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c) Jean 14, 8 – Le Christ dissipe le doute qui s'élève chez son disciple.

 

1882. Ici, le Seigneur dissipe le doute qui s'élève chez son disciple, et l'Évangéliste nous montre premièrement l'opinion de celui qui doute ; puis il montre comment le Christ chasse ce doute [n° 1884].

 

L'opinion de celui qui doute.

 

PHILIPPE LUI DIT : « SEIGNEUR, MONTRE-NOUS LE PÈRE, ET CELA NOUS SUFFIT. » (14, 8)

 

1883. Il faut savoir qu'auparavant le Seigneur avait promis aux disciples une chose à venir : la connaissance parfaite de Dieu, lorsqu'il a dit : Et dorénavant, vous le connaîtrez7 ; et une autre chose passée : le fait qu'ils l'ont vu. Et Philippe, en entendant cela, croyait qu'il avait vu le Père ; mais il réclame la connaissance en disant : SEIGNEUR, MONTRE-NOUS LE PÈRE - demande qui ne se rapporte pas à la vision mais à la connaissance -, ET CELA NOUS SUFFIT. Cela n'est pas étonnant, puisque la vision du Père est la fin de tous nos désirs et de toutes nos actions, de sorte qu'il n'y a rien de plus à rechercher - Tu me rempliras de joie par ton visage8, c'est-à-dire par la vision de ton visage. - C'est lui qui remplit de biens ton désir9.

 

1. 1 Co 13, 12.

2. Jn 16, 25.

3. Jn 14, 26.

4. Ba 3, 38.

5. Jn 7, 29.

6. Jn 1, 14.

7. Jn 14, 7.

8. Ps 15, 11. Voir ci-dessus, n° 1868, note 5.

9. Ps 102, 5.

Le Christ chasse ce doute.

 

1884. En premier lieu est exposé le rejet du doute, puis est ajoutée la manifestation de ce qui a été dit [n° 1892].

 

JÉSUS LUI DIT : « JE SUIS AVEC VOUS DEPUIS SI LONGTEMPS, ET VOUS NE ME CONNAISSEZ PAS ? PHILIPPE, QUI ME VOIT, VOIT AUSSI LE PÈRE. COMMENT DIS-TU, TOI – "MONTRE-NOUS LE PÈRE" ? NE CROIS-TU PAS QUE MOI JE SUIS DANS LE PÈRE ET QUE LE PÈRE EST EN MOI ? » (14, 9-10)

 

Le Seigneur commence par reprocher [au disciple] sa lenteur, puis il établit la vérité [n° 1887]. Enfin, il blâme sa demande [n° 1890].

 

I

 

JÉSUS LUI DIT : « JE SUIS AVEC VOUS DEPUIS SI LONGTEMPS, ET VOUS NE ME CONNAISSEZ PAS ? »

 

1885. Autrement dit : du fait de l'intimité 1 prolongée dans laquelle j'ai vécu pendant si longtemps avec vous, vous auriez dû me connaître. Et si vous m'aviez connu, vous connaîtriez aussi le Père. Du fait donc que tu ne connais pas le Père, tu laisses entendre que tu ne me connais pas : et en cela tu dois être blâmé pour ta lenteur - Vous aussi, êtes-vous encore sans intelligence ?2 - Alors qu'avec le temps vous devriez être devenus des maîtres, vous avez encore besoin qu'on vous enseigne les premiers éléments de la parole de Dieu3.

 

1886. Mais là un doute se présente : plus haut le Seigneur a dit aux disciples qu'ils le connaissaient, quand il a dit : Vous savez le chemin4, or ici il semble dire le contraire en disant : VOUS NE ME CONNAISSEZ PAS.

Mais il faut dire, selon Augustin5, que parmi les disciples il y en avait qui connaissaient le Christ aussi en tant qu'il était le Verbe de Dieu, et parmi eux, Pierre, qui dit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant6 ; et il y en avait d'autres qui ne le connaissaient pas vraiment, parmi lesquels Philippe. À l'égard des premiers, le Seigneur dit donc : ET OÙ MOI JE VAIS, VOUS LE SAVEZ, mais à l'égard des seconds il dit : VOUS NE ME CONNAISSEZ PAS.

On peut dire autrement. Le Christ pouvait être connu de deux manières : selon sa nature humaine, et de cette manière tous le connaissaient ; quant à cela il dit : ET OÙ MOI JE VAIS, VOUS LE SAVEZ. Et selon sa nature divine, et de cette manière-là ils ne le connaissaient pas encore parfaitement ; c'est pour cela qu'il dit : VOUS NE ME CONNAISSEZ PAS. C'est évident d'après ce qu'il ajoute : PHILIPPE, QUI ME VOIT, VOIT AUSSI LE PÈRE, comme pour dire : si vous me connaissiez, vous connaîtriez le Père ; et ainsi tu ne dirais pas : MONTRE-NOUS LE PÈRE, puisque tu l'aurais déjà vu, m'ayant vu - Si vous me connaissiez, vous connaîtriez peut-être aussi mon Père1.

 

II

 

PHILIPPE, QUI ME VOIT, VOIT AUSSI LE PÈRE.

 

1887. Mais Sabellius8 a pris là un appui pour son erreur, en disant : pourquoi a-t-il dit : QUI ME VOIT, VOIT AUSSI LE PÈRE, sinon parce que lui-même est à la fois le Père et le Fils ?

 

1. Saint Thomas emploie le mot conversatio. Sur le sens de ce mot, voir vol. I, n° 1176, note 3 ; n° 1374, note 13 ; n° 1584, note 2.

2. Mt 15, 16.

3. He 5, 12.

4. Jn 14, 4.

5. Tract, in Io., LXX, 2, BA 74A, p. 267.

6. Mt 16, 16.

7. Jn 8, 19.

8. Au sujet de Sabellius, voir vol. I, n° 64, note 3.

À cela Hilaire ! répond : s'il en était ainsi, le Seigneur aurait dit : QUI ME VOIT, VOIT LE PÈRE sans aucune conjonction apposée ; mais puisqu'il a ajouté une conjonction, en disant : QUI ME VOIT, VOIT AUSSI LE PÈRE, il montre la distinction. Et selon Augustin2, c'est comme si quelqu'un disait en parlant de deux réalités semblables : « Si tu as vu celle-ci, tu as vu aussi celle-là. » Or dans le Fils il y a une similitude du Père absolument parfaite3 ; c'est pourquoi il dit : QUI ME VOIT, VOIT AUSSI LE PÈRE. Mais dans le Fils il y a une similitude encore plus grande que dans les hommes, parce qu'en eux la similitude ne peut jamais être selon la même forme ou la même qualité numériquement, mais seulement selon l'espèce ; alors que, dans le Fils, il y a numériquement la même nature que celle qui est dans le Père ; et voilà pourquoi le Père est vu davantage dans la vision du Fils que dans celle de n'importe quel homme, si semblables qu'ils paraissent.

 

1888. Il faut noter qu'à partir des paroles qui sont dites ici est exclue l'erreur d'Arius4 quant à deux aspects. Premièrement quant au fait qu'il nie la consubstantialité. En effet, il est impossible que dans la vision d'une substance créée puisse être vue une substance incréée, de même que par la connaissance d'une substance d'un genre donné on ne peut avoir la connaissance d'une substance d'un autre genre. Il est donc manifeste que le Fils n'est pas une substance créée, mais qu'il est consubstantiel au Père : autrement celui qui voit le Fils ne verrait pas le Père5.

Deuxièmement, par rapport à ce que les ariens disent sur ce passage de la première épître à Timothée : Au roi des siècles, immortel, invisible, au seul Dieu6, à savoir que seul le Père est invisible, tandis que le Fils dans sa nature aurait été vu souvent : si cela était, il s'ensuivrait aussi que le Père aurait été vu fréquemment, puisque celui qui voit le Fils voit aussi le Père. Donc, puisque le Père est invisible selon sa nature, il est impossible que le Fils ait été vu dans sa nature.

 

1889. Mais on peut objecter : pourquoi le Seigneur a-t-il blâmé Philippe qui, voyant le Fils, demandait à voir le Père, alors que n'est pas blâmable celui qui, voyant une représentation, voudrait voir la réalité représentée ?

À cela Chrysostome7 répond en disant que Philippe, entendant parler de la vision du Père et de sa connaissance, voulait voir le Père lui-même avec ses yeux de chair, de la même manière qu'il pensait aussi avoir vu le Fils lui-même ; et c'est pourquoi le Seigneur a désapprouvé cela en lui montrant que ce n'est pas le Fils lui-même dans sa nature qu'il a vu avec son œil de chair. Augustin8, quant à lui, dit que le Seigneur n'a pas désapprouvé la demande mais l'esprit de celui qui demandait. Car Philippe dit : MONTRE-NOUS LE PÈRE, ET CELA NOUS SUFFIT, comme pour dire : « Nous, nous te connaissons, mais cela ne suffit pas. » Et ainsi croyait-il que la satisfaction parfaite n'était pas dans la connaissance du Fils mais dans la connaissance du Père. Et par là il semblait juger que le Fils était moindre que le Père. Et c'est cela que le Seigneur a reproché, en disant : QUI ME VOIT, VOIT AUSSI LE PÈRE, montrant par là qu'il y a dans la connaissance du Fils la même satisfaction que dans la connaissance du Père.

 

1. La Trinité, VII, 38, SC 448, p. 363.

2. Tract, in Io., LXX, 2, BA 74A, p. 267-269.

3. Cf. Somme théol., I, q. 35.

4. Au sujet d'Arius, voir vol. I, n° 61, note 2.

5. Cf. saint Jean Chrysostome, In Ioannem hom., LXXPV, 1, PG59, col. 401.

6. 1 Tm 1, 17.

7. In Ioannem hom., LXXPV, 1, PG 59, col. 400.

8. Cf. Tract, in Io., LXX, 3, BA 74A, p. 271-273 – « Philippe désirait connaître le Père comme si le Père était meilleur que le Fils et, de ce fait, il ne connaissait même pas le Fils puisqu'il croyait que quelque chose était meilleur que lui ».

III

 

COMMENT DIS-TU, TOI – « MONTRE-NOUS LE PÈRE » ? NE CROIS-TU PAS QUE MOI JE SUIS DANS LE PÈRE ET QUE LE PÈRE EST EN MOI ?

 

1890. Voilà pourquoi ensuite lorsqu'il dit : COMMENT DIS-TU, TOI – « MONTRE-NOUS LE PÈRE » ?, il blâme sa demande d'abord en elle-même, puis dans sa racine.

Il blâme sa demande en disant : COMMENT DIS-TU, TOI – « MONTRE-NOUS LE PÈRE » ?, puisque le Père est vu dans le Fils. Philippe pouvait dire assurément : Moi qui ai parlé légèrement, que puis-je répondre ? Je mettrai ma main sur ma bouche 1.

Il blâme cette demande dans sa racine quand il dit : NE CROIS-TU PAS QUE MOI JE SUIS DANS LE PÈRE ET QUE LE PÈRE EST EN MOI ?, comme s'il disait : Tu veux avoir le Père, croyant avoir en lui l'absolu ; mais si tu crois ainsi, TU NE CROIS PAS QUE MOI JE SUIS DANS LE PÈRE ET QUE LE PÈRE EST EN MOL Car si tu croyais cela, tu espérerais avoir en moi le même absolu que dans le Père.

 

1891. Or ce qu'il dit : MOI JE SUIS DANS LE PÈRE ET LE PÈRE EST EN MOI, est dit à cause de l'unité d'essence - Moi et le Père, nous sommes un2.

Il faut savoir en effet que l'essence se rapporte autrement à la personne dans les Personnes divines et dans les hommes. Car chez les hommes, l'essence de Socrate n'est pas Socrate, parce que Socrate est quelque chose de composé ; mais dans les Personnes divines, l'essence est identique à la personne selon la réalité, et ainsi l'essence du Père est le Père et l'essence du Fils, le Fils. Donc partout où est l'essence du Père, le Père lui-même est ; et partout où est l'essence du Fils, le Fils lui-même est. Or l'essence du Père est dans le Fils et l'essence du Fils est dans le Père. Donc le Fils est dans le Père et le Père dans le Fils. Et c'est ainsi qu'Hilaire l'explique3.

 

d) Jean 14, 10-12 – Le Christ manifeste sa réponse à travers des œuvres.

 

1892. Ici le Seigneur manifeste sa réponse, en premier lieu à travers les œuvres qu'il fait par lui-même, et en second lieu à travers les œuvres qu'il fera par ses disciples [n° 1897].

 

1. Jb 39, 34 [BJ 40, 4]. Saint Thomas commente : « II faut ici remarquer que devant Dieu et sa conscience Job ne s'accuse pas de mauvaise foi en ses paroles ou d'orgueil en son intention, car il avait parlé avec pureté de cœur, mais légèreté de langage. C'est-à-dire que même s'il n'avait pas parlé avec un orgueil intérieur, cependant ses paroles semblaient avoir une note d'arrogance, dont ses amis avaient pris occasion pour se scandaliser. Car il faut éviter non seulement le mal mais aussi toute forme de mal - Abstenez-vous de toute forme de mal (1 Th 5, 22) -, et c'est pourquoi il ajoute : Je mettrai ma main sur ma bouche, c'est-à-dire pour ne plus jamais laisser échapper de semblables paroles, et de toutes celles que j'ai dites je me repens » (Exp. super lob, 39, 34, p. 212, 1. 345-357).

2. Jn 10, 30.

3. La Trinité, VII ; 39-41, SC 448, p. 363-371.

Les œuvres faites par le Seigneur lui-même.

 

Il expose d'abord les œuvres qu'il fait lui-même, puis il conclut par une exhortation sur la foi [n° 1896].

 

I

 

LES PAROLES QUE MOI JE VOUS DIS, JE NE LES DIS PAS DE MOI-MÊME. MAIS LE PÈRE DEMEURANT EN MOI FAIT LUI-MÊME LES ŒUVRES. NE CROYEZ-VOUS PAS QUE MOI JE SUIS DANS LE PÈRE ET QUE LE PÈRE EST EN MOI ? DU MOINS CROYEZ À CAUSE DES ŒUVRES ELLES-MÊMES. (14, 10-12)

 

1893. La foi au Christ en tant que Dieu pouvait être manifestée de deux manières : à partir de son enseignement et à partir de ses miracles. Et plus loin le Seigneur dit les deux : Si je n'avais pas fait parmi eux des œuvres que nul autre n'a faites, ils n'auraient pas de péché1 - quant aux miracles ; et si je n'étais pas venu et que je ne leur avais pas parlé, ils n'auraient pas de péché2 - quant à son enseignement. Et plus haut, les serviteurs des princes des prêtres disent de lui : Jamais un homme n'a parlé ainsi, comme parle cet homme3. Et l'aveugle dit de lui : Jamais on n'a entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né4.

En se servant de ces deux choses, le Seigneur montre sa divinité. Quant au premier point il dit : LES PAROLES QUE MOI JE VOUS DIS, à savoir par l'instrument de mon humanité, JE NE LES DIS PAS DE MOI-MÊME, mais de par celui qui est en moi, c'est-à-dire le Père - Moi, ce que j'ai entendu de mon Père, c'est ce que je dis dans le monde5. Donc le Père qui parle en moi est en moi. Mais puisque tout ce que dit un homme, il est nécessaire qu'il le tienne du Verbe premier - or le Verbe premier, c'est-à-dire le Verbe de Dieu, est du Père -, il est donc nécessaire que toutes les paroles (verba) que nous disons viennent de Dieu. Quand donc quelqu'un dit des paroles qu'il tient du Père, le Père est en lui.

Quant au second point il dit : LE PÈRE DEMEURANT EN MOI FAIT LUI-MÊME LES ŒUVRES, parce que personne ne pourrait faire les œuvres que moi je fais, sans le Père - Le Fils ne peut rien faire de lui-même6.

 

1894. Mais Chrysostome7 demande comment le Christ, commençant par des paroles, en est venu aux œuvres. Il a dit en effet : LES PAROLES QUE MOI JE VOUS DIS, et il dit ensuite : LE PÈRE (...) FAIT LUI-MÊME LES ŒUVRES.

Cela se résout de deux manières. D'une première manière selon Chrysostome, qui dit, à la manière dont on les a liés plus haut, qu'il parle d'abord de son enseignement et ensuite de ses miracles. Selon Augustin8, il faut dire que les paroles que le Seigneur disait, il les appelle des œuvres : L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé9. C'est pourquoi, lorsqu'il dit : LE PÈRE FAIT LUI-MÊME LES ŒUVRES, il fait comprendre que ses paroles elles-mêmes sont des œuvres.

 

1895. Mais remarque que c'est à partir de ces deux aspects pris séparément que des hérésies ont trouvé leur appui : parce que ce qu'il dit - JE SUIS DANS LE PÈRE -, Sabellius l'interprète en disant que le Père et le Fils sont le même. Et ce que Jésus dit : JE NE LES DIS PAS DE MOI-MÊME, Arius le comprend en concluant à partir de là que le Fils est moindre que le Père. Mais par cela même les hérésies en question sont exclues. Car si le Père et le Fils étaient identiques, comme Sabellius l'imagine, le Fils ne dirait pas : LES PAROLES QUE MOI JE VOUS DIS, JE NE LES DIS PAS DE MOI-MÊME. Et si le Fils était moindre que le Père, selon le blasphème d'Arius, il ne dirait pas l : LE PÈRE DEMEURANT EN MOI FAIT LUI-MÊME LES ŒUVRES.

 

1. Jn 15, 24.

2. Jn 15, 22.

3. Jn 7, 46.

4. Jn 9, 32.

5. Jn8, 26.

6. Jn 5, 19.

7. In Ioannem hom., LXXIV, 2, PG 59, col. 401.

8. Tract, in Io., LXXI, 3, BA 74A, p. 283-285.

9. Jn 6, 29.

II

 

NE CROYEZ-VOUS PAS QUE MOI JE SUIS DANS LE PÈRE ET QUE LE PÈRE EST EN MOI ? DU MOINS CROYEZ À CAUSE DES ŒUVRES ELLES-MÊMES.

 

1896. Puisqu'à partir des deux affirmations précédentes est manifestée la foi en la Trinité, il conclut en les exhortant à croire : NE CROYEZ-VOUS PAS QUE MOI JE SUIS DANS LE PÈRE ET QUE LE PÈRE EST EN MOI ? En grec il y a CROYEZ - à savoir, à moi - QUE MOI JE SUIS DANS LE PÈRE ET QUE LE PÈRE EST EN MOI – Ou bien : II est étonnant que vous ne croyiez pas QUE MOI JE SUIS DANS LE PÈRE ET QUE LE PÈRE EST EN MOI – Comment cela doit être compris, cela a été expliqué plus haut. Mais remarque qu'avant il a parlé seulement à Philippe, alors qu'à partir du moment où il dit : LES PAROLES QUE MOI JE VOUS DIS..., il parle à tous les Apôtres en même temps2. Que si les paroles que moi je vous dis ne suffisent pas à montrer la consubstantialité, du moins CROYEZ À CAUSE DES ŒUVRES ELLES-MÊMES3. Plus haut : Les œuvres que le Père m'a données pour que je les accomplisse, ces œuvres mêmes que je fais, rendent témoignage de moi4. — Si vous ne voulez pas croire en moi, croyez dans les œuvres5.

 

Les œuvres que le Seigneur devait faire par ses disciples.

 

AMEN, AMEN, JE VOUS LE DIS : QUI CROIT EN MOI FERA LUI-MÊME AUSSI LES ŒUVRES QUE MOI JE FAIS ; ET IL EN FERA DE PLUS GRANDES, PARCE QUE MOI JE VAIS VERS LE PÈRE. ET TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ AU PÈRE EN MON NOM, JE LE FERAI, AFIN QUE LE PÈRE SOIT GLORIFIÉ DANS LE FILS. (14, 12-13)

 

1897. Après avoir manifesté ce qu'il avait dit par les œuvres qu'il faisait par lui-même, ici le Seigneur le manifeste par les œuvres qu'il accomplira par ses disciples ; il expose tout d'abord les œuvres des disciples, puis de quelle manière ils œuvrent [n° 1903].

 

1. Ce passage reprend un développement quelque peu polémique de saint Augustin (il faut tenir les deux extrêmes de la foi dans le Christ, homme et Dieu), dont on perçoit encore le style ironique (cf. Tract, in Io., LXXI, 2, BA 74A, p. 279).

2. Cf. saint Augustin, Tract, in Io., LXXI, 2, BA 74A, p. 279.

3. Cf. saint Jean Chrysostome, In Ioannem hom., LXXIV, 2, PG 59, col. 401.

4. Jn 5, 36. 5. Jn 10, 38.

I

 

Il commence par exposer les œuvres des disciples et, en second lieu, il donne la raison de ce qui a été dit [n° 1902].

 

AMEN, AMEN, JE VOUS LE DIS : QUI CROIT EN MOI FERA LUI-MÊME AUSSI LES ŒUVRES QUE MOI JE FAIS ; ET IL EN FERA DE PLUS GRANDES.

 

1898. Il dit donc d'abord : AMEN, AMEN, JE VOUS LE DIS, comme s'il disait : les œuvres que moi je fais sont si grandes qu'elles donnent une preuve suffisante de ma divinité ; mais si elles ne vous suffisent pas, regardez les œuvres que je vais faire par d'autres.

 

En effet, qu'un homme opère, non seulement par lui-même mais encore par d'autres, des choses extraordinaires, c'est le signe par excellence d'une grande puissance ; et c'est pourquoi il dit : AMEN, AMEN, JE VOUS LE DIS : QUI CROIT EN MOI FERA LUI-MÊME AUSSI LES ŒUVRES QUE MOI JE FAIS - et ces paroles montrent non seulement la vérité de la divinité dans le Christ, mais aussi la puissance de la foi, et l'union du Christ avec les croyants. De même en effet que le Christ opère à cause du Père qui demeure en lui par unité de nature, de même aussi les croyants opèrent à cause du Christ qui demeure en eux par la foi - Que le Christ habite dans vos cœurs par la foi !

Or les œuvres que le Christ a faites et que les disciples font par la puissance du Christ sont des œuvres miraculeuses - Or voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons, ils parleront en langues nouvelles, ils saisiront des serpents, et s'ils boivent quelque poison mortel, il ne leur nuira point ; ils imposeront les mains sur les malades, et ils seront guéris2.

 

1899. Mais ce qu'il ajoute est étonnant : ET IL EN FERA DE PLUS GRANDES. D'une première manière on peut comprendre que le Seigneur fait par ses Apôtres des œuvres plus nombreuses et plus grandes que par lui-même. Le plus grand, en effet, parmi les miracles du Christ, fut que des malades étaient guéris au toucher de la frange de son vêtement3, comme il est rapporté dans Matthieu4. Mais on lit de Pierre dans les Actes des Apôtres que les malades étaient guéris au passage de son ombre5. Or il est plus grand de guérir par son ombre que par la frange de son vêtement6. Deuxièmement, on peut comprendre que le Christ a fait des œuvres plus nombreuses par les paroles de ses disciples que par les siennes. En effet, le Seigneur parle ici des œuvres qui avaient été faites par des paroles, comme le dit Augustin, et il appelait alors œuvres ces paroles qu'il disait et dont le fruit était leur foi7. On lit en effet à propos du Christ dans Matthieu8, qu'à ses paroles le jeune homme ne fut pas déterminé à vendre ce qu'il avait et à le suivre. Car, alors qu'il disait au jeune homme : Va, et vends tout ce que tu as, on ajoute : Il s'en alla triste. Mais à propos de Pierre et des autres Apôtres, on lit dans les Actes9 que ceux à qui ils prêchaient vendaient leurs possessions et tout ce qu'ils avaient et qu'ils en apportaient le prix aux pieds des Apôtres.

 

1900. Mais quelqu'un pourrait objecter que le Seigneur ne dit pas que ce sont les Apôtres qui feront des œuvres plus grandes, mais [CELUI] QUI CROIT EN MOI – Celui qui n'a pas fait des œuvres plus grandes que le Christ ne doit donc pas être compté parmi ceux qui croient dans le Christ ? Au contraire ! car ce serait dur10. Voilà pourquoi il faut comprendre autrement, et dire que le Christ fait une œuvre double. L'une sans nous, et cela va de soi pour ce qui est de créer le ciel et la terre, relever des morts et autres choses du même genre ; l'autre opérée en nous, mais pas sans nous ; et c'est l'œuvre de la foi, par laquelle l'impie est justifié1. C'est donc de ces œuvres-là que le Seigneur parle ici, celles qui sont communes au croyant et à lui. Et c'est l'œuvre que le Christ fait en nous, mais pas sans nous : tout homme qui croit fait la même chose, puisque ce qui est fait en moi par Dieu est aussi fait en moi par moi-même, à savoir par mon libre arbitre2. C'est pourquoi l'Apôtre dit : Non pas moi - sous-entendu moi seul -, mais la grâce de Dieu avec moi3. Et de ces œuvres-là il dit : QUI CROIT EN MOI FERA LUI-MÊME AUSSI LES ŒUVRES QUE MOI JE FAIS, ET IL EN FERA DE PLUS GRANDES parce qu'il est plus grand de justifier l'impie que de créer le ciel et la terre. Car la justification de l'impie, quant à elle, demeure pour l'éternité - La justice est perpétuelle et immortelle4. Le ciel et la terre, eux, passeront, comme il est dit en Luc5. De même, parce qu'une œuvre matérielle est ordonnée à une œuvre spirituelle : le ciel et la terre sont une œuvre matérielle, tandis que la justification de l'impie est une œuvre spirituelle.

 

1. Ep 3, 17. Voir vol. I, n° 1207, note 7.

2. Mc 16, 17-18.

3. Pourquoi est-ce le plus grand miracle ? Ressusciter n'est-il pas Plus grand ? Cf. saint Augustin, Tract, in Io., XCI, 3, BA 74B, p. 207-209.

4. Voir Mt 9, 20.

5. Voir Ac 5, 15.

6. Cf. saint Augustin, Tract, in Io., LXXI, 3, BA 74A, p. 283.

7. Ibid. Saint Augustin donne comme exemple, outre la guérison par le seul effet de l'ombre et la conversion de riches, le fait que les disciples aient conduit des foules à la foi, et il rapporte la parole du Christ : Sans moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15,5 ; cf. LXXII, 1, BA 74A, p. 287).

8. Voir Mt 19, 21-22.

9. Cf. Ac 4, 34-35.

10. Cf. saint Augustin, auquel se rattache aussi tout le développement suivant (Tract, in Io., LXXII, 1, BA 74A, p. 287-291) contenant la formule : « Faire des choses plus grandes par lui qu'en dehors de lui n'est pas abaissement, mais condescendance ».

1901. Mais ici se présente un doute. Car dans la création du ciel et de la terre est incluse aussi la création des saints et des anges bienheureux. Celui qui coopère avec le Christ en vue de sa justification fait-il donc des choses plus grandes que de créer un ange ?

 

1. Selon saint Thomas, les deux grands effets de la grâce en nous sont la justification de l'impie (effet de la grâce opérante) et le mérite (effet de la grâce coopérante) : voir Somme théol, I-II, q. 113 et 114. Sur la grâce, voir aussi ci-dessus n° 1698, note 7.

2. Au sujet de la coopération de notre libre arbitre à ce don reçu gratuitement de Dieu, citons ce passage de la Somme théologique : « La nature propre de l'homme, c'est d'être doué du libre arbitre. D'où, quand il s'agit d'un homme qui a l'usage de son libre arbitre, la motion que Dieu lui donne pour l'amener à la justice ne va pas sans que s'exerce ce libre arbitre. Dieu communique la grâce de la justification de telle sorte qu'il meut en même temps le libre arbitre à accepter le don de la grâce, et cela dans tous ceux qui sont capables de recevoir cette motion » (I-II, q. 113, a. 3, c). Saint Thomas montre aussi que le caractère méritoire de nos actions vient de cette coopération de notre libre arbitre que Dieu permet et porte : « C'est ainsi que les réalités naturelles parviennent par leurs mouvements et leurs opérations propres à ce à quoi elles sont ordonnées par Dieu, mais cependant différemment. La créature raisonnable se porte d'elle-même à l'action par son libre arbitre, c'est pourquoi son action est méritoire, ce qui n'existe pas dans les autres créatures » (I-II, q. 114, a. 1, c).

3. 1 Co 15, 10.

4. Sg 1, 15.

5. Le 21, 33.

Cela, Augustin ne le détermine pas mais il dit : « Que celui qui le peut juge s'il est plus grand de créer des anges justes que de justifier des hommes impies : certainement, si ces deux choses sont égales en puissance, cette dernière est d'une plus grande miséricorde. »6 Or si nous regardons avec grande attention de quelles œuvres le Seigneur parle ici, nous ne pouvons préférer la création des anges à la justification de l'impie. En effet, par ce qu'il dit : ET IL EN FERA DE PLUS GRANDES, il ne faut pas entendre toutes les œuvres du Christ, mais peut-être seulement celles qu'il faisait à ce moment-là. Or c'est par la parole de la foi qu'il les faisait : et certes il est moins grand de prêcher les paroles de la justice - ce qu'il a fait sans nous - que de justifier des impies - ce qu'il fait en nous de telle manière que nous le fassions, nous aussi.

 

PARCE QUE MOI JE VAIS VERS LE PÈRE

 

1902. Il donne ensuite la raison de ce qui a été dit - que celui-là fera des œuvres plus grandes -, en disant : PARCE QUE MOI JE VAIS VERS LE PÈRE. Et cela peut être interprété de trois manières, selon Chry-sostome7. D'une première manière, en ce sens : moi j'œuvre aussi longtemps que je suis dans le monde mais, une fois que je serai parti, c'est vous qui serez à ma place ; et c'est pourquoi ce que moi je fais, vous, vous le ferez, et même des œuvres plus grandes PARCE QUE MOI JE VAIS VERS LE PÈRE, et à partir de ce moment-là je ne fais rien par moi-même, c'est-à-dire en prêchant.

 

D'une autre manière en ce sens : les Juifs croient que, quand j'aurai été tué, la foi [des hommes] en moi va disparaître ; et cela n'est pas vrai, au contraire elle va être augmentée, et vous, vous ferez des œuvres plus grandes PARCE QUE MOI JE VAIS VERS LE PÈRE ; c'est-à-dire : je ne disparais pas, mais je demeurerai dans ma dignité propre, et je serai dans les cieux - Maintenant a été glorifié le Fils de l'homme \

 

6. Tract, in Io., LXXII, 3, BA 74A, p. 297-299, repris par saint Thomas dans la Somme théologique, III, q. 43, a. 4, ad 2.

7. In Ioannem hom., LXXIV, 2, PG 59, col. 402. Les trois réponses proviennent de ce passage de saint Jean Chrysostome.

D'une troisième manière : vous ferez des œuvres plus grandes, et cela PARCE QUE MOI JE VAIS VERS LE PÈRE ; comme pour dire : étant donné que je serai glorifié davantage, il convient que je fasse des œuvres plus grandes et aussi, que je vous donne les capacités d'en faire de plus grandes. Voilà pourquoi, avant que Jésus eût été glorifié, l'Esprit ne fut pas donné aux disciples dans la plénitude avec laquelle il a été donné plus tard : L'Esprit n'avait pas encore été donné, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié2.

 

II

 

ET TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ AU PÈRE EN MON NOM, JE LE FERAI, AFIN QUE LE PÈRE SOIT GLORIFIÉ DANS LE FILS. (14, 13)

 

1903. Le Seigneur indique ici la manière de réaliser les œuvres ; il montre d'abord son intention, puis il en donne la raison [1906].

 

ET TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ AU PERE EN MON NOM, JE LE FERAI.

 

1904. À ce propos il faut savoir que, puisque le Seigneur a dit : ET IL EN FERA DE PLUS GRANDES, on pourrait croire, puisque c'est d'après la grandeur des œuvres qu'est reconnue la grandeur de celui qui les fait, que celui qui croit dans le Fils de Dieu deviendra plus grand que lui3 ; le Seigneur exclut cela d'après sa manière de faire, puisque le Fils fait ses œuvres de sa propre autorité, tandis que celui qui croit en lui les fait en faisant appel à lui, et c'est pourquoi il dit : ET TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ AU PÈRE EN MON NOM, JE LE FERAI.

Et là l'égalité des croyants avec le Fils est exclue de trois manières. Premièrement, parce que ceux-là, comme nous l'avons dit, font les œuvres en faisant appel ; c'est pourquoi il dit : TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ - Quiconque demande, reçoit*. Deuxièmement, parce qu'ils les font par la puissance du Fils : aussi dit-il EN MON NOM, c'est-à-dire par la puissance de mon nom - Il n'est pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés5. Ce nom en effet est au-dessus de tout nom6 - Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom donne la gloire7. Troisièmement, parce que c'est le Fils lui-même qui fait en eux et par eux toutes les œuvres, c'est pourquoi il dit : JE LE FERAI – Et remarque que c'est au Père qu'on demande et que c'est le Fils qui fait : parce que les œuvres du Père et du Fils sont indivisibles - Tout ce que le Père fait, cela le Fils aussi le fait pareillement8. Car le Père fait tout par le Fils - Tout a été fait par lui9.

 

1905. Mais pourquoi dit-il : TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ AU PÈRE EN MON NOM, JE LE FERAI, alors que nous voyons de ses fidèles demander10 et ne pas recevoir ?

 

1. Jn 13, 31.

2. Jn 7, 39.

3. Cf. saint Augustin, Tract, in Io., LXXII, 1, BA 74A, p. 287-289.

4. Mt 7, 8.

5. Ac 4, 12.

6. Ph 2, 9 – C'est pourquoi Dieu l'a exalté et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom.

7. Ps 113 [B], 1.

8. Jn 5, 19.

9. Jn 1, 3.

10. Sur la prière de demande, voir ci-dessous n° 2142, et surtout n° 2177, note 2, et nos 2205-2207.

Mais, selon Augustin1, ici il faut d'abord considérer ce qu'il dit, à savoir EN MON NOM, puis ce qu'il ajoute : JE LE FERAI.

 

En effet, le nom2 du Christ est le nom du salut - Tu l'appelleras du nom de Jésus : car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés3. Celui donc qui demande quelque chose se rapportant au salut, demande au nom du Christ. Mais il arrive que quelqu'un demande des choses qui ne se rapportent pas au salut pour deux raisons. En raison d'une affection mauvaise ; par exemple, lorsqu'il demande que lui soit accordée quelque chose qui cependant, s'il l'avait, empêcherait son salut. Et c'est pourquoi celui qui demande ainsi n'est pas exaucé parce qu'il demande mal - Vous demandez et vous ne recevez pas parce que vous demandez mal4. En effet, lorsque quelqu'un, à cause d'une affection mauvaise, usera mal de ce qu'il veut recevoir, ce sera une plus grande miséricorde du Seigneur qu'il ne le reçoive pas, parce que le Seigneur ne l'aura pas exaucé selon sa demande mais plutôt en vue de son bien. Car le Seigneur, qui est bon, refuse souvent ce que nous demandons afin d'accorder ce que nous aurions préféré.

Deuxièmement, en raison d'une ignorance, étant donné que parfois quelqu'un demande ce qu'il croit être avantageux pour lui et qui cependant ne l'est pas. Mais c'est plutôt parce qu'il veille sur eux que le Seigneur ne fait pas ce qu'ils demandent. Car Paul, qui a travaillé plus que tous, a demandé par trois fois au Seigneur que s'éloignât de lui l'aiguillon de la chair, et cependant il n'obtint pas ce qu'il demandait parce que cela n'était pas avantageux pour lui5 - En effet, nous ne savons pas ce qu'il convient de demander dans nos prières6. - Vous ne savez pas ce que vous demandez7. Il apparaît donc que lorsque nous demandons quelque chose en son nom, c'est-à-dire au nom de Jésus Christ, cela, lui-même le fera.

Or il dit : JE LE FERAI, dans le futur, et non pas : je le fais, à présent, parce que parfois il tarde à faire ce que nous demandons en vue d'augmenter notre désir, et pour que cela se fasse au moment qui convient - Je vous donnerai les pluies en leur temps8. - Au jour du salut je t'ai exaucé9. Il arrive aussi quelquefois que nous demandions pour un autre, pour lequel peut-être nous ne sommes pas exaucés ; c'est qu'alors sa conduite y fait obstacle - Toi donc, ne prie pas pour ce peuple (...) parce que je ne t'exaucerai point10. - Quand même Moïse et Samuel se présenteraient devant moi, mon âme ne serait pas pour ce peuple11.

 

AFIN QUE LE PÈRE SOIT GLORIFIE DANS LE FILS. SI VOUS ME DEMANDEZ QUELQUE CHOSE EN MON NOM, JE LE FERAI – (14, 13-14)

 

1906. Ce passage est lu ainsi par Augustin 12 – ET TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ AU PÈRE EN MON NOM, JE LE FERAI – Comme s'il y avait ici un point. Et il reprend : AFIN QUE LE PÈRE SOIT GLORIFIÉ DANS LE FILS, SI VOUS ME DEMANDEZ QUELQUE CHOSE EN MON NOM, JE LE FERAI ; comme pour dire : la raison pour laquelle je ferai ce que vous demanderez en mon nom, c'est AFIN QUE LE PÈRE SOIT GLORIFIÉ DANS LE FILS, et tout ce que fait le Fils est ordonné à la gloire du Père - Je ne cherche pas ma gloire1.

 

1. Tract, in Io., LXXIII, 3, BA 74A, p. 309.

2. Sur les noms de Dieu, voir ci-dessus n° 1660, note 7.

3. Mt 1, 21.

4. Je 4, 3.

5. Voir 2 Co 12, 8-9.

6. Rm 8, 26.

7. Mt 20, 22.

8. Lv 26, 3.

9. Is 49, 8.

10. Jr 7, 16.

11. Jr 15, 1. Saint Thomas commente : « Ce n'est pas par un défaut de l'orant que la prière n'est pas exaucée, mais à cause d'un défaut du peuple pour lequel il prie - Et si ces trois justes, Noé, Daniel et Job, sont au milieu d'elle fia maison d'Israël], eux-mêmes, par leur justice, délivreront leurs âmes. (...) Ils ne délivreront ni leurs fils ni leurs filles, mais eux seuls seront délivrés (Ez 14, 14 et 16) » (Exp. super Hier., XV, lectio 1).

12. Tract, in Io :, LXXIII, 4, BA 74A, p. 311.

Ainsi, nous aussi devons ordonner toutes nos œuvres à la gloire de Dieu - Faites tout pour la gloire de Dieu2.

 

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