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CHAPITRE X — LE SENS DES ÉPREUVES [par Pierre de Tarentaise]
Leçon 1 : 1 Corinthiens X, 1-5 — L'exemple des anciens hébreux et de leur idolâtrie
SOMMAIRE : L’Apôtre se sert de l’exemple des Juifs, qui ont adoré les idoles dans le désert, pour établir qu’il faut s’abstenir de tout ce qui a rapport à ces idoles, parce que tout ce qui est arrivé à nos pères est la figure de tout ce qui nous arrive.

1. Je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères, que nos pères ont tous été sous la nuée ; qu'ils ont tous passé la mer ;

2. Qu’ils ont tous été baptisés sous la conduite de Moïse, dans la nuée et dans la mer ;

3. Qu’ils ont tous mangé d’une même viande spirituelle,

4. Et qu’ils ont tous bu d’un même breuvage spirituel (car ils buvaient de l’eau de la pierre spirituelle qui les suivait, et le Christ était cette pierre).

5. Mais il y en eut peu d’un si grand nombre qui furent agréables à Dieu, car ils périrent dans le désert.

Dans ce qui précède, saint Paul a averti de s’abstenir des viandes immolées aux idoles : d’abord, pour éviter le scandale des frères faibles encore dans la foi (ch. VIII) ; ensuite, pour imiter l’exemple de l’Apôtre qui, à cause des autres, s’abstenait de percevoir un salaire (ch. IX) ; ici, en troisième lieu, il donne le même avertissement, fondé sur la considération du châtiment des Juifs qui, dans le désert, avaient adoré les idoles. Par l’exemple de ce châtiment, il avertit : premièrement, de ne pas se rendre coupables de semblables péchés ; secondement, de s’abstenir spécialement de manger des viandes immolées aux idoles, à ces mots (verset 14) : C’est pourquoi, mes très chers frères, fuyez l’idolâtrie, etc. Dans la première question, il rappelle d’abord ce qui est arrivé autrefois aux Juifs ; il dit ensuite que cela est arrivé non pas pour eux seuls, mais pour servir à notre correction (verset 6) : Or toutes ces choses ont été des figures de ce qui nous concerne, etc. ; enfin, que les fidèles, en considérant cet exemple, doivent prendre garde (verset 12) : Que celui qui croit être ferme, etc. On doit donc craindre le châtiment, se souvenir du péché qui l’a mérité, veiller continuellement. Sur le châtiment des Juifs, l’Apôtre rappelle : les bienfaits qu’ils ont gratuitement reçus pendant leur séjour en Egypte ; II° ceux qu’ils ont reçus pendant qu’ils étaient dans le désert (verset 4) : et tous ils ont mangé la même viande, etc. ; III° les fléaux dont ils ont été punis, à cause de leur ingratitude (verset 5) : Cependant la plupart d’entre eux ne furent pas agréables, etc.

Parmi les bienfaits reçus, saint Paul en signale trois : la protection de la nuée, le passage de la mer Rouge (verset 4) : Tous ils ont passé la mer Rouge ; le baptême qui les a purifiés (verset 2) : Tous, sous la conduite de Moïse, etc. Il dit donc (verset 1) : Car je ne veux pas que vous, etc. ; en d’autres termes, vous devez vous conduire comme je vous l’ai dit ; car les sacrements de l'Eglise que vous avez reçus ne vous suffisent pas plus, si vous retombez encore dans le péché, que les bienfaits de Dieu n’ont empêché les Juifs d’être peu après punis : car je ne veux pas que vous ignoriez, etc. Ces paroles peuvent s’entendre de deux manières : d’abord des bons et des méchants en général, ensuite des méchants spécialement. Voici le premier sens : Je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères, ceux qui nous ont transmis la foi, tous, bons et méchants ont été sous la nuée, qui les protégeait ; (Exode XIII, 21) : "Or le Seigneur les précédait durant le jour en une colonne de nuée, pour leur montrer leur voie, etc. ; ou encore, ont été sous la nuée, c’est-à-dire sous les figures et les ombres ; (Hébr., X, 1) : "La Loi n’ayant que l’ombre des biens à venir, etc." Et pendant que leurs ennemis étaient submergés, tous, ils ont passé la mer Rouge, non en traversant d’une rive à l’autre rive opposée, mais le long de la même rive, et comme à travers une sorte de golfe. Et tous en Moïse, c’est-à-dire sous la conduite de Moïse, ont été baptisés dans la nuée et dans la mer, c’est-à-dire ont été, en voyant ces prodiges, purifiés de leur ignorance ou de leurs vices par 1a foi, à savoir après l’engloutissement des Egyptiens ; (Exode, XIV, 31) : "Le peuple craignit le Seigneur, il crut au Seigneur et à Moïse, son serviteur" ; ou encore, ont été baptisés, c’est-à-dire ont reçu la figure du baptême, car le baptême se forme de l’eau et de l’Esprit ; (Jean III, 5) : "Si quelqu’un ne renaît de l’eau et de l’Esprit Saint." Or la nuée était le symbole de l’Esprit, la mer le symbole de l’eau, comme l’explique saint Jean Damascène.

II° Lorsque l’Apôtre dit (verset 3) : Tous ils ont mangé la même viande spirituelle, etc., saint Paul, après avoir rapporté les bienfaits reçus par les Israélites à la sortie de l’Egypte, rappelle ceux qui leur ont été accordés dans le désert, et d’abord celui de la manne, ensuite celui de l’eau du rocher (verset 4) : Ils ont bu le même breuvage, etc. ; en troisième lieu, l’origine admirable de cette eau (verset 4) : Ils buvaient, etc. ; enfin, le sens de cette origine (verset 4) : et cette pierre était, etc.. Il dit donc (verset 3) : Et tous ils ont mangé la même viande spirituelle, à savoir la manne descendue du ciel. Il l’appelle spirituelle, bien qu’elle fût corporelle, parce qu’elle avait été miraculeusement donnée ; car c’est d’elle qu’il est dit (Sag., XVI, 20) : "Vous avez donné à votre peuple le pain des anges." - Et tous ont bu d’un même breuvage spirituel, à savoir de l’eau sortie du rocher ; (Nomb., XX, 8) : "Parlez à la pierre, et elle vous donnera de l’eau" ; et (Psaume LXXVII, 20) : "Il a frappé la pierre, et les eaux en ont coulé." (verset 4) : Car ils buvaient de l’eau de la pierre spirituelle, ainsi appelée à cause de son effet merveilleux, et en signe des événements futurs. (verset 4) : De la pierre, dis-je, qui les suivait. Ces paroles peuvent s’entendre de deux manières : qui les suivait, c’est-à-dire qui obéissait à leur volonté ; (Psaume LXVII, 29) : "Dieu leur a accordé ce qu’ils désiraient." Les eaux, en effet, les suivaient partout. (Isaïe XLVIII, 21) : "Le Seigneur fit sortir pour eux l’eau de la pierre, etc." ; ou encore, qui les suivait, c’est-à-dire marquait la vérité qui devait suivre. Or (verset 4) : cette pierre était Jésus-Christ, non quant à sa substance, mais dans sa signification ; (Matth., XXI, 42) : "C’est la pierre que ceux qui bâtissaient avaient rejetée, etc." On peut encore entendre ce passage des bons. Voici le sens en peu de mots : Je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères, que nos pères, ceux qui nous ont transmis la foi, tous bons, au sens spirituel ; aussi dit-il nos pères, et non pas leurs pères, ont tous été sous la nuée, comme il a été expliqué, et tous ont mangé la même viande spirituelle, c’est-à-dire le corps de Jésus-Christ dans ce symbole pris au sens spirituel. Ils ont donc mangé la même viande spirituelle, c’est-à-dire celle que nous mangeons nous-mêmes, mais une nourriture corporelle autre que la nôtre ; et ceci est vrai de ceux qui croyaient au Christ, car ils mangeaient Jésus-Christ spirituellement, selon cette parole : "Ayez la foi, et vous avez mangé" [(Augustin)]. Et tous ont bu du même breuvage, c’est-à-dire du sang du Christ, dans le signe qui le figurait. L’Apôtre parle donc du signe et du breuvage spirituel par la foi, et non du breuvage corporel (verset 4) : Ils buvaient de l’eau de la pierre mystérieuse, etc. comme il a été expliqué plus haut. L’on doit désirer et cette viande et ce breuvage, car ils suffisent ; c’est ce qui fait dire à saint Paul : Tous ont mangé l’un et l’autre ; ils ne manquent jamais, puisque c’est le même ; ils sont utiles enfin, puisque c’est une viande et un breuvage spirituels, caractère désigné par l’expression même de spirituel, etc.

III° Lorsqu’il ajoute (verset 5) : Cependant la plupart d’entre eux, etc. saint Paul, après les bienfaits reçus, rappelle les châtiments. Et d’abord l’offense, ensuite le châtiment, à ces mots (verset 5) : car ils périrent dans le désert. Il dit donc : Mais la plupart d’entre eux, etc., comme s’il disait : les Juifs ont profité de tous ces bienfaits, et cependant la plupart d’entre eux ne furent pas agréables à Dieu, à savoir, ceux qui l’offensèrent ; mais deux seulement trouvèrent grâce, Caleb et Josué, à qui seuls il fut donné d’entrer dans la terre promise (Nomb., XIV, 24) ; (Malachie, I, 10) : "Mon affection n’est pas en vous, dit le Seigneur."

Leçon 2 : 1 Corinthiens X, 6-11 — Tout leur est arrivé pour notre instruction
SOMMAIRE : L’Apôtre établit que tout a été écrit pour notre instruction. Il faut donc prendre garde de commettre les mêmes fautes, si l’on ne veut pas être puni des mêmes châtiments.

6. Or toutes ces choses ont été des figures de ce qui nous regarde, afin que nous ne nous abandonnions pas aux mauvais désirs, comme ils s'y abandonnèrent.

7. Et que vous ne deveniez pas idolâtres, comme quelques-uns d'eux dont il est écrit : Le peuple s'assit pour manger et pour boire, et ils se levèrent pour se divertir.

8. Ne commettons pas de fornication, comme quelques-uns d'entre eux commirent ce crime, pour lequel vingt-trois mille furent frappés de mort en un seul jour.

9. Ne tentons pas le Christ, comme le tentèrent quelques-uns d’entre eux, qui furent tués par les serpents.

10. Ne murmurez pas, comme murmurèrent quelques-uns d'entre eux, qui furent frappés de mort par l'Ange exterminateur.

11. Or toutes ces choses qui leur arrivaient étaient des figures ; et elles ont été écrites pour nous servir d'instruction, à nous autres, qui nous trouvons à la fin des temps.

L’Apôtre, après avoir rappelé ce qui est arrivé à l’ancien peuple juif, prouve ici qu’il en a été ainsi non pas à cause d’eux seulement, mais pour nous corriger. Il fait voir que tout ce qui a été rapporté a eu lieu pour nous corriger du péché ; II° que cela a aussi été écrit pour nous, à ces mots (verset 6) : Or toutes ces choses ont été des figures, etc.

Dans la première de ces propositions, saint Paul établit que ces événements ont eu lieu pour nous éloigner du péché, I. du péché qui se commet dans le cœur ; II. du péché qui se commet par les oeuvres (verset 7) : Ne devenez pas non plus idolâtres ; III. du péché de la bouche (verset 10) : Ne murmurez pas comme murmurèrent quelques-uns d’entre eux, etc.

I. Dans la première subdivision, il détourne du péché, en montrant le châtiment ; il en prend occasion de détourner de la faute (verset 6) : afin que nous ne nous livrions pas aux mauvais désirs ; il rappelle le souvenir de ce qui s’est passé dans le châtiment des méchants (verset 6) : comme ils s’y livrèrent, etc. Il dit donc (verset 6) : Or toutes ces choses ont été en figure ce qui nous regarde ; et ce ne sont pas des suppositions, mais des faits véritables. En figure, dis-je, c’est-à-dire afin que, considérant leur châtiment, nous ne nous livrions pas nous-mêmes aux mauvais désirs, comme ils s’y abandonnèrent. De ceux qui sont tels, il est dit (Psaume CV, 14) : "Ils furent pris de convoitise dans le désert" ; et en (Nomb., XI, 4) il est dit qu’une du peuple brûla du désir de manger de la viande. Il faut remarquer que, comme pour les bons, tout ce qui est figuré est de plus grande valeur que la figure, par exemple le royaume des cieux relativement à la terre promise, ainsi pour les méchants, ce qui est figuré est beaucoup plus terrible que la figure qui l’exprime. Or, selon saint Augustin, les châtiments qui frappaient les Juifs étaient la figure des tourments de l’enfer, la plus grande de toutes les peines. Ces vérités donc s’appliquent aux sages d’entre les Corinthiens, lesquels usaient, au moins dans leurs désirs, des viandes immolées aux idoles, et scandalisaient les faibles, imitant ainsi les Juifs, qui, dans le désert, désiraient des viandes ; ils s’exposaient donc par là au même châtiment.

II. A ces paroles (verset 7) : Ne devenez pas non plus idolâtres, etc., l’Apôtre détourne des péchés commis en actes, en indiquant trois espèces de péchés : l’idolâtrie, la fornication (verset 8) : et ne commettons pas de fornication, etc. ; la tentation de Dieu (verset 9) : et ne tentons pas Jésus-Christ, etc.

Dans la première proposition, il détourne d’abord du péché d’idolâtrie ; ensuite, il inspire de la frayeur par un exemple (verset 8) : "comme le firent quelques-uns d’entre eux, etc." ; enfin il explique ce qui est contenu dans l’exemple qu’il cite (verset 8) : dont il est écrit, etc. Il dit donc (verset 7) : Ne devenez pas non plus idolâtres, en usant des viandes immolées aux idoles, par vénération pour l’idole, ou au scandale des faibles, comme quelques-uns d’entre eux, suppléez devinrent idolâtres ; (Exode, XXXII, 4); et (Psaume CV, 19) : "Et ils se firent un veau d’or près d’Horeb, et ils adorèrent cette sculpture, comme il est écrit" ; (Exode, XXXII, 6) : "Le peuple," c’est-à-dire une partie du peuple, "s’assit pour manger et pour boire" devant l’idole. C’est à ceux-là que deviennent semblables ceux qui mangent des viandes immolées aux idoles, en vénérant ces idoles. "et tous se levèrent pour danser," c’est-à-dire pour établir des jeux, des danses par exemple, ou d’autres amusements semblables, en l’honneur de l’idole. Ou encore Ils se levèrent pour jouer, c’est-à-dire pour adorer l’idole, ce qui ressemble aux jeux des enfants, qui se font des figures de terre. En ajoutant (verset 8) : Ne commettons pas de fornication, saint Paul indique ce péché. Et d’abord, il détourne de le commettre ; ensuite, il effraye par l’exemple de la faute (verset 8) : comme le firent quelques-uns, etc. ; enfin, par l’exemple du châtiment (verset 8) : et, en un seul jour, vingt-trois mille périrent. Il dit donc : Et ne commettons pas de fornication, comme le font quelques-uns d’entre vous (ci-dessus, V, 1) : On entend dire qu’on se livre chez vous à la fornication, et comme quelques-uns d’entre eux y sont tombés, à savoir avec les Madianites (Nomb., XXV, 1). Et pour ce crime périrent en un seul jour vingt-trois mille, bien plus, vingt-quatre mille hommes. Le plus grand nombre n’excluant pas le plus petit, le chiffre n’est pas ici exprimé avec précision, ou peut-être est-ce la faute d’un copiste. A ces mots (verset 9) : et ne tentons pas le Christ, l’Apôtre passe à la tentation de Dieu. Il en détourne d’abord par un avertissement, ensuite par un exemple (verset 9) : comme le tentèrent quelques-uns, etc. ; enfin par le châtiment (verset 9) : et quelques-uns furent tués par les serpents, etc. Il dit donc (verset 9) : et ne tentons pas le Christ, en nous défiant de sa puissance, comme font ceux qui, parmi vous, désespèrent de la résurrection, ainsi que quelques uns d’entre eux tentèrent Dieu ou son Christ, dans la personne de Moïse, lorsqu’ils disaient : « Est-ce qu’il pourra nous nourrir dans le désert ? » et qui, pour ce crime, furent tués par des serpents, jusqu’à ce que le serpent d’airain ayant été exposé, ils trouvent leur guérison en le regardant. On lit ce fait au chapitre XXI, 8 du livre des Nombres et (Deut., VI, 16) : "Vous ne tenterez pas le Seigneur votre Dieu."

III. Lorsque l’Apôtre dit (verset 10) : et ne murmurez pas, etc., après le péché de coeur et d’action, il détourne du péché de parole : des murmures ; il cite quelques uns en exemple, d’abord de la faute (verset 10) : comme murmurèrent quelques-uns, etc., ensuite du châtiment (verset 10) : et ils furent frappés de mort par des serpents. Il dit donc : Ne murmurez pas contre moi ; ou encore, les plus jeunes contre les anciens ; (Sag. I, 11) : "Gardez-vous du murmure." Comme murmurèrent quelques-uns contre Moïse ; (Nomb., XVI, 41) : "Toute la multitude des enfants d’Israël murmura contre Moïse" - et qui, pour ce murmures furent frappés de mort par l’exterminateur, c’est-à-dire par l’Ange qui les fit périr sur les frontières de la terre promise ; (Baruch, III, 19) : "Ils ont été exterminés ; ils sont descendus dans les enfers."

Remarquez sur ce passage : Tous, sous la conduite de Moïse, ont été baptisés, que saint Jean Damascène (liv. IV, du Baptême) distingue neuf sortes de baptême, en prenant ce mot dans une large acception :

l’eau du déluge (Gen., VI, 11ss) ;

la mer Rouge (Exode, XIV, 15) ;

l’eau d’expiation (Nomb., XIX, 20ss) ;

le baptême de Jean-Baptiste (Matthieu III, 6);

le baptême que reçut Jésus-Christ (Luc III, 21) ;

le baptême du Saint Esprit, conféré aux apôtres (Actes, I, 5) : "Vous serez baptisés dans le Saint Esprit" ;

le baptême de pénitence et de contrition ; (Ecclésiastique XXIV, 30) : "Si celui qui se lave, après avoir touché un mort, etc. "

le baptême de sang (Luc, XII, 50) : "Je dois être baptisé d’un baptême, et combien suis-je pressé qu’il soit accompli?"

le baptême de l’eau et de l’Esprit (Jean III, 5) : "Celui qui ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit Saint" ; et (Matthieu XXVIII, 19) : "Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit."

II° Lorsque saint Paul dit (verset 11) : Or toutes ces choses qui leur arrivaient, etc., après avoir établi que tout ce qu’il a rapporté a eu lieu à cause de nous, il montre que ces choses ont aussi été écrites pour nous : I. quant à leur signification ; II. quant à notre correction (verset 11) : et elles ont été écrites, etc.

I. Il dit donc (verset 11) : "Or toutes ces choses, etc. ; en d’autres, termes, elles leur sont arrivées non seulement à cause de leurs péchés, non seulement à cause d’eux-mêmes, mais encore parce que toutes étaient des figures et n’arrivaient pas pour eux seuls, car c’était alors le temps des figures.

II. En ajoutant (verset 11) : et elles ont été écrites pour nous instruire, il indique qu’elles ont été écrites pour servir pour notre amendement. L’Apôtre comprend ici trois choses qui peuvent nous porter à nous corriger :

les exemples de ceux qui nous ont précédé, les quels sont marqués dans les Ecritures

le motif de ces exemples, qui est notre amendement ;

le dernier terme, qui est la fin des siècles. Il dit donc (verset 11) : et elles ont été écrites pour nous instruire, parce que (Rom., XV, 4) : "Tout ce qui a été écrit l’a été pour notre instruction." Pour nous, dis-je, qui nous trouvons à la fin des temps, c’est-à-dire au sixième âge, qui est le dernier âge de ceux qui combattent ; (I Jean II, 18) : "Mes petits enfants, c’est ici la dernière heure." Si donc nous sommes au dernier âge du monde, tant d’exemples des âges qui précèdent doivent nous corriger. Ou encore : nous qui sommes à la fin des temps, c’est-à-dire en qui ce qui appartient au monde a trouvé sa fin par la foi et l’amour de Jésus-Christ, car (Philip., III, 20) : "Nous, nous vivons déjà dans le ciel." C’est pour cette raison que sous le règne de la grâce, on ne nous promet pas, comme au temps de la Loi, des prospérités temporelles. Voilà pourquoi encore ces avantages n’entrent pas dans l’alliance, mais viennent par surcroît ; (Matthieu VI, 33) : "Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu, etc." Mais dans les premiers temps, ils faisaient partie de l’alliance ; (Isaïe I, 19) : "Si vous voulez et si vous écoutez, etc." Ces exemples sont certains, puisqu’ils sont écrits ; utiles, puisqu’ils sont destinés à notre amendement ; durables, puisqu’ils sont pour nous qui sommes au dernier âge, etc.

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