11. Lui-même donc a donné à son Eglise quelques-uns pour être Apôtres, d’autres pour être Prophètes, d’autres pour être Evangélistes, d’autres pour être pasteurs et docteurs,
12. Afin que les uns et les autres travaillent à la perfection des saints, aux fonctions de leur ministère, à l’édification du corps du Christ,
13. Jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité d’une même foi et d’une connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’un homme parfait, à la mesure de l'âge et de la plénitude selon laquelle le Christ doit être formé en nous ;
Saint Paul développe ici ce qu’il avait dit plus haut du don des grâces. Il montre d’abord que le Seigneur a accordé à chacun des fidèles des dons distincts. Il explique ensuite le fruit et l’utilité de ces dons (verset 12) : [afin que les uns et les autres travaillent] à la perfection des saints, etc.
I° Comme c'est par les dons de Jésus-Christ que les états divers et les ministères sont distingués dans l’Eglise, il faut remarquer que l’Apôtre place au premier rang parmi ces dons, les apôtres. C’est pourquoi il dit (verset 14) : Lui-même a donc donné à son Eglise, quelques-uns pour être apôtres. (Luc, VI, 13) : "Il choisit douze d’entre eux qu’il nomma apôtres" ; (1 Co XII, 28) : "Car Dieu a établi dans son Eglise, premièrement des apôtres ; secondement des Prophètes; troisièmement des docteurs ; ensuite ceux qui ont la vertu de faire…" Les apôtres sont placés au premier rang, parce que dans la distribution des dons de Jésus-Christ, ils furent privilégiés ; ils eurent, en effet, la plénitude de la grâce et de la sagesse, et quelques-uns la révélation plus complète des mystères divins ; (Luc, XXIV, 45) : "En même temps il leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils entendissent, etc." ; (Marc, IV, 11) : "Il vous est donné à vous, de connaître le mystère du royaume de Dieu, etc. " ; (Jean, XV, 15) : "Je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père." Ils eurent aussi la force de l’éloquence pour annoncer l’Evangile ; (Luc, XXI, 15) : "Je vous donnerai moi-même une bouche et une sagesse à laquelle tous vos ennemis ne pourront résister, et qu’ils ne pourront contredire" ; (Marc, XV, 15) : "Allez partout le monde, prêchez, etc." Ils eurent encore la prérogative de l’autorité et de la puissance, pour prendre soin du troupeau de Jésus-Christ ; (Jean XXI, 17) : "Paissez mes brebis" ; (2 Co X, 8) : "La puissance que le Seigneur m’a donnée pour votre édification et non pour votre destruction, etc." Saint Paul place donc ici trois ministères ecclésiastiques dans l’ordre de leurs rapports avec les grâces que nous avons énumérées. Quant à la révélation des mystères de Dieu, il ajoute (verset 11) : d’autres Prophètes, qui ont été les messagers de l’incarnation de Jésus-Christ, et dont il est dit (I Pierre, I, 10) : "Les Prophètes, qui ont prédit la gloire que vous deviez recevoir" ; (Matth., XI, 13) : "Jusqu'à Jean, tous les Prophètes aussi bien que la Loi ont prophétisé." Mais les apôtres ont prophétisé, après l’avènement le Jésus-Christ, les joies de la vie future ; (Ap I, 3) : "Bienheureux celui qui lit et qui écoute les paroles de cette prophétie, etc." Ils ont aussi expliqué les prophéties des anciens prophètes ; (1 Co XIV, 1) : "Désirez les dons spirituels, surtout celui de prophétiser" ; (Matth., XXV, 34) : "Je vais vous envoyer des Prophètes et des sages, etc." Quant à la prédication de l’Evangile, il dit (verset 11) : d’autres prédicateurs de l'Evangile, à qui est confié le ministère d’annoncer l’Evangile, ou de l’écrire, bien qu’ils ne fussent pas du nombre des premiers apôtres ; (Rm X, 15) : "Qu’ils sont beaux, les pieds de ceux qui annoncent l'Evangile de la paix, etc." ; (Isaïe, XLI, 27) : "Je donnerai à Jérusalem un évangéliste." Quant au soin de l’Eglise, il ajoute (verset 12) : et d’autres pasteurs, à qui est confiée la garde du troupeau du Seigneur. Il ajoute immédiatement (verset 12) : et docteurs, afin de montrer que l’office propre des pasteurs de l’Église est d’enseigner ce qui appartient à la foi et aux bonnes moeurs. Pour l’administration des choses temporelles, elle n’est pas spécialement l’oeuvre des Evêques, qui sont les successeurs des apôtres, mais plutôt celle des diacres ; (Actes VI, 2) : "Il n’est pas juste que nous laissions la parole de Dieu, pour avoir soin des tables" ; (Tite, I, 9) : "Qu’il soit (l'Evêque) fortement attaché à la parole sûre, telles qu’on la lui a enseignée" et (Jérémie, III, 15) il est dit des Evêques : "Je vous donnerai des pasteurs selon mon coeur, et ils vous nourriront de la doctrine et de la science."
II° En disant (verset 12) : [afin que les uns et les autres travaillent] à la perfection des saints, etc., saint Paul explique les effets des dons ou des ministères dont il vient de parler. Premièrement il indique ces effets ; secondement il montre comment les fidèles peuventy arriver (verset 14) : afin que nous ne soyons plus des enfants, etc." La première partie se subdivise en deux : I. L’Apôtre fait voir les effets prochains de ces dons ; II. les effets éloignés (verset 15) : jusqu’à ce que nous arrivions tous à l’unité, etc.
I. Les effets prochains de ces dons ou ministères peuvent se considérer sous trois points de vue :
1° Quant à ceux qui ont été revêtus de ces ministères et à qui ont été accordés à cette fin les dons spirituels, pour les faire servir aux intérêts de Dieu et du prochain. Quant à cet effet, l’Apôtre dit (verset 12) : aux fonctions de leur ministère, par lequel on procure l’honneur de Dieu et le salut du prochain ; (1 Co IV, 1) : "Que les hommes nous considèrent comme les ministres de Jésus-Christ, etc." ; (Isaïe, LXI, 6) : "Vous serez nommés les ministres de notre Dieu."
2° Par rapport à la perfection de ceux qui croient déjà, quand il dit (verset 12) : pour mener à leur fin les saints," c'est-à-dire pour la perfection de ceux qui sont déjà sanctifiés par la foi de Jésus-Christ. Les supérieurs en effet, doivent porter tout spécialement leur attention sur leurs inférieurs, afin de les conduire à l’état de perfection, et de devenir par là plus parfaits eux mêmes, comme saint Denis le dit dans sa Divine Hiérarchie ; (Hébreux VI, 1) : "Portons-nous à ce qui est plus parfait, etc." ; (Isaïe, X, 22-23) : "La justice se répandra comme un fleuve sur le petit nombre qui sera sauvé, car le Seigneur, le Dieu des armées réduira son peuple, etc."
3° Enfin, par rapport à la conversion des infidèles, ce qui fait dire à l'Apôtre (verset 12) : à l’édification du corps de Jésus Christ, c'est-à-dire pour que les infidèles qui entrent dans la construction de l’Eglise de Jésus-Christ, qui est son corps, se convertissent ; (1 Co XIV, 3) : "pour les édifier, les exhorter et les consoler" ; et à la suite (verset 5) : "car celui qui prophétise est préférable à celui qui parle en langues,à moins qu’il n’ interprète ce qu’il dit, afin que l’Eglise en soit édifiée" ; et encore (verset 26) : "Que tout se fasse pour l’édification."
II. Quand l’Apôtre ajoute (verset 15) : jusqu'à ce que nous parvenions, etc., il indique les effets ultérieurs. Ces paroles peuvent s’entendre de deux manières.
1° De l’effet simplement ultérieur, qui sera produit à la résurrection des saints. Dans ce sens deux choses sont manifestes.
A) La première est l’assemblée des ressuscités, assemblée à la fois corporelle et spirituelle. - a) Elle est d’abord corporelle, en ce sens que tous les saints se réuniront auprès de Jésus-Christ ; (Matth., XXIV, 28) : "Partout où sera le corps, les aigles s’assembleront." Sur quoi l’Apôtre dit (verset 15) : jusqu’à ce que nous parvenions tous, etc.; en d’autres termes : le ministère dont nous avons parlé, le travail de perfection des saints et l’édification de l’Eglise s’étendront jusqu’à ce que, au jour de la résurrection, nous allions à la rencontre de Jésus-Christ ; (Matth., XXV, 6) : "Voici l’Epoux qui vient, allez au-devant de lui" ; (Amos, IV, 12) : "Préparez-vous, ô Israël, à aller au-devant de votre Dieu ! etc." Nous irons aussi à la rencontre les uns des autres ; (I Thess., IV, 17) : "Nous serons emportés avec eux dans les nues, pour aller au-devant du Seigneur au milieu de l’air" ; (Philipp., III, 11) : "afin que je puisse, en quelque manière que ce soit, aller à la résurrection des morts." - b) En second lieu l’assemblée sera spirituelle à raison des mérites qui ont pour base la même foi, ce dont l’Apôtre dit (verset 15) : à l’unité d’une même foi ; (ci-dessus, IV, 5) : Il n’y a qu’un Seigneur, une foi ; et encore (ci-dessus, IV, 3) : en travaillant avec soin à conserver l’unité d’un même esprit, etc. A raison aussi de la récompense, qui consiste dans la parfaite vision et connaissance de Dieu, dont il est dit (1 Co XIII, 12) : "Je connaîtrai alors comme je suis moi-même connu." Sur ceci l’Apôtre dit (verset 13) : et de la connaissance du Fils de Dieu ; (Jérémie XXXI, 34) : "Tous me connaîtront."
B) Secondement, saint Paul indique ces effets, par rapport à l’état parfait de ceux qui ressuscitent. - a) Et d’abord il indique cette perfection même, lorsqu’il dit (verset 13) : à l’état d’un homme parfait. Il faut ici se garder de comprendre comme quelques-uns, qui ont compris qu’à la résurrection, les femmes seraient changées en sexe fort, car l’un et l’autre demeureront, non toutefois pour s’unir, attendu que l’union conjugale n’existera plus ; (Matth., XXII, 30) : "Car après la résurrection, les hommes n’auront pas de femmes, ni les femmes de maris ; ils seront comme des anges" ; mais pour la perfection de la nature, et la plus grande gloire de celui qui l’a créée si grande. L’Apôtre dit donc : à l’état de l’homme parfait, pour marquer la perfection complète de cet état ; (1 Co XIII, 10) : "Lorsque nous serons dans l’état parfait, ce qui est imparfait sera aboli". En sorte que cette expression : l’homme est prise ici dans le sens de « contraire à », plutôt par opposition à enfant, que par opposition à femme. - b) L’Apôtre montre ensuite le modèle de cette perfection en disant (verset 13) : à la mesure de la stature parfaite de Jésus-Christ. Remarquez ici que le corps véritable de Jésus-Christ est le modèle de son corps mystique. Car l’un et l’autre sont composés de plusieurs membres, réunis en un tout. Or le corps de Jésus-Christ arriva à la plénitude de l’âge viril, à savoir trente trois ans, âge où il mourut. C’est donc à la plénitude de cet âge que sera conformé l’âge des saints qui ressusciteront, et dans lesquels il n’y aura ni imperfection, ni défaillance aucune par la vieillesse ; (Philipp., III, 1) : "Il transformera notre corps, si misérable, afin de le rendre conforme à son corps glorieux."
2° On peut encore entendre ce passage du fruit ultérieur de la vie présente dans laquelle les fidèles se rencontreront tous pour une même foi, une même connaissance de la vérité ; (Jean X, 16) : "J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie, etc." Dans ce sens encore, le corps mystique de Jésus-Christ forme sa perfection spirituelle à la ressemblance du corps véritable de Jésus-Christ ; et suivant cette explication, le corps entier de l’Eglise est appelé un corps viril, suivant cette comparaison dont se sert l’Apôtre (Galates IV, 1) : "Tant que l’héritier est enfant, il n’est pas différent d’un serviteur, etc."
14. Afin que nous ne soyons plus comme des enfants, comme des personnes flottantes, et qui se laissent emporter à tous les vents des opinions humaines, par la tromperie des hommes, et par l’adresse qu’ils ont à engager artificieusement dans l’erreur
15. Mais pratiquant la vérité par la charité, nous croissions en toutes choses dans le Christ qui est notre chef et notre tête,
16. De qui tout le corps, dont les parties sont jointes et unies entre elles avec une si juste proportion, reçoit par tous les vaisseaux et toutes les liaisons qui portent l’esprit et la vie, l’accroissement par l’efficacité de la mesure d’influence qui est propre à chacun des membres, afin qu’il se forme ainsi et s’édifie par la charité.
Après avoir exposé la diversité des dons spirituels, et leurs effets, l’Apôtre indique ici comment nous pouvons parvenir à ces effets. Il écarte d’abord deux obstacles ; il enseigne ensuite le moyen d’arriver (verset 15) : pratiquant la vérité, etc.
I° Il dit : c'est avec vérité que j’ai avancé que l’effet ultime de ces dons est de nous faire parvenir à l’état d’homme parfait dans le Seigneur, etc. ; il faut donc que nous voyions (verset 14) à n’être plus désormais le enfants, mais certainement des hommes parfaits, car tant qu’on est enfant, on n’a pas encore atteint la perfection de l’homme mûr. Donc quiconque doit parvenir à Dieu, est dans l’obligation de sortir de l'enfance. Ainsi le pratiquait saint Paul (1 Co XIII, 11) : "Lorsque je suis devenu homme, je me suis défait de tout ce qui tenait de l'enfant." Or le caractère de l’enfant n’a rien de fixé, rien de déterminé sur n’importe quel point ; il croit à tout ce qu’on lui dit. Si donc nous voulons nous montrer comme des hommes parfaits, il faut nous défaire de la fluctuation de nos pensées, c'est-à-dire de leur instabilité. C’est ce que dit saint Paul (verset 14) : comme des personnes flottantes." (1 Co XIV, 20) : "Mes frères, ne soyez pas enfants pour n’avoir pas de sagesse, mais soyez enfants pour être sans malice." L’Apôtre dit "flottantes," par comparaison avec les flots, car ils sont semblables aux flots, ceux qui ne sont pas fixés dans l’unité de la foi ; (Jacques I, 6) : "Celui qui hésite, ressemble au flot de la mer, qui est agité et emporté çà et là par le vent." Pour nous, il nous est maintenant nécessaire d’être stables, et de ne pas flotter au gré des vents. Et comme les vents ce sont les doctrines mauvaises, dont il est dit avec raison (Proverbes XXV, 25) : "Le vent d’aquilon dissipe la pluie" ; (Matth., VII, 25) : "Et la pluie est tombée, les fleuves ont débordé, les vents ont soufflé et sont venus fondre sur cette maison ; elle a été renversée, et la ruine en a été grande", l’Apôtre dit (verset 14) : qui se laissent emporter à tous les vents des opinions, etc.; en d’autres termes, nulle doctrine perverse, qui souffle pour émouvoir notre coeur, et jeter en bas notre édifice spirituel, ne doit avoir prise sur nous, car ce n’est pas une bonne doctrine, et on peut le reconnaître à trois caractères. D’abord, à son principe qui est (verset 14) la tromperie des hommes. Elle n’est donc pas une doctrine salutaire, mais fausse et funeste, et semée par son auteur dans le but de perdre les âmes et d’obtenir des dignités ; comme cette doctrine du détestable Arius qui creva par le milieu du ventre, en sorte qu’on peut lui appliquer cette parole (Ecclesiastique XXXI, 29) : "Et le témoignage qu’on rendra à sa méchanceté sera véritable" ; de plus cette doctrine est perverse : c'est de toute évidence. En second lieu, on la reconnaît à sa marche, qui est la duplicité, car elle ne s’avance qu’à l’aide de la ruse, c'est-à-dire elle veut une chose, elle en simule une autre, ce qui fait dire à l’Apôtre (2 Co XI, 3) : "J’appréhende qu’ainsi que le serpent séduisit Eve par ses artifices, vos esprits aussi ne se corrompent et ne perdent leur simplicité à l’égard de Jésus-Christ." Troisièmement, on la reconnaît par ses effets, car l’effet d’une semblable doctrine est (verset 14) : d’engager artificieusement dans l’erreur ; non pour obtenir de l’argent ou d’autres avantages temporels ; mais ces indignes docteurs séduisent et circonviennent pour semer leurs erreurs, eux, dont il est dit (II Tim., III, 15) : "Mais les hommes méchants et les imposteurs se fortifieront de plus en plus dans le mal, étant dans l’erreur, et y faisant tomber les autres."
II° Quand l’Apôtre ajoute (verset 15) : mais que pratiquant la vérité par la charité, etc., après avoir indiqué les empêchements qui font obstacle aux effets des dons spirituels, il montre de quelle manière on peut obtenir ces effets légitimes. Il argumente donc ainsi. Il vient d’être dit que si nous voulons arriver aux effets des dons spirituels, il faut cesser d’être enfants, etc… ; or nous demeurons enfants aussi longtemps que nous n’avons pas atteint l’âge mûr et que nous ne croissons pas. Il nous est donc nécessaire de croître ; c'est ce que dit saint Paul (verset 15) : mais que pratiquant la vérité, etc. Il fait voir ici d’abord ce en quoi nous devons croître ; ensuite par qui nous le devons faire (verset 15) : nous croissions en toutes choses en Jésus-Christ, etc.
I. Il dit donc quant au premier de ces points (verset 15) : mais que pratiquant la vérité, nous croissions, etc., dans les bonnes oeuvres, et dans la forme de ces oeuvres, ce qui comprend la vérité et la charité. On donne quelquefois le nom de vérité à l’ensemble des bonnes oeuvres, comme dans ce passage (Tobie I, 2) : "Dans sa captivité même, il n’abandonna pas la voie de la vérité." Pratiquons donc la vérité, c'est-à-dire tout ce qui est bon, ou la vérité de la doctrine, car il ne doit pas nous suffire d’entendre ou d’enseigner la vérité, mais il faut en pratiquer les œuvres, ce qui fait dire à saint Paul (I Timoth., IV, 16) : "Car agissant de la sorte, vous vous sauverez vous-mêmes, et ceux qui vous écoutent" ; (Jacques 1, 22) : "Ayez soin de mettre cette parole en pratique, etc." - Car "ceux qui gardent la loi seront justifiés", comme il est dit (Rm II, 13); si toutefois ces oeuvres s’accomplissent dans la charité, qui est la forme de toute bonne œuvre, (1 Co XVI, 13) : "Agissez courageusement, soyez pleins de forces ; faites avec amour tout ce que vous faites," car autrement ces oeuvres n’auraient aucune valeur ; (1 Co XIII, 3) : "Quand j’aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n’avais pas la charité, tout cela ne me servirait de rien."
II. Cependant comme, dans les voies de Dieu, ne pas avancer, c'est reculer, l’Apôtre ajoute (verset 15) : nous croissions en toutes choses dans Jésus-Christ, etc., voulant montrer trois choses : 1° celui qui est l’auteur de notre progrès ; 2° sa vérité ; 3° et la manière dont il nous faut progresser. Le second point, à ces mots (verset 16) : de qui tout le corps ; le troisième, à ces autres (verset 16) : par une influence proportionnée à chacun des membres.
1° Saint Paul dit (verset 15) : afin que nous croissions en lui, c'est-à-dire en Jésus-Christ dont il est dit (I Pierre, II, 2) : "afin qu’en lui vous croissiez pour le salut." En lui, c'est-à-dire : en Jésus-Christ, qui est notre chef, et dans l’Eglise qui est son corps, ainsi qu’il est dit (Col I, 24) : Croissons, c'est-à-dire : non par l’étendue des possessions, et suivant cette parole (Job, II, 40) : "Tout ce qu’il possède sur la terre ne s’y multiplie-t-il pas ?" mais dans les choses spirituelles. Non pas seulement en un point, mais (verset 15) : en toutes choses, c'est-à-dire croissant et portant des fruits dans toutes sortes de bonnes œuvres ; (1 Co X, 31) : "Faites tout pour la gloire de Dieu, etc. " Saint Paul ajoute (verset 33) : "comme je tâche moi-même de plaire à tous en toutes choses." L’Apôtre donne cet éloge aux Corinthiens quand il dit (1 Co XI, 2) : "Je vous loue, mes frères, de ce que vous vous souvenez de moi en toutes choses, et que vous gardez les préceptes que je vous ai donnés."
2° Quand saint Paul dit à la suite (verset 16) : de qui tout le corps, etc., il fait voir la vérité de Jésus-Christ par qui nous devons croître. Il faut ici savoir qu’on distingue dans le corps naturel, d’abord le rapport des membres entre eux ; ensuite leur assemblage par les nerfs et enfin leurs services réciproques ; (1 Co XII, 15): "Si le pied disait : ‘puisque je ne suis pas la main, je ne suis pas du corps’, en serait-il moins du corps pour cela ? Et si l’oreille disait: ‘puisque je ne suis pas œil, je ne suis pas du corps, etc. ‘ ; si tout le corps était oeil, où serait l’ouïe ?" Spirituellement donc, comme l’unité du corps se forme de plusieurs parties selon ces trois manières : par le rapport ou l’union, par l’assemblage et par l’action ou l’office réciproque des membres, de même tout ce qui procède du chef corporel, c'est-à-dire l’union, l’assemblage des nerfs et le mouvement nécessaire à produire l’action, découle de Jésus-Christ notre chef dans son corps qui est l’Église.
- A) Et d’abord l’union par la foi. C’est pourquoi l’Apôtre dit (verset 16) : de qui, à savoir de Jésus-Christ qui est notre chef, comme il vient d’être dit, a tout le corps, dont les parties sont unies et jointes ensemble, c'est-à-dire rassemblées en un tout ; (Psaume CXLVI, 2) : "Il rassemblera tous les enfants d’Israël qui sont dispersés" ; (Habac., II, 5) : "Il réunira auprès de lui toutes les nations ; il s’assujettira tous les peuples." Il est dit de cette union (Col II, 19) : "La tête dont tout le corps recevant l’influence, par les vaisseaux qui en joignent et en lient toutes les parties, s’entretient et augmente par l’accroissement que Dieu lui donne."
- B) En second lieu, c'est de Jésus-Christ que découle aussi dans le corps mystique de son Eglise, la connexion et l’assemblage, car il est nécessaire que les choses qu’on assemble soient retenues ou rassemblées par quelque noeud, ou quelque lien. C’est pourquoi l’Apôtre dit (verset 16) : dont les parties sont jointes et unies ensemble dans une juste proportion, c'est-à-dire par la foi et par la charité, qui assemblent et unissent les membres du corps mystique, pour leurs offices réciproques ; (Ecclesiastique XXXIX, 39) : "Tous les ouvrages du Seigneur sont bons, et il met chaque chose en usage quand l’heure est venue." C’est de là que saint Paul lui-même, plein de confiance dans cette assistance réciproque qui est établie entre les membres de l’Eglise par l’assemblage divin, disait (Philipp., I, 19) : "Car je sais que l’événement m’en sera salutaire par vos prières, et par l’infusion de l’Esprit de Jésus-Christ."
3° Enfin, de Jésus-Christ, notre chef, découle, dans tous les membres, afin qu’ils prennent l’accroissement spirituel, la vertu d’agir actuellement. C’est pourquoi l’Apôtre dit (verset 16) : reçoit l’accroissement du corps, par une influence proportionnée à chaque membre", comme s’il disait : non seulement notre chef Jésus-Christ produit dans les membres de l’Eglise l’union par la foi, l’assemblage et le lien par la communication mutuelle de la charité, mais il y a de plus, de sa part, opération actuelle dans les membres, ou impulsion pour agir, dans la mesure et la convenance déterminée pour chacun de ces membres. C’est ce qui lui fait dire que Jésus-Christ produit l’accroissement de son corps d’après l’influence et la juste mesure accordée à chaque membre, car le corps mystique est non seulement uni par la foi, non seulement augmenté par l’influence de la charité qui unit, mais formé par le concours actuel de chacun des membres, d’après l’influence de la grâce et l’impulsion actuelle qui lui a été accordée pour agir, impulsion que Dieu produit en nous. De là ce mot d’Isaïe (XXVI, 12) : "C’est vous qui avez fait en nous toutes nos oeuvres." - Il n’y a qu’un même Dieu "qui opère tout en tout," ainsi qu’il est dit (1 Co XII, 6). Cette explication s’accorde avec l’auteur de la Glose. Mais pour quoi Dieu produit-il dans chaque membre l’accroissement ? afin d’édifier le corps (ci-dessus, II, 21): sur lequel tout l’édifice étant posé, s’élève et s’accroît dans ses proportions pour être un saint temple consacré au Seigneur, et vous-mêmes aussi vous entrez dans la structure de cet édifice, etc. C’est de là qu’il est dit (1 Co III, 9) : "Vous êtes l’édifice que Dieu bâtit." Et tout cela se fait dans la charité, parce que, ainsi qu’il est dit (1 Co VIII, 1) : "La charité édifie." Ou encore: Dieu fait toutes ces choses dans la charité, c'est-à-dire sans autre motif que son amour ; (Jérémie XXXI, 3) : "Je vous ai aimée d’un amour éternel, dit le Seigneur ; c'est pourquoi je vous ai attirée à moi par la compassion que j’ai eue de vous. Et je vous édifierai encore, et vous serez édifiée."
C’est là ce que dit saint Paul (verset 16) : afin qu’il se forme, et qu’il s’édifie par la charité.
17. Je vous avertis donc, et je vous conjure par le Seigneur, de ne plus vivre comme les Gentils, qui suivent dans leur conduite la vanité de leurs pensées ;
18. Qui ont l’esprit plein de ténèbres ; qui sont entièrement éloignés de la vie de Dieu, à cause de l’ignorance où ils sont, et de l’aveuglement de leur cœur ;
19. Qui ayant perdu tout espoir, s’abandonnent à la dissolution, et se plongent arec une ardeur insatiable dans toutes sortes d’impuretés.
Dans ce qui précède, saint Paul a recommandé aux Ephésiens de demeurer dans l’unité de l’Eglise, en expliquant le mode et la forme de cette unité ; dans cette partie de son épître, il leur apprend le rester dans cette unité. Premièrement donc il donne des préceptes, par lesquels ils pourront demeurer dans cette unité ; secondement, à la fin de son épître, il fait voir qu’ils ont le pouvoir d’observer ces préceptes (VI, 10) : Enfin, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur, etc. La première partie se subdivise en deux. D’abord l’Apôtre donne des préceptes qui s’étendent à tous ; ensuite des préceptes qui conviennent aux différents degrés des fidèles dans l’Eglise (V, 22) : Que les femmes soient soumises à leurs maris, etc. La première subdivision se partage encore en deux. L’Apôtre d’abord donne des préceptes généraux, auxquels viennent se rapporter tous les autres ; il en donne ensuite de spéciaux (verset 25) : C’est pourquoi, en vous éloignant de tout mensonge, etc. Les préceptes généraux sont de deux sortes, car saint Paul ayant l’intention de les ramener de leur ancien mode de vie à la nouvelle doctrine de Jésus-Christ., établit d’abord que cette doctrine est opposée à l’ancienne perversité des Gentils ; en second lieu, il les engage à déposer cette perversité et à recevoir la doctrine de Jésus-Christ (verset 22) : Pour vous, dépouillez [le vieil homme], selon lequel vous viviez autrefois, etc. La première proposition se subdivise. L’Apôtre décrit d’abord la manière de vivre des Gentils ; il montre ensuite que la doctrine de Jésus-Christ lui est opposée (verset 20) : mais vous, ce n’est pas ainsi, etc. La première subdivision a trois parties : I° saint Paul exhorte les Ephésiens à s’éloigner de la manière de vivre des Gentils ; II° il dépeint cette vie, dans ses effets intérieurs sur l’âme (verset 18) : qui ont l’Esprit plein de ténèbres, etc.; III° il la dépeint dans ses effets extérieurs (verset 19) : qui ayant perdu tout espoir, etc.
I° L’Apôtre dit donc : Pour que vous puissiez accomplir ce qui vous a été recommandé, Je vous avertis, c'est-à-dire je ne supplie plus comme je le faisais, je vous avertis (verset 17) : et je vous conjure que je prends à témoin de ce que je dis (Galates V, 3) : "Et de plus je déclare à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est obligé de garder toute la Loi" ; (II Timoth., IV, 1) : "Je vous conjure donc devant Dieu, et devant Jésus-Christ, etc."
I. Et sur quoi ? (verset 17) : que dès ce moment, c'est-à-dire au temps de votre foi et de votre conversion au Christ, car déjà vous êtes purs ; (Jean, XIII, 10) "vous ne marchiez plus," c'est-à-dire vous ne viviez plus ; (Galates V, 25) : "Si nous vivons par l’Esprit, conduisons-nous donc aussi par l’Esprit, etc." - comme vivent les Gentils ; (1 Co XII, 2) : "Vous vous souvenez bien que lorsque vous étiez païens, vous vous laissiez entraîner selon qu’on vous menait vers les idoles muettes, etc.". Ne vous conduisez donc plus de la sorte ; (Proverbes I, 15) : "Mon fils, n’allez pas avec eux ; gardez-vous bien de marcher dans leurs sentiers, etc."
II. Quant l’Apôtre dit ensuite (verset 17) : qui suivent dans l'inconduite la vanité de leurs pensées, il donne la raison de cette défense. Remarquez ici que « marcher selon l’Esprit » signifiait « faire des progrès », suivant cette parole (Isaïe XXVI, 7) : "Le chemin du juste le conduira droit dans sa voie, etc." ; et (Genes., XVII, 1) : "Marchez devant moi, et soyez parfait" est-il dit à Abraham. Pour que l'homme marche dans la justice, c’est-à-dire fasse des progrès spirituels, il faut qu’il règle et dispose en lui trois choses : il y a, dans l’homme, d’abord la raison qui juge des actes particuliers à accomplir ; en second lieu, l’intelligence des préceptes universels, ou la conscience ; enfin la loi divine, ou Dieu. Quelquefois, l’homme se dirige d’après ces trois principes, qui sont réciproquement en rapport l’un avec l’autre, de telle sorte que l’action s’accomplit d’après l’appréciation de la raison, et celle-ci juge à son tour d’après l’intelligence droite ou la conscience, qui elle-même est déterminée d’après la loi divine : dans ce cas cette action est bonne et méritoire. Or la conduite des païens n’est pas telle : il y a plus, elle est défectueuse à l’égard de ces mêmes trois principes ; car elle s’écarte d’abord du jugement de la raison, puisque (verset 17) ils suivent la vanité de leur sens. Or le sens est une force appréhensive au moyen de laquelle nous jugeons de chaque chose. C’est de là que l’on dit de celui qui juge bien de ce qui est à faire, que c'est un homme droit. Mais ce sens est quelquefois droit, quelquefois vain. Il est droit quand il se détermine par la règle convenable, qui conduit à la fin légitime ; il est vain, quand détourné par une règle fausse, il ne parvient pas à cette fin ; (Sagesse, XIII, 1) : "Tous les hommes qui n’ont pas la connaissance de Dieu, ne sont que vanité, etc. " ; (Rm I, 21) : "Ils se sont égarés dans leurs pensées, etc." ; (Jérémie II, 5) : "Ils ont suivi la vanité, et ils sont devenus vains eux-mêmes."
II° Pourquoi ? parce que leur raison, dans ces actes, n’était pas dirigée par une intelligence éclairée, mais erronée. C’est ce que dit saint Paul (verset 18) : qui ont l’esprit plein de ténèbres ; (Rm I, 21) : "Leur coeur insensé a été rempli de ténèbres" ; (Psaume LXXXI, 5) : "ils sont dans l’ignorance ; ils ne comprennent pas ; ils marchent dans les ténèbres." Le motif en est que ceux qui sont tels ne participent pas à la divine lumière, ou à la loi divine qui est la lumière et la règle. C’est pourquoi l’Apôtre ajoute (verset 18) : qui sont éloignés de la vie de Dieu, c'est-à-dire de Dieu qui est la vie de l'âme ; (Jean XIV, 6) : "Je suis la voie, la vérité et la vie." Ou encore : de la vie de Dieu, c'est-à-dire de la charité et de la grâce spirituelle, qui sont formellement la vie de l’âme ; (Rm VI, 23) : "La grâce de Dieu, c'est la vie éternelle." Or les païens étaient sans espérance de la vie éternelle, puisqu’ils admettaient que l’âme était sujette à la mort, ce qui est contre la foi et l’espérance ; (Sagesse, II, 22) : "Ils ont ignoré les secrets de Dieu; ils n’ont pas cru qu’il y eût de récompense pour les justes, et ils n’ont fait aucun état de la gloire qui est réservée aux âmes saintes, etc. ". Ou : de la vie de Dieu, c'est-à-dire de la vie qui se déroule dans la sainteté, ce qui se fait par la foi ; (Galat. II, 20) : "Et je vis, ou plutôt ce n’est plus moi qui vis, etc." Or le juste vit de la foi, comme il est dit (Rm I, 17). Cette vie s’obtient encore par la charité ; (I Jean. III, 14) : "Nous reconnaissons à l’amour que nous avons pour nos frères que nous sommes passés de la mort à la vie, etc. " Tels ne sont pas les païens; ils sont plutôt éloignés de la vie de Dieu.
III° L’Apôtre indique comment se fait cet éloignement, c'est par l’ignorance, non par les étoiles, ou le cours des astres, mais de la nature divine ; (1 Co XV, 34) : "Il y en a quelques-uns qui ne connaissent pas Dieu," car certainement alors Dieu n’était connu qu’en Judée, mais maintenant, ainsi qu’il est dit (Act., XVII, 30) : "Dieu, ne tenant pas compte de ces temps d’ignorance, fait annoncer à tous les hommes et en tous les lieux, qu’ils fassent pénitence, etc." Mais Dieu, pour ce qui est de lui, n’est pas la cause de cette ignorance, comme il est dit (Rm I, 19) : "Dieu même le leur avait fait connaître." La cause véritable était l’aveuglement de leur coeur. Aussi est-ce avec raison que l’Apôtre dit : l’aveuglement, car au moyen des créatures ils ne pouvaient arriver à la connaissance du Créateur, parce que, comme il est dit (Sagesse II, 21) : "Leur propre malice lesa aveuglés", et à la suite (verset 22) : "Ils ont ignoré les secrets de Dieu, et ils n’ont pas cru qu’il y eût de récompense à espérer pour les justes." C’est là ce qui suit (verset 19) et ayant perdu tout espoir, etc… : paroles où l’Apôtre fait voir comment ils se comportaient dans leur vie extérieure, sans espérance, et cela parce qu’ils étaient éloignés de la vie ; (Job, VII, 16) : "J’ai perdu toute espérance de vivre davantage, etc.", et (Jérémie XVIII, 12) : "Nous avons perdu toute espérance ; nous nous abandonnerons à nos pensées, et chacun de nous trouvera l’égarement et la dépravation de son coeur." C’est aussi ce que dit saint Paul (verset 19) : Ils s’abandonnent à la dissolution, etc. Ce passage peut être expliqué de deux manières. En divisant le texte et en disant : à la cupidité, parce qu’ils étaient avares ; (Rm 1, 29) : "Remplis de toute sorte d’injustice, de méchanceté, de fornication, d’avarice, etc." ; (Hébr., XIII, 5) : "Que votre vie soit exempte d’avarice, etc." car, ainsi qu’il est dit (Ecclesiastique X, 9) : "Rien de plus détestable que l’avare" ; (Habacuc, II, 9) : "Malheur à celui qui amasse une avarice criminelle pour sa maison, etc." On peut aussi lier ces paroles à ce qui précède, en disant (verset 19) : par l’avarice, c'est-à-dire en avare, ce qui modifie en quelque sorte ce qui précède.
Dans ce sens l’Apôtre fait ressortir la corruption de leur vie, par trois circonstances : d’abord en ce qu’ils ont fait le mal non par passion mais bien plutôt par choix. C’est pourquoi il dit (verset 19) : Ils se sont abandonnés à la dissolution, en d’autres termes : S’ils ont péché, ce n’est ni par entraînement des passions ni par faiblesse, mais en s’abandonnant d’eux mêmes au péché ; (Judith., VII, 15) : "afin que nous nous rendions tous volontairement au peuple d’Holopherne, etc." ; (2 Co XII, 21) : "Ils n’ont pas fait pénitence des impudicités dans lesquelles ils sont tombés, etc." Ensuite par leur dépravation actuelle ; (II Pierre, II, 10) : "pour satisfaire leurs désirs impurs, ils suivent les mouvements de la chair, etc." C’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 19) : en se plongeant dans toutes sortes d’impuretés ; (Ezéch., XIV, 3) : "Ceux-là ont dans le coeur leurs impuretés, etc." Enfin leur iniquité est encore aggravée par sa durée, car ils péchaient sans interruption ; (Osée, IV, 10) : "Ils sont tombés dans la fornication, et il ne se sont pas mis en peine de s’en retirer ; parce qu’ils ont abandonné le Seigneur." C’est pourquoi l’Apôtre dit : par cupidité, c'est-à-dire avec ardeur, poussés par un désir continuel, insatiable ; (II Pierre, II, 14) : " Ils ont les yeux pleins d’adultère et d’un péché qui ne cesse pas. Ils attirent à eux les âmes inconstantes. Ils ont le coeur modelé par l’avarice, ce sont des enfants de malédiction, etc. "