arrêtons ici notre propos, pour commencer la suite au tome XXIX, si Dieu nous en fait la grâce.

 

 

LIVRE XXXII

 

INTRODUCTION

 

Puisque Dieu nous aide par Jésus-Christ a accomplir ce voyage, avançons sur le chemin de l'Évangile, chemin grand et vivant pour nous, si nous le connaissons et si nous le suivons de manière a parvenir également a son terme Essayons donc maintenant de franchir par nos paroles une trente-deuxième étape, et que nous soit présente la colonne de la nuée lumineuse de Jésus, nous précédant lorsqu'il le faut et nous arrêtant quand cela convient, jusqu'à ce que, saint frère Ambroise et homme de Dieu, par la dictée même du commentaire de l'évangile, nous ayons parcouru tout cet évangile, sans nous laisser abattre par la longueur du trajet, ni décourager par notre propre infirmité, mais en nous efforçant de suivre à la trace la colonne de la vérité. Que Dieu veuille ou non que notre esprit achevé par la dictée le trajet a travers tout le texte de l'Évangile selon Jean, c'est à lui de le savoir. Demeurant dans le corps ou le quittant pour demeurer près du Seigneur, puissions-nous du moins ne pas nous écarter de l'Évangile, afin de jouir aussi au paradis des délices de Dieu, des œuvres et des paroles qui font proclamer bienheureux.

 

LE LAVEMENT DES PIEDS

 

Au cours du dîner, alors que le diable a déjà jeté dans le cœur de Judas, fils de Simon, l'Iscariote, le dessein de le livrer, Jésus, sachant que le Père lui a tout remis entre les mains, qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne à Dieu, se lève de table, pose ses vêtements et prend un linge dont il se ceint ; puis il verse de l'eau dans le bassin et se met à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge dont il est ceint.

 

1 Déjeuner et dîner

 

Dans les Homélies sur l'Évangile de Luc, nous avons compare les paraboles les unes aux autres et nous avons cherche ce que signifie, pour les divines Écritures, le déjeuner et ce que représente pour elles, le dîner. Disons donc maintenant que le déjeuner est la première nourriture et celle qui convient aux débutants avant la consommation en cette vie du jour spirituel, et que le dîner est la dernière nourriture servie a bon droit à ceux qui ont déjà fait de grands progrès. On peut aussi dire autrement que le sens des anciennes Écritures est un déjeuner et les mystères cachés dans le Nouveau Testament un dîner. Ceci est dit en guise de préambule, au moment d'examiner comment, au cours d'un dîner, Jésus se lève de table et, après avoir verse de l'eau dans un bassin, se met a laver les pieds de ses disciples. A mon avis, en effet, ceux qui dînent avec Jésus et qui, le dernier jour de cette vie, prennent part avec lui à la nourriture, ont besoin d'une purification, non point certes pour l'un des premiers membres du corps de leur âme — si je puis m'exprimer ainsi, ce sont au contraire, ceux qu'on pourrait appeler les derniers qu'il faut laver, les plus extérieurs et qui entrent forcement en contact avec la terre. Et cette première purification ne peut être effectuée par nul autre que par Jésus seul, la seconde par ses disciples également, à qui il dit “Vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres, car je vous ai donné un exemple, afin que, vous aussi, vous agissiez comme moi j'ai agi envers vous ”

Il me semble qu'ici l'évangéliste, voulant éveiller notre esprit au sens spirituel de ce passage, n'a pas observe l'ordre chronologique des ablutions c'est avant le dîner et avant que les convives ne se mettent a table que ceux qui ont besoin de se laver les pieds se les lavent, omettant ce moment-là dans son récit, c'est, au contraire, alors que Jésus est déjà à table pour le dîner (qu'il le fait) se lever de table, afin de commencer, lui, le Maître et le Seigneur, a laver les pieds de ses disciples, qui ont commencé de dîner. Avant le dîner, en effet, ils s'étaient baignés et ils étaient devenus entièrement purs selon le précepte “ Baignez-vous, purifiez-vous, ôtez les iniquités de vos âmes de devant vos yeux ” et la suite, après ce bain ils avaient besoin d'une nouvelle eau pour les pieds seulement, c'est-à-dire pour les parties les plus inférieures de leur corps. Car, même si quelqu'un paraît être aussi parfait qu'il se peut parmi les hommes, il est impossible, a mon avis que l'âme ne soit souillée en rien, même pas en ses derniers membres les plus inférieurs. La plupart des gens sont en effet même après le bain couverts même jusqu'à la tête ou un peu plus bas de la poussière de leurs péchés en ceux au contraire qui sont réellement disciples de Jésus au point de parvenir même à dîner avec lui seuls les pieds ont besoin d'être lavés par le Logos.

En constatant des différences entre péchés et en saisissant ce qui est péché en toute précision et rigueur de terme et que la majorité ne considère même pas comme péché, tu verras pourquoi les pieds ont besoin d'être lavés par Jésus

S’il en est ainsi des souillures des pieds, que ferons nous, nous qui ne sommes jamais parvenus a dîner avec Jésus et qui n'avons pas que les pieds de souillés car Jésus dit à Pierre qui ne savait pas alors, mais qui devait comprendre par la suite le mystère du lavement des pieds purifiés par Jésus “ Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi ”. Tu chercheras ce que cela manifeste, est-ce si je ne te lave pas tu n'as absolument aucune bonne part ou pas avec moi, le Maître et le Seigneurs, mais avec mes inférieurs parmi lesquels se trouvent ceux qui, après le bain n'ont ni partagé le dîner avec moi ni eu les pieds lavés par moi ou ceux qui ont dîné (avec moi), mais n'ont pas été lavés (par moi).

A cause de ces mots “Voici, je me tiens à la porte et je frappe , si quelqu'un m'ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je dînerai avec lui et lui avec moi ”, je me demande si Jésus ne déjeune avec personne — en effet, il n'a besoin ni d'initiation ni de connaissance élémentaire — et si personne ne déjeune avec lui, mais si celui qui mange avec lui dîne seulement “ Il y a ici, dit-il en effet, plus que Salomon ”, dont il est écrit “ Voici quel était le déjeuner de Salomon ”, ce qui est énuméré au Troisième livre des Règnes.

 

2 Le diable est un archer

 

Comme conséquence de ces mots “ Si je ne te lave pas tu n'as pas de part avec moi ” j'oserais dire encore ceci Jésus n'a pas lavé les pieds de Judas, car le diable, ne l'ayant trouvé ni revêtu de l'armure de Dieu, ni muni du bouclier de la foi, grâce auquel on peut éteindre tous les traits enflammes du malin, avait déjà jeté dans son cœur le dessein de livrer le Maître et le Seigneur. En effet, j'entends de la même manière que notre texte — “ le diable ayant déjà jeté” — le passage de l'Écriture qui enseigne également, au Psaume 7, que le diable est un archer, artisan de traits enflammes contre ceux qui ne gardent pas leur cœur avec la plus grande vigilance. Voici l'énoncé du Psaume “ Si vous ne vous convertissez pas, il fera briller son sabre , il a bandé son arc et l'a prépare , il y a disposé des engins de mort, il a fabriqué ses traits pour ceux qui brûlent. Voici qu'il a connu les douleurs de l'injustice, conçu la peine, enfanté l'iniquité ”. Tout homme reconnaîtra, en effet, que ces derniers mots : “Voici qu'il a connu les douleurs de l'injustice, conçu la peine, enfanté l'iniquité” peuvent se rapporter au diable ; et il serait absurde de penser qu'ils n'ont pas été prononcés dans le même sens que les précédents : “Si vous ne vous convertissez pas, il fera briller son sabre ; il a bandé son arc et l'a préparé ; il y a disposé des engins de mort ” ; en effet, nul autre n'a disposé des engins de mort sur l'arc qu'il a bandé si ce n'est celui par l'envie duquel la mort est entrée dans le monde. D'un de ces traits, qu'il avait fabriqués pour ceux qui brûlent, le diable avait donc frappé le cœur de Judas, fils de Simon l'Iscariote, qui avait déjà été blessé au moment du repas, qui, pour ce motif, ne devait pas lui plaire : car la nourriture de ce repas et le vin qu'on y servait ne pouvaient pénétrer en un cœur frappé par le diable d'un trait destiné à la trahison de celui qui offrait peut-être le repas ; en ce texte, en effet, n'apparaît pas clairement quel était celui qui avait organisé le repas, contrairement à ce qui précède : “ Ils lui apprêtèrent là un repas, Marthe servait ; quant à Lazare, il était avec lui, l'un des convives ” A propos de Judas il est donc écrit : “Le diable ayant déjà jeté dans le cœur de Judas, fils de Simon, l'Iscariote, l'intention de le livrer” ; d'après cela on pourrait dire de chacun de ceux que le diable a blessés au cœur : Le diable ayant déjà jeté dans le cœur d'un tel l'intention de se livrer à la débauche, dans celui de tel autre, celle de devenir un voleur, pour un troisième, d'accepter, par un amour effréné de la gloire, l'idolâtrie de ceux qui paraissent élevés en dignité, et ainsi de suite pour les autres pèches que le diable jette dans le cœur dépourvu du bouclier de la foi, ce bouclier de la foi grâce auquel on peut éteindre non pas un ni deux, mais tous les traits enflammes du malin

 

Le Père a tout remis entre les mains du Fils

 

Donc, à l'approche de l'économie de la passion, en vue de laquelle il allait être livré par Judas, fils de Simon l'Iscariote, blesse par le diable, “Jésus, nous est-il dit, sachant que le Père lui a tout remis entre les mains, qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne a Dieu, se levé de table”, alors que déjà le dîner a commence. Ce qui n'était pas entre les mains de Jésus auparavant, est, par conséquent, remis entre ses mains par le Père, et non certaines choses et pas d'autres, mais toutes, David lui-même, le voyant en esprit, dit ces mots “Le Seigneur dit à mon Seigneur Siège à ma droite jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis comme un escabeau sous tes pieds ”. Les ennemis de Jésus faisaient, en effet, partie de ce tout dont Jésus savait, autant qu'il dépendait de sa prescience, qu'il lui était donne par le Père. Mais, afin de voir plus distinctement ce que signifie ceci “ Le Père lui a tout remis entre les mains”, soyons attentifs a cela “ De même, en effet, que tous meurent en Adam, de même également tous seront vivifies dans le Seigneur ”

Cependant, bien que le Père lui ait tout remis entre les mains et que tous doivent être vivifies dans le Christ, ni la justice de Dieu ni la rémunération de chacun selon son mente n'en est bouleversée. C'est clair puisque, a la suite de ces mots-ci “ Ainsi tous seront vivifies dans le Christ ”, viennent ceux-là “ chacun à son rang ”. Quant aux divers rangs de ceux qui doivent être vivifies dans le Christ, lorsque s'accomplira la parole “ Le Père lui a tout remis entre les mains ”, tu les comprendras si tu es attentif à cette affirmation “ Les prémices, c'est le Christ, puis ceux qui appartiennent au Christ lors de sa venue, ensuite vient la fin ”. laquelle fin s'établira avec le Christ, lors de sa venue, “ lorsqu'il remettra le royaume à Dieu son Père, après avoir ” d'abord “ anéanti toute principauté, toute domination et puissance ”. C'est contre elles, je pense, qu'a lieu le combat, pour qu'il n'y ait plus ni principauté, ni domination, ni puissance à combattre et que, pour ce motif, il n'y ait plus de combat, toute principauté, domination et puissance ayant été anéantie. Ce qui m'incite à penser que c'est contre “ toute principauté, toute domination et puissance à anéantir ” qu'est livré le combat, c'est la suite de ce texte chez Paul, à savoir “ Il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds ” puis “ Le dernier ennemi à anéantir, c'est la mort ”. Cela concorde assurément avec le texte “ Le Père lui a tout remis entre les mains ”, que l'Apôtre explique plus clairement en disant “ Lorsqu'il dit que tout lui a été soumis, c'est évidemment à l'exception de celui qui lui à tout soumis ”. Or, si tout lui est soumis, voici qui est également manifeste tout lui est soumis, a l'exception de celui qui lui a tout soumis et, parmi ceux qui lui seront soumis se trouvera, vaincu de manière a céder au Logos, à être soumis a l'image de Dieu et a devenir l'escabeau des pieds du Christ, celui-là même dont il est écrit “ Face au Seigneur tout-puissant, il a relevé la tête ”. Voyant donc que l'économie approchait désormais de sa fin bienfaisante, car “ le diable avait déjà jeté dans le cœur de Judas, fils de Simon l'Iscariote, le dessein de le livrer ”, Jésus savait “ que le Père lui avait tout remis ” et l'avait remis “ entre ses mains ” qui embrassent toutes choses, afin que tout lui fût assujetti, ou bien “ le Père avait tout remis entre ses mains ”, c'est-à-dire à ses actions et à ses hauts faits “ Mon Père est à l'œuvre jusqu'à présent, dit-il en effet, et moi aussi, je suis a l'œuvre ”

 

Tous ne lui sont pas soumis en même temps

 

A cause de ceux qui s'étaient écartes de Dieu, il s'est écarte de Dieu, lui qui essentiellement ne veut pas s'écarter du Père, étant sorti de Dieu, afin de faire venir avec méthode et avec ordre dans les mains de Jésus ceux qui s'étaient écartes et d'organiser leur retour a sa suite auprès de Dieu parce qu'ils l'auront suivi, ils seront auprès de Dieu. Or, il fut dit un jour a Pierre “ Ou moi je vais, toi, tu ne peux pas me suivre maintenant, tu me suivras plus tard ” — car Pierre avait encore quelque chose qui l'empêchait de suivre le Logos des ce moment-là. Il te faut penser que la même chose doit être dite mais selon une juste analogie à chacun de tous ceux que le Père a remis entre les mains du Fils à chacun de tous ces êtres en effet il sera dit “ tu me suivras plus tard ”. Mais s'ils ne le suivent pas tous à la fois ce n'est pas au même moment que renvoie dans la déclaration “ Tu me suivras plus tard ” le “ plus tard ” applicable à chacun de ceux qui le suivront. Songe aussi à cela pour tous ceux qui doivent être anéantis lorsqu'il anéantira toute principauté toute domination ou toute puissance et en un mot “ jusqu'à ce qu'il mette tous ses ennemis sous ses pieds — le dernier

ennemi qui sera anéanti c'est la mort ”. “ Sachant donc que le Père lui a tout remis entre les mains qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne a Dieu” sachant aussi combien et par quoi nous sommes stimules — comme nous l'avons exposé en présentant notre opinion sur cette expression “ Il est sorti de Dieu ” et sur celle la “ Il retourne à Dieu ” — “ Jésus se levé de table ” d'après l'évangéliste — ce que nous expliquerons après cela avec la suite. Vois si tu peux dire à ce propos que sans embarras il s'est réjoui de dîner avec ses disciples et qu'avec embarras et par nécessité il se lève de table à cause de ses disciples et interrompt le dîner pour un moment jusqu'à ce qu'il ait purifié les pieds des disciples incapables d'avoir part avec lui si lui même ne les lave.

Le Logos s'est plus humilié qu'Abraham ou Joseph

 

Quelle est donc la suite du récit après ces mots “ Il se levé de table” il faut y réfléchir “ Il dépose ses vêtements est il dit, et prend un linge dont il se ceint ” A ceux qui refusent de s'élever à partir du texte et de comprendre spirituellement les nourritures de l'âme offertes en ce passage, nous pourrions dire à ce propos. Qu'est-ce qui l'empêchait de laver tout habillé les pieds de ses disciples. Mais si nous considérons d'une manière digne de Jésus les vêtements dont il était revêtu pour dîner et se réjouir avec ses disciples, n'allons-nous pas saisir de quelle parure est revêtu le Logos fait chair. Cette parure, constituée d'un tissu de mots mêlés de mots et de sons mêlés de sons, il la dépose et se dénude, adoptant une posture servile manifestée par cette phrase “ Il prend un linge dont il se ceint ”, il le fait à la fois pour ne pas être entièrement nu et pour, une fois lavés les pieds des disciples, les essuyer avec un tissu mieux approprié. Considère en cela comment, devenu chair, le Logos grand et glorieux s'abaisse jusqu'à laver les pieds de ses disciples “ Il verse de l'eau dans le bassin ”, est-il dit en effet. Et certes lorsque Abraham, “ ayant levé les yeux, regarda et voici que trois hommes se tenaient devant lui, lorsque a leur vue il accourut de la porte de sa tente a leur rencontre et se prosterna jusqu'à terre, puis, lorsqu'il dit Seigneur, si j'ai trouve grâce devant toi, ne passe pas a côte de ton serviteur sans t'arrêter ”, il n'alla pas lui-même chercher de l'eau et ne s'offrit pas a leur laver les pieds, comme a des hôtes venus chez lui, mais il donna l'ordre “ Qu'on aille chercher de l'eau, qu'on vous lave les pieds ”. Joseph, d'autre part, n'apporta pas non plus de l'eau pour laver les pieds de ses onze frères c'est l'intendant charge de la maison de Joseph qui “ amena Syméon auprès d'eux et qui apporta de l'eau pour leur laver les pieds ”. Mais, lui qui a fait la déclaration “ Je suis venu non comme celui qui est a table, mais comme celui qui sert ” et qui a dit à juste titre “ Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ”, Jésus verse lui-même de l'eau dans le bassin, il savait en effet que nul ne peut comme lui laver les pieds des disciples pour que, grâce à ce lavage, ils aient leur part avec lui. Quant à l'eau, c'était, d'après moi, une parole de nature a laver les pieds des disciples venus auprès du bassin que Jésus leur présentait.

 

Utilisation de l'expression “ Il commença ”

 

Je me demande ensuite pourquoi donc il n'est pas écrit : Il lava les pieds des disciples ' ; ce qui est dit, c'est “ II commença à laver les pieds des disciples”. Est-ce là un usage propre aux Écritures et selon lequel il semble que — comparé à l'usage du plus grand nombre — l'insertion de ces mots : “ Il commença ” n'est pas logique ? ou bien Jésus “ commença-t-il à ce moment-là à laver les pieds des disciples ”, mais n'acheva-t-il pas alors de leur laver les pieds ?. C'est plus tard, en effet, qu'il les lava et qu'il finit de les laver, après qu'ils se furent souillés, selon qu'il est dit : “ Cette nuit vous serez tous scandalisés à cause de moi ”, et selon cette annonce faite à Pierre : “ Le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois .” . Après ces péchés il fallait, en effet, de nouveau laver les pieds souillés des disciples, que Jésus avait commencé de laver lorsqu'il s'était levé de table et qu'il acheva de laver en les purifiant de manière à ce qu'ils ne se souillent plus. De même, également, il commença alors à essuyer les pieds des disciples, mais il acheva de les essuyer lorsqu'il acheva aussi de les laver.

 

Il vint donc à Simon Pierre, qui lui dit : Toi, Seigneur, tu me laves les pieds ? Jésus lui répondit et lui dit : Ce que moi, je fais, toi, tu ne le sais pas maintenant, tu comprendras plus tard. Pierre lui dit : Non, jamais tu ne me laveras les pieds. Jésus lui répondit : Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi. Simon Pierre lui dit : Pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête. Jésus lui dit : Celui qui a pris un bain n'a pas besoin de se laver, si ce n'est les pieds, mais il est entièrement pur ; vous aussi, vous êtes purs, mais pas tous. Il savait, en effet, quel était celui qui le livrait ; c'est pourquoi il dit : Vous n'êtes pas tous purs.

 

Paroles intempestives de Pierre

 

A l'occasion, nous utiliserons les paroles de Pierre en ce passage pour montrer, s il le faut, que quelqu'un peut, avec les meilleures intentions, faire, par ignorance, des déclarations contraires a son propre intérêt. En effet, puisqu'il était utile d'avoir les pieds lavés par Jésus pour avoir part avec lui, puisque, d'autre part, Pierre, ne sachant pas que c'était utile, dit d'abord, comme pris de doute et cherchant à décontenancer Jésus “ Toi, Seigneur, tu me laves les pieds ” et ensuite “ Non, jamais tu ne me laveras les pieds ”, puisque ses paroles étaient aussi de nature à empêcher une œuvre qui l'amènerait à avoir sa part avec le Sauveur, il est clair que, même s'il dit cela avec une intention saine et pleine de respect envers le Maître, il se faisait tort a lui même en les prononçant. Ce genre de fautes remplit la vie des gens qui ont, dans la foi, les meilleures intentions et qui, par ignorance, disent ou même font ce qui à le résultat contraire. Tels sont ceux qui, de tout ce qui est périssable et destine à servir à l'usage des hommes, disent “ Ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas ”, selon un enseignement bien inférieur à cet enseignement divin “Tu mourras comme un homme ”. Que dire des adeptes des hérésies, ballottés et emportés ç tout vent dans les supercheries humaines, eux qui prétendent salutaire ce qui est pernicieux et qui, soi-disant pour honorer Jésus imaginent des mensonges à son sujet.

L Écriture à souvent noté ce caractère chez Pierre trop ardent à affirmer ce qui lui paraît meilleur comme aussi dans ses paroles inconsidérées, destinées à repousser la prophétie de Jésus qui avait dit des disciples “ Cette nuit, vous serez tous scandalises à cause de moi ” et qui en avait donné le motif en disant “ Il est écrit, en effet Je frapperai le berger et les brebis du troupeau seront dispersées ” C'est, en effet, sans avoir considéré cela et pour repousser l'assertion de Jésus qu'il dit “ Même si tous sont scandalisés à cause de toi, moi, je ne serai pas scandalise. ” Et cette présomption qui à ce moment-là, demeurait encore dans son âme fut, je pense, le motif pour lequel, en reniant Jésus trois fois avant le chant du coq, il commit un péché sans commune mesure avec le scandale des autres. C'est pourquoi, une fois en garde contre cette précipitation qui était la sienne auparavant, il en retira même les plus grands avantages au point d'acquérir une parfaite maîtrise de soi et grandeur d'âme, ce qui se manifesta lorsque Paul lui dit “ devant tous Si toi, qui es juif, tu vis comme les païens et non comme les Juifs, pourquoi obliges-tu les païens à judaïser ” et la suite, et que Pierre, parfaitement maître de lui même, garda le silence et, avec la plus grande patience, se retint de soutenir son bon droit en la matière — toutes choses qu'on discutera avec plus d'opportunité a propos de l'Epître aux Galates. Et, dans les Actes des apôtres, la sérénité de Pierre “ transforme en la même image ” paraîtra a quiconque observe chaque détail avec attention.

 

Pierre s'oppose aux autres disciples et a Jésus

 

Ici donc Jésus s'était levé de table, avait posé ses vêtements, s'était ceint d'un linge qu'il avait pris, avait versé de l'eau dans le bassin et s'était mis a laver les pieds des disciples et a les essuyer à l'aide du linge dont il était ceint, et tous lui présentaient leurs pieds considérant, selon l'opinion qu'ils avaient de Jésus, que lui, qui était si grand, ne leur laverait pas les pieds sans raison et, comme on le dirait communément, pour mettre ses disciples dans l'embarras, mais (qu'en le faisant) il accomplissait quelque chose d'utile qu'ils s'attendaient a comprendre plus tard, songeant que cette action était peut-être le symbole d'autre chose , seul Pierre, attentif seulement a ce qui était a portée de la main et sans y attacher la moindre réflexion, ne présenta pas ses pieds a laver sous prétexte de respect envers Jésus , il tenta, au contraire, d'abord de l'embarrasser par ces mots “Toi, Seigneur, tu me laves les pieds ” puis alors qu'il aurait dû se laisser persuader par la réponse “ Ce que moi, je fais, toi, tu ne le sais pas maintenant tu comprendras plus tard ”, il fait cette déclaration “ Non jamais tu ne me laveras les pieds ”. En outre, alors que les autres disciples avaient fait confiance à Jésus et ne l'avaient contredit en rien, lui, malgré des intentions apparemment bonnes, accusé par ses paroles non seulement Jésus — qui se serait mis sans raison à laver les pieds des disciples —, mais aussi ses condisciples. Car si de son point de vue, il agissait selon les convenances en voulant empêcher Jésus, et si eux ne l'avaient pas vu, il les accusait d'avoir manqué aux convenances en présentant leurs pieds a Jésus De plus, s'il avait songé qu'il ne faut pas s'opposer à ce qui est fondé en raison et s'il avait considère l'action de Jésus, qui lavait les pieds des disciples, comme fondée en raison, il ne s'y serait pas opposé. Il paraît donc avoir considéré à la légère comme déraisonnable le fait que Jésus ait voulu laver les pieds des disciples.

 

Pourquoi Pierre vient-il après, les autres ?

 

Cependant, s'il faut scruter l'Écriture jusqu'aux détails apparemment les plus infimes, on pourrait se demander pourquoi, alors que Pierre est nommé en tête de la liste des douze — peut-être parce que digne de plus d'honneurs que les autres — puisque aussi le dernier de tous, c'était assurément Judas — rejeté tout à la fin à cause de ses mauvaises dispositions —, pourquoi Jésus ne commença pas par Pierre lorsqu'il se mit a laver les pieds des disciples et à les essuyer à l'aide du linge dont il était ceint. A quoi il faut répondre que, de même qu'un médecin, secourant grâce à son art un grand nombre de malades, commence par soigner les cas les plus urgents et les patients les plus grièvement atteints, de même Jésus, lavant les pieds sales des disciples commença par les plus sales et peut-être vint-il en dernier à Pierre parce que d'eux tous c'étaient ses pieds qui avaient le moins besoin d'être laves Peut-être aussi l'état de ses pieds, presque propres, contribua-t-il a ce que Pierre jugeât bon de soulever des objections

 

Pureté commune et pureté donnée par Jésus

 

L examen de ces paroles de Jésus “ Celui qui a pris un bain n'a pas besoin de se laver, mais il est entièrement pur, vous aussi vous êtes purs, mais pas tous ” peut suggérer une autre manière de voir les disciples s'étaient déjà lavé les pieds et, a la suite du bain, ils n'avaient plus besoin d'être lavés par Jésus, et, d'autre part, Pierre lui-même était déjà pur, avant même que Jésus ne lui lavât les pieds. Si quelqu'un cherche à ce sujet pourquoi donc Jésus, qui a dit “ Celui qui a pris un bain n'a pas besoin d'être lavé, mais il est entièrement pur ”, lavé les pieds à ses disciples sans qu'ils aient besoin d'être lavés, il faut lui répondre ceci “ A celui qui a, on donnera ” et on en rajoutera. Or, puisque les disciples avaient aussi le privilège d'être purs, Jésus ajoute encore à leur pureté le fait de leur laver les pieds peut-être ne les laverait-il pas s'ils n'avaient pas pris de bain et s'ils n'étaient pas entièrement purs, purs cependant de telle manière que l'on pourrait dire de ceux qui le sont ainsi. Même si quelqu'un est parfait parmi les fils d'hommes, s'il lui manque la pureté qui vient de Jésus — si je peux m'exprimer ainsi —, il ne sera pas compte comme pur.

J'expose ces idées après coup, car elles se sont présentées a moi après avoir dicte ce qui précède, nous gardons ainsi l'ordre même de ce qui m'est venu a l'esprit, dans la mesure ou nous avons vu d'abord que les pieds sales des disciples avaient besoin d'être laves par Jésus et maintenant que le motif pour lequel il leur lava les pieds, c'est qu'ils étaient propres à vues humaines, mais non également devant Dieu : sans Jésus, en effet, nul ne devient pur devant Dieu, même si, avant cela, on a pu penser qu'il s'était rendu pur par certains soins. Mais, sur ceux qui, après être d'abord devenus purs à vues humaines, ont été plongés dans le baptême de Jésus et dont il a lavé les pieds, le Saint-Esprit peut demeurer et la puissance venue d'en haut, semblable à un vêtement.

Pierre donc, ne voyant pas qu'était bien fondée l'intention de Jésus, qui s'était mis à laver les pieds des disciples et à les essuyer à l'aide du linge dont il était ceint, lui dit : “ Toi, Seigneur, tu me laves les pieds ? ” — il parlait ainsi, saisi de doute et de confusion —, Jésus “ répondit et ”, pour lui apprendre que c'était un mystère, “ il lui dit ceci : Ce que moi, je fais, toi, tu ne le sais pas maintenant, tu comprendras plus tard. ”

 

Beauté des pieds appelés à suivre le chemin qui mène au Père

 

Qu'est-ce que Jésus faisait donc en lavant les pieds des disciples ? en les lavant et en les essuyant à l'aide du linge dont il était ceint, Jésus ne rendait-il pas beaux leurs pieds au moment où ils allaient avoir à annoncer la bonne nouvelle' ? . Car, lorsque Jésus lava les pieds de ses disciples, c'est alors que s'accomplit, d'après moi, la parole prophétique concernant les apôtres : “Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent les bonnes nouvelles ! ”. Mais si, en lavant les pieds des disciples, Jésus les rend beaux, comment exprimer ce qui vient de la beauté véritable en ceux qu'il plonge tout entiers dans l'Esprit-Saint et le feu ?. Les pieds de ceux qui avaient a annoncer les bonnes nouvelles sont devenus beaux, afin qu'une fois lavés, purifiés et essuyés par les mains du Christ, ils puissent poser le pied sur la route sainte et cheminer en celui qui a dit “ C'est moi, le chemin ”. Car quiconque a eu les pieds lavés par Jésus et lui seul, suit ce chemin vivant et qui mené au Père, et ce chemin n'a pas de place pour des pieds souilles et qui ne sont pas encore propres. Moïse dut, en effet, détacher les chaussures de ses pieds, parce que le lieu ou il était parvenu, ou il se tenait, était une terre sainte, et de même Josué, fils de Nave. Pour suivre ce chemin vivant et animé, il ne suffit pas simplement que les disciples de Jésus n'aient pas de chaussures pour le chemin — ce qui fut ordonne a ses apôtres par Jésus lui-même —, il leur faut encore, pour suivre ce chemin, avoir les pieds lavés par Jésus qui a déposé ses vêtements peut-être afin de rendre leurs pieds propres plus propres encore, peut-être aussi afin de prendre la saleté adhérant aux pieds des disciples sur son propre corps, a l'aide du linge dont il était uniquement revêtu, car c'est lui qui porte nos infirmités.

 

Le moment choisi par Jésus

 

Considère en tout cas que c'est le moment ou le diable venait de jeter dans le cœur de Judas fils de Simon, l'Iscariote, l'intention de le trahir et ou l'“ économie ” en faveur des hommes était sur le point de se réaliser, c'est ce moment-là et nul autre que Jésus choisit pour laver les pieds des disciples. En effet, avant cela il n'était pas opportun que les disciples aient les pieds lavés par Jésus — qui aurait, en effet, lavé la saleté de leurs pied ” (accumulée) durant l'intervalle jusqu'à la passion ni non plus au temps de la passion, car il n'y avait pas d'autre Jésus pour leur laver les pieds. Ni non plus après l'économie c'était désormais l'heure du Saint-Esprit, venu demeurer auprès des disciples purifies et aux pieds lavés, désormais prêts et beaux en vue d'annoncer en l'Esprit les bonnes nouvelles. Tel est donc le sens de ces mots “ Ce que moi, je fais, toi, tu ne le sais pas maintenant , tu comprendras plus tard ”, le fait que je vous lave les pieds est un symbole de la purification des soubassements de vos âmes, afin qu'ils deviennent beaux, puisque vous allez annoncer les bonnes nouvelles et atteindre les âmes des hommes avec des pieds propres. Ce mystère, tu ne le sais pas maintenant, parce que tu n'es pas encore capable d'en recevoir la compréhension elle viendra en toi plus à propos, lorsque tu auras eu les pieds laves par moi tu le comprendras plus tard, car tu le saisiras en étant éclaire par la connaissance d'une réalité qui n'a rien de négligeable ni de médiocre

 

Nécessité de revenir sur les promesses inconsidérées

 

ces paroles de Jésus a Pierre, le disciple rétorque par une réponse dépourvue d'intelligence, affichant pourtant la prétention d'honorer Jésus et de le vénérer, prétention encore fallacieuse. C'est pour cela, parce que la réponse de Pierre était contraire à son intérêt, que Jésus ne permet pas que cette réponse devienne vraie, lui qui s oppose, comme il convient à sa bonté, aux paroles qui ne se vérifieraient qu'au détriment de leur auteur. Pierre dit, en effet “ Non, jamais tu ne me laveras les pieds ”, et alors que Jésus avait décidé de lui laver les pieds, il affirma qu'ils ne seraient pas lavés par lui et pas lavés de tout le siècle, Jésus, voyant qu'en cela il vaut mieux que Pierre ait menti plutôt que dit la vérité, démontre qu'il aurait avantage à ne pas se sentir obligé d'avoir dit vrai en tenant ces propos il lui dit “ Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi ”. Par conséquent, après avoir affirmé “ Non, jamais tu ne me laveras les pieds ”, Pierre allait ne pas avoir de part avec Jésus, s'il tenait sa promesse à ce sujet, avoir part, au contraire, avec Jésus, s'il ne tenait pas cette parole prononcée a la légère et précipitamment que fallait-il donc faire d'autre que de renoncer a tenir parole, de peur que le fait de tenir parole en cela ne l'empêche d'avoir part avec Jésus, qui le fait paraître menteur en lui lavant les pieds. Il est écrit, en effet “ Tout homme est menteur ”. A l'occasion, nous utiliserons ce verset bien a propos pour des gens qui déclarent avec précipitation et sans réfléchir qu'ils feront telle chose qui ne sera pas à leur avantage s'ils persistent dans leur mauvaise résolution. En leur montrant, en effet, qu'ils n'auront pas de part avec Jésus, s'ils s'en tiennent à la déclaration inconsidérée qu'ils ont prononcée sous forme de promesse, et qu'ils pourront avoir bon espoir en revenant sur leurs dires, nous les détournerons de persister dans leurs mauvaises résolutions, même si, a cause d'une grande précipitation, celles-ci ont parfois été accompagnées de serments. Et nous dirons Tout comme, pour avoir part avec Jésus, Pierre, après avoir assure “ Non, jamais tu ne me laveras les pieds ”, est empêche de demeurer fidèle a la promesse qu'il a faite de même, toi, un tel, qui as péché par précipitation et qui as pris sans discernement tel engagement tu ferais mieux de changer d'avis pour taire telle autre chose qui est plus raisonnable plutôt que de t'en tenir à la mauvaise décision prise.

 

Nécessite d'admettre ici un sens spirituel

 

Rendus attentifs à cette affirmation-ci : “ Ce que moi, je fais, toi, tu ne le sais pas maintenant, tu comprendras plus tard ”, et à celle-là “ Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi ”, que ceux qui ne veulent pas chercher le sens figuré de ces paroles et de celles du même genre acceptent par respect cette manière d'expliquer l'évangile, s'ils s'y refusent, qu'ils nous montrent comment il est raisonnable que le (disciple) qui, par vénération envers Jésus, comme ils le reconnaîtraient eux mêmes, à déclaré à son Maître “ Non, jamais tu ne me laveras les pieds ”, s'entende dire qu'il n'aura pas de part avec le Fils de Dieu, comme pour le pire des pèches celui de ne pas avoir les pieds lavés par lui. En effet, ces mots Si tu commets tel péché, “ tu n'auras pas de part avec moi ” seraient à leur place s'ils étaient prononcés pour des pèches évidents , mais la déclaration “ Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi ” n'est pas fondée en raison pour qui s'en tient au fait que Pierre ne veut pas se laisser laver les pieds du corps. Au moment même ou il lui lavait les pieds le Maître paraîtrait avoir répondu avec une extrême dureté — ce qu'il n'est pas permis de dire — au disciple qui l'honorait — ce qui est des plus absurde.

 

Privilège de ceux dont Jésus lave les pieds

 

Présentons, par conséquent, nos pieds a Jésus qui, maintenant encore, se levé de table, dépose ses vêtements, prend un linge dont il se ceint, verse de l'eau dans le bassin et se met a nous laver les pieds, comme a des disciples, et a les essuyer à l'aide du linge dont il s'est ceint, après être venu à cause de nous comme le serviteur au milieu de nous. Si nous ne le faisons pas, en effet, nous n'aurons pas de part avec lui et nos pieds ne deviendront pas beaux (Faisons-le) précisément lorsque, aspirant aux dons supérieurs, nous voulons être mis au rang de ceux qui annoncent les bonnes nouvelles.

Cependant, parce qu'il agit avec précipitation, Pierre, lorsqu'il s'entend dire “ Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi ” et qu'il lui est demandé de présenter ses pieds à Jésus, veut dépasser les limites de ce qui lui est demandé et tend non seulement ses pieds pour que Jésus les lave, mais encore ses mains, que Jésus n'exigeait plus de laver pour manger du pain, car il ne faisait aucun cas de ceux qui lui disaient “ Tes disciples ne se lavent pas les mains quand ils mangent du pain ” et, en plus des mains, la tête, que Jésus ne voulait même plus que l'on couvre, car sur elle demeuraient désormais l'image et la gloire de Dieu. Qu'il nous suffise donc, s'il nous arrive de parvenir à des circonstances identiques à celles ou se trouvaient alors les disciples de Jésus, de ne lui présenter que nos pieds à laver et à essuyer, “ car celui qui à pris un bain n'a pas besoin de se laver, mais il est entièrement propre ”, si quelqu'un n'est pas entièrement propre, c'est qu'il n'a pas pris de bain.

S'il est vrai que “ celui qui à pris un bain n'a pas besoin de se laver, mais qu'il est propre ” et si les disciples de Jésus, ayant pris un bain, étaient propres, on pourrait se demander pourquoi Jésus verse de l'eau dans le bassin et se met à laver les pieds aux disciples ? . A cela nous avons répondu partiellement par anticipation, à quoi nous ajouterons maintenant ce qui suit l'expression “ nous avons besoin ” s'emploie pour ce qui est nécessaire et sans quoi on ne peut vivre ainsi, dans le domaine corporel, on dit que l'homme n'a pas beaucoup de besoins, mais seulement ceux dont Paul dit “ Si nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira ”, quant aux biens qui contribuent a la richesse et au luxe, c'est un surplus que les hommes délicats retirent d'un excédent, non point une nécessité dont on ne peut se passer, mais un superflu Ainsi donc pour les dons divins également nous avons besoin de ceux qui nous font entrer dans la vie et nous font demeurer en celui qui a dit “ C'est moi la vie ”, mais ce qui est au-delà et dont il est dit “ Prends tes délices dans le Seigneur et il t'accordera les demandes de ton cœur ”, et tout ce qu'on entend par le “ paradis de délices ”, la richesse et la gloire, qui sont dans la main gauche de la Sagesse, selon celui qui a dit “ Car la longueur de l'existence et les années de la vie sont dans sa main droite, dans sa gauche, la richesse et la gloire ”, on pourrait dire que cela dépasse les besoins. N'est-ce pas un privilège de ce genre que d'avoir les pieds laves après le bain par un tel Maître et un tel Sauveur ? La grâce de Dieu va, en effet, au-delà des besoins, ainsi que le fait d'être, à la sainte résurrection des morts, dans la gloire du soleil, de la lune ou des astres. L'homme propre et qui a pris un bain n'a donc pas besoin d'être lavé , il est lavé cependant, selon notre explication précédente, puisque à quiconque a, on en rajoutera, et, selon cette parole de Jean “ Que celui qui est pur se purifie encore et que le saint se sanctifie ”

C'est aux onze que se rapporte cette parole “ Vous, vous êtes purs ”, à laquelle fait suite celle-là “ Pas tous ”, à cause de l'Iscariote Jésus connaissait, en effet, celui qui le livrait et qui déjà n'était pas pur, d'abord parce qu'il n'avait pas le souci des pauvres, mais que, étant voleur et détenant la bourse, il dérobait ce qu'on y mettait, ensuite parce que “ au cours du dîner, le diable ayant déjà jeté dans le cœur de Judas, fils de Simon l'Iscariote, le dessein de livrer ” Jésus, il ne repoussa pas ce dessein jeté dans son cœur. C'est pourquoi les onze, qui avaient pris un bain et qui étaient purs, devinrent plus purs encore après avoir eu les pieds lavés par Jésus, quant a Judas, qui déjà n'était pas pur, il devint plus souillé et plus impur — “ Que le souille se souille encore ”, est-il écrit en effet — lorsque, après la bouchée, Satan entra en lui. Donc, après leur avoir lavé les pieds, avoir repris ses vêtements et s'être remis à table, il leur dit : Vous (,) comprenez ce que je vous ai fait ( ?) Vous m'appelez Maître et Seigneur, vous dites bien, car je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Je vous ai donné un exemple, en effet, afin que vous agissiez comme j'ai moi-même agi envers vous ”.

 

Par le lavement des pieds Jésus rend les disciples semblables à lui

 

Ceux qui ont idée de la grandeur de la puissance de Jésus et qui se rendent compte de ce qu'il a t'ait en lavant les pieds des disciples afin de purifier, en le rendant propre, même ce qui venait en dernier, ce qui était vulgaire et en contact avec la terre, et dont ces corps-la (leurs pieds) étaient le symbole, n'oseraient sans doute pas, dans leur admiration pour l'œuvre accomplie au cours de ces ablutions, réaliser eux-mêmes une telle action : ils se considéreraient comme trop inférieurs pour laver les pieds de “ l'homme intérieur ” et “ dans le secret ” des adeptes des mêmes doctrines de Dieu, si, en reprenant place à table pour leur donner cet enseignement pendant qu'ils dînaient, Jésus ne les y avait exhortés par les paroles citées. C'est, en effet, d'une part, d'une façon très déconcertante et qui incite vivement à la compréhension de ce qui s'est passé qu'il est dit : “ Vous (,) comprenez ce que je vous ai fait ( ?) ” ce qu'il faut comprendre soit comme une question, pour manifester la grandeur de l'événement, soit comme un ordre, pour encourager leur esprit à être attentif à cette action afin d'en acquérir la compréhension.

C'est, d'autre part, d'une façon très pédagogique, tout en étant déconcertante, qu'il est dit “ Vous m'appelez Maître et Seigneur et vous dites bien, car je le suis Si donc moi, le Seigneur et le Maître je vous ai lave les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ”. Jésus lava donc les pieds des disciples, en tant qu'il était leur Maître, ceux des serviteurs, en tant que leur Seigneur. C'est par l'enseignement, en effet. que la poussière venue de la terre et des affaires du monde — qui n'a touche que les derniers membres des disciples, les plus inférieurs — est balayée, et par la souveraineté du Seigneur, d'autre part — car il a autorité sur ceux qui, ayant toujours l'esprit de servitude, restent encore accessibles à la première souillure venue — qu'est jeté au loin ce qui souille leurs pieds. Et nul homme de bon sens ne dirait que c'est en tant qu'il est la porte, le berger, le médecin, que Jésus lave les pieds des disciples et des serviteurs. Quant a moi, je pense que les pieds des disciples éprouvent le besoin d'être lavés par le Maître tant qu'ils n'ont pas reçu assez et qu'il leur manque encore quelque chose pour (vérifier) cette parole “ C est assez pour le disciple d'être comme son Maître ”. Et tel est le but du Maître, en tant que Maître, a l'égard du disciple rendre le disciple semblable a lui, de sorte qu'il n'ait plus besoin du Maître, en tant que Maître, même s'il a encore besoin de lui d'une autre manière. De même, en effet, que le but du médecin, dont les malades ont besoin et dont les bien portants n'ont pas besoin, est de délivrer les malades de leur maladie, afin qu'ils n'aient plus besoin de lui, de même le but du maître est de procurer au disciple ce qui est appelé “ assez ” dans cette affirmation “ C'est assez pour le disciple d'être comme son Maître ”. Chez le Sauveur, qui est Seigneur on peut voir ici même une qualité que n'ont pas les autres seigneurs, car ils ne veulent pas que le serviteur devienne comme son seigneur tel est le Fils de la honte et de l'amour du Père étant Seigneur, en effet il suscite en ses serviteurs la faculté de devenir comme leur Seigneur, lorsqu'ils n'auront plus “ l'esprit de servitude qui fait retomber dans la crainte et qu'ils recevront l'esprit d'adoption, en lequel ils s'écrieront "Abba, Père ". Mais avant de devenir comme le Maître et comme le Seigneur ils ont besoin d'avoir les pieds lavés, car il leur manque certains enseignements et ils ont encore l'esprit de servitude qui mène à la crainte, lorsque, selon la parole “ C'est assez pour le disciple d'être comme son Maître et pour le serviteur d'être comme son Seigneur ” l'un d'eux devient comme son Maître et comme son Seigneur, alors il peut imiter celui qui a lave les pieds des disciples et laver les pieds des disciples en tant que maître (docteur) établi par Dieu dans l'Église après les apôtres — qui ont obtenu la première place — et, en second lieu les prophètes.

 

Bien dire “ Maître” et “ Seigneur ”

 

Si cette parole “ Tu seras le serviteur de ton frère ” peut concerner les médiocres et celle la “ Sois le Seigneur de ton frère ” les meilleurs, comme Jacob, il est clair que le serviteur devenu comme son Seigneur, lave les pieds de ceux qui servent l'enseignement qu'il dispense, puisque, à mon avis, cette déclaration “ Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis ” n'est pas dépourvue d'un sens plus profond et différent de celui que perçoit la foule — ce n'est, en effet, pas à tous ceux qui disent “ Seigneur, Seigneur ” que Jésus déclarera “ Vous m'appelez Seigneur et vous dites bien ”. Ils ne disent donc pas bien “ Seigneur ” les gens qui déclareront ce jour la “ Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas mangé en ton nom, n'avons-nous pas bu en ton nom, n'avons-nous pas chassé des démons et accompli des miracles en ton nom ”. Et Jésus leur répondra assurément “ Éloignez-vous de moi, je ne vous ai jamais connus, car vous êtes des artisans d'iniquité ”. Mais s'ils disaient bien “ Seigneur, Seigneur ”, il ne leur répondrait pas “ Éloignez-vous de moi ”. De plus, ces mots “ Ce n'est pas quiconque me dit Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le royaume des Cieux ” montrent que ce n'est pas quiconque dit “ Seigneur, Seigneur ” qui recevra l'attestation reçue ici par les apôtres, à qui il dit “ Vous dites bien, car je le suis ”. Car leur Seigneur, en vérité, ce n'était plus le vice, mais le Logos, en un mot, leur Seigneur, c'était la vertu tout entière, animée et vivante.

En outre, s'il est vrai que “ nul ne peut dire Seigneur Jésus, si ce n'est dans l'Esprit-Saint ” et puisque nous comprenons par la ce que c'est que de dire “ Seigneur Jésus ”, celui qui dit dans l'Esprit-Saint “ Seigneur Jésus ” dit bien. Tu chercheras également si celui qui dit bien dit forcement dans l'Esprit-Saint à cause du texte présent “ Vous dites bien ”, compare à celui-là “ Il n'avait pas encore d'Esprit, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifiés ”. C'est donc l'affaire de l'authentique serviteur du Logos de bien dire au Sauveur “ Seigneur Jésus ” et du disciple qui lui ressemble de bien dire “ Maître ” à eux il pourrait être répondu “ car je le suis ”, ce que le Logos ne dira ni au serviteur du péché ni au disciple des mensonges.

 

L'injonction de laver les, pieds n'est pas à prendre à la lettre

 

Il peut cependant arriver que, même une fois saint, on ait besoin d'avoir les pieds lavés, puisque, pour (élever) la veuve à la dignité ecclésiastique (de veuve et l') inscrire (comme telle), l'enquête porte, entre autres bonnes œuvres, sur ce point également “ A-t-elle lavé les pieds des saints ”. Il serait donc ridicule, à mon avis, de s'en tenir à la lettre et, par exemple, de ne pas élever à cette dignité ecclésiastique celle qui aurait toutes les caractéristiques d'une sainte veuve, à l'exception de celle-là, alors que, au temps ou elle vivait dans l'aisance et avait le nécessaire, elle avait souvent, par l'intermédiaire de ses servantes et de ses serviteurs, accueilli avec bienveillance les étrangers ou, en général, ceux qui avaient besoin de recevoir d'elle des marques de bonté. Ne t'étonne pas qu'il te faille chercher le sens spirituel de la question “ A-t-elle lavé les pieds des saints ” puisque les anciennes reçoivent comme les anciens l'ordre d'être de bon conseil. Vois s'il n'est pas également troublant que tout disciple du Christ, quel qu'il soit, désireux de s'acquitter du commandement qui prescrit “ Vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ”, désire effectuer, comme une œuvre obligatoire, le lavement des pieds corporels et sensibles des frères ainsi les fidèles de n'importe quelle condition sociale le feraient, qu'ils soient revêtus d'honneurs ecclésiastiques, évêques et prêtres, ou même d'autres dignités, séculières par conséquent, le maître de maison en viendrait, d'après cela, à laver même les pieds de son esclave croyant et les parents ceux de leur fils, usage qui n'existe pas ou d'une rareté extrême et chez des gens très simples et très grossiers. A ce propos il faut se souvenir à la fois de la manière dont nous avons expliqué ceci “ Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi ” et de cette parole-là “ Vous (,) comprenez ce que je vous ai fait ( ?) ”. Il convient, en effet, à Jésus de nous avoir donné un exemple de lavement des pieds qui ait une analogie avec ce que l'épouse du Cantique des cantiques exprime en figure par ces mots “ Je me suis lavé les pieds, comment les saurai-je ”.

Sois attentif à cette parole “ pour que vous agissiez comme j'ai moi-même agi envers vous ” en la comparant à celle-là “ Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi ”. Si quelqu'un réplique à cela que, même s'il a un sens figuré, le lavement des pieds n'en a pas moins eu lieu et qu'il faut également entendre à la lettre en même temps qu'au sens figuré la parole qui affirme “ Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi, vous laver les pieds les uns aux autres. Je vous ai donné un exemple en effet, afin que vous agissiez comme j'ai moi-même agi envers vous ”, voici ce qu'il convient de lui dire Si Pierre, après avoir déclaré “ Non, jamais tu ne me laveras les pieds ”, reçut à la lettre cette réponse “ Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi ” allons-nous le répéter à la lettre à ceux qui, par respect, ne nous présenteront pas leurs pieds à laver et oserons-nous leur dire “ Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi ”. Si, arrivé à ce point, mon explication ne te déconcerte pas, examine ce que tu dois répondre à la question : Faut-il s'en tenir toujours au mot à mot.

Qu'il convienne parfois à tel disciple de Jésus de laver les pieds de tel autre et à l'autre de présenter ses pieds à laver au premier de sorte que, par amitié et gentillesse, l'un accomplisse l'action et l'autre s'y prête, moi-même je serais prêt à l'admettre. Mais si nous allons déclarer que quiconque n'a pas conscience d'avoir fait cela et d'avoir ainsi lavé les pieds des saints, s'est soustrait à une obligation impérieuse, à savoir “ Vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ”, il est temps de dire que presque tous ont transgressé cet ordre-là.

 

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