2256. CE JOUR-LÀ. Ici est présentée la deuxième interrogation, et [Matthieu] fait trois choses : premièrement, l’interrogation est présentée ; deuxièmement, la réponse ; troisièmement, l’effet. Le second point [se trouve] en cet endroit : JÉSUS LEUR RÉPONDIT, etc. [22, 29] ; le troisième, en cet endroit : ET LES FOULES QUI AVAIENT ENTENDU ÉTAIENT ÉTONNÉES [22, 33].
À propos du premier point, les dispositions et la condition de ceux qui interrogent sont d’abord présentées ; en second lieu, l’interrogation.
2257. [Matthieu] dit donc : CE JOUR-LÀ. Et pourquoi : CE JOUR-LÀ ? La question n’est pas oiseuse, car, voyant [les Pharisiens et les Hérodiens] confondus, ce n’est pas sans présomption qu’ils l’interrogèrent. Mais, selon Chrysostome, ils s’étaient rappelé qu’ils l’avaient entrepris en parole et tous voulaient l’honneur de la victoire. C’est pourquoi, ceux-là confondus, ceux-ci voulurent s’approcher. Jb 19, 12 : Et des brigands se sont approchés et ils se sont ouvert un chemin vers moi. En effet, il y avait deux sectes : les Pharisiens, c’est-à-dire les séparés, et les Sadducéens, c’est-à-dire les justes. Ceux-ci avaient des positions erronées, car ils n’accueillaient pas les prophéties et ne croyaient pas à la résurrection. Ils croyaient aussi qu’avec la mort du corps, tout l’homme mourait. C’est ce que [Matthieu] dit : QUI DISENT QU’IL N’Y A PAS DE RÉSURRECTION.
2258. Vient ensuite l’interrogation. Premièrement, [celui qui interroge] présente la loi ; deuxièmement, le cas [particulier] ; troisièmement, l’interrogation.
Ils disent donc : ILS L’INTERROGÈRENT EN DISANT : « MAÎTRE, MOÏSE DIT QUE SI QUELQU’UN MEURT SANS AVOIR D’ENFANTS, etc. » Dt 25, 5s. Quelle fut la raison de la loi ? Le peuple était charnel ; il ne cherchait donc rien d’autre que les choses temporelles. La loi promettait donc celles-ci. En effet, il est clair que l’homme ne peut durer en lui-même ; c’est donc une consolation pour lui de durer en quelqu’un qui lui ressemble, c’est-à-dire dans un fils. Et la nature désire que ce qui ne peut être sauvé en soi soit sauvé en son semblable. Il arrivait donc que quelqu’un mourût sans fils. Moïse avait donc prévu ce cas par cette loi : le frère [de celui qui n’avait pas de fils] prenait la femme [de son frère] comme épouse. Il n’était pas question d’un étranger, car celui-ci ne le concernerait en rien ; [un étranger] ne prendrait pas non plus autant soin de la maison et de la famille comme le frère. C’est ce qu’il dit : ET IL SUSCITERA UNE DESCENDANCE À SON FRÈRE, c’est-à-dire qu’il engendrera un fils qui recevra l’héritage [du frère mort].
2259. Une fois rappelée la loi, ils présentent le cas : OR, IL Y AVAIT CHEZ NOUS SEPT FRÈRES. LE PREMIER SE MARIA, PUIS MOURUT. COMME IL N’AVAIT PAS DE DESCENDANCE, IL LAISSA SON ÉPOUSE À SON FRÈRE, etc. Il se peut qu’un tel cas soit arrivé ou qu’ils l’aient inventé. Toutefois, selon Augustin, les sept frères représentent les hommes mauvais, qui, au cours des sept âges, meurent sans fruit. L’apôtre [dit] en Rm 6, 21 : Quel fruit recueillez-vous (ou avez-vous porté) d’actions dont aujourd’hui vous rougissez ? Cette femme est le comportement du monde. Ps 101[103], 27 : Eux périront, mais toi tu demeureras, et tous s’useront comme des vêtements.
2260. Ils demandent donc : « Tous [les frères] sont morts, ET TOUS L’ONT EUE COMME ÉPOUSE. LORS DE LA RÉSURRECTION, DUQUEL SERA-T-ELLE L’ÉPOUSE ? » Car elle ne pouvait l’être de tous. Cette opinion n’est pas bonne et s’oppose à celle des Pharisiens, car ils croyaient que la résurrection se rapportait à la vie présente, et que chacun retrouverait son épouse et ses biens, etc. C’est pourquoi ils disent : DE QUI SERA-T-ELLE L’ÉPOUSE ? Car elle ne peut être l’épouse de tous. Cette opinion est repoussée en Jb 7, 10 : Il ne reviendra pas dans sa maison. Il ne ressuscitera donc pas pour le même mode de vie.
2261. La réponse vient ensuite. Premièrement, [le Seigneur] montre l’erreur et la raison de celle-ci ; deuxièmement, il suggère la vérité.
[Matthieu] dit donc : JÉSUS LEUR RÉPONDIT : « VOUS ÊTES DANS L’ERREUR, c’est-à-dire, vous avez une mauvaise opinion. Sg 2, 21 : Ils pensaient et se trompaient. En effet, il les aveugla dans leur malice. Et quelle est la cause de l’erreur ? [VOUS] NE CONNAISSEZ PAS LES ÉCRITURES. Ils ne méditaient donc pas les commandements de Dieu. Ps 118[119], 100 : J’ai dépassé les anciens en intelligence, parce que j’ai cherché tes commandements. Celui qui médite les commandements de Dieu peut donc éviter les erreurs. Ainsi, Jn 5, 39 : Vous avez scruté les Écritures. Mais ceux-ci ne les scrutaient pas ; ils se trompaient donc, comme le font certains qui comprennent mal. De même, certains qui ne connaissent pas la puissance de Dieu et veulent mesurer la puissance de Dieu à l’aune des choses inférieures. Rm 1, 20 : Ce qui est invisible de Dieu se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres.
2261. À LA RÉSURRECTION, ON N’ÉPOUSE PAS ET ON N’EST PAS ÉPOUSÉE. [Le Seigneur] clarifie ce qui est en cause. Et parce qu’il avait dit deux choses, à savoir qu’ils ne connaissaient pas les Écritures ni la puissance de Dieu, il déclare donc, en premier lieu, qu’ils ignoraient la puissance de Dieu, et, en second lieu, [qu’ils ignoraient] les Écritures. Et alors qu’il avait d’abord parlé des Écritures, pourquoi cela est-il clarifié en second lieu ? Chrysostome répond que, lorsque quelqu’un discute avec un autre qui se trompe par malice, il doit d’abord alléguer une autorité ; lorsqu’il discute avec [un autre qui se trompe] par ignorance, il doit d’abord mettre de l’avant une justification, puis ensuite une autorité. Ainsi fait le Seigneur.
2262. Premièrement, il met de l’avant une justification. Il dit donc : À LA RÉSURRECTION, ON N’ÉPOUSE PAS ET ON N’EST PAS ÉPOUSÉE. Tout d’abord, cela est vrai au sens littéral : ON N’ÉPOUSE PAS, etc., car cela ne sera pas alors nécessaire comme ce l’est maintenant. Jérôme [dit] qu’épouser s’entend différemment en latin et en grec, car, au sens propre, épouser, en latin [nubere], est le fait des femmes ; on dit donc qu’il s’agit d’un neutre passif. Mais, en grec, ce sont les hommes qui épousent, c’est-à-dire, qui prennent femme ; les femmes sont épousées, elle n’épousent pas. Il dit donc : ON N’ÉPOUSE PAS, à savoir, les hommes [n’épousent pas] ; ET ON N’EST PAS ÉPOUSÉE, à savoir, les femmes [ne sont pas épousées]. En effet, comme les noces sont destinées à la procréation d’une postérité, afin que l’homme continue à exister en son semblable, alors qu’il ne peut être conservé en lui-même, et comme la résurrection vise l’immortalité, les noces ne seront pas alors nécessaires. Ceux-ci se trompaient donc et ignoraient la puissance de Dieu.
2263. MAIS ON EST COMME DES ANGES DANS LE CIEL. Cet état est l’état de la récompense et la fin de la vie présente. Jb 14, 14 : Penses-tu que l’homme mort vivra de nouveau ? Tous les jours où je me bats, j’attends que vienne ma transformation, et cette transformation sera la récompense. Cette vie-là sera celle de ceux qui brillent par l’intelligence. Mais pourquoi seront-ils semblables aux anges ? Parce qu’ils seront sans passions, car maintenant l’homme a une intelligence liée aux sens et, en cela, il est différent des anges ; mais alors, il sera purifié. Ils seront donc semblables aux anges. 2 R [2 Sm] 14, 17 : En effet, le Seigneur mon roi est comme l’ange du Seigneur, de sorte qu’il ne sera troublé ni par la bénédiction ni par la malédiction. Ainsi, ceux qui ont un esprit élevé au-dessus des passions sont semblables aux anges. Or, les passions qui rendent les hommes les plus semblables aux animaux sont les passions relatives aux choses sexuelles, qui sont mises en œuvre dans le mariage. Ainsi donc, alors, ON N’ÉPOUSERA PAS NI NE SERA ÉPOUSÉE.
2264. De même, certains ont dit que tous ne ressusciteront pas, mais seulement les hommes. Mais Augustin démolit cela en disant que le sexe ressuscitera. Or, le sexe n’est pas sauvé chez l’homme seulement. [Le Seigneur] écarte cette opinion lorsqu’il dit : ON N’ÉPOUSERA NI NE SERA ÉPOUSÉE. Par cela, il est donné à entendre que les deux sexes [ressusciteront], mais ils n’épouseront ni ne seront épousés.
2265. POUR CE QUI EST DE LA RÉSURRECTION DES MORTS, etc. Après avoir montré qu’ils ignoraient la puissance de Dieu, ici [le Seigneur] montre qu’ils ignoraient les Écritures. Ainsi, N’AVEZ-VOUS PAS LU L’ORACLE DANS LEQUEL LE SEIGNEUR VOUS DIT : « JE SUIS LE DIEU D’ABRAHAM, D’ISAAC ET DE JACOB ? » Cela est écrit en Ex 3, 6. Mais puisque d’autres autorités parlent plus expressément de la résurrection, comme on le trouve en Is 6, Ez 33 et Dn 12, Jérôme se demande pourquoi [le Seigneur] a présenté celle-ci, qui est ambiguë ? Il répond qu’ils n’acceptaient pas les prophètes, mais les cinq livres de Moïse.
2266. Et comment s’occupe-t-il à la question en cause ? Il dit : JE SUIS LE DIEU D’ABRAHAM, D’ISAAC ET DE JACOB. [On dit de Dieu] qu’il est le Dieu de certains en raison du culte que ceux-ci lui rendent. [Abraham, Isaac et Jacob] rendent donc un culte [à Dieu]. Or, les morts ne rendent pas de culte à Dieu, mais les vivants. Abraham, Isaac et Jacob sont donc vivants, mais non selon leurs corps. Ils le sont donc selon leur âme. Mais en quoi cela appuie-t-il la résurrection ? Cela l’appuie parce que [ceux qui interrogeaient] disaient que l’âme n’existe pas. Or, [le Seigneur] montre que l’âme subsiste. Si donc l’âme subsiste, la résurrection aussi, car l’âme a une inclination naturelle au corps.
2267. Mais que signifie ce qu’il dit : CE N’EST PAS DE MORTS [QU’IL EST LE DIEU] ? Cela est vrai selon le corps. Cependant, il est aussi le Dieu des morts, parce qu’ils vivent selon l’esprit. Rm 14, 8 : Que nous vivions ou que nous mourions, nous appartenons au Seigneur. Cela est aussi contre les hérétiques qui condamnent les pères de l’Ancien Testament, parce qu’il dit ici qu’ils vivent dans leur âme. De même, il parle au singulier parce que chez les autres nations, chacun avait son dieu. Écoute, Israël, le Seigneur ton Dieu est unique, Dt 6, 4.
2268. Vient ensuite l’effet, car il furent étonnés : EN L’ENTENDANT, LES FOULES ÉTAIENT ÉTONNÉES DE SON ENSEIGNEMENT. Ps 118[119], 129 : Tes témoignages sont admirables, Seigneur, etc.
2269. Plus haut, le Seigneur a répondu à une question posée au sujet de l’acquittement du tribut, ainsi qu’à une question sur la résurrection. Mais ici, il répond à une question sur la comparaison entre les commandements de Dieu, et il fait deux choses : premièrement, la question est posée ; deuxièmement, la réponse [est donnée], en cet endroit : JÉSUS LEUR DIT, etc. [22, 37].
À propos du premier point, [Matthieu] décrit la perversité de ceux qui interrogent ; deuxièmement, l’interrogation, en cet endroit : « MAÎTRE, QUEL EST LE PLUS GRAND COMMANDEMENT DE LA LOI ? » [22, 36].
Il décrit [leur] perversité par trois traits. Premièrement, par leur effronterie ; deuxièmement, par leur méchanceté délibérée ; troisièmement, par leur fourberie.
2270. Par leur effronterie, lorsque [Matthieu] dit : APPRENANT QU’IL AVAIT FERMÉ LA BOUCHE [AUX SADDUCÉENS]. [JÉSUS] avait déjà réfuté les disciples des Pharisiens et les Sadducéens ; ils auraient pu pour cette raison croire en lui et rougir. De sorte que Chrysostome [dit] : « L’envie et la colère entretiennent et causent l’effronterie. » Mais ceux-ci n’en démordirent pas sans l’avoir interrogé. Is 56, 11 : Les chiens effrontés n’ont pas reconnu qu’ils étaient rassasiés. Et cela signifie que, bien qu’ils aient entendu cela, ils ne se turent pas. On garde le silence délibérément : c’est là le fait de l’homme prudent. De même, quelqu’un garde le silence parce que le silence lui est imposé, et cela est le fait de l’homme imprudent. Si 3, 7 : Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler.
2271. De même, leur méchanceté délibérée est abordée, car, afin de mieux le convaincre, ils se rassemblent. Ps 2, 2 : Les princes se sont rassemblés contre le Seigneur. ILS SE RÉUNIRENT. On peut dire que les Pharisiens et les Sadducéens se réunirent. Bien qu’ils fussent divisés en sectes, cependant ils se réunirent pour mettre le Seigneur à l’épreuve. Ou bien, les Pharisiens se regroupèrent contre le Seigneur.
De même, leur fourberie est indiquée, car, alors qu’ils étaient regroupés dans une foule, ils ne voulurent pas que tous l’interrogent, mais un seul, de sorte que si celui-ci était vaincu, les autres ne soient pas réfutés, et si celui-ci l’emportait, tous se glorifient en lui.
2272. ET L’UN D’EUX L’INTERROGEA POUR LE METTRE À L’ÉPREUVE, et non dans le but de s’instruire. Jb 16, 11 : Ils ont ouvert la bouche contre moi et ceux qui m’adressaient des reproches m’ont frappé à la mâchoire. On peut soulever ici une objection sur le texte, car Marc dit : Le Seigneur, l’ayant vu, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et comment peut-il dire ceci alors qu’il le met à l’épreuve ? Augustin donne la solution : d’abord, il se présente avec l’intention de [le] mettre à l’épreuve, mais, comme le Christ lui a répondu de manière satisfaisante, il lui donna son accord. Ainsi, le fait qu’il l’ait mis à l’épreuve doit être mis en rapport avec le début ; le fait qu’il n’était pas loin du royaume de Dieu doit être mis en rapport avec la fin. Il n’est pas étonnant que les paroles du Seigneur lui aient remué l’âme.
2273. Mais il faut savoir que certains mettent à l’épreuve parce qu’ils ne sont pas certains, car, selon ce que dit le sage, Si 19, 4, celui qui croit rapidement a un cœur frivole. Celui-ci, après avoir entendu beaucoup de choses au sujet du Christ, voulut vérifier si elles étaient vraies, et cette mise à l’épreuve n’est pas mauvaise. C’est pourquoi il dit : MAÎTRE, QUEL EST LE PLUS GRAND COMMANDEMENT DE LA LOI ? Toutefois, cette question semblait calomnieuse et présomptueuse : calomnieuse, parce que tous les commandements de Dieu sont grands. Pr 6, 23 : Les commandements sont la lampe, et la loi, la lumière. Aussi, il posa une question de manière indéterminée, car tous sont grands, de sorte que si [le Seigneur] répondait au sujet d’un [commandement], il pourrait soulever une objection au sujet d’un autre. [Sa question] était aussi présomptueuse, car celui-là ne devrait pas s’enquérir du plus grand qui n’a pas accompli le plus petit. Jb 15, 12 : Pourquoi t’enorgueillis-tu, imagines-tu de grandes choses et tournes-tu les yeux ?
2274. Il se peut qu’il y ait eu controverse entre eux sur cette question, car certains disaient que le salut se trouvait dans certaines choses extérieures. Ainsi, Is 29, 13 : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est pourquoi vient ensuite la réponse : JÉSUS LUI DIT : « TU AIMERAS LE SEIGNEUR TON DIEU, etc. » Et il ne répond pas seulement à la question posée, mais il enseigne la vérité. Premièrement, il enseigne quel est le premier [commandement] ; deuxièmement, quel est celui qui lui ressemble ; troisièmement, il en donne la raison. Le second point [se trouve] en cet endroit : LE SECOND LUI EST SEMBLABLE, etc. [22, 39] ; le troisième, en cet endroit : À CES DEUX COMMANDEMENTS SE RATTACHENT TOUTE LA LOI AINSI QUE LES PROPHÈTES [22, 40].
2275. [Le Seigneur] dit donc : « TU AIMERAS LE SEIGNEUR TON DIEU, etc. » Ceci est écrit en Dt 6, 5. De même, le Seigneur dit par la bouche de Moïse, Dt 10, 14 : Le Seigneur ne t’a-t-il pas demandé de le craindre et de l’aimer ? Il commande donc deux choses : la crainte et l’amour. Et pourquoi le Seigneur n’a-t-il pas répondu au sujet de la crainte, mais de l’amour ? Il faut dire que certains craignent Dieu parce qu’ils craignent d’être punis par Lui, comme ceux qui craignent la peine de la géhenne, ou comme ceux qui craignent de perdre quelque chose qu’ils tiennent de Dieu : cela est la crainte servile, car on aime [alors] ce par quoi l’on peut être puni.
2276. Il existe une autre crainte qui craint Dieu pour Lui-même, qui craint de l’offenser : une telle crainte vient de l’amour, et l’on craint ce que l’on aime. Elle est donc le principe de l’amour. 1 Jn 4, 16 : Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. C’est pourquoi [le Seigneur] dit : TU AIMERAS LE SEIGNEUR ; non pas tu le craindras, car Dieu doit être aimé comme le premier objet susceptible d’être aimé, puisqu’il est la fin première, alors que tout le reste est aimé en vue de la fin. Celui-là donc qui aime Dieu comme la fin l’aime de tout son cœur. Jl 2, 12 : Convertissez-vous à moi de tout votre cœur. Et autant que vous vous y efforciez, vous ne pourrez le saisir, car Dieu est plus grand que tout [votre] cœur.
2277. Mais pourquoi dit-il : DE TOUT TON CŒUR, DE TOUTE TON ÂME ET DE TOUT TON ESPRIT ? Chrysostome l’explique ainsi : dans l’amour, il y a deux choses, l’une qui en est le principe, l’autre qui est l’effet de l’amour et la conséquence de l’amour. Le principe de l’amour est double. En effet, l’amour peut venir de la passion et du jugement de la raison : de la passion, lorsque l’homme ne peut vivre sans ce qu’il aime ; de la raison, lorsqu’il aime selon ce que dicte la raison. Il dit donc que celui-là aime de tout son cœur qui aime de manière charnelle, et que celui-là aime de [toute] son âme, qui [aime] selon le jugement de sa raison. Et nous devons aimer Dieu des deux façons. Charnellement, de sorte que [notre] cœur soit affecté par Dieu. Ps 83[84], 3 : Mon cœur et ma chair crient de joie vers le Dieu vivant. Troisièmement, il y a la conséquence de l’amour, car celui que j’aime, je le vois volontiers, je pense à lui volontiers, je fais volontiers ce qui lui plaît. Jn 14, 23 : Celui qui m’aime suivra ce que je dis, et je rapporte tout à lui, Ps 83[84], 2 : Comme tes demeures sont désirables, Seigneur des puissances ! Mon âme soupire et languit après le parvis du Seigneur. Et nous pouvons ajouter ce que Marc ajoute : ET DE TOUTES TES FORCES, car celui qui aime Dieu se transporte totalement en Lui et se dépense pour Lui.
2278. Augustin fait une distinction entre le cœur, l’âme et l’esprit en fonction des trois choses qui viennent d’eux. Du cœur sortent les pensées, comme on le trouve plus haut, 15, 19 ; de l’âme procède la vie ; de l’esprit, la science et l’intelligence. Ainsi, lorsque [le Seigneur] dit : DE TOUT TON CŒUR, il faut comprendre que nous rapportons à Lui toutes [nos] pensées ; DE TOUTE TON ÂME, que [nous lui rapportons] toute [notre] vie ; DE TOUT TON ESPRIT, que toute science lui est rapportée, c’est-à-dire que tu acquiers la science pour le servir. 2 Co 10, 5 : [Nous] rendons captive toute intelligence pour qu’elle serve le Christ.
Une glose magistrale explique que l’âme est l’image de Dieu par ses puissances, selon la mémoire, l’intelligence et la volonté, de sorte que lorsqu’on dit : DE TOUT TON CŒUR, cela se rapporte à l’intelligence ; DE TOUTE TON ÂME, [cela se rapporte] à la volonté ; DE TOUT TON ESPRIT, [cela se rapporte] à la mémoire, de sorte que l’on vive parfaitement pour Dieu.
2279. Origène explique ainsi : TU AIMERAS DIEU DE TOUTE TON ÂME, de sorte que tu sois prêt à donner ta vie pour lui si cela est nécessaire. Jn 13, 37 : Je donnerai ma vie pour toi. Mais il y a une différence entre l’esprit et l’âme. En effet, « esprit » [mens] vient de metior [répartir, distribuer]. Le cœur s’entend de la simplicité de l’intellect, mais l’esprit, de son étalement, car l’intellect ou la pensée distribue par le discours. Cela veut donc dire que nous devons aimer Dieu totalement dans nos paroles et nos méditations.
2281. En second lieu, [le Seigneur] présente le second commandement : LE SECOND LUI EST SEMBLABLE : « TU AIMERAS TON PROCHAIN COMME TOI-MÊME. » Il a voulu montrer qu’il y a un ordre dans les commandements. Et quelle en est la raison ? Il est clair que les commandements portent sur les actes des vertus, Or, les vertus ont un ordre, car l’une dépend de l’autre. Il en est des commandements comme il en est des vertus.
Mais pourquoi dit-il qu’IL EST SEMBLABLE AU PREMIER ? Parce que, lorsque l’homme est aimé, Dieu est aimé en lui, puisque l’homme est l’image de Dieu. [Le second commandement] est donc semblable au premier commandement, qui porte sur l’amour de Dieu.
2282. Mais qu’entend-il par « prochain », lorsqu’il dit : TU AIMERAS TON PROCHAIN ? Cela est suffisamment indiqué dans la parabole de Lc 10, 36, où la question est posée : Que t’en semble ? Qui a été son prochain ? Et il est répondu : Celui qui lui a montré de la compassion. Ainsi, celui qui doit nous montrer de la compassion ou nous-mêmes sommes compris dans le mot « prochain ». Mais il n’existe aucune créature rationnelle à qui nous ne devions montrer de la compassion et inversement. Ainsi, sous le mot de « prochain », sont compris l’homme et l’ange.
2283. Et ce qu’il dit : COMME TOI-MÊME, ne s’entend pas au sens de : « autant que toi-même », car cela serait contre l’ordre de la charité, mais au sens de : « comme toi-même », c’est-à-dire comme la fin pour laquelle tu [t’aimes] ou à la manière dont tu [t’aimes]. Pour la fin, car tu ne dois pas t’aimer pour toi-même, mais pour Dieu ; de même en est-il pour le prochain, [comme dit] l’Apôtre, 1 Co 10, 31 : Faites tout pour la gloire de Dieu. De même, dans le fait de t’aimer, tu t’aimes du fait que tu te veux du bien, et un bien qui te convienne et soit conforme à la loi de Dieu, et cela est le bien de la justice. Aussi dois-tu souhaiter une bonne justice pour le prochain. Tu dois donc l’aimer soit parce qu’il est juste, soit parce qu’il est rendu juste.
De même, tu dois l’aimer à la manière dont tu t’aimes, car, lorsque je dis que j’aime celui-ci, je dis que je lui veux du bien. Ainsi, l’acte de l’amour porte sur deux choses : ou bien sur celui qui est bon, ou bien sur le bien lui-même que je lui veux. De sorte que j’aime celui-ci parce que je veux qu’il soit un bien pour moi. Quelqu’un aime les biens temporels parce qu’il sait qu’ils sont bons pour lui ; certains aiment quelque chose parce que cela est bon en soi. Ainsi dois-tu t’aimer toi-même et le prochain.
2284. Ensuite, [le Seigneur] donne la raison pour laquelle ces deux commandements sont les plus grands : À CES DEUX COMMANDEMENTS SE RATTACHENT TOUTE LA LOI AINSI QUE LES PROPHÈTES. Tout l’enseignement de la loi et des prophètes se rattache à ceux-ci. La fin, dans les choses désirables, ressemble au principe dans les choses spéculatives. En effet, la science passe des principes aux conclusions, de sorte que toute science est jugée selon les principes, comme dans tout ce qui relève de l’action tout dépend de la fin. Ainsi donc, parce que l’amour est la fin, 1 Tm 1, 5 : La fin du commandement, c’est l’amour, tout dépend de ces [commandements]. Telle est l’interprétation d’Augustin.
Origène l’interprète de la manière suivante : de [ces deux commandements], c’est-à-dire de l’observance de ceux-ci, dépend l’intelligence de la loi et des prophètes, car celui qui les observe méritera de comprendre la loi et les prophètes. Si 2, 10 : Vous qui craignez le Seigneur, vous l’aimez, et vos cœurs seront éclairés. Ps 118[119], 104 : J’ai compris par tes commandements ; à cause de cela, j’ai haï le chemin de l’injustice.
2285. COMME LES PHARISIENS SE TROUVAIENT RÉUNIS, JÉSUS LEUR POSA CETTE QUESTION. Après leur avoir répondu, [le Seigneur] a voulu [leur] poser une objection, et il fait deux choses : premièrement, il pose une question ; deuxièmement, l’effet [est présenté], en cet endroit : NUL NE FUT CAPABLE DE LUI RÉPONDRE UN MOT [22, 46].
À propos du premier point, il pose en premier lieu une question ; en second lieu, la réponse [est présentée] ; troisièmement, il réplique par une objection.
[Matthieu] dit donc : COMME LES PHARISIENS SE TROUVAIENT RÉUNIS, JÉSUS LEUR POSA CETTE QUESTION. Ils étaient réunis pour le mettre à l’épreuve.
2286. Il leur pose donc une question : « QUELLE EST VOTRE OPINION AU SUJET DU CHRIST ? DE QUI EST-IL LE FILS ? » Cette question était très difficile et appropriée. Très difficile, car on lit en Is 53, 8 : Qui racontera sa génération ? Elle était aussi appropriée, car ils étaient d’avis qu’il était un simple homme et ils ne croyaient pas qu’il était Dieu, car alors ils ne l’auraient pas mis à l’épreuve, puisqu’il est écrit en Dt 6, 16 : Tu ne mettras pas le Seigneur ton Dieu à l’épreuve. Aussi, pour montrer qu’il était Dieu, il dit : QUELLE EST VOTRE OPINION AU SUJET DU CHRIST ?
Vient ensuite la réponse : ILS LUI DISENT : « DE DAVID. » En effet, il existait une double génération dans le Christ : l’une selon la chair, l’autre selon la divinité, selon laquelle il est le Fils de Dieu le Père, dont il est dit, Ps 2, 7 : Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon Fils, etc. » Ainsi, ils répondent par la génération selon la chair lorsqu’ils disent : DE DAVID. Jr 23, 5 : Je donnerai à David une juste descendance. Et Rm 1, 3 : Issu de la lignée de David selon la chair. Et ceux-ci donnèrent une réponse insatisfaisante parce qu’ils ne le connaissaient pas suffisamment.
2287. Alors [le Seigneur] leur pose une objection pour leur faire comprendre l’autre génération : COMMENT DONC DAVID, PARLANT DANS L’ESPRIT, L’APPELLE-T-IL SEIGNEUR QUAND IL DIT : « LE SEIGNEUR A DIT À MON SEIGNEUR : SIÈGE À MA DROITE », Ps 109[110] ? On trouve dans la loi que le père est plus grand que le fils. Le fils n’est donc pas le seigneur du père. Donc, ou bien le Christ n’est pas le fils de David, ou bien il y a en lui quelque chose de plus grand que David, puisque celui-ci l’appelle Seigneur. Mais ils pourraient dire que David s’est trompé, ce qu’il écarte, car il a dit cela DANS L’ESPRIT. Ainsi les hommes parlaient dans l’Esprit Saint, 2 P 1, 21.
2288. Nous pouvons voir trois choses dans cette autorité tirée du psaume : premièrement, la prééminence sur les saints ; deuxièmement, l’égalité par rapport au Père ; [troisièmement], la domination sur les rebelles. La prééminence sur les saints, lorsqu’il dit : LE SEIGNEUR A DIT À MON SEIGNEUR. LE SEIGNEUR, c’est-à-dire le Père, [a dit] À MON SEIGNEUR], c’est-à-dire au Fils : en effet, le Fils lui-même a autorité sur tous les saints, car aucun saint n’est éclairé que par la vraie lumière, et lui est la lumière véritable. Jn 1, 4 : La vie était la lumière des hommes. Donc, s’il est celui par la participation auquel tous les saints reçoivent la lumière, il a la prééminence sur tous les saints en vertu de ce qui est dit : Avec toi est le principe au jour de ta puissance, parmi les splendeurs des saints, etc. Il est donc par son origine la splendeur de tous les saints.
2289. De même, l’égalité avec le Père est abordée lorsqu’on dit : SIÈGE À MA DROITE, non pas qu’il s’agisse de sièges au sens physique, mais au sens métaphorique, car il est plus honorable de siéger à droite. En effet, dire, c’est émettre une parole. Le fait que le Seigneur dit : « SIÈGE À MA DROITE, qu’est-ce sinon qu’en m’engendrant, le Verbe, il m’a donné puissance, égalité et autorité ? » On peut aussi l’interpréter des réalités temporelles, à savoir, pour ce qui est des biens les plus importants, mais ce n’est pas ce qui est en cause. En effet, le Seigneur est toujours vu à droite, comme en Mc 16, 5 : Ils virent un jeune homme assis à la droite. Et Étienne, Ac 7, 55 : Il vit Jésus assis à la droite de la puissance de Dieu.
2290. Et que fera-t-il de ses ennemis ? Tous seront soumis. Il dit donc : JUSQU’À CE QUE J’AIE FAIT DE TES ENNEMIS UN ESCABEAU POUR TES PIEDS. Ceux-ci sont soit ceux qui sont totalement infidèles, soit ceux qui n’ont pas voulu obéir et se soumettre. Il en fera donc UN ESCABEAU POUR TES PIEDS. En effet, un escabeau est ce qui est placé sous les pieds. Or, ce qui est sous les pieds est totalement soumis, non ce qui est dans la main. Certains sont présentés comme un escabeau en punition, d’autres, pour le salut : en punition, ceux qui ne veulent pas faire sa volonté ; pour le salut, ceux qui font sa volonté.
2291. Mais les ariens objectent : donc, il n’est pas égal au Père. Je dis qu’il faut lire les deux : qu’il est soumis au Père et qu’il est égal au Père. 1 Co 15, 25 : Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il place ses ennemis sous ses pieds. De même, le Christ se soumettra tout. Ph 3, 21 : Il transformera notre corps de misère en lui donnant la forme de son corps de gloire. Il dit donc cela afin de démontrer l’unité de puissance. Ainsi, tout ce que peut le Père, le Fils le peut aussi.
Mais que signifie : JUSQU’À CE QUE J’AIE FAIT DE TES ENNEMIS UN ESCABEAU POUR TES PIEDS ? Il semble donc que lorsqu’il aura placé ses ennemis sous [ses pieds], il ne siégera plus à droite. Il faut dire que parfois « jusque » implique un moment déterminé, parfois, [un temps] infini. Ici, il implique un temps infini. Mais quelqu’un pourrait dire : est-ce que beaucoup ne se rebelleront pas contre le Christ ? Il est vrai que beaucoup se rebelleront, et ainsi on pourrait avoir des doutes sur le temps où beaucoup se rebelleront. C’est ce que le Christ a voulu exprimer.
2292. SI DONC DAVID L’APPELLE SEIGNEUR, COMMENT EST-IL SON FILS ? Le Seigneur est donc à la fois [son] fils, parce qu’il est [son] fils selon la chair, ayant pris origine de lui, et [son] Seigneur selon la divinité.
2293. ET NUL NE FUT CAPABLE DE LUI RÉPONDRE UN MOT. Ici est présenté l’effet, et il est double, car le Christ était à la fois celui qui répond et qui s’oppose. Celui qui s’oppose : NUL NE FUT CAPABLE DE RÉPONDRE. Jb 9, 3 : S’il veut discuter avec lui, il ne pourra répondre une fois sur mille. De même, parce qu’en répondant, il les réfute. C’est pourquoi vient ensuite : ET À PARTIR DE CE JOUR, PERSONNE N’OSA PLUS L’INTERROGER. Vous pouvez donc voir que ceux-ci n’interrogeaient pas pour qu’il les enseigne, mais pour le mettre à l’épreuve. Dt 32, 7 : Interroge ton père et il t’informera.
Leçon 1 [Matthieu 23, 1‑12] 23, 1 Alors Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples en disant : 23, 2 « Les scribes et les Pharisiens se sont assis sur la chaire de Moïse : 23, 3 tout ce qu’ils vous diront, faites-le donc et observez-le, mais n’agissez pas comme ils font : car ils disent et ne font pas. 23, 4 En effet, ils lient aux épaules des gens des fardeaux pesants et insupportables, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt. 23, 5 Mais en tout ils agissent pour être vus des hommes. En effet, ils agrandissent leurs phylactères et font bien longues leurs franges. 23, 6 Ils aiment à occuper les premiers divans dans les repas et les premiers sièges dans les synagogues, 23, 7 à recevoir les salutations sur les places publiques et on les appelle Rabbi.
23, 8 « Pour vous, ne vous faites pas appeler Rabbi. Vous n’avez donc qu’un seul maître, et tous vous êtes frères. 23, 9 N’appelez personne votre Père sur la terre : car vous n’avez qu’un seul père, le Père céleste. 23, 10 Ne vous faites pas non plus appeler « maître » : car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. 23, 11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. 23, 12 Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.
Leçon 2 [Matthieu 23, 13‑32] 23, 13 « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui fermez aux hommes le Royaume des Cieux ! Vous n’entrez pas vous-mêmes, et vous ne laissez même pas entrer ceux qui le voudraient.
23, 14 « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui dévorez les maisons des veuves tout en faisant de longues prières. Vous subirez de ce fait une condamnation plus sévère !
23, 15 « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui parcourez mers et continents pour gagner un seul prosélyte, et, quand il a été gagné, vous le rendez digne de la géhenne deux fois plus que vous !
23, 16 « Malheur à vous, guides aveugles, qui dites : “Si l’on jure par le temple de Dieu, cela ne compte pas ; mais si l’on jure par l’or du temple, on est tenu.” 23, 17 Insensés et aveugles ! Quel est donc le plus digne : l’or ou le temple qui a rendu cet or sacré ? 23, 8 Vous dites encore : “Si l’on jure par l’autel, cela n’est rien ; mais si l’on jure par l’offrande qui est dessus, on est débiteur.” 23, 19 Aveugles ! Quel est le plus digne : l’offrande ou l’autel qui rend cette offrande sacrée ? 23, 20 Aussi bien, celui qui aura juré par l’autel, aura juré par lui et par tout ce qui est dessus ; 23, 21 Celui qui jure par le temple jure par lui et par Celui qui est en lui ; 23, 22 Celui qui jure par le ciel, jure par le trône de Dieu et par Celui qui y siège.
23, 23 « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui acquittez les dîmes de la menthe, du fenouil et du cumin, après avoir négligé les points les plus graves de la loi, la justice, la miséricorde et la foi ; c’est ceci qu’il fallait faire, sans négliger cela. 23, 24 Guides aveugles, qui passez difficilement un moustique et avalez un chameau !
23, 25 « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui purifiez l’extérieur de la coupe et de l’écuelle, mais qui, à l’intérieur êtes remplis de rapine et d’impureté ! 23, 26 Pharisien aveugle ! Purifie d’abord l’intérieur de la coupe et de l’écuelle, afin que l’extérieur aussi devienne pur.
23, 27 « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis ! Au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d’ossements de morts et de toute pourriture. 23, 28 Vous de même, au-dehors vous offrez l’apparence de justes, mais au-dedans vous êtes pleins d’hypocrisie et d’impureté.
23, 29 « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui bâtissez les sépulcres des prophètes et décorez les tombeaux des justes, 23, 30 et vous dites : “Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour verser le sang des prophètes.” 23, 31 Ainsi, vous en témoignez contre vous-mêmes, vous êtes les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes ! 23, 32 Eh bien ! Vous comblez la mesure de vos pères ! 23, 33 Serpents, engeance de vipères ! Comment pourrez-vous échapper à la condamnation de la géhenne ?
Leçon 3 [Matthieu 23, 34‑39] 23, 34 C’est pourquoi, voici que je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes, et vous en tuerez, vous en mettrez en croix, vous en flagellerez dans vos synagogues et pourchasserez de ville en ville. 23, 36 En vérité, je vous le dis, tout cela va retomber sur cette génération 23, 35 pour que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang innocent d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel !
23, 37 « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui t’ont été envoyés ! Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et tu n’as pas voulu ! 23, 38 Voici que votre maison sera laissée déserte. 23, 39 Je vous le dis, en effet, désormais vous ne me verrez plus, jusqu’à ce que vous disiez : “Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !” »