1468. Plus haut, le Seigneur a réfuté ceux qui dénigraient ses miracles et son enseignement ; ici, il convainc d’erreur ceux qui [le] mettent à l’épreuve. Et il fait ici deux choses : premièrement, l’interrogation qui [le] met à l’épreuve est présentée ; deuxièmement, la récusation, en cet endroit : IL LEUR RÉPONDIT [12, 39].
1469. [Le Seigneur] dit donc : ALORS [ILS] PRIRENT LA PAROLE. Cela se produisit après qu’ils eurent vu beaucoup de miracles et eurent entendu beaucoup de paroles de sagesse, afin que s’accomplît en lui ce qui est dit en Si 22, 9 : Il parle à quelqu’un d’endormi celui qui expose la sagesse à un insensé.
1470. MAÎTRE, NOUS DÉSIRONS QUE TU NOUS FASSES VOIR UN SIGNE. MAÎTRE, disent-il pour le mettre à l’épreuve. Ps 27[28], 3 : Ils parlent de paix, mais le mal occupe leurs cœurs. NOUS VOULONS QUE TU NOUS FASSES VOIR UN SIGNE. N’avaient-ils pas vu beaucoup de signes ? Assurément, mais un autre évangéliste présente les choses autrement en disant, Lc 11, 16 : Nous voulons voir un signe venu du ciel, comme on lit, en 1 R [1 Sm] 12, 18, que Samuel provoqua le tonnerre et Élie fit descendre le feu, 4 R [2 R] 1, 10. Il est propre aux Juifs de demander des signes, comme on le dit en 1 Co 1, 22 : Les Juifs demandent un signe. Mais, après qu’il leur eut donné des signes terrestres, ils ne croyaient pas ; même s’il leur avait donné des signes célestes, ils n’auraient pas cru. Jn 3, 12 : Si je vous parle de choses de la terre, vous ne croyez pas ; comment croirez-vous si je vous parle de choses du ciel ?
1471. IL LEUR RÉPONDIT, etc. Ensuite, [le Seigneur] les repousse, et il fait deux choses : premièrement, il refuse leur demande ; deuxièmement, il manifeste [son] indignation, en cet endroit : LES HOMMES DE NINIVE, etc. [12, 41].
1472. Premièrement, [Matthieu] indique ce qu’ils avaient demandé ; deuxièmement, [le Seigneur] le refuse.
1473. [Matthieu] dit donc : IL LEUR RÉPONDIT : « ENGEANCE MAUVAISE ET ADULTÈRE ! ELLE RÉCLAME UN SIGNE. » [Le Seigneur] appelle mauvais ceux qui posent des embûches. On dit de quelqu’un qu’il est mauvais parce qu’il nuit à son prochain. GÉNÉRATION MAUVAISE, donc, et fils méchants ! Elle est appelée GÉNÉRATION ADULTÈRE. Is 57, 3 : Approchez-vous ici, fils de la magicienne, race issue d’une adultère et d’une prostituée. Cette génération était à ce point soumise à l’iniquité qu’ELLE RÉCLAME UN SIGNE ET QU’IL NE LUI SERA DONNÉ QUE LE SIGNE DE JONAS, LE PROPHÈTE. Is 7, 11 : Demande un signe pour toi, un signe de la part du Seigneur depuis les profondeurs de l’enfer ou depuis les hauteurs, etc. Ils demandaient donc un signe venu du ciel, mais ils n’étaient pas dignes de le voir. [Le Seigneur] accorda ceci à ses apôtres, qui l’ont vu monter au ciel, eux qui avaient vu la gloire de Dieu sur la montagne. Mais il ne sera donné à ceux-là qu’un signe venu de l’enfer, pour ce qui est de l’âme, et de la terre, pour ce qui est du corps. IL NE LEUR SERA donc DONNÉ QUE LE SIGNE DE JONAS, LE PROPHÈTE. Il indique ainsi la mort du Christ, et la charité de Dieu est manifestée, comme le dit l’Apôtre, Rm 5, 8 : Alors que vous étiez pécheurs, le Christ est mort pour nous dans le temps, etc. De même, la puissance de celui qui ressuscite est montrée, comme on le lit en 1 Co 15, 20s. Tels sont les signes de ce qui doit exister en nous. Par la mort du Christ, il nous est indiqué que nous devons mourir au péché ; mais, par [sa] résurrection, [il nous est indiqué] que nous devons sortir du péché.
1474. COMME JONAS FUT DANS LE VENTRE DE LA BALEINE PENDANT TROIS JOURS ET TROIS NUITS, comme cela est arrivé, DE MÊME EN SERA-T-IL POUR LE FILS DE L’HOMME AU CŒUR DE LA TERRE. Par cela, l’erreur des manichéens est confondue, selon laquelle [le Seigneur] n’est pas vraiment mort. Et il dit : AU CŒUR DE LA TERRE, car, de même que le cœur de l’homme se trouve dans les profondeurs, de même le Christ est-il dans les profondeurs de la terre. Ou bien AU CŒUR DE LA TERRE, c’est-à-dire au sein des gens terrestres et des disciples, qui désespéraient à son sujet, comme on le lit en Lc 24, 21 : Nous espérions qu’il rachèterait Israël.
1475. TROIS JOURS ET TROIS NUITS. Mais il y a ici une question à propos du texte. Il semble que ceci soit faux, car il a rendu l’âme à la neuvième heure et a été enterré le soir [de ce même jour] ; mais il est ressuscité au matin du troisième jour. Augustin dit que certains veulent dire qu’il faut compter à partir de l’heure à laquelle il a été crucifié. Ils disent donc que la première nuit est cette obscurité qui est apparue, la seconde fut la nuit du vendredi, et la troisième, celle du jour du sabbat. Mais, selon Augustin, cela ne tient pas ; cela pourrait toutefois nous être utile si [le Seigneur] avait passé toute la journée du dimanche dans le sépulcre.
1476. Il faut donc plutôt dire que le jour naturel, comportant jour et nuit, couvre une période de vingt-quatre heures. Mais, comme le dit Augustin, parfois, dans l’Écriture, la partie est prise pour le tout. Il faut donc dire que, par synecdoque, [le Seigneur] fut dans le sépulcre trois jours et trois nuits, parce que le vendredi compte pour toute la journée et aussi pour la nuit précédente ; pour le second jour, il n’y a pas de doute ; mais le troisième jour [compte] pour la nuit et le jour suivants. Toutefois, si nous examinons [les faits] selon la vérité, [le Seigneur fut au sépulcre] deux nuits et un jour entier, pour indiquer que ce qui est simple pour lui est double pour nous. Chez nous, il y avait la peine et la faute ; chez lui, seulement la peine. C’est pourquoi, etc.
1477. LES HOMMES DE NINIVE SE DRESSERONT LORS DU JUGEMENT AVEC CETTE GÉNÉRATION. Ici, [le Seigneur] présente [leur] indignité. Il y a ici une question à propos du texte. N’a-t-il pas fait beaucoup de miracles ? N’a-t-il pas ressuscité Lazare et [fait] beaucoup d’autres choses ? Que veut donc dire : IL NE LEUR SERA DONNÉ QUE LE SIGNE DE JONAS, LE PROPHÈTE ? Je réponds que ne [leur] sera pas donné le signe qu’ils cherchaient, ou que ne [leur] sera pas donné un signe pour leur bien. En effet, [le Seigneur] savait qu’ils ne reviendraient pas parce qu’ils étaient endurcis. Mais il a fait des signes pour les fidèles et les élus, qui furent nombreux par la suite.
1478. LES HOMMES DE NINIVE, etc. Voilà l’indignité ! Premièrement, les Gentils [leur] sont préférés ; deuxièmement, la raison [en] est donnée, en cet endroit : LORSQUE L’ESPRIT IMPUR EST SORTI DE L’HOMME, etc. [12, 43].
1479. Voyez : quelqu’un est bon soit parce qu’il ne pèche pas, soit parce qu’il se repent. [Le Seigneur leur] préfère donc ceux qui se sont repentis, à savoir, les Gentils ; en second lieu, ceux qui n’ont pas commis de péché, en cet endroit : LA REINE DU MIDI SE LÈVERA LORS DU JUGEMENT AVEC CETTE GÉNÉRATION [12, 42].
1480. Le Seigneur avait comparé sa résurrection à Jonas. Ils pouvaient donc croire qu’il leur arriverait ce qui était arrivé aux gens de Ninive, qui furent libérés. Mais ceux-ci ne furent pas seulement libérés ; ils furent aussi dispersés. Ainsi, LES HOMMES DE NINIVE SE DRESSERONT. Par ces paroles, une erreur des Juifs est écartée, à savoir que la résurrection aura lieu avant le jugement et que Jérusalem sera reconstruite au centre. Et ils font valoir en leur faveur ce qui est dit en Is 25, 6 : Le Seigneur fera sur la montagne un banquet de viandes grasses. D’autres ont dit que les justes et les martyrs ressusciteront mille ans avant les autres, et ils font valoir en leur faveur ce qui est dit en Ap 20, 1 : J’ai vu un ange descendre du ciel avec la clé de l’abîme, ainsi qu’une grande clé dans sa main ; vient ensuite : Et il saisit le dragon, ce serpent ancien, qui s’appelle le Diable, et il le ligota pour qu’il ne trompe plus les nations, jusqu’à ce que s’accomplissent mille ans. Les deux choses sont écartées lorsque [le Seigneur] dit : SE LÈVERONT AVEC CETTE GÉNÉRATION, les bons et les méchants ensemble. ET ILS LA CONDAMNERONT, par mode de comparaison et non d’autorité, car ils se dresseront parmi ceux qui doivent être condamnés. Ez 5, 5‑6 : C’est Jérusalem que j’ai placée au milieu des nations, environnée de pays étrangers. Elle a méprisé mes jugements avec plus d’impiété que les nations, et mes lois plus que les pays qui l’entourent. Et pourquoi condamneront-ils ? PARCE QU’ILS ONT FAIT PÉNITENCE, mais [les Juifs] n’ont pas voulu faire pénitence. Le Seigneur a commencé sa prédication par [l’appel] à la pénitence ; de même [en fut-il] pour Jean [Baptiste]. Mais ils n’ont pas écouté. Jr 8, 6 : Personne ne fait pénitence pour son péché. De même, ceux-là firent pénitence à la suite d’une seule prédication par Jonas ; mais Jésus leur avait adressé de nombreuses prédications, et cependant ils ne se convertirent pas. Jn 15, 24 : Si je n’avais pas fait des actions que personne d’autre n’a faites, ils ne seraient pas en faute. De même, ceux-là se convertirent à la suite de la prédication d’un seul prophète, mais ceux-ci n’ont pas eu un prophète seulement, mais le Fils de Dieu. On lit ainsi en He 1, 1 : Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux pères par les prophètes, Dieu, en ces derniers temps, nous a parlé par [son] Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par qui il a fait les siècles, etc. Vient ensuite : IL Y A ICI PLUS QUE JONAS, comme on lit dans He 3, 3 : En effet, celui-ci est digne d’une plus grande gloire que Moïse. Les gens de Ninive [leur] sont donc préférés parce qu’ils ont fait pénitence.
1481. LA REINE DU MIDI SE LÈVERA LORS DU JUGEMENT AVEC CETTE GÉNÉRATION ET ELLE LA CONDAMNERA, à savoir, par la sagesse que ceux-ci n’ont pas voulu accueillir. Il est raconté de [cette reine], dans 3 R [1 R] 10, 24, qu’elle est venue écouter la sagesse de Salomon. Par elle, l’Église composée de fidèles est signifiée. Ps 44[45], 10 : La reine siège à ta droite habillée d’une robe d’or, entourée d’une variété, etc. Elle est appelée LA REINE parce qu’elle doit se diriger elle-même. Pr 20, 8 : Le roi qui siège sur son trône de justice éloigne tout mal par son regard, etc. Et elle est appelée [LA REINE] DU MIDI en raison de l’Esprit Saint. Ct 4, 16 : Lève-toi, aquilon, accours, vent du midi, souffle sur mon jardin, etc. Cette reine SE LÈVERA LORS DU JUGEMENT AVEC CETTE GÉNÉRATION. Il faut remarquer qu’on ne dit pas qu’elle n’a pas péché, mais elle ne fut pas rebelle, Pourquoi ? CAR ELLE EST VENUE DES EXTRÉMITÉS DE LA TERRE POUR ÉCOUTER LA SAGESSE DE SALOMON, comme on lit en 3 R [1 R], 10, 24. Et vous n’avez pas été obligés de venir des extrémités de la terre, parce qu’il est ici. Ainsi : IL Y A ICI PLUS QUE SALOMON, car ce roi temporel était un pécheur, mais celui-ci est innocent et éternel. Dn 7, 14 : Sa puissance est une puissance éternelle qui ne lui sera pas enlevée, et son règne est éternel et ne sera pas détruit.
1482. LORSQUE L’ESPRIT IMPUR EST SORTI DE L’HOMME, etc. [Le Seigneur] a montré plus haut que les Gentils étaient meilleurs que les Juifs. Ici, il veut le confirmer par un exemple : premièrement, il présente l’exemple ; deuxièmement, il l’applique, en cet endroit : AINSI EN SERA-T-IL DE CETTE GÉNÉRATION MAUVAISE [12, 45].
1483. Il présente l’exemple d’un esprit impur. Vous devez remarquer que parfois l’exemple est tiré d’une action, parfois d’une parabole. Lorsqu’il est tiré d’une action, il faut que chaque aspect soit expliqué, de sorte que chaque a besoin d’être expliqué, comme a été ici présenté l’exemple de Jonas. Parfois, l’exemple est tiré d’une parabole, comme lorsqu’il est dit : Le royaume des cieux est semblable, etc. Ici, il n’est pas nécessaire de présenter en quoi consiste le royaume des cieux. Nous pouvons donc dire, en suivant Jérôme, qu’il s’agit ici d’une comparaison sous forme de parabole et qu’ainsi le sens est unique. Ou bien, selon Augustin, [il s’agit d’une comparaison] tirée d’une action, et ainsi le sens est double. L’esprit impur sort de l’homme d’une double façon, car parfois il tourmente corporellement, et parfois spirituellement. Il faut donc voir [premièrement] comment l’homme est rempli d’un esprit impur ; [deuxièmement,] comment [il l’est] corporellement et spirituellement ; troisièmement, comment cela se rapporte à ce qui est en cause. Quatre choses sont donc exprimées. Premièrement, la délivrance d’un esprit impur ; deuxièmement, l’assaut renouvelé ; troisièmement, la gravité ; quatrièmement, l’occasion du second assaut.
1484. [Le Seigneur] dit donc : LORSQU’UN ESPRIT IMPUR EST SORTI DE L’HOMME. Tout ce qui est mêlé à ce qui lui est inférieur est appelé impur ; [ce qui est mêlé] à ce qui est plus pur, est dit plus pur. Ainsi, si l’argent est mêlé au plomb, il devient de qualité inférieure. De même, l’esprit créé, s’il se joint à ce qui lui est inférieur, est-il appelé un esprit impur. Et celui-ci sort parfois de l’homme qu’il tourmente corporellement, parfois [de celui] qu’il tourmente spirituellement, comme lors du baptême.
1485. Ensuite, sont présentés l’assaut renouvelé et l’occasion : premièrement, du point de vue du Démon ; deuxièmement, du point de vue de ceux qui sont assaillis. Du point de vue du Démon, premièrement, pour ce qui est des autres ; deuxièmement, pour ce qui est de ceux-ci. C’est en effet l’habitude du Démon de ne pouvoir prendre aucun répit s’il peut nuire, parce qu’il a aimé le péché dès le départ. Ainsi, lorsqu’il est chassé de quelqu’un, il cherche qui il pourrait tourmenter. [Le Seigneur] dit donc : IL ERRE PAR DES LIEUX ARIDES EN QUÊTE DE REPOS, ET IL N’EN TROUVE PAS. Ainsi, parfois il ne trouve pas de repos. De ceux chez qui il en trouve, il est dit en Jb 40, 16 : Il dort dans l’ombre, dans le secret des roseaux, dans les lieux humides. Les lieux humides sont les cœurs qui s’adonnent à la volupté ; les lieux arides sont ceux qui méprisent la volupté, qui s’éloignent des richesses. C’est d’eux que parle Ez 37, 11 : Nos os se sont desséchés et notre espoir a disparu. [Le Seigneur] dit : IL ERRE, et cherche tout homme qu’il pourrait tromper. Ainsi, par le fait qu’il dit : IL ERRE, il montre la préoccupation [du Démon], 1 P 5, 8 : Soyez sobres et veillez, car votre adversaire, le Diable, comme un lion rugissant, se promène en cherchant qui dévorer. EN QUÊTE DE REPOS, ET IL N’EN TROUVE PAS, sinon dans les lieux humides. Ainsi en fut-il pour les Juifs : sortant des Juifs, [le Démon] alla vers les Gentils, qui sont asséchés par l’écoulement de la grâce divine ; mais il ne trouve pas de repos, puisqu’il a été chassé, car ils ont accueilli la parole de Dieu.
1486. IL DIT ALORS : « JE VAIS RETOURNER DANS MA DEMEURE, D’OÙ JE SUIS SORTI. » Vous pouvez conclure de cette parole que, si parfois le Diable est chassé de quelqu’un, parce que celui-ci fait pénitence, il ne le quitte pas totalement, comme on lit à propos du Christ, Lc 4, 13, qu’il l’éloigna pour un temps. Il faut donc comprendre que les hommes doivent toujours être inquiets qu’il ne revienne. Et c’est cela qu’il dit : « JE VAIS RETOURNER, etc. »
1487. ÉTANT VENU, IL LA TROUVE LIBRE. Ici est présentée l’occasion du point de vue de celui qui est assailli pour la deuxième fois. Si nous voulons riposter aux Juifs, il est clair que, après avoir été chassé des Gentils, [le Démon] est revenu vers les Juifs. Ainsi, une triple occasion est présentée. D’abord, l’oisiveté ; c’est pourquoi [le Seigneur] dit LIBRE. Si 33, 29 : L’oisiveté a enseigné bien des méchancetés. C’est ainsi que Jérôme [écrit] : « Occupe-toi sans cesse à quelque chose de bien afin que le Diable ne te trouve pas inoccupé. » LIBRE, c’est-à-dire oisif. Lm 1, 7 : Les ennemis l’ont vue et ils ont tourné son oisiveté en dérision. BALAYÉE, car ce qui est nettoyé au balai n’est pas purifié ; en effet, celui-ci n’adhère que faiblement. Ainsi balayer est la même chose que nettoyer légèrement, et le balayage est un nettoyage imparfait. De même, DÉCORÉE, à savoir, superficiellement embellie. La purification parfaite doit être faite par le feu, comme on lit dans la loi que les récipients devaient être purifiés par le feu. De même, ce qui est décoré possède une beauté par soi-même, et une autre du fait de la décoration seulement, dont il est question en Ps 143[144], 12 : Leurs filles sont habillées et embellies à l’image du temple, etc. Mais ceux qui veulent être en sécurité doivent avoir une beauté intérieure, Ps 94[95], 14 : Toute la gloire de la fille du roi vient de l’intérieur, vêtue d’étoffes dorées et de multiples couleurs, etc. Mais lorsqu’on est embelli seulement par des choses extérieures, on n’est pas quitté par les démons. Ainsi en est-il des Juifs, car ils observaient le sabbat, pendant lequel ils s’éloignaient davantage du bien que du mal. De même accordaient-ils tous leurs soins aux plus petits points de la loi.
1488. ALORS, IL S’EN VA PRENDRE AVEC LUI SEPT AUTRES ESPRITS PLUS MAUVAIS QUE LUI. Ici, il est question du second assaut, plus sérieux, et il est montré qu’il est plus sérieux que le premier pour ce qui est du nombre ; deuxièmement, pour ce qui est de la durée ; troisièmement, pour ce qui est du résultat.
1489. Pour ce qui est du nombre, car IL PREND AVEC LUI SEPT [AUTRES ESPRITS]. Selon Chrysostome, cela s’interprète de manière littérale, car lorsque quelqu’un tombe et ne prend pas garde, ce qui lui arrive est pire. Jn 5, 14 : Voilà que tu es guéri ; ne pèche plus pour éviter qu’il ne t’arrive pire. Selon Augustin, [le Diable] en prend sept, et cela de deux façons. En effet, celui qui se repent fait parfois pénitence, mais il se montre négligent et il devient alors plus vulnérable. Rm 1, 28 : C’est pourquoi le Seigneur les a livrés à leur esprit sans jugement. Et par le fait que [le Seigneur] parle de sept, l’ensemble des vices est indiqué. Une autre [interprétation] est donnée par Augustin : certains commettent un péché, et ils y ajoutent un simulacre de l’état de pénitence. Et de même qu’il existe sept dons du Saint-Esprit, de même existe-t-il sept simulacres.
1490. Il y avait donc au départ sept vices simples ; s’y ajoutent maintenant sept simulacres de vices, qui sont pires. Et on parle de sept, soit en raison de l’ensemble des vices, soit en raison du sabbat. Et ceux qui pèchent de cette manière se montrent plus persévérants dans le mal. Il dit donc : ILS ENTRENT CHEZ LUI ET Y HABITENT, parce qu’ils ne veulent pas s’en retirer. Jr 8, 5 : Le peuple de Jérusalem s’est détourné par une aversion obstinée, ils se sont adonnés aux mensonges et n’ont pas voulu revenir. Si on l’interprète des Juifs, il est clair qu’il habite chez eux et ne veut pas s’éloigner d’eux.
1491. ET L’ÉTAT FINAL DE CET HOMME EST PIRE QUE LE PREMIER. Ici est présenté l’alourdissement du point de vue de l’effet. Au sens littéral, celui qui est davantage puni est davantage chargé. Ainsi, en 2 P 2, 21 : Il était mieux de ne pas connaître le chemin de la vérité que de s’en retourner après l’avoir connu. De même, pour ce qui était des Juifs, car ils ont agi plus mal en blasphémant le Christ qu’en rendant un culte à des idoles.
1492. Vient ensuite : AINSI EN SERA-T-IL DE CETTE GÉNÉRATION MAUVAISE, car il leur arrivera pire qu’il leur est jamais arrivé lorsqu’ils étaient en Égypte.
1493. Dans la section précédente, le Seigneur a réfuté ses adversaires ; maintenant, il fait l’éloge des disciples qui croient [en lui], etc., en tenant compte de la présence de sa mère et de ses frères.
1494. Premièrement, [cette] présence est exposée ; deuxièmement, la dénonciation [de cette présence] ; troisièmement, l’éloge des disciples.
1495. [Matthieu] dit donc : COMME IL PARLAIT ENCORE. Mais ici se pose une question à propos du texte : pourquoi Lc 8, 19, où sont rapportées les mêmes paroles qui sont dites [ici], ne présente-t-il pas les mêmes paroles qui suivent, mais poursuit : Or, il arriva que, alors qu’ils parlait, une femme éleva la voix, etc. ? Et il semble y avoir une contradiction. Augustin donne la solution : sans aucun doute, ce que Matthieu raconte a-t-il été dit, à savoir que, alors qu’il parlait encore, c’est-à-dire alors qu’il faisait le récit, etc. Mais il se peut que ce que Luc dit soit arrivé et [aussi] ce que Matthieu dit ; et il se peut que Luc anticipe ou s’en remette à l’ordre de ses souvenirs.
1496. VOICI QUE SA MÈRE ET SES FRÈRES SE TENAIENT DEHORS, etc. Pour ce qui est de [sa] mère, il n’y a aucun doute qu’il s’agit de celle dont il a été question au chapitre I. Mais, au sujet des frères, il peut se poser une question. Et parce qu’il est fait mention des frères, cela a été l’occasion d’une hérésie, à savoir que, lorsque Marie eut engendré Jésus, Joseph connut Marie et lui engendra des fils, ce qui est hérétique, car, après l’enfantement, elle demeura intouchée. Il y a eu aussi une autre opinion, à savoir que [ces frères] étaient les fils que Joseph avait eux d’une autre épouse. Mais cela n’a aucune valeur, car nous croyons que, de même que la mère de Jésus était vierge, de même [en était-il] de Joseph, parce que [Dieu] présenta à une vierge quelqu’un qui était vierge, et ce qui existait à la fin existait aussi au départ.
1497. Qui donc sont ces frères ? Jérôme a dit qu’on parle de frères de multiples façons. Certains sont frères par la naissance, comme [il est dit] plus haut, [Mt] 1 : Jacob engendra Juda et ses frères. Parfois sont [dits] frères ceux qui sont de la même lignée, Dt 17,15 : Tu ne pourras pas établir comme moi celui qui ne sera pas ton frère. Parfois [on parle de frères] par la religion, comme dans le cas de tous les chrétiens, comme plus loin, 23, 8. Ainsi s’est établie la coutume que les hommes d’une même religion s’appellent frères. Parfois [sont appelés frères] les hommes appartenant à une même parenté, comme en Jos 2, 12 : Et donnez-moi un signe que vous allez sauver mon père, ma mère et mes frères. Parfois [sont appelés frères] tous les hommes, qui viennent d’un même père, à savoir, Dieu, Ml 2, 10 : Tous n’ont-ils pas un seul père ? Est-ce que le Dieu unique ne nous a pas créés ? Pourquoi donc chacun méprise-t-il son frère ? Il n’est ici question des frères du Seigneur en aucun de ces sens ; ils sont donc appelés frères parce qu’ils sont [ses] consanguins. Ainsi, en Gn 13, 8, Abraham dit-il à Lot : Nous sommes frères, bien que Lot ait été le neveu d’Abraham. Ainsi ceux-ci étaient-ils les frères [de Jésus], parce qu’ils étaient [ses] cousins.
1498. QUELQU’UN LUI DIT : « VOICI QUE TA MÈRE ET TES FRÈRES SE TIENNENT DEHORS ET CHERCHENT À TE PARLER. » La raison pour laquelle [cette personne] lui dit cela et dans quel but, est expliquée en Lc 8, 19 : la foule était si grande qu’ils ne pouvaient entrer.
1499. Au sens mystique, la synagogue est signifiée par la MÈRE. Ainsi, en Ct 3, 11 : Sortez et voyez le roi Salomon portant le diadème dont sa mère l’a couronné. ET SES FRÈRES, c’est-à-dire les Juifs, qui se tiennent au dehors en abandonnant le Christ, Jb 6, 15 : Mes frères m’ont abandonné. Ils cherchent, mais ils ne trouvent pas, comme on lit en Rm 9, 31 : Israël, en suivant la loi de justice, n’est pas parvenu à la loi de justice.
1500. MAIS, EN LUI RÉPONDANT, etc. La réponse du Christ est présentée, et il fait deux choses : premièrement, il réfute celui qui l’interroge ; deuxièmement, il fait l’éloge de ses disciples, en cet endroit : EN TENDANT LA MAIN VERS SES DISCIPLES, etc. [12, 49].
1501. [Jésus] dit donc : QUI EST MA MÈRE ET QUI SONT MES FRÈRES ? À partir de ce passage, certains ont nié que le Christ se soit incarné d’une manière véritable, mais [ont affirmé qu’il l’a fait] d’une manière imaginaire. Ils donnaient donc l’interprétation suivante : « Celle-ci n’est pas ma mère, ni ceux-ci mes frères. » Ce qui est contraire à ce que dit l’Apôtre, Ga 4, 4 : Dieu a envoyé son Fils né d’une femme, etc. De même, Rm 1, 3 : Lui qui est né de la semence de David selon la chair. De même, le Seigneur a reconnu [sa mère] alors qu’il était sur la croix : Femme, voilà ton fils ! Jn 19, 26. Chrysostome [écrit] : « Pourquoi le Seigneur dit-il : “Qui est ma mère et qui sont mes frères ?” » [Le Seigneur] dit deux choses, dont l’une est saine et l’autre, non. En effet, il dit que sa mère et ses frères ont ressenti quelque chose d’humain, car, voyant Jésus prêcher et la foule qui le suivait, ils se réjouirent. Ils voulurent donc en retirer une certaine gloire. C’est pourquoi le Seigneur a voulu montrer que ce qu’il faisait, il ne le faisait pas en vertu de ce qu’il avait reçu de sa mère, mais [de ce qu’il avait reçu] de son Père. Cette position est partiellement saine, car, pour ce qui est des frères, elle est saine, car on lit en Jn 8, 5 : En effet, même ses frères ne croyaient pas en lui. Mais, pour ce qui est de la mère du Seigneur, elle n’est pas saine, car on croit qu’elle n’a jamais péché, ni mortellement, ni véniellement. En effet, il est dit d’elle dans Ct 4, 7 : Tu es toute belle, mon amie, et il n’y a pas de tache en toi ! Et Augustin dit : « Lorsqu’il est question du péché, je ne veux pas qu’on fasse mention d’elle. »
1502. Jérôme donne donc une autre solution : celui qui informa [le Seigneur] l’informa de manière insidieuse. En effet, il voulait vérifier si [Jésus] se concentrait à ce point sur les réalités spirituelles qu’il ne s’occupait pas des réalités temporelles. C’est pourquoi la réponse [de Jésus] porte sur les sentiments : il n’aurait pas davantage aimé sa mère si elle n’avait eu autant de consistance spirituelle. Il dit donc : QUI EST MA MÈRE ? Il ne nie pas que celle-ci soit sa mère, mais il veut interdire une affection désordonnée. Ainsi, plus haut, 10, 37 : Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi.
1503. En conséquence, [le Seigneur] fait l’éloge de ses disciples. Premièrement, il fait l’éloge de ses disciples ; deuxièmement, de tous ceux qui croient.
1504. [Matthieu] dit donc : ET TENDANT LA MAIN VERS SES DISCIPLES, IL DIT : « VOICI MA MÈRE », comme s’il disait : « J’aime plus ceux-ci que je n’aime ma mère et mes frères. » En effet, l’amour du Saint-Esprit doit l’emporter.
1505. Et il n’étend pas [cela] seulement à ceux-ci, mais à tous. C’est pourquoi il dit : QUICONQUE FAIT LA VOLONTÉ DE MON PÈRE QUI EST AUX CIEUX, CELUI-LÀ EST MON FRÈRE, MA SŒUR ET MA MÈRE. En effet, il était issu d’une génération céleste et temporelle ; il place donc [la génération] céleste au-dessus de la temporelle. Car ceux qui font la volonté de mon Père, ceux-là se rattachent à lui selon la génération céleste ; ainsi, Jn 8, 39 : Si vous êtes les fils d’Abraham, agissez comme Abraham. En effet, lui-même est venu pour faire la volonté [de son Père], comme on le lit en Jn 4, 34 et 6, 38. Il parle de FRÈRES, pour les plus solides, et de SŒURS, pour les plus faibles. Mais que veut-il dire par MA MÈRE ? Il faut dire que tout fidèle qui fait la volonté du Père, c’est-à-dire qui obéit simplement, est [son] frère, car il lui ressemble, lui qui a accompli la volonté du Père. Mais celui qui non seulement accomplit [la volonté du Père], mais en convertit d’autres, engendre le Christ en d’autres, et il devient ainsi [leur] mère. De la même manière que, au contraire, celui-là tue le Christ dans les autres, qui les provoque au mal. L’Apôtre [dit] en Ga 4, 19 : Mes petits enfants, que j’engendre de nouveau, jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous.
Leçon 1, [Matthieu 13, 1‑23] 13, 1 En ce jour-là, Jésus sortit de la maison et s’assit au bord de la mer. 13, 2 Et des foules nombreuses s’assemblaient auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque et s’assit ; et toute la foule se tenait sur le rivage. 13, 3 Et il leur parla de beaucoup de choses en paraboles. Il disait : « Voici que le semeur est sorti pour semer. 13, 4 Et comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin. Les oiseaux sont venus tout manger. 13, 5 D’autres sont tombés sur les endroits rocheux où ils n’avaient pas beaucoup de terre, et aussitôt ils ont levé, parce qu’ils n’avaient pas de profondeur de terre ; 13, 6 mais une fois le soleil levé, ils ont été brûlés et, parce qu’ils n’avaient pas de racine, ils se sont desséchés. 13, 7 D’autres sont tombés sur les épines, et les épines ont monté et les ont étouffés. 13, 8 D’autres sont tombés dans la bonne terre et ont donné du fruit, l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. 13, 9 Que celui qui a des oreilles entende ! » 13, 10 Les disciples s’approchant lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles » 13, 11 Répondant, il dit : « Parce qu’à vous il a été donné de connaître le mystères du Royaume des Cieux, tandis qu’à ces gens-là cela n’a pas été donné. 13, 12 Car celui qui a, on lui donnera et il aura du surplus, mais celui qui n’a pas, même ce qu’il a, on le lui enlèvera. 13, 13 C’est pour cela que je leur parle en paraboles : parce qu’ils voient sans voir et entendent sans entendre ni comprendre. 13, 14 Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe qui disait : Vous entendrez, mais vous ne comprendrez pas ; vous verrez, mais vous ne comprendrez pas.
13, 15 « C’est que le cœur de ce peuple s’est endurci : ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur esprit ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. 13, 16 Mais vous, heureux sont vos yeux parce qu’ils voient ; et vos oreilles parce qu’elles entendent. 13, 17 En vérité je vous le dis, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! 13, 18 Écoutez donc, vous, la parabole du semeur. 13, 19 Celui qui entend la parole du Royaume sans la comprendre, arrive le Mauvais qui s’empare de ce qui a été semé dans le cœur de cet homme : tel est celui qui a été semé au bord du chemin. 13, 20 Celui qui a été semé sur les endroits rocheux, c’est l’homme qui, entendant la Parole, l’accueille aussitôt avec joie ; 13, 21 mais il n’a pas de racine en lui-même, il est l’homme d’un moment : survienne une tribulation ou une persécution à cause de la parole, aussitôt il succombe. 13, 22 Celui qui a été semé dans les épines, c’est celui qui entend la parole, mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent cette parole, qui demeure sans fruit. 13, 23 Et celui qui a été semé dans la bonne terre, c’est celui qui entend la parole et la comprend : celui-là porte du fruit et produit tantôt cent, tantôt soixante, tantôt trente. »
Leçon 2, [Matthieu 13, 24‑30] 13, 24 Il leur proposa une autre parabole : « Il en va du Royaume des Cieux comme d’un homme qui a semé du bon grain dans son champ. 13, 25 Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l’ivraie, au milieu du blé, et il s’en est allé. 13, 26 Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l’ivraie est apparue aussi. 13, 27 S’approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : « Maître, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ? » 13, 28 Il leur dit : « C’est un ennemi qui a fait cela ». Les serviteurs lui disent : « Veux-tu donc que nous allions la ramasser ? » 13, 29 Et il leur dit : « Non, de crainte qu’en arrachant l’ivraie, vous n’arrachiez aussi le blé. 13, 30 Laissez l’un et l’autre croître ensemble jusqu’à la moisson ; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : “Ramassez d’abord l’ivraie et attachez-la en bottes pour les brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier.” »
Leçon 3, [Matthieu 13, 31‑43] 13, 31 Il leur dit une autre parabole : « Le Royaume des Cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ. 13, 32 C’est bien le plus petit de tous les grains, mais quand il a poussé, il devient la plus grande des plantes potagères, un arbuste même, au point que les oiseaux du ciel viennent s’abriter dans ses branches. »
13, 33 Il leur dit une autre parabole : « Le Royaume des Cieux est semblable à du levain qu’une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que le tout ait levé. »
13, 34 Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole ; 13, 35 afin que s’accomplît ce qui est dit par le prophète : J’ouvrirai la bouche pour dire des paraboles, je clamerai des choses cachées depuis la fondation du monde.
13, 36 Alors, laissant les foules, il vint à la maison ; et ses disciples s’approchant lui dirent : « Explique-nous la parabole de l’ivraie dans le champ. » 13, 37 En réponse, il leur dit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; 13, 38 le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les sujets du Royaume ; l’ivraie, ce sont les mauvais fils ; 13, 39 l’ennemi qui l’a semée, c’est le Diable ; la moisson, c’est la fin du temps ; et les moissonneurs, ce sont les anges. 13, 40 De même donc qu’on enlève l’ivraie et qu’on la consume au feu, de même en sera-t-il à la fin du monde : 13, 41 le Fils de l’homme enverra ses anges, qui ramasseront de son Royaume tous les scandales et tous les fauteurs d’iniquité, 13, 42 et les jetteront dans la fournaise ardente : là il y aura des pleurs et des grincements de dents. 13, 43 Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles entende !
Leçon 4, [Matthieu 13, 44‑58] 13, 44 « Le Royaume des Cieux est encore semblable à un trésor qui était caché dans un champ et qu’un homme vient à trouver : il le cache à nouveau, ravi de joie, il s’en va vendre tout ce qu’il a, et achète ce champ.
13, 45 « Le Royaume des Cieux est encore semblable à un négociant en quête de perles fines : 13, 46 en ayant trouvé une de grand prix, il s’en est allé vendre tout ce qu’il possédait et il l’a achetée.
13, 47 « Le Royaume des Cieux est encore semblable à un filet qu’on jette en mer et qui ramène toutes sortes de choses. 13, 48 Quand le filet est plein, les pêcheurs le tirent sur le rivage, puis ils s’asseyent, ils choisissent les bons pour les mettre dans des contenants, et ils rejettent ce qui ne vaut rien. 13, 49 Ainsi en sera-t-il à la fin du temps : les anges se présenteront et ils sépareront les méchants d’entre les justes 13, 50 et ils les jetteront dans la fournaise ardente : là seront les pleurs et les grincements de dents. » 13, 51 « Avez-vous compris tout cela ? » Ils répondirent « Oui. »
13, 52 Et il leur dit : « Ainsi donc tout scribe devenu disciple du Royaume des Cieux est semblable à un propriétaire qui tire de son trésor du neuf et du vieux. »
13, 53 Et il advint, quand Jésus eut terminé ces paraboles, qu’il partit de là ; 13, 54 et s’étant rendu dans sa patrie, il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle sorte qu’ils étaient étonnés et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? 13, 55 Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie ? Et ses frères ne sont-ils pas Jacques, Joseph, Simon et Jude ? 13, 56 Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D’où lui vient donc tout cela ? » 13, 57 Et ils étaient scandalisés à son sujet. Mais Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et chez lui. » 13, 58 Et il ne fit pas là beaucoup de miracles, à cause de leur manque de foi.