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Leçon 2 – Mt 17, 14‑27

[17, 14]

1915. COMME IL REJOIGNAIT LA FOULE. Ici, [le Seigneur] annonce à l’avance la tranquillité de la gloire, qui est attaquée par l’oppression des démons et le bouleversement des hommes. Premièrement, il annonce d’avance que [l’oppression des démons] cessera en guérissant un épileptique ; deuxièmement, que le second [cessera].

À propos du premier point, [Matthieu] présente d’abord la guérison de l’épileptique ; deuxièmement, [le Seigneur] annonce d’avance la passion, en cet endroit : COMME ILS SE TROUVAIENT EN GALILÉE, etc. [17 22] ; troisièmement, [Matthieu] présente l’acquittement du tribut, en cet endroit : COMME IL ÉTAIT VENU À CAPHARNAÜM, etc. [17, 24].

1916. À propos du premier point, [le Seigneur] opère d’abord la guérison ; puis il répond à un doute, en cet endroit : JÉSUS LEUR DIT, etc. [17, 20].

À propos du premier point, il fait deux choses. Premièrement, [Matthieu] présente la demande du père ; deuxièmement, la réponse favorable, en cet endroit : APPORTEZ-LE-MOI ICI [17, 17].

À propos du premier point, [Matthieu] fait trois choses : premièrement, le moment est présenté ; deuxièmement, le signalement du malade ; troisièmement, la demande.

1917. Le moment est présenté lorsque Matthieu dit : COMME IL REJOIGNAIT LA FOULE. Pierre, attiré par la douceur de la gloire, aurait voulu être toujours sur la montagne. Mais le Christ, à cause de la charité qu’il avait pour les foules (car la charité ne recherche pas son intérêt, 1 Co 13, 5), voulut descendre de la montagne, afin que les foules puissent s’approcher de lui.

Ainsi, COMME IL REJOIGNAIT LA FOULE, UN HOMME S’APPROCHA DE LUI ET, S’AGENOUILLANT. Si le Christ n’était pas descendu, cet homme ne se serait pas approché de lui. Il s’approcha humblement, puisqu’il S’AGENOUILLA, car Dieu écoute la prière des humbles, Ps 101[102], 18. Le genre humain peut être signifié par cet [homme]. Ph 2, 10 : Afin qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers, etc.

[17, 15]

1918. Ensuite, la demande est présentée. [L’homme] ne demande pas mais expose la maladie. En effet, il suffit d’exposer sa misère à celui qui est miséricordieux. Premièrement, il expose la maladie ; deuxièmement, ce qui l’entoure ; troisièmement, qu’il n’a pas trouvé de remède.

Il dit donc : SEIGNEUR, AIE PITIÉ DE MON FILS, QUI EST LUNATIQUE… Il faut remarquer que beaucoup demandent pour eux-mêmes, comme c’était le cas plus haut de la femme qui avait une hémorragie ; parfois, quelqu’un demande pour un autre, comme c’est le cas ici ; parfois, [le Seigneur] guérit sans qu’il en ait été prié, dans le cas d’une maladie spirituelle, par exemple, comme on le lit à propos du publicain, Lc 18, 12s. Mais parfois quelqu’un est guéri à la demande d’un autre, comme on le lit en Jc 5, 16 : Priez les uns pour les autres afin d’être sauvés ; parfois, sans qu’il y ait prière, comme dans la conversion de Paul, Ac 9, 4s.

1919. Mais que veut-il dire lorsqu’il est dit que [son fils] est lunatique ? Un lunatique est celui qui change selon l’état de la lune. Or, il semble que celui-ci n’était pas lunatique, mais démoniaque, car on lit plus loin que le Démon est sorti de lui. On peut dire que ce n’est pas le terme utilisé par l’évangéliste, mais par le père qui était dans l’erreur et croyait que [son fils] était lunatique. Ou bien que, comme on le lit plus haut, 4, 24, [le Seigneur] a guéri des lunatiques, alors que ceux-ci étaient démoniaques. Certains disent, tels certains médecins, qu’ils n’étaient pas aliénés par le Démon, mais en raison d’une mauvaise complexion ou d’une certaine disposition du corps, et cela parce que, à mesure que croît la lune, tout ce qui est humide augmente. Ainsi, le cerveau étant ce qu’il y a de plus humide, lorsque la lune décroît, celle-ci est affectée d’une déficience, ainsi que le cerveau lui-même. De sorte que ceux qui souffrent d’une telle déficience en souffrent lorsque la lune décroît. Mais cela est contre la foi, car l’Écriture dit expressément qu’ils étaient des démoniaques. Et cela se manifeste par le fait qu’ils parlent en esprit, car beaucoup d’ignorants souffrent de cela, et cependant parlent des Écritures. Il faut donc dire que les esprits mauvais tentent de nuire aux hommes de plusieurs façons et veulent les déshonorer. C’est pourquoi certains démons provoquent des maladies et des souffrances lorsqu’ils voient que l’influence des étoiles convient à cela, afin d’induire les hommes en erreur et de leur faire croire qu’il ne leur arrive de souffrir qu’à cause de l’influence des étoiles.

1920. IL VA TRÈS MAL. Ici est présenté ce qui entoure [la maladie]. Dans chaque maladie, il y a différents états, car certains ont une fièvre plus forte, d’autres, plus faible ; ainsi, celui-ci allait très mal. PARFOIS, IL TOMBE DANS LE FEU, ET SOUVENT, DANS L’EAU. Il était donc en grand danger. Il faut donc remarquer que le Seigneur ne retire pas sa main devant les dangers. [Le fils] serait donc déjà mort si Dieu n’avait étendu sa main, comme on le lit à propos de Job, 2, 6 : bien que Satan l’ait beaucoup fait souffrir, le Seigneur lui ordonna cependant de ne pas lui enlever son âme. Par [la lune] est signifiée la raison instable, dont il est question en Si 27, 12 : L’insensé est changeant comme la lune. IL TOMBE PARFOIS DANS LE FEU, à savoir, dans le feu de la colère. Dt 32, 22 : Le feu s’est enflammé dans ma colère et il brûlera aussi longtemps que durera l’enfer. PARFOIS, [IL TOMBE] DANS L’EAU, à savoir, de la cupidité. Tu t’es répandu comme l’eau, de sorte que tu ne grandis pas, Gn 49, 4.

[17, 16]

1921. Ici est présentée la méchanceté de [cet homme], car il a voulu accuser les disciples. Ainsi, Si 11, 33 : Lui qui salit les élus.

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1922. Le Seigneur le rabroue donc : « ENGEANCE INCRÉDULE ET PERVERTIE », RÉPONDIT JÉSUS… [Le Seigneur] présente donc sa réponse, et il fait deux choses : premièrement, il reproche un vice ; deuxièmement, il manifeste un bienfait.

[Matthieu] dit donc : JÉSUS RÉPONDIT, etc. [Cet homme] voulait diffamer les disciples et même Jésus auprès des foules, sous prétexte qu’il n’avait pas ce pouvoir, et beaucoup étaient d’accord avec cela. C’est pourquoi Jésus s’emporte contre toute cette engeance et l’accuse d’infidélité, en disant : ENGEANCE INCRÉDULE, car cela n’était pas dû à l’impuissance des disciples, mais à leur incrédulité. Il en était de même de [sa] perversité : [ENGEANCE] PERVERSE, car elle attribuait sa faute aux apôtres. Dt 32, 5 : Engeance mauvaise et perverse, est-ce là ce que vous rendez au Seigneur, peuple insensé et dénué de sagesse ? Jusqu’à quand demeurerai-je avec vous ? Et le Christ présente deux choses : premièrement, leur impénitence ; deuxièmement, la patience divine, car la fréquentation de l’injuste par le juste n’est pas appropriée. Si 13, 21 : Comme le loup l’agneau, ainsi le pécheur fréquente-t-il le juste. 2 Co 6, 15 : Pourquoi mêler le Christ à Bélial ? Il veut donc dire : « Vous jouissez de ma présence, et cependant vous ne cessez de me dénigrer ainsi que mes disciples. » Comme le dit Jérôme, le Seigneur ne dit pas cela parce qu’il est en colère, mais il parle à la manière d’un médecin qui s’approche d’un malade qui ne veut pas suivre ses ordres, et lui dit : « Pourquoi continuerais-je à te visiter alors que tu ne veux pas suivre mes ordres ? » Il donne donc un exemple aux dirigeants que, même si les hommes les contrarient, ils doivent cependant leur accorder des bienfaits, comme lui-même, qui a guéri le fils de celui qui le dénigrait ainsi que ses disciples.

1923. Il dit donc : APPORTEZ-LE-MOI ICI. Premièrement, la façon de guérir est présentée ; deuxièmement, l’effet.

Premièrement, l’agent est présenté, à savoir, le Christ. Il dit donc : APPORTEZ-LE-MOI ICI. Les hommes pèchent de multiples façons : certains par ignorance, certains par faiblesse, certains par malice. Celui [qui pèche] par ignorance peut être enseigné par l’homme. Celui qui pèche par faiblesse, à savoir, celui qui pèche par incontinence, qui regrette son péché et est mené par les passions, celui-là ne peut être guéri par n’importe qui, mais il est nécessaire qu’il soit amené à Jésus, qui guérit toutes nos infirmités.

[17, 18]

1924. Tel est le chemin [à suivre]. En effet, IL LE MENAÇA, car cela lui était arrivé à cause de son péché. Pr 6, 2 : Tu es ligoté par les paroles de ta bouche et pris au piège par tes propres discours. Ou bien : IL LE MENAÇA, à savoir, le Démon.

Vient ensuite l’effet : ET LE DÉMON SORTIT DE L’ENFANT, QUI, À PARTIR DE CE MOMENT, FUT GUÉRI, car il dit et cela fut, Ps 148[149], 5.

[17, 19]

1925. ALORS, LES DISCIPLES, S’APPROCHANT DE JÉSUS EN SECRET, etc. Plus haut, le Seigneur a guéri un lunatique. Ici, il répond à une question des disciples. Premièrement, la question est présentée ; deuxièmement, la réponse, en cet endroit : JÉSUS LEUR DIT, etc. [17, 20].

Pour que vous compreniez la demande, vous devez savoir que, plus haut, 10, 8, [le Seigneur] leur avait donné le pouvoir de chasser les démons ; ils craignaient donc d’avoir perdu par leur faute la grâce qui leur avait été donnée. C’est pourquoi LES DISCIPLES, S’APPROCHANT DE JÉSUS, etc.

Mais pourquoi EN SECRET ? Non pas à cause de la honte, mais parce qu’ils devaient entendre quelque chose de grand et que les secrets ne devaient pas être livrés à tous, plus haut, 13, 11 : Il vous a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux, mais, à eux, cela n’a pas été donné.

[17, 20]

1926. Ici, [Jésus] répond. Premièrement, il répond [à leur question] ; deuxièmement, il propose un enseignement de portée générale, en cet endroit : CETTE ESPÈCE [DE DÉMONS], ON NE PEUT LA CHASSER QUE PAR LA PRIÈRE ET LE JEÛNE [17, 21].

À propos du premier point, il répond d’abord à la question et, en second lieu, il éclaire sa réponse, en cet endroit : EN VÉRITÉ, JE VOUS LE DIS, etc. [17, 20].

1927. [Les disciples] avaient demandé : POURQUOI, NOUS AUTRES, N’AVONS-NOUS PAS PU L’EXPULSER ? Le Seigneur répond : À CAUSE DE VOTRE PEU DE FOI. Il faut donc considérer que, avant qu’ils n’aient reçu l’Esprit Saint avec une telle plénitude (car il furent tous remplis de l’Esprit Saint, Ac 2, 4), ils souffraient de quelques faiblesses. Le Seigneur les rabroue donc, Lc 24, 25 : Ô insensés et lents à croire ! Et cela n’est pas étonnant, car, alors que le Seigneur était sur la montagne, ceux qui avaient été les plus avancés dans la foi, Pierre, Jacques et Jean, étaient absents. En effet, la cause de [leur] incapacité à faire des miracles était la faiblesse de [leur] foi, puisque l’accomplissement de miracles vient de la toute-puissance, car la foi s’appuie sur la toute-puissance [divine]. De sorte que là où la foi est faible, il y a absence de miracles. On lit ainsi plus haut, 13, 58, que le Christ n’a fait que peu de miracles dans sa patrie en raison du peu de foi [de celle-ci]. Parfois des miracles sont accomplis en raison de l’insistance de celui qui demande, comme on le lit plus haut, 15, 22s, au sujet de la Cananéenne ; parfois, afin de manifester la sainteté de quelque saint, et on trouve ceci en 4 R [2 R] 13, 20s, où il est dit qu’alors que des voleurs venus de Syrie s’étaient introduits dans la terre d’Israël, ils lancèrent un cadavre près d’Élisée et qu’il reprit vie, non pas parce que le mort le méritait, mais afin de manifester la sainteté d’Élisée.

1928. CAR JE VOUS LE DIS, EN VÉRITÉ, SI VOUS AVEZ DE LA FOI GROS COMME UN GRAIN DE SÉNEVÉ, etc. Ici, [Jésus] éclaire sa réponse. Et il présente une conditionnelle, dont l’antécédente est : SI VOUS AVEZ, etc., et la conséquente est : VOUS DIREZ À CETTE MONTAGNE : « DÉPLACE-TOI », ET ELLE SE DÉPLACERA. Certains disent que la foi comparée au grain de sénevé est une faible foi, comme si [Jésus] disait : « Si vous aviez une certaine foi, vous diriez, etc. » Mais Jérôme récuse cela, car l’Apôtre dit : Si j’avais une foi à déplacer les montagnes [1 Co 13, 2]. Une foi parfaite est donc nécessaire pour déplacer les montagnes. Lorsque [Jésus] dit : COMME UN GRAIN DE SÉNEVÉ, une triple perfection de la foi est indiquée. En effet, on trouve dans [ce] grain la chaleur, la fécondité et la petitesse. Ce grain, avant d’être écrasé, semble n’avoir aucune chaleur, mais, lorsqu’il est écrasé, il commence à brûler. De même, le croyant, avant d’être mis à l’épreuve, semble être méprisable, mais, lorsqu’il est écrasé, alors apparaît sa sainteté. 1 P 1, 7 : Il faut que vous soyez maintenant un peu attristés afin que votre foi se révèle beaucoup plus précieuse que l’or que l’on vérifie par le feu. On trouve aussi dans [ce] grain la fécondité, plus haut, [Mt] 13, car, bien qu’il soit petit, il se développe en un grand arbuste, de sorte que les oiseaux du ciel y habitent. He 2, où l’on raconte les œuvres de la foi, poursuit : Les saints ont vaincu des royaumes par la foi, etc. De même y trouve-t-on une petitesse, et, par là, l’humilité de la foi peut être indiquée. En effet, est reconnu humble dans la foi celui qui accepte la parole de Dieu. 1 Tm 6, 3 : Si quelqu’un n’accepte pas la parole de Dieu, c’est un orgueilleux. Ainsi, en sens contraire, celui qui accepte [cette] parole, est humble. Il veut donc dire : « Si vous aviez eu la foi, et une foi fervente, indéfectible, féconde par ses œuvres, si [vous aviez eu une foi] petite et humble, vous auriez dit à cette montagne : “Déplace-toi !”, et elle se serait déplacée. »

1929. Ici se pose une question que soulèvent les incroyants : on ne voit jamais que les apôtres aient fait cela. Chrysostome répond que si on ne le trouve pas chez les apôtres, on le trouve chez les hommes apostoliques. On lit en effet, dans le livre des Dialogues du bienheureux Grégoire, qu’alors que quelqu’un voulait construire une église, comme il n’avait pas d’endroit pour la construire, il ordonna à une montagne de se déplacer, et elle se déplaça. Ou alors, [les apôtres] l’ont fait, mais cela n’est pas écrit. Ou bien, on peut dire que, s’ils ne l’ont pas fait, ce ne fut pas à cause d’une impossibilité, mais parce qu’aucune occasion ne s’est offerte. Ainsi, les miracles sont accomplis parfois par nécessité, parfois par utilité, et parce que cela n’était pas nécessaire, ils n’en accomplirent pas. Ou bien, on parle d’une montagne [pour désigner] le Diable. DÉPLACE-TOI LÀ !, c’est-à-dire hors de ce corps, ET IL SE DÉPLAÇA. Ou bien, selon Augustin, on l’entend de l’esprit d’orgueil.

1930. ET RIEN NE VOUS SERA IMPOSSIBLE. Qu’est-ce que cela veut dire ? Seront-ils tout-puissants ? Non, car seul est vraiment tout-puissant Celui qui peut tout faire par sa propre puissance. Or, ceux-ci [agissent], non par leur propre puissance, mais comme agissent différemment un roi et un serviteur, car le roi agit en son nom propre, et le serviteur au nom du roi.

[17, 21]

1931. CE GENRE DE DÉMONS. Le mot CE ne vise pas seulement le genre du lunatique, mais tous les genres de démons. N’EST CHASSÉ QUE PAR LA PRIÈRE ET PAR LE JEÛNE. Chrysostome dit que « plus une âme est élevée, plus les démons la craignent ». En effet, le Christ lui-même est terrible pour les démons. De sorte que ceux qui sont unis au Christ sont terribles pour eux. Mais l’élévation de l’esprit est empêchée par la lourdeur de la chair, elle est empêchée par l’ivresse et l’ébriété. Ainsi, [on lit] en Lc 21, 34 : Que votre cœur ne s’appesantisse pas dans l’ivresse et l’ébriété, etc. Celui-là donc ne peut avoir un esprit tourné vers Dieu qui est alourdi par l’ébriété. C’est pourquoi le jeûne est nécessaire pour l’élévation de l’esprit ; ainsi, [on lit] dans Tb 12, 8 : La prière accompagnée du jeûne est bonne. De même, en Dn 9, 3 : Moi, Daniel, j’ai voué mon cœur à la prière accompagnée de jeûne. C’est pourquoi, comme le dit Origène, « pour que l’esprit soit chassé, il ne faut pas s’adonner aux festins, mais à la prière et au jeûne. » Ou bien, par le lunatique, l’instabilité de la chair est désignée, ou celui qui est entraîné par divers désirs. Celui qui tombe souvent dans le feu et dans l’eau n’est guéri que par le jeûne et la prière. Ga 5, 17 : La chair désire à l’encontre de l’esprit et l’esprit à l’encontre de la chair.

1932. Il faut donc que tu affaiblisses la chair pour renforcer l’esprit. Or, l’esprit est renforcé par la prière, car la prière est la montée de l’esprit vers Dieu, mais la chair est affaiblie par le jeûne. Ou alors, l’esprit ne cesse [d’aller] à l’encontre de la chair. C’est pourquoi, afin que cesse un tel combat, les bonnes actions sont nécessaires, qui sont exprimées par la prière, et l’abstention des mauvaises, qui est signifiée par le jeûne.

[17, 22]

1933. COMME ILS SE TROUVAIENT RÉUNIS EN GALILÉE, etc. Plus haut, une figure de la tranquillité de la gloire a été donnée par la libération du pouvoir des démons. Cette libération a été réalisée par la mort du Christ. He 2, 14 : Par la mort, il détruira celui qui avait pouvoir sur la mort, c’est-à-dire le Diable, et il libérera ceux qui, par crainte de la mort, ont été pendant toute leur vie soumis à l’esclavage. C’est pourquoi [le Seigneur], immédiatement après, annonce à l’avance la passion. Premièrement, l’annonce anticipée est présentée ; deuxièmement, l’effet, en cet endroit : ET ILS EN FURENT TOUT CONSTERNÉS [17, 23].

1934. Notre Seigneur avait auparavant annoncé à l’avance sa passion et [il le fait] maintenant encore et [le fera] par la suite. Et pourquoi à autant de reprises ? Parce que ce qui est prévu bouleverse moins. Comme les disciples allaient être scandalisés à l’avenir par la mort du Seigneur, il voulut donc la leur annoncer d’avance à plusieurs reprises afin qu’ils soient moins scandalisés. Mais il ajoute toujours quelque chose. Auparavant, il avait abordé la mise à mort, mais non la trahison ; ici, il aborde la trahison, en disant : LE FILS DE L’HOMME SERA LIVRÉ AUX MAINS DES HOMMES. Et c’est à juste titre qu’il dit : LE FILS DE L’HOMME, car même si celui qui est livré est le Seigneur de gloire, il est cependant livré comme Fils de l’homme. Ainsi, Augustin [écrit] : « Bien que certains choses soient dites du Fils de Dieu et du Fils de l’homme, il y a cependant une différence, car ce qui est faible est dit de sa nature humaine et ce qui est solide, de sa nature divine. » Mais [le Seigneur] ne dit pas par qui il est livré, car il s’est livré. Ga 2, 20 : Lui qui s’est livré lui-même pour moi. Il a été livré par le Père, qui n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, Rm 8, 32. De même, il a été livré par Judas, plus haut, 10, 4 : [Judas] qui le livra. Aussi par les démons. On lit, en Jn 13, que le Diable avait décidé que Judas le livrerait. Et Sg 2, 12 : Venez, tuons le juste.

[17, 23]

1935. ET LE TROISIÈME JOUR, IL RESSUSCITERA. Os 6, 3 : Il nous fera revivre après deux jours, et, le troisième, il nous ressuscitera et nous vivrons sous son regard.

Vient ensuite l’effet : ET ILS EN FURENT CONSTERNÉS. Ils portaient attention à la mort et à la résurrection, mais ils n’en voyaient pas l’utilité. Jn 16, 6 : Parce que je vous ai dit ces choses, votre cœur est rempli de tristesse.

[17, 24]

1936. COMME IL ÉTAIT VENU À CAPHARNAÜM. Une fois atteinte la tranquillité de la gloire, [Matthieu] présente l’acquittement du tribut. Is 14, 4 : Il a acquitté le tribut. Jb 3, 19 : Le serviteur est libéré par son maître. [Matthieu] fait donc trois choses. Premièrement, il présente l’exigence du tribut ; deuxièmement, la liberté des fils ; troisièmement, l’acquittement du tribut.

1937. [Matthieu] dit : COMME IL ÉTAIT VENU, etc. On appelle didrachme le double drachme. Ainsi, chaque Juif devait chaque année un double drachme. Mais d’où venait ce tribut ? Certains disent [qu’il venait] de la loi, Ex 13, car, parce que le Seigneur avait tué les premiers-nés des Égyptiens, il décida que tous les premiers-nés lui appartenaient et que les fils seraient rachetés. Par la suite, il ordonna qu’ils soient élevés pour assurer le service comme lévites. Puis, il ordonna que soient comptés les lévites. Et on découvrit qu’il y avait plus de premiers-nés que de lévites. Il ordonna donc que, pour leur rachat, un prix soit acquitté.

Jérôme dit que cela ne vient pas de la loi de Dieu, mais de l’empereur : depuis quelque temps, la Judée était tributaire des Romains, de sorte qu’elle acquittait une capitation. Et cela semble plus vrai, car il est dit plus loin : De qui les rois de la terre reçoivent-ils le tribut ? [Mt 17, 25]. [Matthieu] parle donc du tribut impérial. Mais pourquoi à Capharnaüm ? Parce que [le tribut] était perçu de chacun dans sa propre ville, mais que Capharnaüm était une ville principale de la Galilée. Mais parce qu’ils avaient du respect pour le Christ, [les collecteurs] ne s’approchent donc pas de lui, mais de Pierre, et ils ne lui posèrent la question qu’avec douceur : VOTRE MAÎTRE NE PAIE-T-IL PAS LE DIDRACHME ?

[17, 25]

1938. Ensuite est présentée la réponse de Pierre : « MAIS SI », DIT-IL, c’est-à-dire : « Il est vrai qu’il ne l’acquitte pas. » Chrysostome dit que, pour ne pas être inquiété, il répondit : « MAIS SI, il le paie. »

Vient ensuite l’interrogation du Christ, puis la réponse de Pierre. Dans l’interrogation, deux choses doivent être considérées, à savoir que [Jésus] ne craignit pas l’aveu de [Pierre], car, puisqu’il était dans une telle situation, il était passible d’une certaine punition. Certains sont dans une telle disposition que, lorsqu’ils voient quelque chose de faible chez un grand, ils sont aussitôt scandalisés. Afin donc qu’ils ne soient pas scandalisés, [Jésus] DEVANÇA SES PAROLES. Ainsi, il ajouta à la faiblesse quelque chose de grand, à savoir que, bien qu’absent, il savait ce qui avait été dit à Pierre : Tout est à nu et à découvert à ses yeux, He 4, 13.

1939. Il faut aussi remarquer qu’il confie le jugement à Pierre, parce que celui-ci parlait plus souvent, en lui disant : « QU’EN PENSES-TU, PIERRE ? » Jb 12, 11 : Est-ce que l’oreille ne juge pas des paroles ? « LES ROIS DE LA TERRE, DE QUI REÇOIVENT-ILS LE TRIBUT OU LE CENS ? » Il y a une différence entre le tribut et le cens : en effet, le tribut [était levé] sur les champs et les vignes, mais le cens était levé par tête. Ainsi, en signe de sa soumission, celui qui est soumis doit quelque chose, et cela s’appelle le cens. À partir de cela, [le Seigneur] veut argumenter que, puisque les fils des rois n’acquittent pas le cens, lui-même n’y est pas tenu : en effet, il est lui-même le roi des rois, par qui tous règnent. De même, selon la chair, il était de lignée royale : Lui qui est de la descendance de David selon la chair, Rm 1, 3. Chrysostome dit que nous pouvons conclure de cela qu’il est le Fils par nature, car celui qui est [fils] par nature est nommé en premier.

[17, 26]

1940. [PIERRE] RÉPONDIT : « DES ÉTRANGERS. » Ensuite est présentée la réponse du Christ, car les rois font exception pour leurs fils. Is 3, 15 : Pourquoi écrasez-vous mon peuple et broyez-vous le visage des pauvres ? En effet, cela est juste, car celui qui préside doit s’occuper de ceux qui sont soumis ; ceux qui sont soumis doivent le servir comme des membres. De même que les membres du corps servent tout le corps par ce qui est leur, de même tout sujet doit servir la communauté de ses propres biens. Le Seigneur conclut ainsi : LES FILS SONT DONC LIBRES. Origène [écrit] : « Seulement de cette façon. » Les fils des rois de la terre sont donc libres, mais les fils de Dieu sont libres au regard de Dieu.

1941. Mais quel rapport cela a-t-il avec la question en cause ? Ou bien il parle des fils selon la chair, et, de cette manière, il n’était pas un fils selon la chair ; mais s’il parle [des fils] selon l’esprit, alors tous les chrétiens seront libres. Mais cela va à l’encontre de [ce que dit] l’Apôtre : Rendez à chacun ce qui lui est dû, à qui est dû le tribut, le tribut [Rm 13, 7]. Je dis que cela était vrai de celui qui était Fils par nature. En effet, celui-là était vraiment libre. Mais ceux qui sont libres selon l’esprit possèdent la liberté de la même manière que la filiation, par conformité au Christ, qui est le premier-né de nombreux frères, Rm 8, 29. Dans la mesure où il sont conformes au Premier-né, ils sont libres. Ph 3, 21 : Il réformera le corps de notre bassesse en le rendant semblable à son corps de gloire.

[17, 27]

1942. CEPENDANT, POUR NE PAS LES SCANDALISER, etc. Il est vrai que le Seigneur est libre, mais parce qu’il a pris la forme du serviteur, comme on le lit en Ph 2, [7], [le Seigneur] ne refusa pas l’acquittement, et, en cela, il donna un exemple d’humilité. Dans cette conclusion, trois choses sont dignes d’éloge et d’admiration. Premièrement, sa douceur, car il est doux, comme il l’atteste lui-même plus haut, 11, 29 : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. Celui-là est dit doux à juste titre qui ne veut offenser personne. 1 Co 10, 32 : N’offensez ni les Juifs, ni les païens, ni l’Église de Dieu. Mais on objecte à cela qu’on lit plus haut, 15, 12, que les disciples ont dit : Seigneur, tu sais que les Juifs sont scandalisés par cette parole ? Et le Seigneur dit : Laissez-les, ils sont des aveugles et des guides d’aveugles. Il ne s’occupa pas alors du scandale, mais ici il s’en occupe. Il faut donc dire que parfois le scandale vient de la vérité, et il ne faut pas alors s’en occuper ; parfois, de la faiblesse ou de l’ignorance, et de celui-là il faut s’occuper. En effet, s’il ne s’était pas lui-même acquitté [du tribut], leur scandale serait venu de l’ignorance, car ils ne connaissaient pas Dieu.

1943. De même, il faut admirer la pauvreté du Christ, car il était si pauvre qu’il n’avait pas de quoi acquitter. 2 Co 8, 9 : Alors qu’il était riche, il s’est fait pauvre, afin que vous soyez riches de sa pauvreté. Quelqu’un pourrait objecter : « N’avait-il pas une cassette ? » Cela est vrai, mais tout avait été donné au service des pauvres. On estimait que c’était voler que de détourner vers un autre usage ce qui était pour l’usage des pauvres. Chrysostome dit qu’il acquitta afin de montrer, d’une part, sa puissance en acquittant le tribut et, d’autre part, un mystère.

1944. VA À LA MER, JETTE L’HAMEÇON, SAISIS LE PREMIER POISSON QUI MONTERA, PRENDS-LE ET OUVRE-LUI LA BOUCHE : TU Y TROUVERAS UN STATÈRE. Sur ce statère, il y avait l’image de César, et elle signifiait le Diable qui ne pouvait rien contre lui. Jn 14, 30 : Le prince de ce monde approche et il ne peut rien contre moi. Ainsi, parce qu’il ne possédait rien en propre, il ne voulut pas s’acquitter à même ce qui lui appartenait. [Cela montre aussi] sa providence. Il dit donc que nous devons admirer comment il pouvait savoir ce qui arrivait aussitôt au poisson qui avait un statère dans la bouche. S’il n’y en avait pas eu mais qu’il l’avait créé de rien, il faudrait admirer ; mais s’il conduisit [le poisson] à l’hameçon, cela fut le fait d’une grande providence. Par ce premier poisson qui s’approcha de l’hameçon, et qui avait dans la bouche un statère qui valait un didrachme, et un double [didrachme], on entend le premier martyr, le bienheureux Étienne, et [le double didrachme] signifie Étienne lui-même, qui vit la divinité et l’humanité [du Christ]. Ou bien, on peut entendre Adam. Il faut aussi remarquer que, si quelqu’un parle souvent de richesse et d’argent, il a un statère dans la bouche. De sorte que celui qui convertit une telle personne prend un poisson qui a un statère dans la bouche. Cela signifie aussi l’humilité.

1945. C’est pourquoi PRENDS-LE ET DONNE-LE LEUR, POUR MOI ET POUR TOI. Et par le fait que le tribut acquitté valait pour Pierre et pour lui-même, il est signifié que, par la passion du Christ, il s’est acquis la gloire de la résurrection. Ph 2, 9 : Pour cette raison, Dieu l’a exalté. Pierre et les autres ont été rachetés de la peine et de la faute. Ou bien, autre [interprétation] : il a souffert pour lui-même afin d’obtenir la gloire de la résurrection ; pour le peuple, afin de le laver de ses péchés. En effet, il nous a lavés de nos péchés dans son sang [Ap 1, 5].

 

 

CHAPITRE XVIII

 

Leçon 1  [Matthieu 18, 1‑11] 18, 1 À ce moment les disciples s’approchèrent de Jésus et dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? » 18, 2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d’eux 18, 3 et dit : « En vérité, je vous le dis, si vous ne retournez à la condition de ce petit enfant, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. 18, 4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. 18, 5 Quiconque accueille un petit enfant comme celui-ci à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille. 18, 6 Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits. Mais celui qui scandalisera l’un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui qu’une de ces meules d’âne soit suspendue à son cou et qu’il soit jeté au fond de la mer. 18, 7 Malheur au monde à cause des scandales ! Il est nécessaire, certes, qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive !

18, 8 « Si ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le et jette-le loin de toi ! Mieux vaut pour toi entrer dans la vie manchot ou estropié que d’être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. 18, 9 Si ton œil te scandalise, arrache-le et jette-le loin de toi : mieux vaut pour toi entrer borgne dans la vie que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu.

18, 10 « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : en vérité, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux. 18, 11 [Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu.]

Leçon 2  [Matthieu 18, 12‑22] 18, 12 « Que vous semble : si un homme possède cent brebis et qu’une d’elles vient à s’égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s’en aller à la recherche de l’égarée ? 18, 13 Et s’il parvient à la retrouver, en vérité, je vous le dis, il tire plus de joie d’elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. 18, 14 Ainsi votre Père des cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits périsse.

18, 15 « Si ton frère a péché contre toi, va le trouver et reprends-le seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. 18, 16 S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. 18, 17 S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église. Et s’il refuse d’écouter même l’Église, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. 18, 18 En vérité, je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. 18, 19 De même, je vous le dis, si deux d’entre vous sur terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. 18, 20 De même, je vous le dis, lorsque deux ou trois, en effet, sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. »

18, 21 Alors Pierre, s’avançant, lui dit : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ? » 18, 22 Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix-sept fois sept fois.

Leçon 3  [Matthieu 18, 23‑35] 18, 23 « Il en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. 18, 24 Comme on commençait à lui rendre compte, on lui en amena un qui devait dix mille talents. 18, 25 Cet homme n’ayant pas de quoi rendre, le maître donna l’ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d’éteindre ainsi la dette. 18, 26 Le serviteur se jeta alors à ses pieds et lui demanda : “Consens-moi un délai, et je te rendrai tout.” 18, 27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui remit sa dette. 18, 28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge, il le serra à l’étrangler, en lui disant : “Rends tout ce que tu dois.” 18, 29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : “Consens-moi un délai, et je te rendrai.” 18, 30 Mais l’autre n’y consentit pas et il le fit mettre en prison, jusqu’à ce qu’il eût remboursé sa dette. 18, 31 Voyant ce qui s’était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l’affaire à leur maître. 18, 32 Alors son maître le fit venir et, irrité, lui dit : “Mauvais serviteur, toute cette somme que tu me devais, je t’en ai fait remise, parce que tu m’as supplié ; 18, 33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j’ai eu pitié de toi ?” 18, 34 En colère, le maître le livra aux tortionnaires, jusqu’à ce qu’il eût remboursé toute sa dette. 18, 35 C’est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

 

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