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140ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(L’annonciation)
 Il est à douter que toute l’acuité de notre regard suffise pour capter la sublimité de la naissance de Dieu. Car si l’étoile du matin qui annonce le lever du soleil peut à peine être fixée par nos yeux quand ils sont puissants et perçants, quelle innocence ne faut-il pas procurer au regard intérieur de notre âme pour qu’il puisse supporter la splendeur des rayons du Créateur levant ?
 Au sixième mois, l’ange Gabriel a été envoyé dans une cité de Galilée du nom de Nazareth à une femme promise en mariage à un homme du nom de Joseph. Le saint évangéliste indique le temps, le lieu, la personne pour que la vérité du récit soit corroborée par les détails précis des évènements. L’ange a été envoyé à une vierge promise en mariage. A une vierge, Dieu envoie un messager ailé. Car il donne des gages, il reçoit la dot celui qui apporte la grâce. Car il ramène la foi, et livre les dons de la vertu celui qui déliera bientôt la vierge de la promesse de se marier. L’interprète de la pensée divine se dirige à toute vitesse vers l’épouse, pour qu’à l’épouse de Dieu, il enlève et arrache toute attache sensible à un époux humain. Il n’enlève pas une vierge à Joseph, mais la rend au Christ, à Qui elle est donnée en gage pour qu’Il naisse dans l’utérus. Le Christ reçoit donc son épouse; Il ne s’empare pas de celle d’un autre. Et Il ne fait pas de séparation quand Il s’unit dans un seul corps à sa créature.
 Mais écoutons ce que l’ange a fait. Après être entré chez elle, l’ange dit : Salut, pleine de grâces, le Seigneur est avec toi. Dans cette voix, il y a une offrande, l’offrande d’un don, non la prestation d’une simple salutation. Salut! Ce qui veut dire : Reçois la grâce ! Que la nature ne t’apporte ni trouble ni inquiétude ! Pleine de grâces. Parce que dans les autres, il y a la grâce, mais en toi, c’est toute la plénitude de la grâce qui viendra. Le Seigneur est avec toi. Comment est-il en toi le Seigneur ? Parce qu’Il ne vient pas à toi pour te faire une visite courtoise, mais pour pénétrer en toi dans un nouveau sacrement de naissance. Il a ajouté ces paroles qui convenaient à merveille : Tu es bénie entre toutes les femmes. Parce que l’Ève maudite avait puni les viscères des femmes; la Mare bénie se réjouit dans les femmes, est honorée en elles, et est reçue en elles. Et elle est devenue en toute vérité la mère des vivants par la grâce, celle qui avait été la mère des mourants par la nature.
 En entendant cela, elle a été troublée par ses paroles. Parce qu’était venu un ange de belle apparence, fort comme un guerrier, poli et distingué, à la voix puissante, énonçant des choses humaines en promettant des divines. Ce sont les paroles qui troublèrent grandement la vierge, que la vue de l’ange avait peu inquiétée. Celle que la présence de l’envoyé avait peu alarmée a été secouée par tout le poids de l’autorité du messager. Et que dire de plus ?  « Elle sentit bientôt qu’elle avait reçu en elle le Juge suprême, là où auparavant elle n’avait vu et contemplé que celui qui avait été envoyé pour choisir le lieu de campement du Dieu des armées. Bien que c’est d’un mouvement plein d’attention, et avec une affection pieuse, que Dieu transforma la vierge en Sa mère, l’esclave en Sa parente, les organes se sont quand même troublés, l’esprit à cherché à fuir, toute la personne a tremblé quand Dieu, que toute la création ne contient pas, s’est renfermé tout entier dans un sein humain. Et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. Que votre charité remarque, comme nous l’avons dit, que la vierge a consenti à la salutation non à cause des paroles, mais à cause des grâces qu’elles apportaient. Et la voix n’était pas celle d’un hommage ordinaire, mais elle avait toute la puissance d’une vertu céleste.
 La vierge réfléchit, car répondre tout de suite est un signe de légèreté. Réfléchir avant de parler est le signe d’un jugement mûr et pondéré. Il ignore quelle est la grandeur de Dieu celui qui n’éprouve aune admiration pour l’intelligence et l’âme de cette vierge. Le ciel est épouvanté, les anges tremblent, la création n’en revient pas, la nature est suffoquée à la pensée qu’une jeune fille reçoive Dieu dans son sein, l’accueille, lui offre l’hospitalité pour rendre la paix à la terre, la gloire au ciel, le salut aux condamnés, la vie aux morts. Pour établir une parenté entre la terre et le ciel, l’alliance de Dieu Lui-même avec la chair, exiger une demeure comme indemnité, et conquérir un utérus pour sa propre récompense. Pour accomplir cette parole du Prophète : Voici l’hérédité du Seigneur et sa récompense : des fils, les fruits du ventre.
 Mais mettons fin au sermon. Si Dieu nous le donne, et si le temps le permet, nous développerons ce sujet plus à loisir.


141ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(de l’Incarnation)
 Qu’il est grand le lieu caché de la couche royale, de quel respect et de quelle terreur est entouré l’endroit où repose la puissance elle-même de l’empereur, dont l’accès est interdit aux étrangers, aux impudiques et aux infidèles. Les hommages chastes, purs et fidèles qui doivent être rendus là, ce sont les insignes manifestes de la chambre impériale qui l’enseignent. Quel est l’indigne ou l’ignoble qui s’approche des portes elles-mêmes du palais ? Il est certain qu’à la chambre nuptiale ne sont admis que les parents, les intimes, ceux dont la vie est sans reproche, la réputation sans tache, la conscience droite.
 Dans sa chambre nuptiale, Dieu ne reçoit que la seule vierge. Seule la virginité immaculée est admise. Instruit par ces exemples, demande-toi ce que tu es, ce que tu vaux, ce donc tu es capable, et demande-toi ensuite si tu peux pénétrer le secret de la nativité du Seigneur ; si tu mérites d’entrer dans la chambre à coucher de ce sein, où repose toute la majesté du Roi céleste et de Sa divinité. Est-ce que tu dois, avec les yeux humains et les sens corporels, être témoin de l’enfantement de la vierge, à la manière d’un disputeur téméraire ? Est-ce que tu peux contempler, avec l’audace et la curiosité d’un juge, les mains elles-mêmes de Dieu se fabriquant le saint temple de Son corps dans le sein de la vierge ? Tes réflexions peuvent-elles mettre à nu le mystère caché aux siècles, te révéler un sacrement invisible aux anges ? Peux-tu présider à la création céleste, de façon à comprendre clairement comment Dieu a pénétré au cœur d’une chair fermée; comment Il a tracé les contours du sacré corps dans le sein vénérable de la vierge, sans qu’elle le sache; comment, à l’insu de la mère, Il a solidifié des os qui devaient durer des siècles ? Comment a-t-Il pu produire une vraie forme d’homme sans procéder à la manière humaine  ? Comment a-t-Il pu assumer toute la réalité de la chair, sans la concupiscence ? Comment, en marge de la nature de notre chair, a-t-Il pu recevoir notre nature dans son intégralité ?
  Et si tu n’as pas de réponse à donner à ces questions, Dieu n’a-t-Il pas pu, alors, assumer de la chair ce qu’Il avait au commencement assumé du limon ? De plus, puisque tout est possible à Dieu, et que tu es incapable de pénétrer à fond les plus petites des œuvres de Dieu, ne discute pas la conception virginale de Marie, mais crois-y. Pense en toute piété que Dieu a voulu naître, parce que, si tu réclames des preuves, tu Lui fais injure.  . Car tu ne pourras reconnaître aucune des plus infimes œuvres de Dieu sans la foi. Comme le dit l’Écriture : Toutes les œuvres dans la foi. Mais tu veux que tout soit accessible à la raison, là où tout provient de la foi; sans être contraire à la raison, non à la tienne, mais à celle de Dieu. Qu’y a-t-il de plus raisonnable que Dieu puisse tout ce qu’Il veut ? Celui qui ne peut pas ce qu’Il veut n’est pas Dieu. Donc, ce que Dieu décide, l’ange l’exécute, le Saint-Esprit l’accomplit, la vertu le réalise, la vierge le croit, la nature l’accepte, les cieux le racontent, le firmament l’annonce, les étoiles le montrent, les mages le prêchent, les bergers l’adorent, les bêtes le reconnaissent. Comme l’atteste le Prophète : Le bœuf connaît son maître, et l’âne la mangeoire de son Seigneur.
 Toi, o homme, si tu ne le fais pas tout de suite avec les anges, reconnais-Le au moins, plus tard, avec les bêtes. De peur que si tu retardes, tu ne sois placé après ces bêtes, à qui on te comparait autrefois. Les animaux font des caresses avec la queue, flattent avec leurs oreilles, lèchent avec leurs langues; et avec les gestes qu’ils peuvent, ils avouent que, contre nature, Leur Auteur est venu dans ta nature. Et toi, tu discutes, tu dissèques comme les Juifs qui ont exclu de leurs hôtelleries leur Seigneur, que les animaux ont reçu dans leurs étables.
 Si tu es dans la disposition d’esprit d’écouter plus de choses que ce que les anges ont l’obligation de dire, permets-en l’accès, sinon avec joie, du moins, avec politesse. Puisque un sermon sur ce sujet vous est fort nécessaire, nous reprendrons dans un prochain enseignement, ce que nous sommes forcé d’interrompre aujourd’hui.


142ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(l’Annonciation)
 Vous avez entendu aujourd’hui, mes très chers frères, l’ange qui s’entretenait avec la femme de la réparation du genre humain. Vous avez entendu que son mandat consistait à ce que l’homme retourne à la vie par le même parcours par lequel il avait chuté dans la mort. Il pactise, l’ange, il discute avec Marie au sujet du salut, comme le démon avait trafiqué avec Ève la ruine de l’humanité. Vous avez entendu que, du limon de notre chair, l’ange, avec un art ineffable, construisait le Temple de la divine Majesté. Vous avez entendu que, par un sacrement incompréhensible, Dieu était logé sur la terre, et l’homme dans le ciel. Vous avez entendu que, d’une façon inouïe, Dieu et l’homme étaient comme mélangés dans un seul corps. Vous avez entendu que, par l’exhortation angélique, la nature fragile de notre chair a été fortifiée pour porter toute la gloire de la Déité. Et enfin, pour que la terre sablonneuse de notre corps délicat ne succombe pas sous le poids de la Construction céleste érigée en Marie, et pour que ne casse pas la branche fragile qui, dans la vierge, devait porter tout le Fruit du genre humain, la voix de l’ange invite aussitôt Marie à fuir la crainte en disant : Ne crains pas Marie.
 Ne crains pas Marie. Avant de donner la raison de son ambassade, l’ange proclame la dignité de la vierge en la nommant par son nom : Marie, car en hébreu et en latin, Marie signifie dame. L’ange l’appelle donc madame, pour que l’agitation et le tremblement qui sont le propre de l’esclavage s’éloignent de la mère du Dominateur. Qu’elle ait été dame à sa naissance et qu’elle en ait porté le nom, elle le doit à la dignité royale de ses ancêtres. Ne crains pas Marie, car tu as trouvé grâce. Il n’est que trop vrai que qui a trouvé la grâce ne saurait craindre. Tu as trouvé la grâce. Auprès de qui ? Auprès de Dieu. Bienheureuse est-elle celle qui, parmi les hommes, a mérité d’entendre ce qui la place avant tous. Tu as trouvé la grâce. En quelle quantité ? Autant qu’il a été dit : la plénitude. Grâce qu’elle ferait pleuvoir avec abondance sur toute créature. Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. En disant cela, l’ange se demande avec émerveillement si la femme est seule à avoir mérité la vie, ou si tous les hommes l’ont méritée par la femme. L’ange est dans la stupeur à la pensée que la totalité de la Divinité descend dans l’exiguïté de l’utérus de la vierge, Elle pour qui tout l’ensemble de la création est un iota. Voilà pourquoi l’ange procède lentement. Il l’appelle vierge parce qu’elle le méritait, il l’interpelle en se référant à la grâce, sans avoir auparavant indiqué à celle qui l’écoutait la raison de sa visite. Il laisse son esprit dans l’attente pour attirer son attention. Considérez, mes frères, quelle révérence et quelle crainte il convient que nous apportions à un tel sacrement, quand ce n’est pas sans crainte que l’ange lui-même parle de la crainte à son interlocutrice.
 Tu concevras de ton sein. Il a raison de dire : tu concevras, car cette conception la chair ne la connaît pas, la condition humaine ne l’a pas en son pouvoir, la nature ne l’admet pas. Tu concevras dans ton sein. Qui moissonne avant d’avoir travaillé la terre à la sueur de son front ? Qui récolte des fruits à pépin ou à noyau sons avoir dépensé beaucoup d’énergie auprès des arbres à fruits ? Qui parvient en prison sans avoir été jugé et condamné ? Qui reçoit un accroissement de la nature en marge de la nature ? Bienheureuse est donc Marie, et plus que bienheureuse, elle qui est parvenue à la gloire d’une telle Progéniture sans connaître ni les embarras de la grossesse ni les souffrances de la maternité. Bienheureuse est-elle parce qu’elle a reçu et conservé l’Enfant divin dans son sein, sans que l’extérieur de son corps n’en sache absolument rien. Bienheureuse est-elle d’avoir cru et d’avoir confié à son seul esprit ce qu’elle avait reçu du ciel par la révélation de l’ange. A l’intérieur de la demeure de la vierge, l’entreprise divine se développe de façon à ce que, les verrous demeurant intacts, les clôtures elles-mêmes ne ressentent rien. Tu concevras et enfanteras un fils. Celui qui entre et qui sort, et qui ne laisse aucune trace de Son entrée et de Sa sortie, est un Résidant divin, non humain. Que notre chair ici cède ses droits ! Notre nature ici n’a rien à revendiquer : le protocole céleste, qui relève de la nature divine, préside à l’ enfantement d’un Dieu. Que les mots conception et naissance n’indisposent pas l’esprit de nos auditeurs; que les chrétiens n’aillent pas avec légèreté leur attribuer un sens prosaïque : dans cette naissance céleste, tous les indices de la vertu divine sont mis en œuvre. Tu concevras et enfanteras un fils. Il ne dit pas à toi, il dit ton. Pourquoi? Parce que ce saint rejeton sera appelé fils de Dieu.
 Vierge, c’est la grâce qui t’as rendue mère, non la nature. La piété a voulu te donner le nom de génitrice, ce que ne permettait pas l’intégrité. En concevant et en enfantant, ta pudeur a cru, ta chasteté a augmenté, ton intégrité s’est fortifiée, ta virginité s’est solidifiée, toutes tes vertus se sont développées. Vierge, si tout a été préservé, qu’as-tu donné ? Si tu es vierge, comment peux-tu être mère ? Si tu n’étais que promise à un homme, comment as-tu engendré ? Dieu, par qui tout en toi a connu un accroissement, ne t’a diminué en rien, vierge. Vierge, tu conçois ton Auteur, ton Origine origine de toi, dans ton sein est Celui qui t’a engendrée, toute la Divinité est dans ta chair, et Celui qui a donné au monde la lumière a reçu de toi la lumière du monde. Avertie par l’ange, ne te hâte pas de l’appeler ton fils, mais dès que tu l’auras mis au monde, tu lui donneras le nom de Sauveur. Car la virginité n’enfante pas un fils à elle, mais l’Auteur fait enfant; et l’intégrité engendre son Seigneur, non un nourrisson quelconque. Comme le dit l’ange : Et tu lui donneras le nom de Jésus, nom qui en latin signifie sauveur.
 Marie dit à l’ange : Comment cela se fera-t-il ? Mais voici que Marie interroge. Et si, en interrogeant, quelqu’un montre qu’il doute, pourquoi Zacharie a-t-il été le seul à avoir été puni pour son manque de foi ? Parce que le Connaisseur des cœurs ne s’attarde pas aux mots mais aux pensées. Il n’a pas jugé ce que Marie et Zacharie ont dit, mais leurs intentions. La cause des deux interrogations étant dissemblable, les interrogations différaient donc par l’espèce. Marie a cru contre la nature, Zacharie a douté à cause de la nature. Elle cherchait à connaître la totalité du projet de Dieu; lui prétendait que Dieu ne pouvait pas réaliser ce qu’il avait planifié. Il ne parvint pas à croire en dépit d’exemples historiques qui auraient du le persuader; mais la foi de Marie n’était soutenue par aucun exemple. Elle s’émerveille qu’une vierge puisse enfanter, mais lui refuse de croire qu’une femme mariée puisse concevoir. Elle a donc raison d’interroger, puisqu’elle reconnaît que Dieu est en son corps et qu’elle le confesse; lui, se tait jusqu’à ce que son propre corps le convainque de la naissance de Jean qu’il récusait. Comment cela se fera-t-il ? Pourquoi ? Parce que je ne connais pas d’homme
Parce que je ne connais point d’homme.  . Femme, quel homme cherches-tu ? Tu l’as perdu dans le paradis. Rends l’homme, femme; rends le dépôt de Dieu. Rends de toi-même celui que tu as perdu par toi. Mets de côté l’ordre de la nature, et reconnais l’ordre du Créateur. Qu’Il fasse et assume de toi un homme Celui qui t’as faite au début en te tirant de l’homme. Ne te mets pas à la recherche d’un homme! Que cesse l’œuvre de l’homme, parce que les ressources divines suffisent pour la restauration du genre humain. La raison pour laquelle Dieu est venue vers toi, c’est parce que tu t’es repentie d’être allée vers l’homme. Que désormais la chair n’aille plus à la chair, mais l’Esprit saint surviendra en toi. Car ce qui naît de la chair est chair, et ce qui nait de l’Esprit est esprit. Celui donc qui naît de l’Esprit, sans controverse possible, est Dieu, puisque l’Esprit est Dieu. L’Esprit-Saint viendra en toi et la vertu du Très-haut te couvrira de son ombre. La vertu de Dieu fait de l’ombre, pour qu’à force de porter Dieu, la fragilité humaine ne succombe pas. Et la vertu du Très-Haut te couvrira de son ombre. La chaleur ardente de notre corps ne sait pas à quel point apporte de la protection l’ombre de la vertu divine. Celle qui se sait encerclée par le voile de la splendeur céleste ne recherche pas la partie la plus retirée d’une maison mondaine. A cause de cela, le saint rejeton qui naîtra de toi sera appelé fils de Dieu. Que personne ne prenne ici le mot saint dans un sens banal, mais qu’il lui donne le sens unique et tout à fait spécial qui a été proclamé dans le ciel : Saint, Saint, Saint, le Seigneur des armées.
 Marie est envoyée à Elizabeth comme une vierge à une stérile, un enfant à une aïeule, pour qu’ils fassent assaut de bons procédés, et pour que l’une reçoive, de la nouveauté la foi, et l’autre, de la nécessité la vertu. Après avoir entendu ces paroles de l’ange, Marie répondit : Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. Celle que l’ange appelle madame se reconnaît servante, et le confesse. Parce que, chez une âme généreuse, le déferlement des bienfaits ne fait qu’augmenter le sentiment d’indignité. Elle ne croît qu’en grâce, elle ne s’érige pas sur un piédestal, elle ne s’enfle pas d’orgueil. Qu’il me soit fait selon ta parole ! En croyant à la parole, elle a mérité de concevoir la Parole. Au commencement était la parole, et la parole était auprès de Dieu, et la parole était Dieu. Et elle est parvenue à l’accomplissement total de ce que à quoi elle avait cru après l’avoir entendu. Qu’il doit donc être grand le péché de l’hérétique qui, constatant que Marie a cru avant l’évènement, refuse, lui, de croire, après l’évènement.


143ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(l’Annonciation)
 Un sermon sur Noël vous est du depuis longtemps, mais le sacrement de l’ineffable naissance du Seigneur, il convient de le croire plutôt que d’en débattre. La vierge a enfanté. Comment un sermon humain pourrait-il raconter ce qui n’est pas au pouvoir de la nature, ce dont on a jamais eu l’expérience, ce que la raison ignore, ce que l’esprit ne comprend pas, ce qui épouvante le ciel, stupéfie la terre, met la créature dans tous ses états ? Et pourtant, l’évangéliste dévoile la conception et l’enfantement de la vierge avec des mots humains de tous les jours, le scellant ainsi du sceau divin. Et il agit ainsi pour que ce que l’homme a l’obligation de croire il ne présume pas de le discuter. Qui peut pénétrer les mystères divins comme l’enfantement de la vierge, les causes des êtres, l’ordre du cosmos, les échanges entre la Divinité et la chair ? Qui peu comprendre que l’homme et Dieu sont un seul et même Dieu ? L’évangéliste parle ainsi : L’ange Gabriel a été envoyé par Dieu dans une cité de Galilée dont le nom était Nazareth, à une femme promise en mariage à un homme du nom de Joseph, et le nom de la vierge était Marie.
 Un ange a été envoyé par Dieu. Là où c’est un ange qui est le médiateur, l’homme doit cesser de se faire une opinion par lui-même. Là où l’envoyé vient du ciel, toute interprétation purement humaine doit être rejetée. La curiosité humaine entre en torpeur là où l’ambassadeur est céleste. L’ange a été envoyé par Dieu. Celui qui porte toute son attention sur le fait qu’il a été envoyé par Dieu s’interdit de scruter en profondeur le secret de la Déité. Ce que Dieu communique, par l’intermédiaire de son ange, seul mérite de le savoir celui qui craint de le savoir. Ecoute le Seigneur qui dit : Sur qui poserai-je mes yeux si ce n’est sur l’humble, le doux, et sur celui qui tremble en entendant ma parole ? L’humble et le doux. Autant il est docile celui qui obéit aux ordres, autant il est indocile celui qui les conteste.
 L’ange est envoyé à une vierge. Parce que la virginité est toujours connue des anges. Vivre dans la chair en marge de la chair, ce n’est pas une vie terrestre, mais céleste. Et si vous voulez le savoir, acquérir la gloire angélique est une plus grande chose que la posséder. L’ange n’a que le bonheur de l’être, mais la virginité, c’est la vertu qui la faite. La virginité obtient par l’ascèse ce que l’ange possède par nature. L’ange et la vierge remplissent donc une fonction divine, non humaine. Après être entré, l’ange lui dit : Salut, pleine de grâces, le Seigneur est avec toi. Tu es bénie entre toutes les femmes.
 Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. Vous voyez les présents qui sont donnés en gage à la vierge ? Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. Salut, ce qui veut dire : reçois ! Quoi ? Les vertus en don, mais non la pudeur. Salut, pleine de grâce ! Voici la grâce qui a donné la gloire aux cieux, Dieu à la terre, la foi aux Gentils, un terme aux vices, une règle de vie, une discipline morale. Cette grâce que l’ange a apportée, la vierge l’a reçue pour rendre le salut aux siècles. Salut, pleine de grâce. Parce qu’à chacun, la grâce est donnée par bribes; mais à Marie, c’est toute la plénitude de la grâce qui s’est donnée à elle en entier. Tous, dit l’évangéliste, nous avons reçu de sa plénitude. David a dit lui aussi dans le même sens : Elle descendit comme de la pluie dans une toison. La laine, bien qu’elle appartienne au corps, ne connaît pas les passions du corps. Ainsi en va-t-il de la virginité. Bien qu’elle soit dans la chair, elle ignore les vices de la chair. La pluie céleste se répand donc dans la toison virginale en y pénétrant goutte par goutte. Et comme des gouttes qui s’infiltrent dans la terre. Pour que les temps, qui sont dévolus à la foi, irriguent les semences avec des gouttes vivifiantes, au lieu de les tuer.
 Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. L’ange est envoyé par Dieu, et que dit-il ? Le Seigneur est avec toi. Dieu était donc déjà avec la vierge quand l’ange lui a été envoyé. Dieu a précédé son messager, sans s’éloigner de Sa divinité. Il ne peut pas être contenu par les lieux Celui qui est présent dans tous les lieux. Et Il est tout entier partout Celui sans Lequel rien n’est tout. Tu es bénie entre toutes les femmes. Elle est vraiment bénie la vierge qui a rempli jusqu’au bout la dignité de la maternité, sans perdre la gloire de la virginité. Oui, elle est vraiment bénie celle qui a mérité la grâce d’une conception céleste, tout en maintenant la couronne de l’intégrité. Elle est vraiment bénie celle qui a reçu la gloire d’un divin fœtus, sans cesser d’être la reine de la chasteté dans toute sa plénitude. Vraiment bénie celle qui a été plus grande que le ciel, plus forte que la terre, plus élevée que tout ce qu’il y a dans la création. Car elle a été la seule à contenir Celui que le monde ne peut pas contenir. Elle a porté Celui qui porte l’univers. Elle a engendré son Géniteur. Elle a nourri Celui qui nourrit tous les vivants.
 Mais jetons un coup d’œil à ce que dit l’évangéliste : Quand Marie vit l’ange, elle fut troublée par ses paroles. La chair est troublée, les viscères sont secoués, l’esprit frémit, son cœur magnanime est frappé de stupeur. Le temple du corps humain était troublé, et l’étroitesse du domicile charnel comprimait les organes, quand, dans le sein de la vierge, s’est cachée toute la grandeur de Dieu.
 Mais, si le cœur vous en dit, avant de pénétrer plus avant dans le mystère de la foi chrétienne, adressons-nous à ceux qui considèrent injurieux à la divinité l’enfantement virginal, le sacrement de la piété, la réparation du genre humain par le Sauveur. Dieu est venu chez la vierge, l’Artisan chez son œuvre, le Créateur chez sa créature. Quand donc la restauration d’une œuvre ne rejaillit-elle pas sur l’honneur de l’artisan ? Quand donc l’honneur n’est-il pas réputé de la gloire, si le fabriquant répare ce qu’il a fabriqué ? Quand l’homme vieillit, ne retourne-t-il pas à son œuvre pour ne pas la perdre; si elle se détériore, ne la rajeunira-t-il pas; et si elle s’effondre, ne la reconstruira-t-il pas en mieux ? L’enfantement d’une vierge n’est donc pas une injure au Créateur, mais le salut de la créature. Si Dieu a fait l’homme, qui trouve mauvais qu’Il le refasse ? Et si l’on pense qu’il a été digne de Dieu de former l’homme avec du limon, pourquoi juge-t-on qu’il a été indigne de Lui de le réformer avec une chair? Qu’est-ce qui est le plus précieux, le limon ou la chair ? Donc, plus est précieuse la matière de notre réparation, plus grande est la gloire. Mais quand donc le Créateur n’est-il pas à l’intérieur de l’utérus humain ? Ecoute Job : Tes mains m’ont fait, tes mains m’ont façonné. Et David : Tu m’as formé. et tu as posé sur moi ta main. Et Dieu à Jérémie : Avant que tu sois dans le sein de ta mère, je t’ai connu, et dans l’utérus, je t’ai sanctifié. Si donc Dieu a fixé les linéaments de Job quand il était dans le sein de sa mère; s’Il a façonné les membres de David quand il était dans l’utérus de sa mère; s’Il a sanctifié Jérémie dans le ventre de sa mère; s’Il a rempli du Saint Esprit Jean le Baptiste dans le sein de sa mère, pourquoi s’étonner s’Il a habité dans le sein d’une vierge, Lui qui a tiré la femme d’une côte de l’homme ? Il est allé rechercher l’Homme dans le sein de la vierge Celui qui avait formé la vierge du corps de l’homme. Tu vois donc, o homme, que ce qui te parait une nouveauté est pour Dieu une vieillerie.
 Mais tu dis : Quelle nécessité y avait-il à la naissance d’un Dieu qui peut faire tout ce qu’Il veut ? Laquelle ? Pour refaire en naissant la nature qu’Il avait faite en la façonnant. Parce que celle qui avait été faite pour engendre des vivants a engendré des mortels. Par le péché du premier homme, la nature a reçu un coup mortel, et ce qui était l’entame de la vie a commencé à être l’origine de la mort.
 Voilà donc quel est cet échange admirable de la nativité qui a forcé le Christ à naître, pour que la naissance du Créateur procure la guérison à la nature, et pour que la guérison de la nature soit la reviviscence des fils.


144ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(l’Annonciation)
 C’est la sublimité du sujet qui nous pousse à composer un sermon sur la nativité du Christ, mais la grandeur du mystère nous paralyse. La vierge enfante. Qui est qualifié pour en parler ? Le Verbe s’est fait chair. Qui peut le raconter ? Si le Verbe de Dieu donne le vagissement à l’enfance, l’homme, qui est imparfait, comment pourra-t-il, avec des paroles, proclamer la Parole ? Le sermon d’un docteur sur la naissance du Seigneur apporte autant de clarté aux auditeurs que n’en apporte une étoile à ceux qui cherchent la lumière pendant la nuit. Pour qu’ils se réjouissent d’avoir trouvé le Christ, mais ne présument pas de mettre Sa naissance en doute; pour qu’ils honorent de présents Son enfance, au lieu de chercher à l’avilir. Priez, mes frères, pour que Celui qui a grandi graduellement dans notre corps, daigne croître de plus en plus dans notre parole ! L’évangéliste, aujourd’hui, rapporte que l’ange a parlé ainsi : Ne crains pas Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
 Ne crains pas Marie. Pourquoi ? Parce que tu as trouvé grâce. Ce n’est pas celui qui a trouvé la grâce qui craint, mais celui qui l’a perdue. Elle l’a trouvée, à n’en pas douter, en concevant la grâce du germe céleste, elle qui, en enfantant, n’a pas perdu les insignes de sa virginité. Ne crains pas Marie. Pourquoi craindrait-elle celle qui a conçu la Sécurité des êtres, qui a enfanté la Joie des siècles ? La crainte n’a pas sa place quand c’est Dieu qui opère, non l’humanité; là où il est question de force, non de pudeur. Qu’a-t-elle à craindre celle qui a reçu Celui que craignent tous ceux qui inspirent la terreur ? Qu’a-t-elle donc à craindre celle qui a le Juge pour plaider sa cause, et pour témoin, l’intégrité de son innocence ? Ne crains pas, Marie. Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Ce qui était au commencement auprès de Dieu, Dieu le Verbe, elle Le découvre dans son sein; et elle devient un grand temple de la Divinité celle qui était un petit hospice de l’humanité; et Celui que la petitesse du corps humain ne contenait pas, la sublimité du sein virginal l’a reçu.
 Voici que tu concevras dans ton sein. Par respect pour la langue, il aurait suffi de dire: Tu concevras. Quel besoin y avait-il de préciser lourdement : Dans ton sein ? Pour que la conception soit perçue comme une chose réelle, non comme une image. Pour que le mot naissance soit pris dans toute la force du terme, et ne soit pas dissout dans une figure. Comme d’un Dieu vrai un vrai Dieu est né, d’une vraie conception naîtrait la vérité d’un corps humain. Dans la naissance du Christ, l’injustice, mes frères, est enlevée au corps humain, non la nature; c’est la faute qui est condamnée, la créature n’est pas détruite.
C’est donc une hérésie de prétendre mensongèrement que le Christ a assumé un corps aérien : il n’aurait pas eu de chair, et il aurait concerté une ruse en feignant d’être un homme. Tu concevras dans ton sein, et tu enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. Ce qui se dit en hébreu Jésus, en grec Sôtèr, se dit en latin Sauveur. C’est avec raison qu’a été sauvé tout ce qui appartenait à la vierge, puisqu’elle a engendré le Sauveur de tous. Et tu l’appelleras du nom de Jésus, parce que dans ce nom, toute la majesté de la déité est adorée. Tous ceux qui demeurent dans le ciel, tous les habitants de la terre, tous ceux qui sont retenus dans les profondeurs de l’enfer, fléchissent le genou à l’audition de ce nom, et adorent le Sauveur. Ecoute l’apôtre qui dit : Pour qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse dans les cieux, sur terre, et dans les enfers. Ce nom qui a donné la vue aux aveugles, la vie aux morts. Toute la vertu de ce nom a mis en fuite la puissance du démon sur les corps qu’il possédait. Et si le nom est si grand, que ne doit pas être sa puissance ? Mais qui est donc celui qui est appelé de ce nom ? Que l’ange le dise ! Et il sera appelé fils du Très-Haut.
 Vous voyez que ce que la vierge a conçu n’est pas un fœtus terrestre mais céleste. C’est la vierge qui a enfanté, mais c’est Dieu qui a accueilli le Fils. Donc celui qui discute de cette maternité à la façon d’un sophiste, ne fait qu’injurier un si grand Géniteur. Et le Seigneur Dieu lui donnera le siège de David son Père. L’hérétique prend prétexte de ce texte pour ensemencer les nuages de sa perfidie; il invente de toute pièce un propos erroné. Ce n’est pas moi qui le dis, affirme-t-il, mais l’ange : Le Seigneur Dieu lui donnera. Celui qui donne n’est-il pas plus grand que celui qui reçoit ? Car celui qui reçoit ne possédait pas avant d’avoir reçu. Mais nous autres, mes frères, nous écoutons ces paroles non comme les écoutent les impies, mais les fidèles. Et que ce qui est pour eux une occasion d’erreur, soit pour nous une cause d’augmentation de notre foi. Le Seigneur Dieu lui donnera. Qui est celui qui donne, et à qui donne-t-Il ? Il est certain que c’est Dieu qui donne à l’homme, la divinité à la chair. Le Seigneur Dieu lui donnera. Quel Dieu ? Bien entendu, c’est le Verbe qui, depuis le commencement, était toujours Dieu. A qui donne-t-Il ? A Celui qui s’est fait chair et qui a habité parmi nous. Écoute l’Apôtre qui dit : Dieu était dans le Christ se réconciliant le monde. Réconciliant le monde avec Lui, non avec un autre. Ce Dieu, donc, qui était dans le Christ, s’était donné à Lui-même le royaume dans le Christ; et Il conférait au corps assumé ce qu’Il avait toujours possédé dans sa Divinité. La parole elle-même de l’ange le prouve. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père. Tu vois que quand Il reçoit, il est appelé fils de David, et quand Il donne, il reçoit le nom de Fils de Dieu. Lui-même a dit : Tout ce qu’a le Père est à moi. Quelle nécessité y a-t-il de recevoir là où se trouve le pouvoir de posséder ? Il a dit : Tout ce que le Père a est à moi. Qui reçoit ce qui lui appartient ? Si ce qui est donné est la propriété de celui qui le reçoit, est-ce un don gracieux de celui qui donne? Nous reconnaissons qu’Il a reçu le trône de David. Mais Celui qui l’a reçu c’est Celui qui est né, qui a assumé la chair, qui a accueilli l’enfance, qui a supporté d’être emmailloté dans un berceau, qui a vieilli avec les années, qui a gagné son pain à la sueur de son front, qui a éprouvé la faim, qui a souffert de la soif, qui ne s’est pas soustrait à toutes sortes de rebuffades et d’insultes, qui est monté sur la croix, qui a subi la mort, et qui est entré dans un sépulcre. Hérétique, assigne à Celui-là ce dont il s’agit. Est-ce que tu penses qu’Il a dédaigné recevoir les honneurs de Dieu Celui qui a reçu tant de vilenies des hommes. Est-ce que tu penses qu’il a trouvé honteux de recevoir le royaume de son Père, Celui qui, de ses ennemis, a reçu les souffrances et la mort ? Hérétique, si tu comprenais que les insultes, l’enfance, l’âge, le temps, ce qui est donné et ce qui est reçu, l’anéantissement et la mort, n’ont rien à voir avec la divinité, mais relèvent de la seule humanité, tu n’injurierais le Christ en rien, tu ne parlerais ni de supériorité ni d’infériorité dans la Trinité.
 Mais revenons à nous, et continuons le commentaire. Le Seigneur son Dieu lui donnera le trône de David son père, et il règnera dans la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura pas de fin. Celui qui trône toujours au ciel avec son Père reçoit maintenant sur la terre le siège de David. Celui qui règnera toujours pour Lui-même a, à ce moment, obtenu en partage de régner éternellement pour nous dans la maison de Jacob. Réjouissons-nous, mes frères, parce que Celui qui a régné pour Lui, règnera pour nous. Réjouissons-nous, parce qu’Il est venu sur la terre pour régner, pour que nous puissions régner avec Lui dans le ciel. Écoute l’Apôtre : Si nous souffrons avec lui, nous règnerons avec lui. C’est pour nous qu’Il est né, et Il est venu pour nous donner le règne, selon sa promesse : Venez les bénis de mon père, recevez le royaume qui a été préparé pour vous depuis l’origine du monde. C’est à vous qu’il l’a dit, pas à moi seul. Il est venu pour être toujours avec nous, pour qu’Il soit toujours sous nos yeux, Lui qui n’habite maintenant que dans nos cœurs. Il viendra pour qu’à ceux dont la gloire vient du règne, la confiance vienne de la familiarité.
 Et son règne n’aura pas de fin. Réjouis-toi en celui dans l’avènement duquel tu crois, parce qu’Il a promis un règne sans fin, où les soldats n’ont pas de successeurs, où les dignités sont perpétuelles. Mais pourquoi n’ambitionnent-ils pas les choses qui demeurent toujours ceux qui convoitent celles qui passent ? Pourquoi ? Pourquoi se procurent-ils avec de l’or des honneurs caducs, et ne veulent-ils pas recevoir gratuitement les éternels ? Mes frères, c’est ici que se préparent les fonctions, que sont répartis les lieux, que sont désignés les lauréats. Celui qui, ici, n’aura pas, par la foi en l’évangile, reçu les titres de nomination à un emploi, n’aura pas là-bas les insignes des dignités éternelles.

 
 Donc, si la milice nous plaît, si nous voulons toujours guerroyer, saisissons-nous des armes du Christ, veillons, soyons sobres, vainquons le démon, foulons aux pieds les vices, pour que nous puissions recevoir, à parité, les récompenses et les couronnes de notre Seigneur Jésus-Christ qui règne avec Dieu le Père maintenant et toujours, pendant tous les siècles des siècles. Amen.

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