153ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(le massacre des saints innocents)
La raison humaine n’a pas ce qu’il faut pour dévoiler le mystère de l’enfantement virginal. Ce que la nature n’a pas, c’est l’œuvre de Dieu, non de la nature. C’est l’œuvre de l’Esprit céleste, que la chair ne peut syntoniser. Là où l’humanité n’a pas laissé de trace, la Déité a apposé sa signature. Comme le dit le Prophète : Le Seigneur Dieu lui-même vous donnera un signe. Voici que la vierge reçoit dans son sein. Là où il n’y a rien d’habituel, tout est programmé par le Ciel. Ce qui n’est pas de ce monde ne peut pas être à la portée de l’intelligence mondaine. Une conception qui préserve la virginité, un enfantement qui laisse la mère vierge ne s’expliquent pas par un Générateur humain, mais divin. Dieu s’avance là où aucune trace de passage humain n’a été trouvée. L’expérience des siècles passés est prise de cours quand ces miracles se produisent. Les traditions séculaires ne peuvent pas rendre compte de ces signes; leur singularité n’admet pas d’équivalence, comme en fait foi la lecture d’aujourd’hui, qui raconte les combats divins des bambins.
La cohorte qui est née avec lui est la Sienne propre. Elle était transportée du désir de mourir avant Lui plutôt qu’avec Lui. Les soldats consacrés au Christ ont commencé à militer avant de vivre, à guerroyer avant de jouer, à répandre leur sang avant de sucer le lait. Ces âmes ardentes n’acceptèrent par le délai que voulaient leur imposer leurs corps. Depuis le sein maternel, elles volèrent jusqu’aux ennemis féroces rangés en forme de triangle, faisant la connaissance des vertus avant les caresses, des blessures avant les baisers, du fer avant les parfums. Car elles voulaient posséder le ciel avant d’habiter la terre, remporter les récompenses spirituelles avant de connaître la joie de vivre, restituer leurs triomphes à Dieu avant d’avoir à supporter jusqu’au bout les nourritures humaines.
En toute vérité, mes frères, ces enfants sont des martyrs de la grâce. Ils ont confessé en se taisant, ils ont vaincu sans le savoir, ils sont morts sans en avoir conscience. Ils reçoivent des palmes, ils ravissent des couronnes, tout en ignorant totalement ce qu’ils on fait.. La virginité qui ne savait rien de la corruption a apporté de l’honneur à la mère. De la même façon, l’enfance qui n’était pas consciente d’avoir été martyrisée, a ravi les palmes et les couronnes du martyre. Mais que dire de la conduite du Chef ? Lui qui devait demeurer sur place a fui, et sur l’ordre de son Père. Cette fugue est le fait d’un amour caché au plus profond du cœur, non d’une lâche peur. Si Jésus était demeuré, la Synagogue aurait eu ces enfants pour fils, mais l’Église ne les aurait pas eus comme martyrs.
154ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
Comme le nombre d’affiches de fermes à vendre à la criée indique la grandeur du seigneur, il arrive souvent que les noms des saints eux-mêmes attestent leurs mérites, qu’ils soient les témoins des choses admirables qu’ils ont faites. Ainsi, la foi d’Abraham a été révélée par une chose aussi insignifiante qu’un nom : quand Dieu changea Abram en Abraham, pour que celui qui devait être multiplié dans sa descendance soit d’abord agrandi dans son nom. C’est le Seigneur qui l’a dit : On ne t’appellera plus désormais du nom d’Abram, mais Abraham sera ton nom, car j’ai fait de toi le père de plusieurs nations. La même chose s’est produite quand sa sainte épouse, de stérile devint féconde, reçut le surnom de Sarah, pour, qu’elle aussi, croisse dans son nom avant de croître dans ses enfants. Et parce que, avec la permission de Dieu, elle a ri à la pensée qu’une vieille sillonnée de rides concevrait, qu’une fécondité désespérée enfanterait, que l’extrême stérilité qui côtoie la vieillesse la plus avancée, deviendrait enceinte, elle a appelé rire ce qu’elle devait bientôt engendrer. Et elle a exprimé dans un nom ce qu’elle avait ressenti et compris en riant. Et elle l’a appelé du nom d’Isaac qui signifie rire. De la même façon Jacob qui commença dans le sein à se battre avant de voir, à l’emporter par la force avant de pouvoir le faire avec ses membres, a reçu, dès le sein maternel, le nom de « supplanteur » parce qu’il avait, comme nous le savons, avant sa naissance, sous la motion divine, réprouvé et supplanté son frère jumeau. Il serait trop long d’énumérer tous les cas semblables. Contentons-nous de dire que comme Pierre a reçu son nom du mot pierre, parce qu’il a été le premier à obtenir de fonder l’église sur la solidité de la foi, de la même façon, saint Etienne tire son nom du mot couronne, parce qu’il a été le premier à être supplicié pour le nom de Jésus. Il a été le premier à mériter de dédier le martyre au sang des soldats du Christ. Que Pierre détienne l’antique primauté du collège des Apôtres, qu’il ouvre le royaume des cieux à ceux qui y entrent, qu’il vainque par son pouvoir les coupables, et qu’il absolve les pénitents avec clémence. Etienne, lui, est le premier des martyrs. Il est le guide de cette armée à la robe empourprée, qui, pour le sang encore chaud de son Seigneur, a répandu son sang, comme tout guerrier est avide de le faire pour son Empereur. Et parce que son supplice lui a conquis une couronne teinte en rouge, c’est en toute justice que son Roi a couronné celui qui, à sa naissance, devait son nom au mot couronne. Celui qu’Il avait véritablement connu à l’avance et prédestiné, Il l’a appelé le premier à la gloire du martyre.
155ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(les rites païens des calendes de Janvier)
A l’époque où le Christ est né en toute piété pour notre salut, le démon s’est empressé de produire, au nom de la bonté divine, des rites monstrueux et pernicieux en grand nombre, pour couvrir la religion de ridicule, tourner la sainteté en sacrilège, et injurier Dieu avec ce qui L’honore. Voilà pourquoi, mes frères, avec un déshonneur voulu, et dans un aspect horrible recherché, les païens aujourd’hui traînent leurs dieux, les tirent dans tous les sens en parcourant toute la ville, pour qu’on voie que les dieux sont plus honteux que la turpitude. Et ils font à leur place ce qu’on ne devrait pas les voir faire. Quelle vanité, quelle démence, quelle cécité ! Confesser des dieux et les couvrir d’infamie par des moqueries déplacées ! Il ne rendent pas de culte à leurs dieux, mais les tournent en dérision ceux qui se jouent des dieux qu’ils vénèrent. Ile ne les honorent pas, mais leur infligent des injures ceux qui défigurent et dégradent les dieux, par qui ils prétendent avoir été formés. Ils ne les glorifient pas en les représentant à l’image de leur propre désarroi intérieur. C’est tout à fait comme a dit l’Apôtre : Parce qu’ils n’acceptèrent pas d’avoir la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour qu’ils fassent ce qui ne convient pas. Ceux qui ont abrogé les lois naturelles, ils leur donnent les attributs divins, et les rendent dignes du ciel, tout en rendant les autres indignes de vivre sur la terre. Oui, ils ont vraiment été abandonnés à leur sens réprouvé ! Et ceci ne vient pas d’un jugement humain, mais de la sagesse de Dieu, pour qu’ils soient eux-mêmes les vengeurs des injustices commises envers Dieu, eux qui en sont les auteurs. Quelle colère, quelle vengeance devrait provoquer une telle offense à Dieu par le moyen des idoles ! Ceux que l’antiquité a présentés mensongèrement comme des dieux avec des autels, de l’encens, des victimes, des pierres précieuses et de l’or, la postérité les a jugés des hommes tout à fait indignes d’un culte honteux; et leurs vies, leurs mœurs et leurs actions elle les a retracés dans leurs visages, pour enseigner que ces hommes étaient plutôt à fuir qu’à être honorés. Mes frères, pleurons ceux qui ont suivi de telles gens, et réjouissons-nous d’avoir divinement échappé à ces infamies. Leurs adultères ils les représentent dans des statues, ils confient à des images leurs fornications, leurs incestes à des tableaux, leurs cruautés aux livres. Leurs parricides ils les transmettent aux générations futures; leurs impiétés, des tragédiens les jouent sur la scène; des bouffons miment leurs obscénités. Par quelle démence pouvaient-ils croire dieux ces gens-là, si ce n’est que, étant possédés du désir de ces crimes, de l’amour des impiétés, ils désiraient avoir des dieux criminels ? Celui qui désire pécher rend un culte aux auteurs des péchés et les a en vénération. L’adultère se met au service de Vénus, le cruel se voue à Mars.
Nous avons dit ces choses, mes frères, pour donner la raison pour laquelle les païens aujourd’hui font commettre à leurs dieux des choses qui nous indignent, et leur font faire des actions iniques et impudiques qui blessent le regard. En faisant cela, il arrive que ceux-là même qui agissent ainsi prennent leurs dieux en horreur et les abandonnent. Et les chrétiens rendent grâce d’avoir été libérés de tels dieux par le Christ. Ceux qui n’ont pas encore été pollués par leurs spectacles, qui ne se sont pas encore souillés en touchant leur encens, échappent-ils à la condamnation sous prétexte qu’ils ne font que donner leur assentiment à ces choses? Ceux qui font et ceux qui consentent ont une responsabilité égale. C’est l’apôtre lui-même qui le dit : Non seulement ceux qui font, mais ceux qui donnent leur consentement à ceux qui font. Et si une telle apothéose ne mène qu’à la damnation, qui pleurera suffisamment ceux qui se font à eux-mêmes des idoles ? N’ont-ils pas perdu l’image de Dieu, n’ont-ils pas aliéné la ressemblance ? Ils se sont dépouillés du vêtement du Christ ceux qui se sont représentés eux-mêmes dans les images et les statues sacrilèges des idoles.
Mais quelqu’un dira : « Ce n’est pas un fanatisme de sacrilèges qui est à l’origine de ces comportements, mais une promesse faite par manière de jeu. Ce n’est pas l’erreur de la vieillesse, mais la joie de la nouveauté. Ce n’est pas une offense faite aux dieux par les païens, mais le début de l’année. » Tu te trompes, homme. Ce ne sont pas des jeux, ce sont des crimes. Qui peut se divertir de l’impiété, qui trouve amusant un sacrilège, qui rit de ce qui mérite expiation ? Il se trompe lui-même celui qui pense ainsi. Celui qui approuve le comportement d’un tyran est un tyran lui-même. Celui qui se fait dieu, se fait l’adversaire du Vrai Dieu. Il n’ pas voulu porter l’image de Dieu celui qui a voulu porter le masque de l’idole. Celui qui a voulu s’amuser avec le diable ne pourra pas se réjouir avec le Christ. Personne ne joue en toute sécurité avec le serpent; personne ne se divertit impunément avec le diable. Si nous avons de la pitié dans le cœur, si nous nous faisons une haute idée de l’humanité, si brûle en nous le zèle du salut de nos frères, sauvons ceux qui courent ainsi à la perdition, qui sont livrés à la mort, qui sont entraînés vers le tartare, et qui se précipitent dans la géhenne. Que le père retire son fils, le maître son esclave, le parent son parent, le citoyen son concitoyen, l’homme un autre homme, les chrétiens tous ceux qui se ravalent à la bête, s’assimilent aux animaux, font tous leurs efforts pour leur ressembler, et qui se croient créés par des démons. Celui qui libère autrui reçoit sa récompense. Celui qui néglige de le faire, commet une faute. Bienheureux celui qui conserve sa propre vie, et qui procure à autrui le salut.
156ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(les mages)
Toutes les fois que par des remèdes salutaires, l’expertise préventive des médecins prescrit un antidote contre des maladies mortelles, si le malade présume le prendre sans tenir compte de la compétence du médecin, et en dehors des heures prescrites, ce qui avait été prévu pour procurer le salut pourra très bien devenir une cause de perte. Il en va de même avec la parole de Dieu. Si l’auditeur présume la connaître avec témérité, sans tenir compte du magistère, de la doctrine de l’église et des dogmes de foi, ce qui devait procurer la vie devient une occasion de perdition. Il faut veiller mes frères, à ce que l’inexpérience de l’auditeur ne fasse pas tourner au détriment des âmes ce qui a été divinement écrit pour notre profit.
Les Chaldéens qui scrutent les étoiles, les mages perdus au milieu des astres, qui recherchent les évènements célestes dans les ténèbres des nuits, qui attribuent aux courses des astres les causes des naissances et des morts, et qui distribuent des biens ou des maux aux humains selon l’arbitrage des constellations, est-ce que tu penses que l’évangéliste enseigne aujourd’hui que, guidés par une étoile, ils ont découvert la naissance du Christ cachée aux siècles ? Loin de nous cette pensée ! C’est ainsi que le monde le comprend, ainsi que les païens l’entendent. C’est ainsi malheureusement qu’est interprété cet évangile. Et pourtant, le discours évangélique ne parle pas de choses humaines, mais de divines; non de choses connues, mais de nouvelles; non de la science fallacieuse, mais de la Vérité; non de trompe l’œil, mais de ce qui est inné dans l’homme; non de ce qui est conjectural, mais de ce qui est endossé par l’Autorité. De choses qui viennent de Dieu non du destin; qui ne sont pas obtenues par des chiffres, mais acquises par le pouvoir divin.
Quand Jésus naquit à Bethléem de Juda au temps du roi Hérode, voici que des mages vinrent d’Orient à Jérusalem en disant : Où est celui qui est né roi des Juifs ? Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l’adorer. Quand Jésus est né, c’est l’Origine des êtres qui est venue au monde; le Bienfaiteur du genre humain qui est engendré. C’est l’Auteur de la nature qui naît pour réparer la nature, rendre le genre humain à son état premier, recréer l’origine. Adam le premier homme, le père de la lignée, l’origine de la génération, a perdu le bien de la nature, la liberté pour lui et sa lignée. Et, en la perdant, il a contaminé la vie du germe, de façon à ce qu’une lamentable hérédité apporte le mal à la nature, la servitude au genre humain, et la mort à la semence. Voilà pourquoi, en naissant, le Christ a rendu à l’homme la nature humaine; en mourant, il a soumis la mort, et Il a rappelé la vie en ressuscitant. Et à Celui qu’Il avait composé de chair, Il donna aussi une âme céleste, de peur que la chute terrestre ne fasse trébucher de nouveau le sens céleste. Comme le dit l’Apôtre : Le premier homme est de la terre, et il est terrestre. Le second est du ciel et il est céleste. Les terrestres sont semblables au terrestre, les célestes au céleste. Et sains Jean l’évangéliste : Celui qui est né de Dieu ne pèche pas, mais la génération de Dieu le conserve. Le Christ est donc né pour amener à la nature céleste ceux qui gisaient dans une semence terrestre.
Quand Jésus est né à Bethléem de Juda. Bethléem signifie en hébreu la maison du pain. C’est en ces termes que la maison de Judas est caractérisée, que son extraction est nommée, pour que la foi en la promesse et la vérité de la prophétie trouvent leur accomplissement, au dire de Jacob : Juda, tes frères te loueront, ta main sera sur le dos de tes ennemis, les fils de ton père t’adoreront. Et après : Un prince ne fera pas défaut à Juda, ni un chef de sa descendance, jusqu’à ce que vienne celui pour qui tout a été préparé, et il sera l’attente des nations. Voilà pourquoi même David a dit : Judas, mon roi.
Quand Jésus naquit à Bethléem de Judas aux temps du roi Hérode. Pourquoi Dieu est-il descendu sur terre aux temps d’un roi abominable? Pourquoi la divinité est-elle mélangée à la chair ? Pourquoi se fait-il un échange céleste avec un corps terrestre ? Pourquoi ? Et quand arrivera-t-il que celui qui n’est pas le vrai roi expulse le tyran, venge la patrie, restaure le monde, lui rende la liberté ? Hérode, fuyard de son peuple, a envahi le royaume de Juda, a enlevé la liberté, a profané les choses saintes, à confondu les classes. Il a aboli la discipline et le culte. C’est donc avec raison que Dieu vient à l’aide d’une nation sainte qui a perdu les appuis humains, et que Dieu se rend présent à qui ne bénéficiait d’aucun secours humain. Mais Il est venu aussi pour subjuguer l’antichrist, pour libérer la planète, restituer la patrie du paradis, éterniser la libération du monde, enlever complètement la servitude du monde.
Voici des mages qui viennent de l’Orient. Les mages viennent de l’Orient vers le Soleil levant, pour que les reçoive à leur arrivée Celui qui avait ordonné qu’ils viennent. Comment un mage pourrait-il rechercher Dieu, sans un commandement de Dieu ? Comment un astrologue pourrait-il trouver le Roi du ciel sans une révélation de Dieu ? Comment un Chaldéen pourrait-il, sans Dieu, adorer un seul Dieu sur la terre, lui qui s’était fait le serviteur d’autant de dieux qu’il y a d’étoiles dans le ciel ? Qu’un mage ait connu le Roi des Juifs et l’Auteur de la loi que le Juif n’a pas connu c’est un miracle plus grand que l’étoile. La Chaldée rend des hommages, la Judée ne le fait pas. La Judée se détourne et fuit. La Syrie suit l’étoile et adore. Voici des mages qui viennent de l’Orient. Où est celui qui est né roi des Juifs ? Nous avons vu son étoile en Orient. Et qu’y a-t-il vraiment à voir ? C’est bien comme a dit l’Apôtre : De riche qu’il était, il s’est fait pauvre. Il était riche dans sa Déité, et Il s’est fait pauvre dans notre chair. Et Il a commencé à avoir une seule étoile Lui qui a fait, a, et contient toute la création.
Nous avons vu son étoile. Le mage a vu par moments Celui à qui appartient une étoile, mais qui ne lui appartient pas. Dieu n’agit pas d’après le mouvement d’une étoile, mais détermine Lui-même le parcours de l’étoile, et dirige sa course à travers le ciel. Il modère sa vitesse, règle son déplacement, de façon à pouvoir l’envoyer guider la marche des mages. Car si le mage marche. l’étoile marche aussi. Si le mage s’assoie, l’étoile arrête. Pendant le sommeil du mage, l’étoile monte la garde. Le mage comprit alors qu’à ceux dont la condition était de voler, l’obligation du service était la même. Et il ne crut plus que l’étoile était un dieu, mais estima plutôt qu’elle était une servante comme lui, quand il observa qu’elle était asservie à de telles marques de déférence.
Où est celui qui est né roi des Juifs ? Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l’adorer. En disant : Où est le roi des Juifs, ils n’interrogent pas, mais provoquent. Quand des gens qui savent interrogent des gens qui ne savent pas, ce n’est pas parce qu’ils ignorent. Ils morigènent les négligents, secouent les paresseux. Ils convainquent les méchants de méchanceté, fustigent les entêtés, et accusent les serviteurs de n’être pas venus à la rencontre de leur Seigneur. Car que pouvaient-ils bien apprendre des hommes ceux qui avaient appris de Dieu ce qu’ils savaient ? Quel besoin de renseignements humains chez ceux qui recevaient des étoiles les indications dont ils avaient besoin; que la lumière du temple, un astre merveilleux du ciel éclairaient sur tout le parcours ? Où est celui qui est né roi des Juifs ? Ce qui signifie : Pourquoi le Roi des Juifs dort-il dans une crèche; pourquoi ne repose-t-Il pas dans le temple ? Pourquoi ne resplendit-Il pas dans la pourpre, pourquoi est-Il habillé pauvrement dans des langes ? Pourquoi est-Il caché dans une étable, et n’est-Il pas exposé dans le sanctuaire ? Les animaux ont recueilli dans leur mangeoire Celui que vous avez dédaigné recevoir dans Sa maison. Le bœuf a reconnu son maître, et l’âne la crèche de son seigneur. Toi, Israël, tu n’as pas recherché ton Seigneur. Nous avons vu son étoile. L’étoile n’est pas apparue de sa propre initiative, mais sur ordre. Non à cause du mouvement des astres, mais poussée par Dieu. Non grâce aux lois stellaires, mais à un miracle nouveau. Non à cause de l’agencement des planètes, mais du pouvoir divin du Nouveau-né. Non grâce à l’astrologie, mais à Dieu. Non en vertu de la science, mais de la prescience du Créateur. Non à cause de calculs arithmétiques, mais par la permission divine. Par une intervention surnaturelle, non par la curiosité chaldéenne; par la prophétie judaïque, non par l’art magique.
Quand le mage réalisa que ses efforts humains n’aboutissaient à rien, que sa science ne lui était d’aucun secours, que les travaux de la sagesse humaine découchaient sur le néant, que les sueurs de toutes les sectes avaient séché en vain, que les trésors de toute la philosophie étaient vides, il a fui la nuit païenne; les opinions nébuleuses s’effondrèrent, et il a dissipé les ombres du démon. Il n’a pas pensé que l’étoile était une comète, à la crinière échevelée, qui cache ce qu’elle annonce et qui obscurcit ce qu’elle éclaire. Il parla ainsi : C’est la volonté de Dieu que je te voie en Judée, briller d’une splendeur absolue, de nouveaux rayons, lumière porte enseigne. Et là tu me montreras le Roi né en dehors de la loi du monde, de l’ordre de la chair, et de la nature humaine. Ayant alors déposé son erreur, il suit l’étoile, il court, il arrive, il trouve, il se réjouit, se prosterne et adore. Car ce n’est pas par l’étoile, par la science, mais par Dieu qu’il s’émerveille d’avoir trouvé Dieu dans la chair. Donc, le sermon d’aujourd’hui n’a pas confirmé l’erreur des magiciens, mais l’a réfutée. Mais que cela suffise pour maintenant, pour qu’avec l’aide de Dieu, nous puissions clairement mettre en lumière ce qui suit.
157ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(l’Epiphanie)
Les fêtes du Seigneur, par leurs dénominations mêmes, indiquent ce que l’on célèbre. En naissant, Il nous donne le jour de Sa nativité; en ressuscitant, le jour de Sa résurrection. Par la lumière des signes, Il montre le jour de son illumination. En naissant, Il s’est d’abord voilé avec un corps humain; et puis, en agissant, Il s’est révélé dans un mystère céleste. A la fin, Dieu Lui-même est apparu trine, Celui qui, à sa naissance avait semblé n’être qu’un homme. C’est donc avec raison que la solennité d’aujourd’hui porte le nom d’Épiphanie, puisque nous y voyons resplendir la déité que la chair avait obscurcie. Voilà, mes frères, voilà la fête qui, conçue à des époques différentes, a enfanté trois signes distinctifs de la divinité. Par l’épiphanie, les mages confessent la Seigneurie du Christ avec des dons symboliques. Et les adorateurs d’idoles, ceux qui ont la nuit pour domicile, trouvent, dans des ténèbres épaisses, l’Auteur de la lumière. Pour que ce soit du à la grâce de l’Auteur, non à l’industrie du chercheur; non à l’étoile, mais à Dieu. Pour que ce soit un don du Créateur, non la récompense de la créature. Pour que cela ne provienne pas de la science humaine, mais d’une faveur divine.
Voici que des mages sont venus de l’Orient en disant : Où est celui qui est né roi des Juifs ? Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l’adorer. Nous avons vu Son étoile. Qu’est-ce qui n’est pas à Lui ? L’étoile Lui appartient; Il ne dépend en aucune façon de l’étoile. . Son étoile. Elle a reçu l’être; mais elle n’a pas donné l’être. L’Auteur planifie la naissance de l’étoile, mais l’étoile ne préside pas à la naissance de l’Auteur. Son étoile. Qui venait non de l’évolution, mais du Créateur; non du destin, mais d’un commandement de Dieu; non d’un computeur, mais de l’Auteur. Cette étoile ne donnait pas la naissance, mais devait subir son déclin. Elle ne légiférait pas, mais n’avait que valeur de signe. Elle ne régulait pas les heures du jour, mais se contentait d’apporter un peu de lumière aux nuits. Elle était un guide de la route, non de la vie. Elle était une compagne des mages, mais n’avait aucun lien de parenté avec le Christ. Elle n’était pas la souveraine du Souverain, mais l’esclave des serviteurs.
Mais dira quelqu’un : Pourquoi des mages ? Pourquoi ont-ils été conduits par une étoile ? Si les étoiles interviennent, quel rôle joue l’Origine, qu’est-ce qui relève de la nature humaine ? Pourquoi des mages ? Pourquoi une étoile ? Pour que le Christ fasse de ce qui était une cause d’erreur une occasion de salut. De la même façon que, par le Christ, la cause de la mort est devenue la cause de la vie. Déconfire l’ennemi avec l’arme de l’ennemi est une marque de grande bravoure. Chez les mages, la faute était dans l’ignorance, non dans la volonté; on pouvait incriminer chez eux l’erreur, non le fanatisme. Chercher Dieu sans savoir comment Le chercher, tient plus de la fatalité que de la culpabilité. Ce fut donc quelque chose de pieux. En conséquence, Dieu donna la grâce de Le trouver à ceux qui Le cherchaient; et Il renvoya la faute à l’erreur. Et enfin, saint Paul est devenu le proclamateur de cette sorte de jugement porté sur un persécuteur, parce qu’il lui était arrivé de combattre la loi par zèle de la loi, et de pécher contre Dieu par amour de Dieu. Voilà pourquoi la foi est accourue au-devant de Paul; et la perfidie a plaidé l’ignorance.
Mais l’auditeur a autre chose à objecter. Accordons que ce n’est pas de sa propre initiative mais par un ordre de Dieu que l’étoile a montré le chemin aux mages qui le cherchaient, d’où vient, chez eux, une si grande science des présents symboliques, d’où viennent de si grands sacrements des dons ? Non de l’art des Chaldéens, mais de la tradition primitive des grands saints. Toutes ces choses venaient de la lignée de Noé, des fils d’Abraham à qui il avait été transmis que le Christ naitrait de Dieu, non de la science. Qu’Il serait Homme, Dieu et Roi, et qu’Il mourrait, ils l’avaient appris d’un sacrement d’en haut. Voilà pourquoi ils ont apporté les présents appropriés, qui étaient ceux de la foi des pères; voilà pour quoi ils offrirent, en toute connaissance de cause, de l’or, comme à un Roi, de l’encens, comme à un Dieu, et de la myrrhe, comme à quelqu’un qui va mourir. Pour pouvoir avec de tels présents, satisfaire leur besoin de l’Honorer et de l’Adorer. Mais assez parlé des mages.
Par l’épiphanie, le Christ a rendu les eaux délectables en les changeant en vin pour les noces; car ce n’est pas la gourmandise qui L’avait convoqué aux noces, mais Son pouvoir Divin. Il n’était pas venu pour faire un acte de solidarité et de convivialité, mais pour manifester Sa puissance. Ce n’était pas pour Lui une occasion de Se remplir le ventre, mais de faire un miracle qui avait valeur de signe. Il ne chercha pas une occasion de s’enivrer, mais de manifester Sa divinité. En changeant de nature, l’eau a manifesté son Auteur; et le Créateur des éléments est révélé par la métamorphose de la créature. Heureuses noces, oui, heureuses, celles où le Christ se rend présent; qui ne tirent pas leur gloire de l’opulence, mais de la puissance divine ! Là où l’eau est transformée en vin, qu’est-ce qui n’est pas transformé en grâce ?
Par l’épiphanie, le Christ est entré dans le baquet du Jourdain pour consacrer notre baptême; pour que ceux qu’Il avait pris en charge en naissant, Il les relève en vue du ciel en renaissant; pour qu’Il apporte en Lui la liberté à ceux qu’Il avait vus captifs en dehors de Lui. Pour qu’Il redonne la vie à ceux que la faute avait rendus mortels. Pour qu’Il rende éternels ceux que la mort avait faits temporels. Et pour que ceux que le diable avait exilés du Paradis, Il les rende au ciel participants de Son bonheur. Voilà pourquoi, mes frères, l’Esprit-Saint se répand en faisant irruption quand le Père clame du haut du ciel : Celui-ci est mon fils bien-aimé. En nous créant, Ils ont œuvré en commun avec le Fils; et ensemble, Ils travaillent à notre réparation.
C’est ainsi que le Christ, en des temps divers, mais le même jour, par le ministère des mages, la mutation de l’eau, et la voix du Père, a fait connaître Dieu par un triple témoignage. Et cette triple manifestation du Christ devient une seule solennité sacrée de l’Épiphanie.
158ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(le massacre des innocents)
Nous nous demandons souvent pourquoi Dieu entre ainsi dans le monde. Pourquoi a-t-Il fait l’expérience de l’espace concentrationnaire du ventre, pourquoi a-t-Il souffert l’injure de l’accouchement, a-t-Il accepté d’être emmailloté, a-t-Il toléré l’ignominie d’un berceau, a-t-Il recherché Son aliment dans les gouttes des mamelles, s’est-Il soumis au vieillissement et aux besoins de l’existence ? Mais comment donc devait-Il venir Celui qui voulait apporter la grâce, repousser au loin la crainte, mendier la charité ?
La nature enseigne à tous ce que vaut, ce qu’obtient l’enfance. Si l’enfance triomphe de la barbarie, calme la férocité, modère la cruauté, apaise la fureur, s’impose à la puissance, amollit la rigueur, adoucit la dureté, que n’obtient-elle pas de l’amour, que n’extorque-t-elle pas de l’affection, quelle faveur n’arrache-t-elle pas, quel dévouement n’est-elle pas en mesure de commander ? Qu’il en soit vraiment ainsi, les pères le savent, les mères en sont conscientes. Tous l’admettent, les cœurs humains l’attestent. C’est donc ainsi qu’Il a voulu naitre Celui qui voulait être aimé, non craint. Et pourtant, écoutez ce qu’a reçu de la méchanceté humaine l’enfance si tendre, si délicate et qui nous est si chère.
Entendant cela, le roi Hérode se troubla, et toute la ville de Jérusalem avec lui. Il convoqua tous les princes des prêtres, et les scribes du peuple, et s’enquit auprès d’eux du lieu de sa naissance. Si l’enfance du Christ trouble ainsi le roi, les scribes et les princes des prêtres, qu’auraient-ils donc fait si le Christ était venu à l’âge adulte, soutenu par des richesses et des troupes, des bagnards et des étrangers ? Mais ils ne tiennent compte ni du temps, ni de l’âge, ni de la pauvreté, ni de la parenté. Dès qu’ils entendent dire qu’Il est né, ils préparent la mort au Nouveau-né, des pièges à l’Innocent, des crimes au Pieux, des glaives à Celui qui est nu, des soldats à Celui qui est Seul, le meurtre à Celui qui ne sait que vagir, la peine de mort à un Parent. Et pour que la violence se mélange avec le sang, la cruauté exacerbée engage la lutte contre les berceaux, et presse les mamelles avec des traits; elle frappe les seins avec des boucliers, jusqu’à ce que les rejetons humains entrent dans les sépulcres avant d’avoir fait leur apparition sur la terre.
Admettons que c’est l’amour du pouvoir et la peur d’un usurpateur qui ont forcé Hérode à entreprendre de telles atrocités. Mais qu’est-ce qui pouvait bien motiver les Juifs de Jérusalem, les prêtres et les scribes? C’est que le séculier ne veut pas de la naissance d’un Dieu. L’esclave ne désire pas la naissance de son Maître, le coupable celle de son Juge, le rebelle celle de son Roi, le perfide, celle de l’Enquêteur. Il faut comprendre que Jérusalem baignait alors dans toutes sortes de contaminations. Les prêtres avaient profané les choses saintes; ils vendaient les péchés, et avaient transformé la piété et le pardon en profit pécuniaire. La doctrine céleste, la science du salut, le magistère de la vie, les scribes l’avaient changés en un discours inhumain, en un encouragement à l’infidélité, en un verbiage délétère. Voilà pourquoi ils ne voulaient pas que le Christ naisse. Ils avaient grand-peur qu’Il vive, parce qu’ils savaient qu’ils seraient livres à l’infamie, qu’ ils seraient couverts d’opprobres, qu’ils seraient chassés du temple, privés du sacerdoce, dépouillés du pouvoir d’offrir des sacrifices. Car une fois enflammés de cupidité, enchaînés par la recherche de la gloire humaine, pollués par les vices, enivrés de vanité, abrutis par le luxe, ils n’attendaient rien du pardon, eux qui ne pouvaient en aucune façon avoir l’idée de s’amender.
Quand un travail persévérant a rapporté une récolte abondante au bon régisseur d’une propriété rurale, il désire que son maitre bénéficie de cet accroissement de revenu. Il souhaite qu’il partage sa joie. Quand il a terminé le travail entrepris, le travailleur consciencieux désire la venue du propriétaire pour qu’il lui donne sa récompense. Après le conflit, après la victoire, le brave soldat convoite la présence de son empereur pour qu’il récompense ses sueurs et ses blessures par des lauriers et de l’argent. De la même façon, celui qui a livré les batailles du monde avec un courage indéfectible, aspire à la venue du Christ pour en être couronné. Mais il ne désire pas la venue du Christ celui qui s’est laissé vaincre par les plaisirs du monde. Il tremble à la pensée de la punition qui l’attend, et n’espère aucun pardon. Mes frères, faisons le bien, éloignons-nous du mal ! Fuyons les vices, recherchons les vertus ! Faisons peu de cas des biens présents, pensons aux futurs ! Dirigeons-nous vers notre royaume ! Allons à notre palme ! Choisissons la gloire, et tendons de tous nos vœux vers la couronne !
Mais que le commentaire de l’évangile revienne à la suite du récit. Alors Hérode convoqua en secret les mages, et s’enquit avec soin auprès d’eux du temps où l’étoile était apparue. Et les envoyant à Bethleem, il leur dit : Allez, et informez-vous avec soin de l’enfant, et quand vous l’ aurez trouvé, vous viendrez me le faire savoir, pour que j’ aille l’adorer moi aussi. Il convoque les mages en secret, parce qu’un esprit fourbe, une conscience tourmentée n’osent pas agir ouvertement. Il convoque en secret les mages parce que le voleur aime la nuit, et parce que le brigand tend des pièges dans la noirceur. Il s’enquiert avec soin du temps de l’étoile. Mais s’il a peur de perdre son royaume, il ne craint pas un signe qui vient du ciel; il ne redoute pas l’Auteur du temps. Pourquoi te troubles-tu, Hérode? Pourquoi es-tu si inquiet au sujet de ton successeur? Celui pour qui militent les étoiles n’est pas contenu par un empire terrestre. Allez, et informez-vous avec soin au sujet de l’enfant, et quand vous l’aurez trouvé, revenez me le faire savoir. Hérode, tu te trompes. Le mage a reçu l’ordre de L’adorer, non de Le dénoncer. Il est venu pour témoigner de Lui, non pour être un délateur. . A lui, il est donné de Le voir, mais à toi, il n’est pas donne de Le trouver. Allez et interrogez. Comme s’il ne suffisait pas aux mages d’interroger une seule fois. A ceux qui interrogent avec piété, est donnée une réponse sans piété. Le messager du salut est transformé en prophète de malheur pour ceux qui l’entendent avec malice. Le serviteur révolté entend dire que son maitre est né, Mais à son maitre naissant, il prépare des pièges, non de l’honneur. Il lui prépare la mort pour échapper à la servitude. Mais parce que Dieu ne peut pas être exterminé, que le Salut ne peut pas périr, et que la Vie ne peut pas être assassinée, le Seigneur conserve Son honneur, et l’esclave croupit dans son crime. Et il est happé par le châtiment celui qui a jugé indigne de lui de venir rendre hommage. Il est écroué pour subir sa sentence celui qui n’a pas voulu parvenir à la grâce.
Allez, et informez-vous attentivement au sujet de l’enfant, et quand vous l’aurez trouvé, « renoncez-le moi ». C’est en toute vraisemblance qu’il dit de Le lui « renoncer », car il renonce pour toujours au démon celui qui se hâte de s’approcher du Christ. Quand le catéchumène entend le prêtre lui demander : renonces--tu au démon, il répond : je renonce. . C’est en toute propriété de termes qu’Hérode dit aux mages qu’ils doivent Le lui « renoncer », lui qui savait qu’il tenait la place du démon. Pour que je vienne moi aussi l’adorer. Il veut mentir, mais il ne le peut pas. Qu’il y aille, pour qu’il soit courbé sous les tourments, pour qu’il soit étendu sur un gril de tortures, pour qu’il morde la poussière, celui qui a feint d’adorer pour mieux assassiner.
Après avoir traversé les nuages de la perfidie judaïque, les mages revirent par la profession de la foi chrétienne, l’étoile qu’ils avaient vue. Elle les précéda et leur servit de guide, et c’est ainsi qu’ils parvinrent au lieu sacro-saint de la naissance du Christ. Et ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Ils offrent dans leur dévotion au Seigneur, de l’or comme à un roi, de l’encens comme à un Dieu et de la myrrhe, à Celui qui allait mourir. De très grands trésors sciemment donnés en vue des croyants du futur. C’est ainsi que retournèrent par la voie de leur innocence, ceux qui avaient marché dans le chemin fallacieux d’Hérode, qui menait à la perdition.