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Leçon 9 : Galates IV, 28-31 ─ Les enfants de la promesse
SOMMAIRE : L’Apôtre appelle les Galates les enfants de la promesse et dit que pour cette raison ils ne doivent pas s’étonner d’être persécutés, puisque Ismaël aussi a persécuté Isaac.

28. Nous sommes donc, mes frères, les enfants de la promesse, figurés dans Isaac.

29. Et comme alors celui qui était né selon la chair, persécutait celui qui était né selon l’esprit, de même encore aujourd’hui.

30. Mais que dit l’Ecriture : « chassez la servante et son fils; car le fils de la servante ne sera pas héritier avec le fils de la femme libre. »

31. Or, mes frères, pour nous, nous ne sommes pas les enfants de la servante, mais de la femme libre; et c’est le Christ qui nous a acquis cette liberté.

Après avoir expliqué le mystère, en ce qui concerne les mères, Saint Paul l’expose en ce qui rapport aux fils. I° Il établit la distinction qui existe entre eux; II° il déduit sa conclusion principale (verset 34) : Pour nous, mes frères, etc.

I° Or l’Apôtre fait porter la distinction entre les fils sur trois points : I. quant au mode de leur origine; II. quant au sentiment d’affection (verset 29) : Et comme alors, etc.; III. quant au droit à l’héritage (verset 30) : mais que dit l’Ecriture, etc.

I. Il y a deux manières de devenir enfant d’Abraham : quelques-uns le sont par l’origine charnelle, comme Ismaël qui est né de la servante; d’autres le deviennent autrement, comme Isaac qui est né de la femme libre, non pas pourtant que sa naissance ait été en dehors de l’ordre naturel, mais parce que, comme il a été dit, il était au-delà de la puissance naturelle de la chair que, d’une femme âgée et stérile, il naquît un fils. Or par ces deux fils, on entend les deux peuples. Car dans Ismaël on trouve le peuple Juif qui vient d’Abraham par sa filiation charnelle; et dans Isaac, le peuple de la Gentilité, qui descend d’Abraham par l’imitation de sa foi. C’est ce qui fait dire à Saint Paul (verset 28) : Pour nous, mes frères, c’est-à-dire nous autres fidèles, soit Juifs, soit Gentils, nous sommes comme Isaac, c’est-à-dire à la ressemblance d’Isaac, les enfants de la promesse faite à Abraham ; [(Gén., XII, 3) et] (Rom., IX, 8) : « Ce sont les enfants de la promesse, qui sont réputés de la race d’Abraham ». Mais remarquez que les enfants de la chair d’Abraham sont, à la lettre, les Juifs, et dans un sens mystique, ceux qui viennent à la foi pour les biens charnels de la vie présente.

II. Les deux fils sont en second lieu distingués par l’affection, parce que (verset 29) : celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’esprit.

Ici s’élève une difficulté : d’abord on ne lit nulle part qu’Ismaël ait suscité à Isaac quelque persécution. Mais seulement qu’il jouait avec celui-ci (Genès., XXI, 9) : « Sara ayant vu le fils d’Agar, la servante, jouer avec Isaac, son fils, etc. »

Il faut répondre que l’Apôtre nomme ce jeu une persécution, parce que le jeu d’un grand avec un petit, est une sorte d’illusion, car le plus âgé, jouant avec un plus jeune que lui, se propose de le tromper. Ou bien encore, comme certains le prétendent, Ismaël contraignait Isaac à adorer les simulacres d’argile qu’il faisait, et lui enseignait ainsi à s’écarter du culte du vrai Dieu; ce qui est une grande persécution, puisque c’est un moindre mal de donner la mort au corps, que de produire celle de l’âme. Or cette conduite d’Ismaël s’appelle dans la Genèse un jeu, parce qu’il agissait ainsi en forme de jeu.

Une seconde question, c’est de savoir comment les fils selon la chair ont persécuté et persécutent les fils selon l’Esprit (verset 29).

La réponse est que dès le commencement de l’Eglise primitive, les Juifs ont persécuté les chrétiens, comme il est rapporté aux Actes des apôtres, et ils le feraient encore maintenant, s’ils le pouvaient. Maintenant encore dans l’Eglise de Dieu, les hommes charnels persécutent, même physiquement, ceux qui vivent selon l’Esprit; ceux-là, dis-je, qui dans l’Eglise cherchent la gloire et les intérêts du temps. Aussi est-il dit dans la Glose : « Tous ceux qui dans l’Eglise cherchent près du Seigneur des avantages sont de la famille de cet Ismaël. Ce sont ceux-là qui mettent obstacle aux progrès des spirituels, se font leurs détracteurs, montrent des lèvres malignes et une langue trompeuse pleine de mensonges ». Il y a aussi une persécution spirituelle pour les fils spirituels, c’est de la part des superbes et des hypocrites. Quelquefois, en effet, ceux qui sont manifestement charnels et méchants, reconnaissant leur faute, s’humilient devant les bons; au contraire, ceux qui manquent de sens, poursuivent dans les autres la bonté qui n’est pas en eux.

Enfin il reste une difficulté, sur ce que les hérétiques, contre lesquels nous nous élevons, prétendent être nés selon l’esprit, et nous, selon la chair.

Il faut dire qu’il y a deux sortes de persécution : l’une bonne, qui a lieu lorsqu’on poursuit quelqu’un pour le ramener au bien; celle-là les justes l’exercent à l’égard des méchants, et ceux qui sont spirituels à l’égard de ceux qui sont charnels afin de les corriger, s’ils consentent à se convertir, ou afin de les détruire, s’ils s’opiniâtrent dans le mal, de peur qu’ils n’infectent le troupeau du Seigneur. La seconde persécution est mauvaise; elle se fait quand on poursuit quelqu’un, dans le but de le pervertir dans le mal; c’est cette persécution que ceux qui sont nés selon la chair, exercent à l’égard de ceux qui sont nés selon l’esprit.

III. Quant au droit à l’héritage, les deux fils sont distingués par l’autorité de l’Ecriture : (Genès., XXI, 19) : « Chassez la servante et son fils. » Ces paroles donnent à entendre que les Juifs et ceux qui persécutent la foi chrétienne, et même les chrétiens charnels et mauvais, seront chassés du royaume des cieux ; (Matth., VIII, 11) : « Plusieurs viendront d’Orient, etc. ; (Apoc., XXII, 15) : « Dehors les chiens, les empoisonneurs, etc. » – La servante, c’est-à-dire la malice et le péché lui-même, seront aussi chassés ; (Ecclésiastique XIV, 20) : « Tout ce qui est corruptible, sera à la fin détruit. » L’Apôtre donne immédiatement la raison de ceci, c’est que (verset 30) : Le fils de la servante ne sera pas héritier avec le fils de la femme libre. Dans ce monde les bons sont confondus avec les méchants, les méchants avec les bons ; (Cantique II, 2) : « tel qu’est le lys entre les épines, etc. », mais dans l’éternelle patrie, il n’y aura plus que les bons ; (Juges, XI, 2) : « [Les frères de Jephté lui dirent] : « Vous ne pouvez pas être héritier dans la maison de notre père, parce que vous êtes né d’une autre mère. »

II° Or cette liberté, nous la tenons de Jésus-Christ; c’est ce qui fait dire à Saint Paul (verset 31) : « [Pour nous nous ne sommes pas les enfants de la servante], mais de la femme libre, etc. ; (Jean, VIII, 36) : « Si le fils vous a délivrés, vous êtes vraiment libres. »

CHAPITRE V ─ LES ŒUVRES DE LA CHAIR ET DE L’ESPRIT
Leçon 1 : Galates V, 1-4 ─ rester fidèle à la liberté de la grâce
SOMMAIRE : Jésus-Christ leur ayant fait don de la liberté, l’Apôtre les engage à ne pas se soumettre de nouveau au joug de la servitude.

1. Tenez vous-en là, et ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de la servitude.

2. Car je vous dis, moi Paul, que si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien.

3. Et de plus je déclare à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est obligé de garder toute la Loi.

4. Vous qui voulez être justifiés par la Loi, vous n’avez plus de part au Christ; vous êtes déchus de la grâce.

Saint Paul, après avoir établi dans les chapitres qui précèdent, que la justice ne procède pas de la Loi, ramène ici les Galates de l’erreur à l’état de rectitude. Et d’abord dans ce qui a rapport aux choses divines, ensuite dans ce qui a rapport aux choses humaines (VI, 1) : Si quelqu’un par surprise, est tombé dans quelque péché, etc. Sur le premier de ces points, l’Apôtre I° donne un avertissement II° il en assigne la raison (verset 2) : car je vous dis, moi Paul, etc.

I° Dans son avertissement, Saint Paul emploie deux raisons, dont la première est destinée à porter au bien, la seconde, à détourner du mal.

I. Il porte au bien, quand il dit (verset 4) : demeurez fermes, en d’autres termes, puisque vous avez été délivrés par Jésus-Christ de la servitude de la Loi, demeurez fermes dans la foi et inébranlables dans la jouissance de votre liberté. Quand donc Saint Paul dit : Tenez-vous fermes, il porte à la rectitude, car celui qui debout, est droit ; (I Corinth., X, 12) : « Que celui qui est debout, etc. » ; et (I Corinth., XV, 58) : « Ainsi donc, mes chers frères, demeurez fermes et inébranlables, etc. » ; (Ephés., VI, 14) : « que la vérité soit la ceinture de vos reins, etc. »

II. En ajoutant (verset 1) : Ne vous remettez pas de nouveau sous le joug de la servitude, Saint Paul défend le mal et en détourne. Il dit en d’autres termes : Ne vous rendez pas dépendants de la Loi, qui n’engendre que pour la servitude. C’est de cette servitude dont il est dit aux Actes (XV, 10) : « C’est un joug que ni nos pères ni nous, etc. » et dont cependant vous avez été délivrés par Jésus-Christ ; (Isaïe, IX, 4) : « [Vous avez brisé] la verge qui lui déchirait les épaules, etc. » L’Apôtre dit : de nouveau, non pas qu’ils aient été auparavant sous la Loi, mais parce que, comme l’a remarqué saint Jérôme, (parmi les lettres de saint Augustin, Epître XI) : « Garder, après avoir reçu l’Evangile, les observances de la Loi, c’est un péché si grand, que c’est comme se livrer à l’idolâtrie. » Les Galates ayant donc été idolâtres en se soumettant au joug de la circoncision et des autres observances légales, reviennent en quelque sorte aux mêmes erreurs, dont ils étaient esclaves, alors qu’ils se livraient à l’idolâtrie. Toutefois suivant saint Augustin, (Ep., XIX) comme il a été expliqué plus haut, il faut distinguer, par rapport aux observances de la Loi, trois différentes époques, à savoir : le temps qui précéda la mort de Jésus-Christ, celui qui s’écoula avant la diffusion de la grâce, et celui qui suivit cette diffusion. Depuis que la grâce est répandue, pratiquer les observances de la Loi est un péché mortel, même pour les Juifs; mais pendant l’époque intermédiaire, c’est-à-dire avant la diffusion de la grâce, les Juifs qui s’étaient convertis pouvaient sans pécher garder ces observances, pourvu toutefois qu’ils n’y mettent pas leur espérance; mais ceux qui s’étaient convertis de la Gentilité ne le pouvaient pas. Les Galates n’étant donc pas venus du judaïsme voulaient néanmoins pratiquer les observances de la Loi et mettaient en elles leur espérance, voilà pourquoi ils se remettaient de nouveau sous le joug de la servitude. Car la pratique de ces observances était pour eux comme une idolâtrie, en ce que leur foi en Jésus-Christ n’était pas conforme à la règle, puisqu’ils croyaient ne pas pouvoir obtenir le salut par lui, sans garder les prescriptions de la Loi.

II° Quand l’Apôtre dit (verset 2) : car je vous dis, moi Paul, etc., il développe les deux recommandations qu’il a faites. D’abord la seconde, et ensuite la première (verset 5) : Car pour nous, c’est par l’Esprit, etc.

I. Sur le premier de ces points, premièrement il explique ce que c’est que ce joug de la servitude, auquel ils ne doivent plus se soumettre; secondement il donne la preuve de ce qu’il a dit (verset 4) : Vous n’avez plus de part, etc. Sur la première partie, 1° Il fait voir que ce joug est grandement nuisible; 2° grandement pesant (verset 3) : Et de plus je déclare, etc.

1° Le joug de la Loi est nuisible, parce qu’il anéantit l’effet de la mort du Seigneur. C’est ce qui fait dire à Saint Paul (verset 4) : Ne vous remettez pas de nouveau sous le joug de la servitude, car (verset 2) : je vous dis, moi Paul, dont l’autorité vous est connue, je vous dis donc et avec raison, que si vous vous faites circoncire, Jésus Christ, c’est-à-dire la foi en Jésus-Christ ne vous servira de rien.

On objecte qu’il est dit aux Actes (XVI, 3) que Paul lui-même circoncit Timothée; l’Apôtre a donc agi de manière à ce que Jésus Christ ne servît de rien à ce disciple; il l’a donc trompé ?

Il faut répondre avec saint Jérôme, que Saint Paul n’a pas circoncis Timothée avec l’intention d’observer la Loi. Il a feint seulement de le circoncire, en simulant l’oeuvre de la circoncision. Car, suivant ce Père, les apôtres feignaient de pratiquer les observances légales, afin d’éviter de scandaliser les fidèles qui s’étaient convertis du Judaïsme. Ils faisaient ainsi les actes des observances de la Loi, mais sans intention de garder ces observances, et de cette manière ils ne s’écartaient pas de la foi, Saint Paul n’a donc pas trompé Timothée. Mais, d’après saint Augustin, il faut dire que les apôtres gardaient, sans aucune dissimulation, les observances en toute vérité et avec l’intention de les garder, attendu que, dans leur sentiment, cette pratique était à cette époque, c’est-à-dire avant la diffusion de la grâce, licite pour les fidèles convertis du Judaïsme. Timothée étant donc né d’une mère Juive, l’Apôtre le circoncit, avec l’intention de pratiquer en cela les observances de la Loi. Mais parce que les Galates, même après la diffusion de la grâce, mettaient leur espérance dans ces observances, comme si la grâce sans elles ne suffisait pas pour le salut, et pour cette raison s’obstinaient à les garder, l’Apôtre leur dit (verset 2) : si vous vous faites circoncire, etc. Car il résultait de leur conduite, qu’ils considéraient pour rien Jésus-Christ, puisque ce n’est qu’en signe de lui que la circoncision fut donnée ; (Genès., XVII, 11) : « [Vous circoncirez votre chair], afin que cette circoncision soit la marque de l’alliance que je fais avec vous, etc. » Ceux-là donc qui étaient circoncis, croyaient que le signe durait encore, et que celui qui était figuré n’était pas encore venu; de cette manière ils se séparaient de Jésus-Christ. On voit ainsi combien le joug de la Loi est nuisible.

2° Or ce joug est aussi très pesant. Il est tel, parce qu’il oblige à une chose impossible : c’est ce qui fait dire (verset 3) : et de plus je déclare, etc.; en d’autres termes : je dis que si vous vous faites circoncire, Jésus-Christ ne vous servira de rien; mais de plus (verset 3) : je déclare à tout homme, soit Juif, soit Gentil, etc. Car quiconque fait profession d’une religion, contracte l’engagement de pratiquer tout ce qui tient aux observances de cette religion. Or, comme l’a remarqué saint Augustin, jamais il n’y eut de religion sans quelque pratique extérieure, à laquelle sont tenus ceux qui vivent dans cette religion. C’est ainsi que dans la religion chrétienne, on a pour signe visible le baptême auquel sont obligés, quant au culte, tous les chrétiens. Ils sont également tenus à tout ce qui appartient au culte de la religion chrétienne. Le signe visible de la Loi mosaïque, ce fut la circoncision; quiconque donc se faisait circoncire, s’obligeait par là même à garder toutes les observances de la Loi et à les pratiquer; c’est ce que dit Saint Paul (verset 3) : car il est obligé de garder toute la Loi ; (Jacques, II, 10) : « Celui qui viole la Loi en un seul point, est coupable comme l’ayant toute violée. » Toutefois nul ne pouvait l’observer, suivant ces paroles des Actes (XV, 40) : « C’est un joug, que ni nos pères, ni nous, n’avons pu porter, etc. »

Supposé donc que l’on se fasse circoncire, on s’oblige, d’après ce qui a été dit plus haut, à garder les observances de la Loi; or il y a là un péché mortel; on est donc tenu à un péché mortel, et et cela semble bien être un motif de perplexité.

Il faut répondre que tant que cet état de la conscience persiste, on est tenu de pratiquer les observances; par exemple, si l’on croyait en conscience que l’on pécherait mortellement en ne se faisant pas circoncire, tant que la conscience serait telle, on pécherait mortellement si on ne faisait pas ce que prescrit la Loi. La raison en est que se croire tenu en conscience de faire une chose, ce n’est autre chose que penser qu’on agira contre Dieu, si on ne fait pas cette chose; or agir contre Dieu, c’est un péché. Je dis donc qu’en ne suivant pas dans sa détermination l’impulsion de la conscience, on pècherait mortellement, non pas, il est vrai, par la nature de l’acte, mais en raison de l’intention avec laquelle on agit. On pèche aussi en le faisant, parce qu’une semblable ignorance n’excuse pas, attendu que c’est une ignorance du droit. Cependant la conscience n’est pas, au premier chef, perplexe, mais en partie seulement, car on peut déposer la conscience erronée. C’est ainsi que l’Apôtre déclare à tous ceux qui se font circoncire, qu’il est obligé de garder toute la Loi. (1)

(1) Quelquefois la conscience devient PERPLEXE : ce qui a lieu lorsqu’on se croit obligé à deux devoirs opposés. Celui dont la conscience est perplexe, doit autant que possible, consulter des hommes sages et éclairés. S’il ne le peut, il doit choisir le moindre mal, mettant toujours les préceptes de la loi naturelle avant ceux d’une loi humaine. S’il est embarrassé pour découvrir de quel côté se trouve le moindre mal, il ne péchera pas, quelque parti qu’il prenne, car alors il n’est pas libre : Dieu n’exige pas l’impossible

II. Enfin en disant (verset 4) : Vous avez rompu avec le Christ, etc., l’Apôtre donne la preuve de ce qu’il a avancé, c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas se soumettre à l’observance de la Loi, en raison du dommage présent, qui est de deux sortes : d’abord la perte de Jésus-Christ et ensuite la perte de la grâce de Jésus-Christ.

1° Le premier dommage est la cause du second (verset 4) : Vous qui voulez être justifiés par la Loi, etc. Il dit donc (verset 4) : Vous avez rompu avec Jésus-Christ, etc…, en d’autres termes véritablement Jésus-Christ ne vous servira plus de rien, parce que vous êtes séparés de Jésus-Christ, c’est-à-dire qu’il n’habite plus en vous.

2° Le second dommage est la perte de la grâce; c’est ce qui lui fait dire (verset 4) : Vous êtes déchus de la grâce, c’est-à-dire : vous étiez d’abord remplis de la grâce de Jésus-Christ, car tous nous avons reçu de sa plénitude ; « car tous nous avons reçu de sa plénitude, etc. » (Jean, I, 16), et (Ecclésiastique XXI, 17) : « Le coeur de l’insensé est comme un vase rompu, il ne peut rien retenir de la sagesse. » Vous donc, je le répète, qui êtes justifiés dans sa Loi, c’est-à-dire qui croyez être justifiés par elle, vous êtes déchus de la grâce, c’est-à-dire de la béatitude qui doit nous être donnée; ou encore de la grâce que vous avez déjà reçue ; (Apoc., II, 5) : « Souvenez-vous donc d’où vous êtes déchus, et faites pénitence. »

Leçon 2 : Galates V, 5-12 ─ La loi de Moïse est périmée
SOMMAIRE : L’Apôtre incite les Galates à persévérer dans la grâce de l’Evangile et de la foi; à ne pas se soumettre à la Loi de Moïse et à ne pas donner créance à ceux qui les engagent à le faire.

5. Mais pour nous, c’est par l’Esprit et en vertu de la foi que nous espérons recevoir la justice.

6. Car dans le Christ Jésus ni la circoncision, ni l’incirconcision ne servent de rien, mais la foi qui est animé de la charité.

7. Vous couriez si bien : qui vous a arrêtés pour vous empêcher d’obéir à la vérité ?

8. Ce sentiment dont vous vous êtes laissés persuader, ne vient pas de celui qui vous a appelés.

9. Un peu de levain aigrit toute la pâte.

10. J’espère de la bonté du Seigneur, que vous n’aurez pas à l’avenir d’autres sentiments; mais celui qui vous trouble en portera la peine, quel qu’il soit.

11. Pour moi, mes frères, si je prêche encore la circoncision, pour quoi est-ce que je souffre tant de persécutions ? Le scandale de la croix est donc anéanti !

12. Plût à Dieu que ceux qui vous troublent soient non seulement circoncis, mais mutilés !

Saint Paul après avoir expliqué la seconde recommandation, c’est-à-dire qu’on ne devait pas se soumettre au joug de servitude de la Loi, revient à la première, et établit que les Galates doivent se tenir fermes dans la foi. I° Donc il leur propose un exemple de cette fermeté; II° il détruit un obstacle qui s’y oppose (verset 7) : Vous couriez, etc. ; III° il donne le motif pour lequel on doit demeurer ferme (verset 13) : car, mes frères, vous êtes appelés à un état de liberté, etc.

I° Sur le premier de ces points, l’Apôtre donne donc I. un exemple de fermeté; II. il en assigne la cause (verset 6) : Car en Jésus-Christ, etc.

I. Il dit donc : à ceux qui veulent être justifiés par la Loi, Jésus-Christ ne sert de rien, parce qu’ils sont déchus de la grâce. Mais (verset 5) : nous, apôtres, nous demeurons soutenus par l’espérance, parce que nous attendons l’espérance de la justice, c’est-à-dire la justice et l’espérance ou la béatitude éternelle ; (I Pierre, I, 3) : « Il nous a régénérés pour nous donner l’espérance de la vie, etc… », ou l’espérance de la justice, c’est-à-dire Jésus-Christ, d’où nous vient l’espérance de la justice, car c’est par lui que nous sommes justifiés ; (Philipp., III, 20) : « C’est du ciel que nous attendons le Sauveur » ; (I Corinth., I, 30) : « Il nous a été donné pour être notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption, etc. » Ou encore l’espérance de la justice, c’est-à-dire l’espérance qui est produite par la justice, afin d’être justifiés non par la Loi, mais par la foi ; (Rom., III, 28) : « Car nous devons reconnaître que l’homme est justifié par la foi, sans les oeuvres de la Loi. » Ou : l’espérance de la justice, c’est-à-dire le bien que nous espérons et vers lequel tend la justice, à savoir, la vie éternelle ; (II Timoth., IV, 8) : « Il ne me reste à attendre que la couronne de justice, etc. » Cette couronne est obtenue par la foi, (Rom., III, 22) : « La justice de Dieu nous est donnée par la foi en Jésus Christ, » et la foi ne vient pas de l’homme, mais du Saint Esprit qui l’inspire ; (Rom., VIII, 15 : « Vous avez reçu l’Esprit d’adoption des enfants, par lequel nous crions : Abba (mon Père) » De même donc que la foi vient du Saint Esprit, ainsi l’espérance naît de la foi, et la justice de l’espérance, par laquelle nous parvenons à la vie éternelle.

II. Or cette espérance ne provient ni de la circoncision, ni de l’incirconcision, puisqu’elles ne lui donnent rien. Voilà pourquoi l’Apôtre dit (verset 6) : Car en Jésus-Christ, c’est-à-dire en ceux qui demeurent dans la foi en Jésus-Christ, ni la circoncision, ni l’incirconcision, etc. c’est-à-dire sont d’elles-mêmes indifférentes ; mais ce qui sert, c’est la foi, non pas morte, mais animée par la charité ; (Jacq., II, 26) : « La foi, lorsqu’elle est sans les oeuvres est morte, etc. » car la foi, c’est la connaissance du Verbe divin ; (Ephès., III, 17) : « Qu’il fasse que Jésus habite en vos coeurs par la foi, etc. » Or l’on ne possède et ne connaît parfaitement ce Verbe, qu’autant qu’on a en même temps l’amour qui espère. Ce passage tel qu’il est expliqué dans la Glose, présente deux difficultés.

Voici la première : la Glose dit que la circoncision et l’incirconcision sont de soi indifférentes, tandis que l’Apôtre dit plus haut : si vous vous faites circoncire, Jésus-Christ ne vous servira de rien.

Il faut répondre que la circoncision et l’incirconcision sont, par la nature de l’acte, indifférentes pour ceux qui ne fondent pas en elles leurs espérances; mais si l’on considère l’intention de celui qui agit, elles ne le sont plus, car pour ceux qui y mettent leur espérance, ce sont des fautes mortelles.

La seconde difficulté consiste en ceci : la Glose dit que ceux qui ne croient pas sont pires que les démons, attendu que les démons croient et tremblent.

Il faut répondre qu’ils sont pires que les démons, du côté de l’oeuvre, mais non pas quant à l’affection. Car ce que les démons croient leur est un objet de haine, tandis que dans la volonté de l’homme qui ne croit pas, il n’y a pas une aussi grande perversité, que dans le démon qui hait ce qu’il croit.

II° Quand Saint Paul dit ensuite (verset 7) : Vous couriez si bien, etc., il en vient à l’obstacle qui s’oppose à la fermeté. I° Il dit quel est cet obstacle; II° il apprend à en triompher (verset 7) : Ne vous laissez séduire, etc.

I. L’obstacle à leur fermeté était grand et nuisible, car une chose est d’autant plus nuisible, qu’elle prive d’un plus grand bien; quand donc on est privé de biens spirituels grands et nombreux, c’est une marque qu’on a contre soi des obstacles puissants. L’Apôtre donc, pour donner à entendre qu’il en a été ainsi pour les Galates, leur rappelle les biens spirituels qu’ils ont perdus, en disant (verset 7) : Vous couriez si bien, etc., c’est-à-dire par les oeuvres de la foi animée par la charité, qui pousse à courir ; (Ps., CXVIII, 32) : « J’ai couru dans la voie de vos commandements, lorsque vous avez élargi mon coeur. » Vous étiez tels autrefois; mais tandis que vous couriez ainsi, vous avez été empêchés. C’est pourquoi il ajoute : Qui donc vous a fascinés ? : paroles expliquées au ch. III, 1; aussi pour le moment je ne m’y arrête pas. Qui donc vous a fascinés, c’est-à-dire a mis obstacle à la vérité, à savoir celle de l’Evangile, afin que vous n’y obéissiez pas ? Cette expression est pleine de justesse, car obéir c’est appliquer la volonté en conformité de sentiments avec celui qui ordonne. Ainsi la foi est la science de la volonté et de l’intelligence. Il faut donc que la volonté obéisse à la foi, c’est-à-dire qu’on croie par un acte de cette volonté que la grâce de la foi de Jésus-Christ suffit pour le salut, sans qu’il soit besoin des observances de la Loi.

II. En disant (verset 7) : [Ne vous laissez séduire] par qui que ce soit, l’Apôtre détruit l’obstacle; et cela par trois motifs pris 1° de leur côté même; 2° du côté de Dieu (verset 10) : J’espère pour vous, etc.; 3° du côté de Saint Paul lui-même, (verset 11) : Pour moi, mes frères, etc.

1° L’Apôtre explique donc :

A) de leur côté, en disant par qui que ce soit ; il montre d’abord ce à quoi les Galates sont tenus, de leur côté, afin de se préserver de ce dommage, à savoir qu’à l’avenir ils ne se laissent séduire par aucun des faux-apôtres ; (I Thessalon., V, 5) : « Nous ne sommes pas, nous, enfants de la nuit et des ténèbres, etc. »; (Ephès., V, 11) : « Ne prenez pas de part aux oeuvres infructueuses des ténèbres, etc.. », et (II Timoth., II, 17) : « Et leur parole dévore comme un cancer. » L’Apôtre donne ainsi à entendre, que les Galates n’étaient pas encore corrompus, mais sollicités à le devenir.

B) En second lieu il assigne le motif de ce qu’il leur recommande (verset 8) : car ce dont on cherche à vous persuader, etc. Saint Paul apporte une double raison. a) La première que, quand on se donne, on ne doit faire que ce que l’on affirme avantageux à celui auquel on se donne ; or vous avez été donnés à Jésus-Christ; donc vous ne devez entendre ni admettre que ce qui vient de lui; donc ces suggestions, par lesquelles on veut vous replacer sous le joug de la Loi, doivent être repoussées, parce qu’elles ne viennent pas de lui, c’est-à-dire de Dieu, qui vous a appelés à la vie, mais du démon, en tant qu’elles vous font rétrograder. C’est pour cela que vous ne devez pas vous laisser séduire par eux. Ou encore : Elles ne sont pas de lui, c’est-à-dire elles sont contre lui. — b) La seconde raison, c’est que l’on pouvait dire qu’il importait peu qu’on acquiesçât à quelques-uns, puisqu’il ne pouvait en résulter aucun danger. C’est pourquoi l’Apôtre ajoute qu’il ne faut pas se laisser séduire par eux, ni négliger leurs embûches, mais qu’il faut veiller à ces commencements, parce que (verset 9) : un peu de levain, etc. ; c’est-à-dire ces quelques-uns qui s’efforcent de vous entraîner. Ou ces suggestions, peu importantes au début, corrompent toute la masse, c’est-à-dire toute l’assemblée des fidèles ; (Lévitiq., II, 11) : « Vous ne brûlerez pas sur l’autel ni de levain ni de miel dans le sacrifice qu’on offre au Seigneur. »

2° Quand Saint Paul dit ensuite (verset 10) : J’espère pour vous du Seigneur, etc., il détruit l’obstacle par un motif pris du côté de Dieu, qui donne à cet effet son secours. L’Apôtre distingue deux sortes de secours de Dieu : l’un contre ceux qui les séduisent, l’autre contre ceux qui les troublent (verset 10) : Pour ceux qui vous troublent, etc.

A) Il dit donc (verset 10) : J’espère pour vous du Seigneur, en d’autres termes : j’ai dit que vous ne deviez pas vous laisser séduire par les faux-apôtres, et j’ai à votre égard cette confiance ; (II Corinth., VI, 16) : « Je me réjouis de ce que je puis me fier à vous en toutes choses ; » (Hébreux VI, 9) : « Or, chers frères, nous avons une meilleure opinion de vous et de votre salut. » – J’ai, dis-je, cette confiance à votre égard, (verset 10) que vous n’accepterez pas d’autre doctrine, que ce que je vous ai enseignée ; (ci-dessus, I, 8) : Quand nous vous annoncerions nous-mêmes, ou quand un ange du ciel vous annoncerait un Evangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ; (Phil., II, 2) : « Rendez ma joie pleine et entière, étant tous parfaitement unis de sentiments, etc. » Vous le pouvez avec le secours divin; c’est ce qui lui fait dire (verset 10) : dans le Seigneur Dieu, qui opèrera en vous ; (II Corinth., III, 4) : « C’est par Jésus-Christ que nous avons une si grande confiance en Dieu, etc. » Car le Seigneur lui-même vous donnera de vous tenir dans les justes bornes de la vérité catholique (Ps., XCI, 8) : « Il est bon de se confier au Seigneur, etc. »

B) Quant à ceux qui les troublent, l’Apôtre dit (verset 10) : mais pour celui qui vous trouble, c’est-à-dire celui qui vous détourne de l’ordre légitime, à savoir des choses spirituelles aux éléments corporels, tandis que ce devrait être le contraire ; (I Corinth., XV, 46) : « Ce n’est pas ce qui est spirituel qui a été formé le premier, c’est ce qui est animal, et ensuite ce qui est spirituel, etc. » Or cet ordre étant renversé, vous êtes devenus tellement insensés, ainsi qu’il est dit plus haut (III, 3), qu’après avoir commencé par l’Esprit, etc. ; celui-là donc qui en est la cause (verset 10) en portera le jugement, c’est-à-dire sera frappé par la condamnation. Car de même que celui qui porte quelqu’un au bien en recevra la récompense ; (Dan., XII, 3) : « Ceux qui auront annoncé à plusieurs la voie de la justice, luiront comme des étoiles dans des éternités sans fin, etc. », ainsi celui qui porte un autre au mal sera condamné ; (Josué VII, 25) : « [Or Josué lui dit] : parce que vous nous avez troublés tous, que le Seigneur vous troublera en ce jour-ci » ; (Deutéron., XXVII, 18) : « Maudit soit celui qui fait errer l’aveugle en son chemin. Et il en sera ainsi (verset 10) : quelqu’il soit, c’est-à-dire de quelque autorité qu’il soit revêtu. Porphyre et Julien (1) accusent ici Saint Paul de présomption, et prétendent qu’il parle ainsi en attaquant saint Pierre, dont il a été écrit plus haut qu’il lui résisterait en face, en sorte que le sens serait : quel que soit celui-là, c’est-à-dire fût-ce même Pierre, il sera châtié. Mais comme l’observe saint Augustin, on ne saurait croire Paul que ait parlé, avec une sorte de malédiction, du chef de l’Eglise, quand il est écrit (Exode, XXII, 28) : « Vous ne maudirez pas le Prince de votre peuple » ; ni que Pierre ait fait une erreur telle, qu’elle ait rendu nécessaire une condamnation. Ce que dit l’Apôtre s’applique donc à quelqu’autre, qui venant de Judée, se vantait d’être le disciple des grands apôtres, et abusait de cette autorité pour corrompre, les Galates, comme le faisaient les autres faux-apôtres, dont il est dit plus haut (II, 4) : la considération des faux frères qui s’étaient introduits par surprise, etc.

3° Quand l’Apôtre ajoute (v.4 1) : Pour moi, mes frères, etc., il détruit l’obstacle par une raison prise de sa propre personne. Et d’abord il se justifie; ensuite il fait un reproche à ceux qui le diffamaient (verset 12) : Plût à Dieu qu’ils aillent jusqu’à la mutilation, etc.

A) Il renverse donc d’abord une fausse imputation, premièrement en un point qui ne touchait que lui seul; secondement dans ce qui s’attaquait à tous (verset 11) : [Le scandale de la croix] est donc anéanti, etc. a) Sur la première partie, il faut savoir que lorsque les Galates s’excusaient de ne pas garder les observances de la Loi, sur ce qu’ils avaient été ainsi instruits par Saint Paul, les faux-apôtres répondaient que l’Apôtre les avait trompés, et que c’était pour se les assujettir qu’il leur avait inculqué cette doctrine. Ils confirmaient leur assertion en disant que Paul lui-même avait prêché en Judée, et qu’il y avait enseigné qu’il fallait garder ces observances. L’Apôtre donc se justifie de cette accusation, en disant (verset 11) : Pour moi, mes frères, si je prêche encore la circoncision, comme me l’ l’imputent les faux apôtres, pourquoi suis-je encore en butte à tant de persécutions ? à savoir de la part des Juifs ; (I Corinth., IV, 12) : On nous persécute, etc. » Car les Juifs persécutaient Saint Paul, principalement parce qu’il enseignait qu’on ne devait plus garder les observances de la Loi. Au chapitre XXI, 21 des Actes, Jacques dit à Paul : « Ils ont entendu dire que vous enseignez à tous les Juifs, répandus parmi les nations, de renoncer à Moïse, en disant qu’ils ne doivent pas circoncire leurs enfants, etc. » Il est donc manifeste que ce que m’imputent les faux-apôtres est dénué de vérité, car si ce reproche était fondé, je ne serais pas maintenant en butte aux persécutions. b) On voit de plus la fausseté de ce qu’ils m’imputent par ce qui se pratique communément par les autres, car si je prêche encore la circoncision (verset 11) le scandale de la croix est donc anéanti. Car non seulement moi, mais encore tous les autres apôtres, nous prêchons Jésus Christ crucifié, qui est un scandale pour les Juifs, etc., comme il est dit (I Corinth., I, 23). Ils sont surtout scandalisés par le fait que nous prêchons que par la croix de Jésus-Christ les observances de la Loi sont inutiles. Si donc je prêche la circoncision, le scandale de la croix est anéanti, c’est-à-dire il n’y a plus désormais de scandale pour les Juifs à l’occasion de la croix. Car ils supporteraient patiemment, et même plus, ils consentiraient volontiers que l’on prêche que la croix et les observances légales doivent être simultanément gardées. Ou encore, suivant saint Augustin, le scandale de la croix est anéanti, en d’autres termes : la croix, qui est scandaleuse, est évacuée, comme s’il disait : la croix a perdu son efficacité et son effet ; (ci dessus, II, 21) : Car si la justice s’acquiert par la Loi, Jésus-Christ donc sera mort en vain. L’Apôtre se sert à dessein de cette expression « est évacuée », pour donner à entendre que les Juifs ont mis à mort Jésus-Christ parce qu’il ne gardait pas les observances de la Loi, et qu’il enseignait qu’on ne devait pas les garder ; (Jean, IX, 16) : « Cet homme ne vient pas de Dieu, puisqu’il ne garde pas le Sabbat! »

B) Saint Paul reprend ensuite les faux-apôtres qui l’avaient décrié, quand il dit (verset 12) : Plût à Dieu que [ceux qui vous troublent] fussent plus que circoncis, etc.; en d’autres termes : ils vous troublent en ce qu’ils veulent que vous soyez circoncis, mais plût à Dieu qu’ils soient eux-mêmes non seulement circoncis, mais complètement mutilés.

On objecte qu’il est dit (Rom., XII, 14) : « Bénissez, et ne faites pas d’imprécations, etc. » On peut répondre de deux manières. D’abord que l’Apôtre ne les a pas maudits, mais que plutôt il les a bénis, puisqu’il leur a souhaité d’être mutilés spirituellement, pour conserver la chasteté spirituelle, en renonçant aux cérémonies de la Loi, suivant ce passage de saint Matthieu (XIX, 12) : « Il y en a qui se sont rendus eunuques eux-mêmes, pour obtenir le royaume des cieux. » Ensuite que l’Apôtre leur souhaite la stérilité qu’ont les eunuques, afin qu’ils n’engendrent pas. C’est ce qui lui fait dire (verset 12) : Plût à Dieu qu’ils soient circoncis et même mutilés, c’est-à-dire qu’ils perdent et pour vous et pour les autres, la capacité d’engendrer. Il parle ainsi avec raison, puisqu’ils engendrent des enfants pour l’erreur, et qu’ils les réduisent en servitude sous la Loi ; (Osée, IX, 14) : « Donnez-leur un sein qui ne porte pas d’enfants, et des mamelles toujours vides. »

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