159
ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(les bergers et les mages)
C’est avant ces jours, c’est-à-dire, avant le huitième jour des calendes de ce mois, au cours duquel les jours commencent à s’allonger, parce que le Vrai Jour luit, que le Christ est né, notre Seigneur Jésus Christ. C’est écrit dans l’évangile de saint Luc, comme se le rappellent aisément ceux qui l’ont lu ou qui l’ont entendu de la bouche des lecteurs. Les bergers juifs qui veillaient sur leurs troupeaux l’ont appris des anges qui étaient venus le leur annoncer. Aujourd’hui des mages païens, à la recherche de futilités, L’ont trouvé miraculeusement, dans Sa manifestation charnelle. Aux bergers a parlé la voix des ministres spirituels, qui leur annonçait la naissance du Seigneur. Et ils dirent ceux à qui souvent des prophètes avaient été envoyés : Traversons jusqu’à Jérusalem, et allons voir ce qui nous a été raconté. Ils parlent aussi les mages à qui aucun prophète n’avait jamais parlé. Mais ils interrogent comme quelqu’un qui cherche à savoir : Où est celui qui est né roi des Juifs ? Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l’adorer. Les bergers arrivent de près, les mages viennent de loin. Les uns et les autres cependant convergent vers un seul et même lieu de la foi avec une pieuse ferveur. Et les deux voient au même endroit le Christ Roi placé entre deux bêtes prophétiques, qui forment le type et la figure des deux peuples, les Juifs et les Gentils. Ils L’admirent et le reconnaissent pour ce qu’Il est. Car le bœuf connaît son maître, et l’âne la mangeoire de son Seigneur. Le bœuf Juif L’a reconnu quand le joug de la loi a été rompu; l’âne païen L’a reconnu, lui aussi, quand il a renoncé à la barbarie de sa stupidité. Le Juif, en déposant le fardeau superflu des observances; et le Gentil, en laissant l’erreur nébuleuse de la superstition. L’un et l’autre peuple L’ont reconnu, parce qu’ils sont allés tous les deux se nourrir à la mangeoire du Seigneur. Ils n’ont pas mangé le foin de la mort, mais la nourriture du salut. Mangez, mangez, pieux animaux, les mets de la vie éternelle ! Et la nourriture de l’éternelle rétribution, autant que vous le pourrez, fournissez-la à vos gosiers avides ! Ne la fragmentez pas inutilement, mais avalez-la au complet, d’un seul morceau. Car on ne peut pas diviser le Christ en Le mangeant. Il est ingéré par les croyants en entier, et c’est en entier qu’Il est reçu dans la bouche du cœur. Car le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. Il a habité dans l’utérus de la vierge qu’Il a occupé en toute dignité.
Les mages lui présentèrent, comme il est écrit, de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Nous offrons au Christ l’encens de la foi d’une région éloignée, la myrrhe de la bonne odeur de la confession de la proximité, ces trois dons d’une odeur suave de charité, quand nous confessons qu’Il est Roi, Seigneur et Homme. Mais nous adorerons le Christ en esprit et en vérité, si nous Lui offrons les présents de notre foi et de notre confession. Et nous, comme les mages, qui sont nos guides dans la foi et les prémisses de notre croyance, après avoir été avertis en songe, i.e. dans cette vie qui est semblable à un songe, et après avoir déjoué le roi Hérode, i.e., le diable qui est le prince de ce monde, retournons à notre patrie par une autre route, i.e., par une autre vie, de laquelle nous avons été malheureusement chassés par Adam, mais à laquelle nous sommes miséricordieusement rappelés par le Christ.
160ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(L’épiphanie, trois fêtes en une : l’adoration des mages, le baptême de Jésus, et l’eau changée en vin aux noces de Cana)
Dans le sacrement lui-même de l’incarnation du Seigneur, ont toujours été présents de clairs indices de sa divinité. Mais la solennité d’aujourd’hui révèle et manifeste de plusieurs façons que c’est Dieu qui est venu dans un corps humain. Pour que la mortalité, toujours plongée dans l’obscurité, ne perde pas, par ignorance, ce qu’elle a mérité de tenir et de posséder par la seule grâce. Car Celui qui a voulu naître pour nous ne veut pas être ignoré de nous. Et Il se manifeste ainsi, pour qu’un grand sacrement de piété ne soit pas détourné en occasion d’une grande erreur.
Aujourd’hui, celui que le mage cherchait dans le ciel comme un être flamboyant, il Le découvre pleurnichant dans un berceau. Aujourd’hui, le mage admire en toute clarté dans des langes, Celui qu’il cherchait péniblement à tâtons dans le ciel. Aujourd’hui, le mage, profondément stupéfait, est complètement renversé par ce qu’il voit : il voit le ciel dans la terre, la terre dans le ciel, l’homme en Dieu et Dieu dans l’homme, le Dieu qui ne peut être contenu par cette petite parcelle de l’univers. Étant incapable d’approfondir, et ne pouvant rien comprendre, le mage adore. Car il voit que dans le ciel les étoiles, la lune et le soleil ne brillent pas autant que cette chair lumineuse qu’il contemple sur la terre. Il voit dans un seul et même corps, les échanges qui s’opèrent entre l’humanité et la divinité. En le croyant Dieu, il sent qu’Il est Roi. Il comprend qu’Il va mourir par amour pour le genre humain; et saisi d’effroi, Il se demande comment Dieu peut mourir, et comment peut être tué Celui qui donne la vie.
Et c’est ainsi que le mage a cessé de chercher avec l’astrologie ce que la science humaine ne peut pas découvrir. Et réalisant qu’il a erré longtemps dans le ciel avec les astres errants, il se réjouit d’être parvenu jusqu’à Dieu sur la terre, sous la conduite d’une seule étoile. Et il comprit que sont voilées de profonds mystères toutes les choses qui se voient dans le ciel en toute clarté par les yeux humains. Et voyant qu’il croyait déjà sans discuter, il exprima sa foi avec des dons symboliques : à Dieu il offrit l’encens, au Roi l’or, et la myrrhe à Celui qui allait mourir. Il donna à Dieu de l’encens et au Roi de l’or, pour plaire, par un hommage de riche, à Celui qu’Il avait insulté et offensé par une entreprise frivole et oiseuse; et pour accomplir ce que beaucoup attendaient d’un rejeton stérile d’Éthiopie : L’Éthiopie tendra les mains vers Dieu. Le mage voit qu’il tend ses mains au Christ avant le Juif, parce que quand le Juif a livré criminellement le Christ à Hérode, c’est alors que le mage a confessé Dieu Christ avec ses présents. C’est ainsi que le Gentil qui était le dernier est devenu le premier. C’est alors que, par la foi des mages, est entérinée la croyance des Gentils, et que la cruauté des Juifs est marquée au fer rouge.
Aujourd’hui le Christ est entré dans le fleuve du Jourdain pour y laver le péché du monde. Jean lui-même atteste que c’est pour cela qu’Il est venu : Voici l’agneau de Dieu, voici celui qui efface les péchés du monde. Aujourd’hui le Seigneur se met sous la coupe de son serviteur, Dieu se soumet à l’homme, le Christ à Jean, puisqu’Il vient pour recevoir le pardon au lieu de le donner. Aujourd’hui, comme dit le prophète : La voix de Dieu est au-dessus des eaux. Quelle voix ? Voici mon fils bien-aimé en qui je me complais. Aujourd’hui, la voix de Dieu est au-dessus des eaux, pour que la foi dans l’Engendré soit scellée par Dieu : le Père Lui-même témoigne de son Fils, Il sert Lui-même de répondant. Celui-ci est mon fils bien-aimé. Parce qu’Il n’y en avait pas d’autre capable de rendre ce témoignage. Personne n’était en mesure de le faire comme le Père; personne ne connaissait le secret du Père. La génération divine ne connaît aucun témoin. La divinité n’a rien à apprendre de l’extérieur, comme le Fils le dit : Personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et personne ne connaît le Père si ce n’est le Fils. Aujourd’hui l’Esprit Saint plane sur les eaux sous la forme d’une colombe; elle est semblable à la colombe de Noé qui avait annoncé que les eaux du déluge universel s’étaient retirées. Par ce signe, on apprend que le naufrage perpétuel du monde a pris fin. La colombe-Saint-Esprit ne porte pas comme l’autre colombe, un rameau de branche d’olivier, mais elle répand sur la tête du nouveau Père de l’humanité l’huile de la nouvelle onction, pour que se réalise ce que le Prophète avait prédit : C’est pourquoi Dieu, ton Dieu t’a oint de préférence à tes compagnons, d’une huile d’allégresse. Aujourd’hui, le Seigneur est au-dessus des eaux. On a raison de dire au-dessus des eaux plutôt que sous les eaux, parce que le Christ, dans son baptême, n’est pas soumis aux sacrements, mais leur commande. Aujourd’hui le Dieu de Majesté a tonitrué. La voix du Père a retenti du haut du ciel. Et si le Père tonne du haut du ciel, si le Fils est dans les eaux du Jourdain, et si le Saint-Esprit apparaît corporellement dans le ciel, pourquoi le Jourdain qui a fui la présence de l’arche de la loi ne redoute-t-il pas la présence de toute la Trinité ? Pourquoi ? Parce que celui qui rend hommage en toute piété apprend à ne plus craindre. Ici la Trinité répand la totalité de sa grâce, dit tout l’amour qui existe entre les personnes. Au temps de Josué, l’arche a mis en déroute les éléments pour enrégimenter des serviteurs mus par la peur. Mais au milieu de ces prodiges, Jean reste là intrépide, impavide, parce qu’il ne peut pas craindre celui qui, comme en fait foi un témoignage angélique, n’est né que pour le seul amour de Dieu.
Aujourd’hui, le Christ donne le premier de ses signes célestes, en changeant l’eau en vin. Il démontre ainsi sa divinité par des miracles Celui que la parole du Père avait déclaré Fils. Car Celui qui change les éléments démontre qu’il est l’Auteur des éléments; et Celui qui agit sans effort contre la nature démontre qu’Il est l’Auteur de la nature. Il transforme l’eau en vin pour que l’hébétude de notre nature s’assainisse grâce à la vigueur de la divinité. Celui qui par un accroissement rapide et instantané de cinq pains fractionnés, a nourri à satiété cinq mille hommes, a pu, au festin des noces, emplir les outres de vin à perpétuité pour les convives à venir Car l’eau devait être changée dans le mystère du sang, pour qu’avec une seule coupe tirée du vase de son corps, le Christ enivre ceux qui y boiront; et pour que cette prophétie soit accomplie : Et qu’il est illustre mon calice qui enivre !
La divinité du Christ est donc aujourd’hui établie de trois façons : par les dons des mages, par le témoignage du Père, et par le changement de l’eau en vin, parce que l’Autorité affirme que toute parole de l’Écriture est confirmée trois fois, en disant : Toute parole est dans la bouche de deux ou trois témoins. Mais parce que cette festivité elle-même nous invite à la table du Seigneur et à la joie de ce calice, il suffit d’une brève conclusion pour de si grands mystères, par notre Seigneur Jésus-Christ qui vit et règne toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
161ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(le serviteur qui retourne des champs)
Vous avez entendu, mes frères, par l’exemple de la servitude, quel service divin le Seigneur exige de nous : Qui de vous ayant un laboureur ou un pâtre comme serviteur, lui dit quand il revient des champs : Change-toi tout de suite, et mets-toi à table. Ne lui dit-il pas plutôt : Prépare mon repas, ceins-toi et sers-moi tout le temps que je mangerai et boirai. Après seulement, tu mangeras et boiras. Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui était commandé ? Qu’il en soit ainsi pour vous. Quand vous aurez fait tout ce qui vous a été commandé, dites : nous sommes des serviteurs inutiles. Nous n’avons fait que ce que nous devions faire. Qu’il en soit ainsi pour vous !
Où est la similitude ? Il s’agit plutôt d’une dissemblance flagrante. L’homme doit-il à Dieu autant que l’homme doit à l’homme ? Absolument pas. Car l’ordre est autre ; la cause est différente; la foi dissemblable. Dieu a fait exister l’homme, Il lui a ordonné de naître, Il lui a donné de vivre, Il lui a permis de comprendre, Il lui a donné les saisons, a étalé sa vie de l’enfance à la vieillesse. Il le destine à la gloire, lui a ouvert la voie des honneurs. Il l’a fait avant les animaux, et lui a attribué la souveraineté sur toute la terre, par une loi immuable et perpétuelle. Et quand se flétrirent de si grands et de si nombreux bienfaits que Dieu avait d’abord accordés à l’homme, Il répara l’homme par le moyen d’autres bienfaits, qui étaient d’autant plus grands qu’ils étaient divins. Car à celui à qui Il avait d’abord donné d’habiter la terre, Il donna par la suite d’habiter le ciel. Pour qu’aucun adversaire, aucun attaquant, aucun serpent, caché sur terre dans de bonnes choses, ne puisse plus se précipiter sur lui. Et la servitude volontaire conserverait déjà celui qu’une liberté licencieuse avait perdu. Et l’homme serait le plus libre de tous, en ne servant que le Seigneur, puisqu’ il doit à Dieu son origine et la condition dans laquelle il a été fait. Il doit à Dieu la servitude pour avoir été racheté et acquis à prix, comme le dit l’Apôtre : Vous avez été achetés à grand prix. Ne devenez pas serviteurs des hommes. Et le prophète, pour déclarer sa condition et son origine : Et ton serviteur, et le fils de ta servante .L’homme doit toutes ces choses à Dieu. Que doit-il de tel à l’homme ? Et pourtant, Dieu réclame en vain, parce que l’homme ne veut rien rendre à Dieu, à qui il doit tout.
Mais revenons au récit de la parabole, et remplissons-nous de cet exemple. Alors s’éclairera le sens de ce que nous avons dit, parce que nous ne donnons pas toute notre servitude en paiement à Dieu, mais pour faire de Dieu notre débiteur. Qui de vous ayant un laboureur ou un pâtre comme serviteur lui dit quand il revient du champ : change-toi tout de suite, et mets-toi à table. Ne lui dit-il pas plutôt : prépare mon repas, ceins-toi, et sers-moi toute le temps que je mangerai et boirai. Après cela, tu mangeras et boiras. Que cette doctrine nous est familière, quelle est conforme aux usages du pays, comme elle se rapporte à la vie de tous les jours, et comme elle est commune à tous ! Si c’est un maître qui écoute ces paroles, il reconnaît que c’est ce qu’il exige de son serviteur. Si c’est un serviteur, il reconnaît que tels sont les devoirs qu’il rend à son maître. Car le serviteur, levé dès l’aube, après les nombreux et divers travaux de toute la journée, après des courses trépidantes et essoufflantes, prépare le repas pour son maître, et sert à table, après s’être ceint. Il n’a pas la tête enflée pour avoir fait cela, mais c’est dans la crainte et le tremblement que s’exerce son dévouement tatillon et scrupuleux; et qu’il apporte à son maitre un grand nombre de mets préparés avec le plus grand soin. Il goute des mets à demi-cuits ou insuffisamment salés, met la main sur un grand nombre de coupes, diversifie les calices, et change les vins. Et pendant les conversations des convives qui n’en finissent plus, il reste debout en faction; il fait le pied de grue, sans bouger. Il reste debout, car la fatigue n’est pas permise à la servitude. Et quand le maître passe une partie de la nuit à dormir et à se reposer, le serviteur ramasse, nettoie, inspecte, place, dispose, replace. Il s’attarde ainsi dans des travaux imposés, et ne se réserve qu’une petite partie de la nuit pour la nourriture et le sommeil.
Après tout cela, s’il fait la grasse matinée, et si le maître, à son lever, le surprend dans les bras de Morphée, même s’il est fatigué ou épuisé, il se réveillera pour recevoir des coups de fouet. Le travail qu’il a fait la veille ne le soustrait pas au châtiment, car tout ce que le maître fait à son serviteur indument, sous le coup de la colère, par pur caprice, sans réflexion ou après mure réflexion, sachant ce qu’il fait ou ne le sachant, tout ce que le maitre fait, dis-je, a valeur de jugement, de justice et de loi. La colère du maître envers celui qui lui est soumis est le droit, et la condition de l’esclave ne lui permet pas d’interpréter une parole du maitre à sa fantaisie. Si l’esclave comprend donc ce qu’il doit à un homme en le servant ainsi, et si le maître comprend ce que lui doit l’esclave, le Maitre des maîtres lui enseigne et lui fait comprendre quelle servitude il doit au Seigneur des seigneurs. Cela Paul l’a accompli, qui mettait par écrit les titres de sa servitude : Jusqu’à cette heure, nous avons faim et soif. Nous sommes nus, et on nous donne des coups de poing. Et ailleurs : Je mortifie mon corps, et le réduis en esclavage. Il présentait la baguette d’affranchissement le bon serviteur qui se flagellait lui-même jusqu’au sang. Il ne lâchait pas les brides à son corps, de peur que la chair, relâchée par pitié, n’encoure une autre servitude.
Mais homme, ce que tu exiges de ton esclave, accomplis-le pour Celui qui t’as fait maître. Toi qui dors toujours et qui exiges de ton esclave des veilles épuisantes, veille de temps en temps pour ton Maître qui veille sans cesse sur toi. Sois présent au jeûne de ton Maître, toi qui es toujours servi par ton serviteur quand tu manges. Épargne ton serviteur innocent, toi qui reçois les caresses de ton Maître quand tu pèches. Pardonne de temps à autre, toi à qui ton Seigneur pardonne toujours. Si tu fais quelque chose de bien, crois que tu n’as fait que rembourser au Seigneur ce que tu Lui dois, que tu n’as pas réalisé de bénéfices. Quand vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites : nous sommes des serviteurs inutiles Nous n’avons fait que ce que nous devions faire. Quand l’homme est-il donc par lui-même utile aux choses divines, lui qui est, pour lui-même inutile aux choses humaines ? Les choses auxquelles l’homme pense ce sont les mauvais désirs du cœur, les vices de la chair, le flux des voluptés, les rafales des désirs, les écueils des colères, les naufrages des crimes. Et alors, qu’il donne à Dieu tout ce qui lui est utile, et qu’il émonde ce qui est inutile.
Mais revenons à notre propos. Pourquoi le Seigneur exhorte-t-Il ainsi ses disciples ? Il le leur explique. Le Christ envoie ses apôtres à des peuples qui sont malades à des divers degrés. Il leur donne donc une force spirituelle, une puissance surnaturelle, le don des guérisons. En parcourant les pays, ils rendaient la vue aux aveugles, la course aux boiteux, l’ouïe aux sourds. Et pour ne pas me perdre dans les détails, ils rendaient la santé à tous les infirmes et à tous les malades. Alors, revenant, ils rendaient grâce à Dieu : Seigneur, en ton nom, les démons nous sont soumis. Jésus modéra leurs transports, en leur répondant : Ne vous réjouissez pas de ce que les démons vous sont soumis. Réjouissez-vous plutôt parce que vos noms sont inscrits dans le ciel. En conséquence, pour qu’ils ne perdent pas, par vanité, ce qu’ils avaient conquis durement, et ne s’attribuent à eux-mêmes ce que Dieu leur avait accordé, Il les rappelle à l’humilité, qui est la mère de la doctrine, par l’exemple suivant : Qui de vous ayant un laboureur ou un pâtre comme serviteur lui dit quand il revient des champs : Change-toi tout de suite, et mets-toi à table. Ne lui dit-il plutôt : Prépare mon repas, ceins-toi et sers-moi tant que je mangerai et boirai. Après cela, tu mangeras et boiras. Après avoir rudement travaillé, et avoir donné de grands et nombreux signes de puissance, les Apôtres se croyaient utiles à leurs propres yeux, sans savoir qu’ils pataugeaient dans la boue de la chair et dans le limon de ce corps, et qu’ils étaient inutiles. Mais ils furent estomaqués quand Judas trahit, quand Pierre renia, quand Jean s’enfuit, et quand tous L’abandonnèrent. Pour qu’il devienne clair pour tous où se trouve Celui en qui et de qui procède toute utilité. Et en disant : Et après cela, tu mangeras, Il donne cette prescription à Ses disciples pour qu’aussitôt après Son ascension, ils brulent du désir de se réunir pour Dieu dans une béatitude céleste. Car finalement, Il les exhorte à tout abandonner, Il les ceint d’avance pour qu’ils puissent supporter Sa passion, et les parfait pour leur ministère. Car les apôtres serviront leur Maître attablé autant de temps que parmi les cuisines des pécheurs et les foyers des Gentils, ils prépareront le repas du Seigneur sur les tables de l’Église, en mémoire perpétuelle. Ce repas, celui qui est fidèle le connaît, et celui qui ne le sait pas désire le connaître pour être fidèle.
162ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(« Maître, dis-à mon frère de partager avec moi l’héritage ».)
Vous avez entendu, mes frères ce qu’un héritier des biens de ce monde a demandé aujourd’hui au Seigneur : Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage. La cupidité aveugle et imprudente se croit l’arbitre des litiges mondains et le juge de ce siècle. Et elle a voulu qu’Il soit l’auteur de la division Celui qui est venu pour restituer l’unité au genre humain. Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage. Ici, ce n’est pas au Maître qu’on fait appel, mais à l’amour. Dis à mon frère de partager avec moi l’héritage. Quand il dit : Dis à mon frère, il demande à Jésus qu’Il apostrophe la charité, qu’Il interpelle la nature, qu’Il réveille l’affection. Dis à mon frère de partager l’héritage. Il ne peut pas dire au frère : divise, celui qui a appris par le Prophète : O qu’il est bon et agréable à des frères d’habiter ensemble ! Dis à mon frère de partager avec moi l’héritage. Quelle plus grande hérédité, quelle meilleure hérédité y a-t-il que le lien de la divine charité ? C’est l’Apôtre qui le dit : La charité ne disparaîtra jamais.
Mais, dira quelqu’un : La charité ne périt donc jamais ? Elle n’est jamais violée ? Jamais, au grand jamais. Car si la charité existe, elle demeure; si elle ne demeure pas, elle n’existe pas. Un arbre stérile, au printemps, devient d’un blanc éclatant quand il se couvre de fleurs; mais il ne donne pas de fruit : il manque à ses promesses. C’est à cela que ressemble une charité qui n’a que l’apparence, mais qui n’existe pas. Ballotée par les flots des occasions de pécher, elle s’évanouit; elle se trouve ainsi à léser les fervents, et à tromper les lâches.
Mais revenons au début : Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage. L’héritage de ce monde apporte aux légataires des altercations avant d’accroître leurs biens. Avant de diviser l’héritage, il divise les héritiers. Avant qu’il rende à chacun les portions congrues, il dépèce et met en pièces les bénéficiaires. Ce n’est donc pas un legs, mais une déclaration de guerre. Il est pour les fils une marâtre plutôt qu’une grand-maman gâteau. Il enrichit les fils en affaiblissant la charité chaleureuse qui les unissait. Et toi, qui que tu sois, qui forces et provoques le Seigneur par ce genre de demande, tu l’engages à semer la zizanie, alors que l’Apôtre t’enseigne et te montre que l’héritage est commun à tous : Nous sommes les héritiers de Dieu, les cohéritiers du Christ. Il est pour toi l’Héritier, Il est pour toi le Frère Celui qui, par la manière de naître, les lois de la croissance, la façon de vivre, la sortie de la vie par la mort, a voulu être trouvé semblable à toi en tout. Car comme Il était le seul héritier de Dieu, et le seul à être Fils par nature, Il a voulu partager avec toi, et t’a fait Son cohéritier par la grâce, toi qui n’étais qu’un misérable, et qui étais soumis à la servitude la plus pénible. L’héritage divin peut être donné, mais non divisé, car Celui qui donne les biens célestes ne les perd pas, et celui qui a reçu ce qui lui revient à lui en particulier ne l’enfouit pas. Pourquoi appelles-tu à la division, pourquoi, misérable, invites-tu à une inspection et à une vérification, pourquoi demandes-tu une partie à Celui qui a tout demandé pour toi et t’a tout offert ? Cesse après expérience, et repens-toi d’avoir demandé de telles choses. Car tu as reçu une part importante de l’héritage, et, après l’avoir reçue, tu t’es conduit en vagabond et en itinérant. Luxurieux avec les luxurieux, et goinfre avec les goinfres tu t’es perdu. Voilà pourquoi tu as été exilé du paradis, exclu de l’héritage, banni de la vie.
Homme, le Christ te dit : Ce que tu as obtenu de Moi et par Moi, tu ne pourras le posséder sans Moi, car ce que as été sans Moi, tu l’as déjà expérimenté ! Te connaissant pour ce que tu es, j’ai prié ainsi le Père de tous pour toi, ingrat : Père ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi. Mais même cela ne pouvait pas te suffire pour te garder dans la voie droite, car quand tu demeurais avec moi dans le paradis, et que tu périssais en dehors de Moi, j’ai ajouté autre chose en disant : Père, comme tu es en moi et moi en toi, qu’il soient ainsi eux aussi en nous. Moi, pour avoir les biens de mon Père, Je procède du Père sans jamais M’éloigner de Lui. Voilà pourquoi Je veux que tu sois en Nous de la même façon que nous sommes et demeurons en Nous. Cesse donc de chercher à diviser les biens surnaturels, et de te chamailler pour les biens terrestres à mon instigation, de peur que Celui qui est aujourd’hui pour toi un Bienfaiteur compréhensif devienne un Juge impitoyable.
Mais écoutons ce que le Seigneur lui répond : Homme, qui m’a établi juge ou notaire sur vous ? Qui m’a établi juge ? Et où est-ce que Tu as dit : Le Père ne juge personne, mais a donné tout jugement au Fils. Ou notaire ? Et qui sépare les justes des injustes, comme le berger sépare les brebis des boucs ? Si le jugement du genre humain t’est du, et si c’est par Toi que sera divisé solennellement le monde en deux parties, comment peux-tu dire : Qui m’a établi juge ou notaire sur vous? Tout jugement est, a été et sera auprès du Christ. Mais alors, Il n’était pas venu pour juger mais pour être jugé; non pour poursuivre en justice des coupables, mais pour être traîné devant les tribunaux par les coupables, en dépit de son innocence. Dieu agissait dans l’homme, et le Seigneur dans le serviteur, pour que le Créateur et le Juge du monde soit originaire du temps. C’est donc avec raison qu’il a répondu : Qui m’a constitué juge ou notaire sur vous ? Et qui pourrait constituer Juge Celui qui a fait et refait le monde ? Celui qui est la plénitude et la Puissance suprême de tout jugement ne pouvait pas arbitrer une chicane entre frères. Et pourquoi n’a-t-il pas dit au querelleur : Comment fais-tu cette demande à quelqu’un qui n’a pas été invité par ton frère ? Ne sais-tu pas qu’il n’est pas un juste médiateur celui qui n’a été invité que par l’une des deux parties en cause ? Non, Il n’a pas dit cela, mais Il considéra qu’il était odieux de porter une sentence quand à l’un, il était permis d’accuser, et à l’autre, il ne l’était pas. Et parce que le Christ était venu non pour condamner le coupable, mais pour le corriger, d’un mot, Il écarte la cause des dissensions, en disant : Voyez à vous garder de l’avarice. Ce qui signifie : Enlevez l’avarice, et il n’y aura pas de dispute pour l’héritage. L’avarice, mes frères, renie les parents, divise les frères, sépare les associés, dissout l’amitié, éteint l’amour. Celui qui l’a en lui n’appartient à personne et ne s’appartient pas à lui-même. L’avarice, mes frères, comme a dit l’Apôtre, est la racine de tous les maux. Quand elle commence à s’enraciner dans le cœur, elle dissipe les ornements des mœurs, les vertus, comme un arbre nuisible détruit avec ses racines sauvages tous les entrelacs des pousses, et met en pièces les monuments des anciens.
163ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(du mépris des soucis terrestres)
Bienheureux les cœurs de ceux que la parole du Seigneur a aujourd’hui pénétrés ; bienheureux les esprits de ceux qui ont été amenés à la foi par la si grande et la si magnifique promesse du Seigneur ! Bienheureux ceux qui sont délivrés de l’âpreté des soucis des biens présents, par la dureté des commandements célestes ! Aujourd’hui, le Seigneur exhorte tous ses disciples et même tous ses auditeurs de la façon suivante : Ne vous inquiétez pas dans votre âme au sujet de ce que vous mangerez, ni au sujet de votre corps de quoi vous le vêtirez. L’âme est plus importante que la nourriture, et le corps plus que le vêtement.
Qui est si envieux de ses propres biens, si ennemi de ses plaisirs pour mépriser des biens offerts gratuitement et préparés par le Ciel; et pour convoiter des biens mondains, qui ne sont conquis que par les labeurs et les douleurs ? C’est une âme vraiment dégénérée, un esprit complètement asservi, qui recherche les fumets des cuissons, les puanteurs de la cuisine, les mets dégoutants, avec un frisson de fièvre de la veille. Il se livre aux plaisirs de la table à la façon d’un roi, et s’y couche, superbement paré. Ne te mets par à la torture pour organiser des inanités, ne te mets pas en quatre pout mener à bien des choses caduques, parce que c’est Dieu qui partout et toujours prépare tes banquets. Quel roi ne procure pas à ses dévots soldats l’équivalent de la récolte annuelle ? Quel seigneur ne procure pas des vivres à ses fidèles serviteurs ? Quel père ne donne pas un pain à ses fils ? Si donc Dieu est pour nous un Roi, un Seigneur et un Père, que nous refusera-t-Il ? Le soldat qui milite à ses dépens porte atteinte à l’honneur de son Roi. Le serviteur qui vit à ses propres frais accuse le Seigneur. Le fils qui est inquiet pour lui-même blâme la providence de son père. Ne va pas attenter à Dieu en pensant de telles choses de toi.
Par Sa justice de Roi, par Son zèle de Dominateur, par Son affection de Père, Il accumule et concentre en Lui tout le souci et le soin qu’Il prend de toi, en disant : Ne vous souciez pas dans votre âme de ce que vous mangerez. Et toi, tu te détournes peut-être de l’hydromel et des mets exquis par l’exemple du dégout juif; et peut-être ne crois-tu pas que la chair composée d’une variété d’humeurs, puisse, par la volonté de Dieu, avoir en suffisance avec la seule manne. Tu dis : Dieu a voulu que le corps soit composé de plusieurs membres, et a décrété et ordonné qu’il soit nourri par une variété de mets. Elle est superflue, o homme, cette peur qui t’agite, car toute la création accourt et s’envole vers le banquet du Seigneur. Si donc les restrictions légales de nourriture particulières aux Juifs t’effraie, la profusion du banquet céleste évangélique t’invite et t’interpelle, elle qui a placé des espèces de toute la création sur le plateau où devait manger Pierre. Car tout ce que Noé, rescapé pour un nouveau monde, a préparé pour la semence du monde, tout ce qui vole dans les airs, et vit sur la terre, tout ce qui est et se déplace dans l’eau peut être jugé pur par un fils de Pierre et présenté sur la table. Si tu veux donc, o homme, prendre et manger la nourriture de Dieu, méprise les vils garde-manger . Et nous prétendons te prouver par de grands exemples, qu’à toi qui penses aux choses terrestres, ne manqueront pas les biens surnaturels. Celui qui doute de Ses promesses, Dieu, pour démontrer sa Majesté, le renvoie aux exemples les plus bas, les plus terre à terre. Pour réfuter par cette comparaison Celui qu’il n’a pas pu amener à l’imitation.
Considérez les corbeaux. Ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’ont ni grange ni grenier, et Dieu les nourrit. Vous valez beaucoup plus qu’eux. On peut douter si c’est avec raison qu’Il envoie l’infidèle à la corneille, à l’amie de la guerre, à l’associée de la fureur, à l’assoiffée de sang, qui s’acharne sur les morts eux-mêmes avec plus de cruauté que l’épée. Car, à la fin du combat, ce carnivore de mauvais aloi s’engraisse des cadavres. Il les déchire, les disperse, les éparpille, pour qu’on ne retrouve rien du défunt, pour qu’une sépulture pitoyable ne puisse lui donner le repos. Il pousse le doute jusqu’à l’insanité celui qui pense que Dieu déniera à ses fils pieux ce qu’Il accorde à des oiseaux impies. Et ils estiment qu’à ceux qui laisseront pour Lui patrie, maison, parents, fils, époux, Il ne donnera pas le secours de la nourriture, Lui qui donne la croissance à celui qui nait, et qui pousse la croissance du corps jusqu’à son terme. O misérable, o digne de tous les malheurs celui qui soupire après le pain quand on lui donne le royaume; qui pleure après le breuvage quand on lui donne l’éternité; qui sanglote après le vêtement du corps quand il est revêtu de la gloire de l’immortalité ! Conscient d’un malheur de naissance, il ne croit pas qu’il puisse devenir heureux. Et nourri de la poussière de la terre, il doute qu’il lui soit possible de devenir un jour un habitant du ciel.
C’est avec beaucoup d’à propos que Jésus ajoute ce qui suit : Qui parmi vous peut en y pensant ajouter un pouce à sa taille ? Les pensées des esprits humains, Celui qui scrute les secrets des cœurs les révèle. Cat tout homme qui désire pour lui la beauté corporelle aspire à être grand. Mais si l’homme peut penser cela, il ne peut pas se le donner. Il y parvient par la foi, non par la réflexion. Voilà pourquoi, connaissant les désirs de l’homme, le Seigneur le fait croître jusqu’à la taille de Jésus, pour qu’il soit orné de toute Sa beauté, selon la mesure du Christ, celui qui pendant sa courte vie rougissait d’être difforme. C’est donc avec raison qu’Il ajoute : Si vous êtes incapables de faire ce qu’il y a de plus insignifiant, pourquoi vous souciez-vous des autres choses ? Ce qui veut dire : Comment, o homme, présumes-tu accomplir de grandes choses par la réflexion, toi qui désespères les obtenir par la foi ? Qu’y a-t-il de plus petit que le vêtement; qu’est-ce qui est plus grand que la croissance du corps ? Je crois donc que Dieu peut t’accorder le vêtement du corps, toi à qui a été promis l’accroissement du corps par la foi. Il en est tout à fait ainsi, car Dieu aime le genre humain, au point de consoler avec une caresse paternelle ceux qu’Il châtie par le droit du Dominateur.
Ceux qu’exaspérait la comparaison avec les corbeaux fétides, sont gagnés par l’exemple de la fleur odorante et superbe. Considérez les lys, comment ils croissent. Ils ne labourent ni ne sèment. Or, je vous le dis, même Salomon dans toute sa gloire n’était pas vêtu comme un de ceux-ci. O comme la pitié surnaturelle s’abaisse par amour de l’homme. Car Celui qui pouvait confirmer ses préceptes par Sa seule autorité, les présente et les explique à la manière d’un professeur. Et Celui qui pouvait se contenter de situer dans la pure foi le terme de la promesse, conduit l’auditeur à la foi dans la promesse par l’exemple et la persuasion. Ceux qui doutent, Il les rassure par cet exemple : Il fait l’éloge du lys en le comparant à Salomon. Parce que, au témoignage du Seigneur Lui-même, il resplendit dans la beauté d’un éclat unique, et il l’emporte sur toutes les fleurs de la terre, et les dépasse en grâce. Il prévaut sur l’ensemble des plantes autant qu’il s’avère que le Roi prévaut sur tous en beauté et en gloire. Nous n’avons pas à décrire plus longuement la beauté du lys, auquel le témoignage du Seigneur accorde une prérogative singulière.
Il faut revenir souvent à ces enseignements que, pour renforcer notre foi, le Seigneur nous a présentés dans des exemples de la vie de tous les jours. Parce que le Chrétien qui est sûr de la vie, du règne, de l’immortalité, ne doit pas être perturbé par le besoin de la nourriture et du vêtement, quand il voit qu’à la fleur qui nait aujourd’hui et qui périra demain, Dieu donne une si grande gloire . Mais comme les fleurs sont emportées par la sécheresse ou un incendie ravageur, de la même façon, sont destinés aux feux de la géhenne ceux qui, tout en sachant que les biens éternels leur sont réservés, doutent que les biens présents leur sont préparés par Dieu. Et vous ne soyez pas en quête de ce que vous mangerez et de ce que vous boirez, et ne vous enflez pas la tête. Tous ces biens du monde les Gentils les recherchent avec inquiétude. Or, votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez plutôt le royaume des cieux, et tout le reste vous sera donné par surcroît. Quand Il dit qu’Il est notre Père, Il S’engage à nous prêter une oreille attentive. Quand Il nous ordonne de chercher le royaume céleste, Il montre que nous devons tout lui subordonner. Et il indique que nous sera accordé tout ce dont nous aurons besoin, pour préparer notre place dans le royaume.