2463. L'Évangéliste, après avoir traité de la crucifixion et de la mort, traite ici de la sépulture du Christ, et montre d'abord la possibilité et la permission de l'ensevelir ; ensuite, le zèle de Joseph d'Arimathie pour s'occuper du corps [n° 2465] ; puis il indique le lieu de la sépulture [n° 2468] ; et enfin rapporte la sépulture elle-même [n° 2469].
OR, APRÈS CELA, JOSEPH D'ARIMATHIE (QUI ÉTAIT DISCIPLE DE JÉSUS, MAIS EN SECRET, PAR CRAINTE DES JUIFS) DEMANDA À PILATE DE PRENDRE LE CORPS DE JÉSUS, ET PILATE LE PERMIT. (19, 38)
2464. OR, APRÈS CELA, c'est-à-dire après la Passion et la mort du Christ, JOSEPH D'ARIMATHIE, ce qui est la même chose que Ramatha3, QUI ÉTAIT DISCIPLE DE JÉSUS - non pas l'un des Douze, mais l'un des nombreux autres croyants, parce que tous ceux qui ont cru dès le début sont appelés disciples -, DEMANDA À PILATE DE PRENDRE LE CORPS DE JÉSUS. Or il était DISCIPLE (...) MAIS EN SECRET, PAR CRAINTE DES JUIFS, comme aussi beaucoup d'autres, mais cela avant la Passion - Toutefois, il est vrai, beaucoup parmi les notables crurent en lui ; mais à cause des pharisiens ils ne se déclaraient pas pour ne pas être exclus de la synagogue4. C'est pourquoi il est évident que là où les disciples perdirent confiance après la Passion en se cachant, celui-ci reprit confiance en posant publiquement un acte d'obéissance.
Celui-ci, dis-je, DEMANDA À PILATE DE PRENDRE LE CORPS DE JÉSUS, c'est-à-dire [de le descendre] de la croix et de l'ensevelir, parce que, selon les lois humaines, les corps des condamnés ne devaient pas être ensevelis sans permission. ET PILATE LE PERMIT, parce que Joseph était noble et qu'il lui était familier5, c'est pourquoi il est dit qu'il était un noble décurion6.
1. Za 12, 10.
2. Voir Ap 1, 7.
3. Voir 1 S 1, 19. Elquana et Anne, les parents de Samuel, habitaient cette ville de Ramatha d'où vient Joseph, celui qui fut choisi par Dieu pour ensevelir le cadavre du Christ.
4. Jn 12, 42.
5. Cf. saint Augustin, De consensu Évangelistarum, III, XXn, 59, PL 34, col. 1195.
6. Mc 15, 43 (Propre à la Vulgate. La BJ en parle comme « membre notable du Conseil »). Décurion : officier qui primitivement commandait dix cavaliers ou sénateur dans les villes municipales ou les colonies.
IL VINT DONC ET ENLEVA LE CORPS DE JÉSUS. VINT AUSSI NICODÈME - QUI AU DÉBUT ÉTAIT VENU TROUVER JÉSUS DE NUIT -, APPORTANT UN MÉLANGE DE MYRRHE ET D'ALOÈS D'ENVIRON CENT LIVRES. ILS PRIRENT LE CORPS DE JÉSUS ET L'ENVELOPPÈRENT DANS DES LINGES AVEC DES AROMATES, COMME C'EST LA COUTUME DES JUIFS POUR ENSEVELIR. (19, 38-40)
2465. D'abord est exposée la matière qui servit à embaumer le corps, puis l'embaumement lui-même [n° 2467].
VINT AUSSI NICODÈME - QUI AU DÉBUT ÉTAIT VENU TROUVER JÉSUS DE NUIT -, APPORTANT UN MÉLANGE DE MYRRHE ET D'ALOÈS D'ENVIRON CENT LIVRES.
2466. La matière qui servit à embaumer le corps fut UN MÉLANGE DE MYRRHE ET D'ALOÈS que Nicodème apporta en grande quantité. Et c'est pourquoi l'Évangéliste fait mention de deux hommes : D'abord de Joseph qui prit le corps ; puis de Nicodème, qui apporta les aromates.
Or Nicodème est celui qui vint vers Jésus de nuit, avant la Passion, comme on le rapporte plus haut1. Et il rappelle cela parce qu'il avait dit de Joseph qu'il était DISCIPLE DE JÉSUS, MAIS EN SECRET, PAR CRAINTE DES JUIFS, pour montrer que même celui-là [Nicodème], qui était disciple de Jésus, mais en secret, maintenant se montre en public, mais sans avoir encore la vraie foi en la Résurrection puisqu'il apporta UN MÉLANGE DE MYRRHE ET D'ALOÈS, comme si le corps de Jésus avait besoin d'être protégé de la putréfaction. À ce propos l'Écriture dit : Tu ne laisseras pas ton Saint voir la corruption2.
Au sens mystique, il nous est donné par là de comprendre que nous devons cacher le Christ crucifié dans notre cœur avec l'amertume de la pénitence et de la compassion3 - Mes mains ont distillé la myrrhe4.
ILS PRIRENT LE CORPS DE JÉSUS ET L'ENVELOPPÈRENT DANS DES LINGES AVEC DES AROMATES, COMME C'EST LA COUTUME DES JUIFS POUR ENSEVELIR.
2467. Après avoir donné la matière de la préparation, on montre la préparation elle-même. Là naît un doute ; car Jean dit qu'ils L'ENVELOPPÈRENT DANS DES LINGES, alors que Matthieu dit qu'ils l'enveloppèrent dans un linceul5.
Réponse : il faut dire, selon Augustin6, que Matthieu dit un linceul seulement parce qu'il ne fait mention que de Joseph, et celui-ci en apporta un seu1. Mais parce que seul Jean fait mention de Nicodème, il dit DES LINGES parce que Nicodème en apporta un autre. Ou bien il faut dire que nous appelons linge tout morceau d'étoffe fait de lin. Or le corps du Christ fut enveloppé de bandelettes, comme on le dit aussi au sujet de Lazare, parce que telle était LA COUTUME DES JUIFS POUR ENSEVELIR. Il y avait aussi un suaire posé sur la tête ; et c'est pourquoi Jean, englobant tout cela, dit : DES LINGES.
Et le fait qu'ils l'embaumèrent avec des aromates nous rappelle qu'en ces devoirs de piété il faut conserver la coutume de la nation, quelle qu'elle soit7.
1. Jn3, 2.
2. Ps 15, 11. Voir vol. I, n° 402.
3. Cf. Théophylacte, Enarr. in Ev. S. Ioannis. In h. loc, PG 124, col. 287 A.
4. Ct 5, 5.
5. Mt 27, 59.
6. De consensu Évangelistarum, III, XXm, 60, PL 34, col. 1196.
7. Cf. saint Augustin, Tract, in Io., CXX, 4, BA 75, p. 341.
OR, AU LIEU OU IL FUT CRUCIFIE IL Y AVAIT UN JARDIN, ET DANS LE JARDIN UN TOMBEAU NEUF, OÙ PERSONNE ENCORE N'AVAIT ÉTÉ MIS. (19, 41)
2468. Puis le lieu de la sépulture est désigné. Il faut remarquer là que le Christ fut pris dans un jardin, qu'il souffrit dans un jardin, et qu'il fut enseveli dans un jardin, pour désigner que c'est par la puissance de sa Passion que nous sommes libérés du péché qu'Adam commit au jardin des délices 1 et que, par elle, l'Église est consacrée, elle qui est comme un jardin clos2.
ET DANS LE JARDIN UN TOMBEAU NEUF. Il y a deux raisons pour lesquelles il voulut être enseveli dans un sépulcre neuf. Une littérale, pour qu'on ne croie pas que d'autres corps qui auraient été là aient été ressuscites, et non pas le Christ3, ou bien qu'ils aient tous été ressuscites par une puissance égale.
L'autre raison est qu'il convenait que celui qui était né d'une vierge pure (de Virgine intacta) fût enseveli dans un sépulcre neuf. Afin que, de même qu'il n'y eut personne avant lui dans le sein de Marie, ni personne après lui, de même aussi dans ce tombeau4. Et pour nous donner de comprendre qu'il est caché par la foi dans un esprit renouvelé5 - Que le Christ habite dans nos cœurs par la foi6.
C'EST DONC LA QUE, À CAUSE DE LA PRÉPARATION DES JUIFS, ET PARCE QUE LE TOMBEAU ÉTAIT PROCHE, ILS DÉPOSÈRENT JÉSUS. (19, 42)
2469. Puis est exposée la sépulture. C'EST DONC LÀ, c'est-à-dire dans le tombeau neuf, À CAUSE DE LA PRÉPARATION DES JUIFS, parce que déjà le soir approchait où, à cause du sabbat, il n'était pas permis de faire quelque chose, qu'ILS DÉPOSÈRENT JÉSUS. Car c'est environ à la neuvième heure qu'il expira, et à cause des soins de la sépulture et des choses qui étaient nécessaires, la journée était déjà presque arrivée au soir7. ET PARCE QUE LE TOMBEAU ÉTAIT PROCHE, C'EST DONC LÀ - là où il avait été crucifié - QU'ILS DÉPOSÈRENT JÉSUS.
1. Voir ci-dessus, n° 2275 et notes 13 et 1.
2. Cf. Ct 4, 12 – Elle est un jardin clos, ma sœur, ma fiancée.
3. Cf. saint Jean Chrysostome, In Ioannem hom., LXXXV, 4, PG 59, col. 464.
4. Cf. saint Augustin, Tract, in Io., CXX, 5, BA 75, p. 341.
5. Cf. ThÉOPHYLACTE, Enarr. in Ev. S. Ioannis. In h. loc, PG 124, col. 286 D - 287 A.
6. Ep 3, 17.
7. Cf. saint Jean Chrysostome, In Ioannem hom., LXXXV, 4, PG 59, col. 464.
LE CHRIST MANIFESTE AU MONDE SA DIVINITÉ DANS SA PASSION, SA MORT ET SA RÉSURRECTION
LA RÉSURRECTION DU CHRIST
Évangile selon saint Jean Chapitre XX
I Or le premier jour de la semaine, le matin, quand les ténèbres duraient encore, Marie-Madeleine vint au sépulcre, et vit la pierre roulée du tombeau. 2 Elle courut donc et vint trouver Simon-Pierre et l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit : « On a enlevé le Seigneur du tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »
3 Pierre sortit donc, ainsi que l'autre disciple, et ils vinrent au tombeau. 4 Ils couraient tous deux ensemble ; mais l'autre disciple courut en avant plus vite que Pierre, et il arriva le premier au tombeau. 5 Et, s'étant penché, il vit les linges posés là ; cependant il n'entra pas. 6 Pierre, qui le suivait, vint aussi, et entra dans le tombeau, et vit les linges posés là, 7 et le suaire qui avait été sur sa tête, posé non pas avec les linges, mais enroulé dans un lieu à part. 8 Alors entra aussi l'autre disciple qui était venu le premier au tombeau : il vit et il crut. 9 Car ils n'avaient pas encore compris l'Écriture selon laquelle il fallait qu'il ressuscitât d'entre les morts. 10 Les disciples donc s'en retournèrent chez eux.
11 Mais Marie se tenait dehors près du tombeau, pleurant. Et, tout en pleurant, elle se pencha et regarda dans le tombeau : 12 elle vit deux anges vêtus de blanc, assis, un à la tête et un aux pieds, là où avait été déposé le corps de Jésus. 13 Ils lui demandèrent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répondit : « Parce qu'on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l'a mis. » 14 Lorsqu'elle eut dit cela, elle se retourna en arrière et vit Jésus debout ; et elle ne savait pas que c'était Jésus. 15 Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Que cherches-tu ? » Elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit : « Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi j'irai le prendre. » 16 Jésus lui dit : « Marie. » Elle, se retournant, lui dit : « Rabbouni ! » (ce qui veut dire maître). 17 Jésus lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va vers mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » 18 Marie-Madeleine vint annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur et voilà ce qu'il m'a dit. »
19 Ce jour-là, le premier de la semaine, lorsque le soir fut venu, et que les portes du lieu où les disciples se trouvaient rassemblés étaient closes, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu d'eux, et leur dit : « Paix à vous. » 20 Et, lorsqu'il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples se réjouirent donc à la vue du Seigneur. 21 Et il leur dit de nouveau : « Paix à vous. Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. » 22 Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l'Esprit Saint ; 23 ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »
24 Or Thomas, un des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux quand Jésus vint. 25 Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur. » Mais lui leur répondit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, et si je n'enfonce pas mon doigt à l'endroit des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. »
26 Et huit jours après, ses disciples étaient encore à l'intérieur, et Thomas avec eux. Jésus vint, les portes étant closes, et il se tint au milieu d'eux et leur dit : « Paix à vous. » 27 Puis il dit à Thomas : « Mets ton doigt là et vois mes mains ; approche ta main et mets-la dans mon côté, et ne sois pas incrédule mais croyant. » 28 Thomas répondit et lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu. » 29 Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. »
30 Jésus a fait encore en présence de ses disciples beaucoup d'autres signes qui ne sont pas écrits dans ce livre. 31 Mais ceux-ci ont été écrits afin que vous croyiez que Jésus, le Christ, est le Fils de Dieu, et afin que, croyant, vous ayez la vie en son nom.
2470. Après avoir rapporté les mystères de la Passion du Christ, l'Évangéliste révèle ici sa Résurrection. Premièrement il révèle comment la Résurrection du Christ fut manifestée aux femmes ; deuxièmement, comment elle fut manifestée aux disciples [n° 2523].
La Résurrection du Christ a été manifestée aux femmes dans un certain ordre : d'abord par le tombeau ouvert, ensuite par l'apparition de l'ange [n° 2490], et enfin par la vision du Christ [n° 2504].
L'Évangéliste commence par exposer la vision qu'eut la femme, puis l'annonce de ce qu'elle a vu [n° 2476] et, en troisième lieu, la recherche de ce qui a été annoncé [n° 2477].
OR LE PREMIER JOUR DE LA SEMAINE, LE MATIN, QUAND LES TÉNÈBRES DURAIENT ENCORE, MARIE-MADELEINE VINT AU SÉPULCRE, ET VIT LA PIERRE ROULÉE DU TOMBEAU. (20, 1)
2471. Ici se présentent quatre choses qu'il faut considérer. Premièrement, le temps de la vision : LE PREMIER JOUR DE LA SEMAINE, à savoir le dimanche. En effet, le jour du Sabbat était considéré par les Juifs comme le plus solennel, et c'est pourquoi tout autre jour était nommé à partir de lui. De là vient qu'ils disaient « le premier jour de la semaine », « le deuxième jour de la semaine1 », etc. Matthieu dit : Le premier jour de la semaine (prima sabbati) 2 ; mais Jean dit UNA SABBATI, à cause du mystère, parce qu'en ce jour où eut lieu la Résurrection commença comme une nouvelle création - Envoie ton esprit et ils seront créés, et tu renouvelleras la face de la terre3. - Dans le Christ Jésus, ni la circoncision ne vaut quelque chose ni l’incirconcision, mais la création nouvelle4. Au commencement, dans la Genèse5, Moïse n'a pas dit du premier jour « il y eut un premier jour » (dies primus), mais « un jour unique » (dies unus). Voilà pourquoi l'Évangéliste se sert de la parole de Moïse pour suggérer cette rénovation6.
Il le fait aussi parce que commençait ce jour-là le jour d'éternité qui est un seul jour sans l'interruption de la nuit, parce que le soleil qui l'a fait ne se couche jamais7 - Cette ville n'a pas besoin de la lumière du soleil ou de la lune, car la gloire de Dieu l'illumine et sa lumière, c'est l'Agneau8. -Il y aura un jour, connu du Seigneur, sans jour ni nuit, et il y aura de la lumière à l'heure du soir9.
2472. Deuxièmement est indiquée la personne qui voit : LE MATIN, QUAND LES TÉNÈBRES DURAIENT ENCORE, MARIE-MADELEINE VINT AU SÉPULCRE. Mais il y a ici un doute, car Marc dit : Marie-Madeleine, Marie de Jacques et Salome 10 ; et au sépulcre, Matthieu 11 mentionne également l'autre Marie.
1. Cf. Théophylacte, Enarr. in Ev. S. Ioannis. In h. loc, PG 124, col. 287 C.
2. Mt 28, 1.
3. Ps 103, 30.
4. Ga 6, 15. Saint Thomas commente : « La foi formée par la charité est une création nouvelle. Car nous avons été créés et produits dans l'existence de la nature par Adam ; mais cette créature était déjà vieille et détruite (inveterate.), et pour cette raison le Seigneur, nous conduisant et nous établissant dans l'existence de la grâce, a fait une certaine création nouvelle - Pour que nous soyons comme les prémices de ses créatures (Je 1, 18). Et elle est dite nouvelle parce que par elle nous sommes renouvelés dans une vie nouvelle, et par l'Esprit Saint - Envoie ton Esprit, et ils seront créés, et tu renouvelleras la face de la terre (Ps 103, 30) -, et par la Croix du Christ - Si quelqu'un est dans le Christ, c'est une création nouvelle (2 Co 5, 17). Ainsi donc par la création nouvelle, à savoir par la foi au Christ et la charité de Dieu, qui a été diffusée dans nos cœurs, nous sommes renouvelés, et conjoints au Christ » (Ad Gai. lect., VI, n° 374). Sur la re-création, voir vol. I, n° 721.
5. Gn 1, 5. Saint Thomas partage avec les auteurs de son temps la certitude que Moïse est l'auteur du Pentateuque.
6. Cf. saint Augustin, La Genèse au sens littéral, I, xvII, 33, BA 48, p. 129.
7. Cf. Théophylacte, Enarr. in Ev. S. Ioannis. In h. loc, PG 124, col. 287 C.
8. Ap 21, 23.
9. Za 14, 7.
Réponse. Selon Augustin12 il faut dire que Marie-Madeleine était plus fervente et avait plus de dévotion13 pour le Christ que les autres femmes. De là vient que Luc dit : De nombreux péchés lui sont remis car elle a beaucoup aimé14. Voilà pourquoi l'Évangéliste la nomme de manière spéciale et que c'est à elle en premier lieu que le Seigneur apparut15 - Elle fla Sagesse] se porte vers ceux qui la désirent pour leur apparaître en premier16.
2473. En troisième lieu est mentionnée l'heure, quel en fut le moment : LE MATIN, QUAND LES TÉNÈBRES DURAIENT ENCORE. Luc dit que Marie-Madeleine et les autres femmes, voyant le lieu du sépulcre, préparèrent les aromates, mais que parce que déjà pointait le sabbat, elles gardèrent le silence selon le commandement17. Donc, dès la fin du sabbat, avant la lumière du premier jour de la semaine, Marie vint au tombeau, car l'ardeur excessive de son amour la pressaitI8 - Ses lampes sont des lampes de feu et de flammes19, c'est-à-dire de charité.
2474. Mais ici se pose une question littérale : puisque Marc dit De grand matin, le soleil s'étant levé1, pourquoi donc l'Évangéliste dit-il QUAND LES TÉNÈBRES DURAIENT ENCORE ? Réponse : il faut dire que ce que dit Marc s'entend de l'aurore : le soleil s'étant déjà levé, non qu'il apparût sur la terre mais parce qu'il approchait de nos régions2.
10. Mc 16, 1.
11. Mt 28, 1. Saint Thomas commente : « Cela ne fut pas sans mystère que deux femmes de ce même nom vinrent (...) parce que par elles est signifiée l'Église ; d'abord, en effet, l'une fut à partir des païens (gentibus), l'autre à partir des Juifs, mais à présent tous sont une seule Église - Unique est ma colombe (Ct 6, 8). De même elles s'appellent Marie. En effet, de même que de son sein clos Marie a conçu un enfant, ainsi celles-ci méritèrent de voir celui qui sortit du tombeau clos » (Sup. Matth. lect., XXVIII, n° 2421).
12. De consensu Evangelistarum, III, ΧΧIV, 68, PL 34, col. 1201.
13. Sur le sens du mot devotio, voir vol. I, n° 843, note 5 et n° 1391, note 6.
14. Lc 7, 47.
15. Cf. Mc 16, 9.
16. Sg 6, 14.
17. Cf. Lc 23, 55-56.
18. Cf. saint Jean Chrysostome, In Ioannem hom., LXXXV, 4, PG 59, col. 464.
19. Ct 8, 6.
2475. En quatrième lieu est mentionné ce que Marie voit : ELLE VIT LA PIERRE ROULÉE DU TOMBEAU, ce qui était le signe soit que quelqu'un avait emporté le Christ, soit qu'il était ressuscité. Et comme le dit Matthieu, Fange du Seigneur descendit du ciel3 ; par cela il ne faut pas entendre que la pierre aurait été roulée avant la Résurrection du Christ, mais après. En effet, le Christ est sorti du sein clos de la Vierge sans avoir encore un corps glorieux. Il n'est donc pas étonnant qu'il soit sorti du sépulcre avec son corps glorieux4. En effet, la pierre a été roulée pour que, voyant que le Christ n'était pas là, on crût plus facilement à sa Résurrection 5.