439. Il aborde ici le mode de l’assaut. Ez 20, 34 : À main forte et à bras étendu, en déversant ma fureur, je régnerai sur vous ; je vous mènerai au désert des peuples, et là, je vous jugerai face à face. Et pour ce qui est du moment après la capture de la ville : ET APRÈS CELA, en menaçant d’un châtiment, JE LIVRERAI SÉDÉCIAS (Jr 21, 7). Lm 1, 14 : Le Seigneur m’a livré à leur merci, et je ne pourrai fuir. Et il écarte la miséricorde : ET IL NE SE LAISSERA PAS FLÉCHIR, par des prières ou des présents, ET NE LES ÉPARGNERA PAS, en raison d’une amitié ancienne, IL N’AURA PAS NON PLUS PITIÉ, en raison de la compassion pour leur misère. Pr 6, 34 : La jalousie et la colère seront sans pitié au jour de la vengeance, il n’acceptera les prières de quiconque ni de nombreux présents en compensation. Et cela, parce qu’on n’a pas respecté l’entente. Ez 17, 15 : Est-ce que celui qui a rompu l’entente s’en tirera ?
440. Deuxièmement, il leur propose le chemin du salut pour ce qui est du peuple : ET TU DIRAS À CE PEUPLE (Jr 21, 8). En premier lieu, il leur donne la liberté de choisir : JE PLACE DEVANT VOUS LE CHEMIN DE LA VIE ET LE CHEMIN DE LA MORT. Si 15, 17 : Devant l’homme sont la vie et la mort, le bien et le mal : il lui sera donné ce qui lui plaira. Il présente la séparation : QUI RESTERA DANS CETTE VILLE MOURRA..., QUI EN SORTIRA... VIVRA (Jr 21, 9). Jr 51, 45 : Sors de chez lui, mon peuple ! Que chacun de vous sauve sa vie devant l’ardente colère du Seigneur ! Et il en donne la raison : CAR JE VAIS TOURNER MON VISAGE CONTRE CETTE VILLE (Jr 21, 10). Ci-dessus, Jr 1, 13 : Je vois une marmite qui bouillonne. Et contre le roi : ET CONTRE LA MAISON DU ROI DE JUDA (Jr 21, 11), à savoir que tu leur diras, en présentant un conseil : RENDEZ LA JUSTICE LE MATIN (Jr 21, 12). Ps 82[81], 4 : Libérez le faible et le pauvre de la main du pécheur. Et il présente le danger imminent : SINON MA FUREUR VA JAILLIR COMME UN FEU. Dt 32, 22 : Un feu a enflammé ma colère, il brûlera jusqu’aux profondeurs de l’enfer.
441. Troisièmement, il écarte une fausse confiance, en présentant la cause de la confiance : CAR C’EST À TOI QUE J’EN AI (Jr 21, 13), c’est-à-dire à la ville fortifiée de Jérusalem, QUI OCCUPE UNE VALLÉE RETRANCHÉE. En effet, Jérusalem était située sur un versant qui fait face à la vallée de l’Arnon ; elle était donc en partie située dans une vallée. Ou alors, on en parle avec dédain, comme Is 22, 1 : Le fardeau de la vallée de la vision, etc. Elle tirait aussi de la montagne sa solidité, sa force et son assurance, et elle tirait sa fertilité des vallées fertiles. Et aussi son orgueil : TOI QUI DIS : «QUI NOUS ATTEINDRA ?» Ab 1, 3 : Toi qui dis dans ton cœur : «Qui me jettera à terre ?» Et il menace d’un châtiment : JE VOUS VISITERAI, ET JE METTRAI LE FEU À LA MONTAGNE (Jr 21, 14), à un peuple stérile. Jl 1, 19 : Le feu a dévoré la beauté du désert, et une flamme consume tous les arbres de la région.
442. Ici est présentée la menace contre les rois, selon qu’ils sont punis dans leur propre personne, et, à ce propos, il fait trois choses. Premièrement, il présente en effet l’ordre d’annoncer et il précise le lieu de la prédication : DESCENDS [AU PALAIS DU ROI DE JUDA] (Jr 22, 1), car le Temple, où le prophète se tenait pour prier, était situé dans un endroit plus élevé. Ac 10, 20 : Descends et pars avec eux sans hésiter, car c’est moi qui les ai envoyés.
443. Deuxièmement, il donne un conseil en vue du salut, en demandant d’être écouté : ÉCOUTEZ LA PAROLE DU SEIGNEUR (Jr 22, 2). Ps 2, 10 : Et maintenant, rois, écoutez ; apprenez, vous qui jugez la terre. En proposant le conseil de faire le bien en observant la justice : AINSI PARLE LE SEIGNEUR : «[PRATIQUEZ LE DROIT ET LA JUSTICE]» (Jr 22, 3), l’accomplissement de la justice, ce qui est appartient en propre au roi et au juge. Sg 1, 1 : Aimez la justice, vous qui jugez la terre. Et en empêchant la calomnie : ET LIBÉREZ CELUI QUI EST SOUMIS DE FORCE À L’OPPRESSION. Ps 82[81], 4 : Tirez le pauvre et libérez le malheureux de la main du pécheur. Avant d’éviter le mal en enlevant injustement des choses : NE MALTRAITEZ PAS L’ÉTRANGER, LA VEUVE ET L’ORPHELIN. Ex 22, 21 : Tu ne maltraiteras pas l’étranger ni ne l’affligeras. Et pour ce qui est du meurtre des innocents : ET TU NE VERSERAS PAS LE SANG INNOCENT. Ex 23, 7 : Tu ne tueras pas l’innocent et le juste, car je m’opposerai à l’impie. Et il présente le résultat du conseil en proposant la récompense de ceux qui l’observent : CAR SI VOUS OBSERVEZ CETTE PAROLE, DES ROIS ISSUS DE DAVID SIÉGERONT AUX PORTES DE CETTE MAISON (Jr 22, 4). [On trouve] la même chose ci-dessus, Jr 17. Et le châtiment de ceux qui le méprisent : MAIS SI VOUS N’ÉCOUTEZ PAS CES PAROLES, JE JURE PAR MOI-MÊME (Jr 22, 5), parce qu’il n’y a pas de plus grand que moi. He 6, 13 : En effet, lorsqu’il fit la promesse à Abraham, Dieu, ne pouvant jurer par un plus grand, jura par lui-même. [CE PALAIS DEVIENDRA] UNE RUINE. Is 1, 7 : Ce sera la désolation comme une dévastation par les étrangers. CE PALAIS, royal, ou bien le Temple.
444. Troisièmement, il annonce à l’avance un danger imminent. En premier lieu, pour la ville royale, en abordant sa gloire : CAR AINSI PARLE LE SEIGNEUR AU SUJET DU PALAIS [DU ROI DE JUDA] (Jr 22, 6), c’est-à-dire Jérusalem : «TU ES POUR MOI LE SOMMET», c’est-à-dire, tu as été pour moi le sommet de tout le royaume, comme Galaad est le sommet de la plaine qui se trouve sur les hauteurs du Liban, où Laban trouva Jacob, Gn 31. Ps 87[86], 2 : Le Seigneur aime les portes de Sion par-dessus toutes les demeures de Juda. Il annonce à l’avance le châtiment à venir, en présentant le châtiment infligé pour ce qui est de la désolation des villes : SI JE NE M’ARRÊTE, c’est-à-dire si on ne me croit pas, [JE RÉDUIRAI] LES VILLES, qui te sont soumises, [EN DÉSERT]. Jl 2, 3 : La terre est comme un jardin de délices devant lui, derrière lui c’est la solitude du désert. Et pour ce qui est de l’extermination des hommes, en présentant celui qui les exterminera : JE VOUERAI [CONTRE TOI DES DESTRUCTEURS] (Jr 22, 7), comme s’il disait : «Je leur confierai l’accomplissement de mon ordre.» [On trouve] quelque chose de semblable en Is 13, 3 : J’ai donné mes ordres à mes saints, j’ai appelé mes héros dans ma colère, etc. Et pour ce qui est de l’extermination : ET ILS METTRONT LE FEU [AUX PLUS BEAUX] DE TES CÈDRES, c’est-à-dire aux plus grands parmi le peuple, si l’on veut préserver la métaphore. Za 11, 1 : Liban, ouvre tes portes, et que le feu dévore tes cèdres ! Gémis, genévrier, car le cèdre est tombé, car les majestueux sont ravagés. En présentant aussi la stupéfaction devant le châtiment infligé : ET QUAND DES NATIONS [NOMBREUSES] PASSERONT (Jr 22, 8), là où il présente la question de ceux qui sont stupéfaits : «POURQUOI LE SEIGNEUR A-T-IL TRAITÉ DE LA SORTE CETTE VILLE ?» Et [il présente] la réponse des auditeurs : ET ON RÉPONDRA (Jr 22, 9). Dt 29, 23-24 : Et toutes les nations diront : «Pourquoi le Seigneur a-t-il traité de la sorte ce pays ? Pourquoi l’ardeur de cette grande colère ?» Et l’on répondra : «Parce qu’ils ont abandonné l’alliance que le Seigneur avait conclue avec leurs pères, etc.»
445. Deuxièmement, il présente une menace contre la lignée royale. En premier lieu, contre Joiaqim, fils de Josias, en cet endroit : CAR AINSI PARLE LE SEIGNEUR (Jr 22, 16). En second lieu, contre Joathan, fils de Joiaqim, en cet endroit : JE VIS, DIT LE SEIGNEUR (Jr 22, 24). Et l’on parle d’eux dans 2 R 23.
446. À propos du premier point, il fait deux choses. Premièrement, la menace est présentée, où il interdit de pleurer Josias tué : NE PLEUREZ PAS CELUI QUI EST MORT (Jr 22, 10), c’est-à-dire Josias. Si 22, 11 : Pleure un peu le mort, car il a trouvé le repos. Et il incite à pleurer Joathan devenu prisonnier du Pharaon : PLEUREZ PLUTÔT [CELUI QUI EST PARTI. Jb 20, 9 : L’œil qui l’avait vu ne l’aperçoit plus, ni sa demeure ne le verra. On parle de pleurer lorsque des larmes sont versées. Le deuil ajoute une certaine solennité, mais les lamentations ajoutent encore un questionnement sous forme de paroles. Deuxièmement, la confirmation de la menace par le jugement divin est présentée : CAR AINSI PARLE SEIGNEUR À SHALLUM (Jr 22, 11-12), Joiaqim, car tous les fils de Josias sont appelés Shallum, c’est-à-dire «achèvement», car le royaume s’est achevé en eux. Is 22, 18 : Il te roulera comme une boule, comme une balle sur un vaste espace. De ce point de vue, toute la prophétie de ce chapitre s’est réalisée au temps de Joiakim, et il parle de la captivité de Joathan au passé et prédit la captivité des autres comme si elle était à venir. Mais Jérôme comprend que ce qui est dit doit être interprété de Sédécias, et que la prophétie faite jusqu’à maintenant s’est réalisée au temps de Sédécias à partir du début du chapitre 2, et qu’elle s’est appliquée à Joiaquim par la suite.
447. Ici est présentée la menace contre Joiaquim. Premièrement, il lui reproche la faute d’une construction injuste, en présentant la maison injuste : MALHEUR À QUI BÂTIT SA MAISON [SANS LA JUSTICE] (Jr 22, 13), c’est-à-dire [malheur] à Joiaquim, fils de Josias ; ET SES CHAMBRES HAUTES [SANS LE DROIT], au sens propre, celles [coenacula] auxquelles on monte par des escaliers et des degrés et qu’on nomme ainsi en raison du fait qu’on y mange [coenando]. Si 21, 9 : Bâtir sa maison avec l’argent d’autrui, c’est comme amasser ses pierres en hiver. QUI FAIT TRAVAILLER SON PROCHAIN POUR RIEN, en lui demandant son aide pour construire. Lv 19, 13 : Le salaire de l’ouvrier ne demeurera pas avec toi jusqu’au lendemain matin. En présentant aussi l’embellissement de la construction : QUI SE DIT : «JE VAIS ME BÂTIR UNE MAISON SPACIEUSE... LAMBRISSÉE (Jr 22, 14), où se succèdent les chambres élevées pour l’observation du soleil, PEINTE EN ROUGE, d’une couleur rouge nommée d’après Synope, une ville des Perses.
448. Deuxièmement, il écarte la fausse confiance par laquelle il se promettait la prospérité que son père Josias avait possédée, en présentant une comparaison insensée : RÈGNES-TU PARCE QUE TU TE COMPARES AU CÈDRE ? (Jr 22, 15), à ton père. Ps 37[36], 35 : J’ai vu l’impie forcené s’élever comme les cèdres du Liban. Et il montre leur discrétion, en mettant de l’avant la justice de son père : TON PÈRE MANGEAIT (Jr 22, 15-16), et cependant il ne s’est pas éloigné de la justice en raison de l’abondance. C’est pourquoi il lui a succédé dans la prospérité. Jb 29, 25 : Et je siégeais comme un roi entouré [de son armée] ; mais je n’en étais pas moins le consolateur des affligés. Et en mettant de l’avant l’injustice du fils : MAIS TOI, TES YEUX, pour ce qui est de la connaissance, ET TON CŒUR, pour ce qui est du désir du cœur, [SONT TENDUS] VERS L’AVARICE, pour ce qui est de l’enlèvement injuste des biens, VERS LA CALOMNIE, pour ce qui est de l’injuste imputation d’un crime par laquelle il opprimerait, VERS LA COURSE AU MAL (Jr 22, 17), comme s’il disait : «Ce que tu avais conçu dans ton cœur, tu l’accomplissais en action.» Gn 6, 5 : Le cœur de l’homme ne formait que de mauvais desseins à longueur de journée.
449. Troisièmement, il menace d’un châtiment : C’EST POURQUOI, AINSI PARLE LE SEIGNEUR (Jr 22, 18). En premier lieu, pour ce qui est du roi lui-même, [il menace] de la privation de lamentations : POINT DE LAMENTATION, de la part des parents, ON NE CRIERA PAS, du commun accord des sujets. Ci-dessus, Jr 16, 4 : Ils ne seront pas pleurés ni enterrés ; ils serviront de fumier sur la face de la terre. Et pour ce qui est de la privation de sépulture : ILS SERONT ENTERRÉS COMME ON ENTERRE UN ÂNE ! (Jr 22, 19), car il sera jeté pour être dévoré par les bêtes. Is 14, 19 : Tous les rois des nations, tous reposeront dans la gloire, comme un homme dans sa maison. Mais toi, tu seras tiré de ton tombeau comme un rameau inutile, dégoûtant, et tu seras mêlé à ceux qui ont été tués par l’épée et sont tombés jusqu’au fond du piège. Mais, à propos de ce Joiaqim, on trouve diverses choses en divers endroits. En effet, en 2 R 24, il est dit que le Seigneur a envoyé des voleurs des nations voisines contre lui, qui l’ont tué, et il reposa avec ses pères. Mais, en 2 Ch 36, il est dit que le roi de Babylone monta contre lui et l’amena captif à Babylone. Mais Josèphe dit que, lorsque Nabuchodonosor ou Nabuzardan fut entré dans la ville, il rompit l’entente et tua plusieurs jeunes gens, parmi lesquels Joiaqim. Mais ici, on dit qu’il demeura sans sépulture. C’est pourquoi, pour mettre tous ces textes d’accord, il faut savoir que ce Joaqim fut substitué par le Pharaon à son frère Joathan, et régna par la suite avec le roi de l’Égypte. Toutefois, à la huitième année de son règne, Nabuchodonosor se dressa contre lui et s’en saisit. Et il fut soumis au tribut pendant deux ans. Mais, à la dixième année, il se rebella. C’est pourquoi Nabuchodonosor se dressa contre lui et l’emmena captif à Babylone. En route, il s’allia à lui et retourna à Jérusalem. Mais Nabuzardan, après avoir rassemblé des voleurs des nations voisines, entra dans Jérusalem et, rompant l’entente, le tua. Comme il avait été enseveli par le peuple du pays dans des tombeaux royaux, Nabuzardan en fut indigné ; il le fit déterrer et jeter aux bêtes pour être dévoré.
450. En deuxième lieu, il présente contre ses dirigeants leur écrasement : MONTE SUR LE LIBAN (Jr 22, 20), la montagne du Temple, SUR LE BASHAN, qui est au pied de la montagne de Jérusalem. Is 40, 9 : Monte sur une haute montagne, messagère de Sion. [TOUS] TES AMANTS, les princes et les défenseurs. En présentant aussi la raison de cet [écrasement] dû à la désobéissance : JE T’AI PARLÉ AU TEMPS DE TON ABONDANCE (Jr 22, 21), c’est-à-dire au moment où tu abondais de biens que je t’avais donnés. Ci-dessus, Jr 6, 17 : Attention au signal du cor ! Mais ils ont dit : «Nous ne l’écouterons pas !» En raison aussi d’une habitude ancienne : CE FUT TON COMPORTEMENT, à savoir la désobéissance, DEPUIS TA JEUNESSE, c’est-à-dire depuis le moment où tu es sorti d’Égypte. Is 48, 8 : Dès le berceau, je t’ai appelée «révoltée». Ci-dessus, Jr 2, 20 : Depuis longtemps, tu as brisé ton joug, rompu tes liens, et tu as dit : «Je ne servirai pas.» Et il présente le mode et l’ordre de l’écrasement : TOUS TES PASTEURS, c’est-à-dire tes dirigeants, LE VENT LES ENVERRA PAÎTRE (Jr 22, 22), [le vent] qui les dispersera en captivité, [TOUS] TES AMANTS, les Égyptiens, [PARTIRONT EN EXIL]. Os 12, 2 : Éphraïm se repaît de vent, et il chasse la chaleur !
451. En troisième lieu, il profère des menaces contre la ville royale elle-même, la honte : ET ALORS, TU SERAS HONTEUSE... TOI QUI ES ÉTABLIE SUR LE LIBAN (Jr 22, 22-23), par lequel l’orgueil est signifié. Rm 6, 21 : Quel fruit recueilliez-vous alors d’actions dont vous rougissez maintenant ? Et la douleur : COMME TU AS GÉMI QUAND LES DOULEURS TE SERONT VENUES, COMME À CELLE QUI ACCOUCHE ! Le passé pour le futur. Ps 48[47], 7 : Des douleurs comme celles d’une accouchée !
452. Ici est présentée la menace contre Jéchonias ; premièrement, il menace de captivité ; deuxièmement, de stérilité, en cet endroit : TERRE ! TERRE ! TERRE ! (Jr 22, 29).
453. À propos du premier point, il fait deux choses. La menace de captivité est présentée, car il menace de la perte de dignité et de l’abandon du secours divin : SI JÉCHONIAS, FILS DE JOIAQIM, ROI DE JUDA, ÉTAIT UN ANNEAU À MA MAIN [DROITE] (Jr 22, 24), même s’il était à l’intérieur de murailles et le roi de mon peuple ; JE L’ARRACHERAI, en le privant de sa dignité et de mon aide. Ap 2, 5 : Je déplacerai ton candélabre de son rang, si tu ne fais pas pénitence. Il menace aussi de la servitude aux mains des ennemis : JE VAIS TE LIVRER [AUX MAINS DE CEUX QUI EN VEULENT À TA VIE] (Jr 22, 25). Lm 1, 14 : Le Seigneur m’a livré en des mains auxquelles je ne pourrai échapper. Il menace aussi de la captivité : ET JE VOUS ENVERRAI [DANS UN AUTRE PAYS] (Jr 22, 26-27). Ba 3, 10-11 : Comment se fait-il, Israël, que tu te trouves au pays de tes ennemis ? Tu as pris racine dans une terre étrangère. En second lieu, l’étonnement devant la menace est présenté : EST-CE UN VASE D’ARGILE CASSÉ QUE CET HOMME JÉCHONIAS ? (Jr 22, 28). Comme s’il n’avait aucune fermeté de vertu ou de puissance ; [DÉPOURVU] D’ATTRAIT, parce que le Seigneur ne prend pas plaisir en lui. Si 21, 14 : Le cœur du sot est comme un vase brisé qui ne retiendra aucune sagesse.
454. Ici il menace d’une stérilité, qui ne conservera même pas le fruit de la prospérité présente : TERRE ! TERRE ! TERRE ! (Jr 22, 29), comme s’il disait : «Même si les hommes n’écoutent pas, au moins les choses non sensibles obéissent.» Ou bien il s’agit d’une métonymie, par laquelle le contenant désigne le contenu. Et il parle de manière à s’exprimer plus fortement, ou bien en raison des trois parties de la terre. Dt 32, 1 : Que la terre écoute les paroles de ma bouche. ÉCRIS (Jr 22, 30), comme une sentence qui est mise par écrit afin d’être gardée en mémoire. Ci-dessus, Jr 17, 1 : Le péché de Juda est écrit avec un stylet de fer, avec une pointe de diamant. IL EST STÉRILE, car il ne concevra pas par l’esprit ce qui lui serait utile. IL NE PROSPÉRERA PAS, dans ses œuvres. Il sera aussi stérile pour ce qui est d’une postérité dans la dignité royale. AUCUN HOMME [NE SIÉGERA SUR LE TRÔNE DE DAVID], un pur homme, car le Christ était de sa descendance, mais il était Dieu et homme, Mt 1. Et il ne fut pas roi selon cette façon de régner, mais il règne éternellement à la droite de Dieu, le Père. [AUCUN HOMME] NE POSSÉDERA LE POUVOIR, comme [un pouvoir] royal. Car Zorobabel, son neveu, ne fut pas le roi du peuple. Plus loin, Jr 36, 30 : Il n’y aura plus personne pour siéger sur le trône de David, etc.
455. Remarque, à propos de : NE PLEURE PAS SUR UN MORT (Jr 22, 10), qu’il ne faut pas verser beaucoup de larmes pour un mort en raison de l’inutilité des lamentations. Si 38, 20 : N’abandonne pas ton cœur au chagrin, mais repousse-le. En raison de la mort partagée. 2 Sm 14, 14 : Nous mourons tous, et nous nous dissipons dans la terre comme l’eau qui ne revient pas. En raison de la préservation de la faute. Sg 4, 11 : Il a été enlevé de peur que la malice n’altère son jugement ou que la fourberie ne trompe son âme. En raison de la cessation de la fatigue. Ap 14, 13 : Dès maintenant l’Esprit dit : «Qu’ils se reposent de leurs fatigues !» En raison de l’obtention de la gloire. 2 Co 5, 1 : En effet, nous savons que, si la maison terrestre où nous résidons vient à être détruite, nous avons une maison qui est l’œuvre de Dieu, une maison qui n’est pas faite de main d’homme, mais qui est éternelle dans les cieux.
456. De même, à propos de : LE VENT MÈNE TOUS TES PASTEURS (Jr 22, 22), remarque que parfois le vent de l’arrogance mène les pasteurs de l’Église. Is 57, 13 : Le vent les enlèvera, un souffle les emportera. Le vent d’un trop grand espoir. Si 34, 2 : C’est saisir une ombre et poursuivre le vent que de s’arrêter à des songes trompeurs. Le vent de la captivité. Ez 5, 2 : Tu jetteras au vent le [dernier] tiers et tu tireras l’épée contre eux. Et celui de la damnation à venir. Ci-dessus, Jr 18, 17 : Comme un vent brûlant, je les disperserai devant l’ennemi ; c’est mon dos et non ma face que je leur montrerai au jour de leur ruine.
457. Ici, on présente une menace contre tous les dirigeants d’une manière générale : premièrement, on présente une menace contre les mauvais dirigeants ; deuxièmement, [on présente] la séparation des bons et des méchants, en cet endroit : LE SEIGNEUR ME MONTRA (Jr 24, 1).
458. La première partie est divisée en deux parties. Premièrement, une menace est présentée contre ceux qui sont éminents parmi le peuple en raison de l’autorité du gouvernement, à savoir les prélats ; deuxièmement, contre ceux qui sont éminents parmi le peuple en raison du privilège d’une révélation divine, à savoir les prophètes, en cet endroit : SUR LES PROPHÈTES. MON CŒUR EN MOI EST BRISÉ (Jr 23, 9).
459. À propos du premier point, il fait deux choses. Premièrement, il leur reproche leur faute ; deuxièmement, il les menace d’un châtiment, en cet endroit : JE VISITERAI (Jr 23, 3).
460. À propos du premier point, il fait deux choses. Premièrement, il présente la dispersion du peuple : [MALHEUR AUX PASTEURS QUI] DISPERSENT [LES BREBIS DE MON PÂTURAGE] (Jr 23, 1), en les expulsant de leur pays, QUI LES METTENT EN PIÈCES, en les tuant ou en les dépouillant, soit en raison de la tyrannie qu’ils exerçaient sur elles, soit parce qu’ils ont été l’occasion pour le peuple de souffrir cela de la part des ennemis, alors que, vivant dans les péchés, ils ne tiraient pas le peuple des péchés. Plus loin, Jr 50, 6 : Mon peuple est devenu un troupeau égaré, ses pasteurs l’ont trompé et l’ont fait errer sur les montagnes.
461. Deuxièmement, les reproches faits aux pasteurs sont présentés : C’EST POURQUOI AINSI PARLE LE SEIGNEUR : «VOUS AVEZ CHASSÉ [MES BREBIS]» (Jr 23, 2), soit en suscitant l’occasion, soit par la tyrannie. Ez 34, 21 : Vous frappiez à coups de cornes toutes les brebis malades jusqu’à les disperser au dehors.
462. Ici, il menace de châtiment : premièrement, on présente une menace contre les pasteurs : JE VISITERAI [MES BREBIS] (Jr 23, 3). Plus haut, Jr 21 14 : Je vous visiterai selon le fruit de vos entreprises ; deuxièmement, la consolation du troupeau dispersé est présentée : JE RASSEMBLERAI MOI-MÊME [LE RESTE DE MES BREBIS] (Jr 23, 3).
463. À cet endroit, il présente d’abord le rassemblement (Jr 23, 3). Ez 34, 13 : Je les ferai quitter les peuples où elles sont, je les rassemblerai des pays étrangers. Puis, leur état de prospérité : ET ELLES SE MULTIPLIERONT. Gn 1, 22 : Croissez, multipliez-vous, et remplissez la terre. Deuxièmement, il leur promet la correction des dirigeants. Et, en premier lieu, il leur promet des dirigeants attentionnés en présentant la sollicitude des pasteurs : JE SUSCITERAI, alors que vous êtes déjà tombés dans le néant, DES PASTEURS (Jr 23, 4). Selon certains, il s’agit d’Esdras ; mais il s’agit plutôt des apôtres. Plus haut, Jr 3, 15 : Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur, et ils vous paîtront par leur savoir et leur enseignement. [En présentant] l’utilité de la sollicitude, c’est-à-dire la sécurité : ELLES NE CRAINDRONT PLUS, pour ce qui est des signes extérieurs de la crainte, ET ELLES NE SERONT PLUS EFFRAYÉES, à l’intérieur, ET AUCUNE NE S’ÉCARTERA, comme s’il disait : «Personne qui est dans l’Église ne craindra ou ne déclinera en raison de la négligence des apôtres.» Ou bien, on met cela en rapport avec le nombre des prédestinés. Jn 17, 12 : Aucun d’entre eux ne se perd que le fils de perdition. Toutefois, cette sécurité ne se réalise pas en cette vie, mais elle se réalisera lorsque la charité chassera la crainte (1 Jn 4, 18), et elle sera consommée dans l’avenir.
464. En second lieu, il leur promet le meilleur roi, en montrant que le temps convient : VOICI, en raison de la certitude, LE JOUR (Jr 23, 5). 2 Co 6, 2 : Voici le moment propice, voici maintenant le jour du salut ! [Il montre] la condition du roi qui vient pour ce qui est de la noblesse de sa race : ET JE SUSCITERAI À DAVID UN GERME JUSTE. Plus loin, Jr 33, 15 : Je ferai pousser un germe de justice pour David, j’exercerai le droit et la justice sur la terre. Pour ce qui est [aussi] de l’autorité de sa dignité : ET UN ROI RÉGNERA, non seulement sur les Juifs, mais aussi sur toutes les nations. Lc 1, 33 : Et il régnera sur la maison de Jacob pour l’éternité. Dn 7, 27 : Son règne est un règne éternel, et tous les rois le serviront et lui obéiront. Pour ce qui est de la sagesse du cœur : ET IL SERA SAGE, bien plus, il sera la sagesse même. 1 Co 1, 24 : Le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Et pour ce qui est de l’application du droit : ET IL EXERCERA LE DROIT, lors de son premier avènement, contre le Diable, qui était appelé le prince du monde, Jn 12, 31 : C’est maintenant le jugement du monde, maintenant le prince de ce monde sera chassé, à savoir, dans les ténèbres extérieures ; lors du second [avènement], contre tous, en punissant par une sentence générale. Jn 5, 22 : Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils. ET LA JUSTICE, qu’il a enseigné de respecter. Mt 5, 20 : Si votre justice n’est pas plus grande que celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. Et pour assurer le secours de la grâce : c’est pourquoi il présente l’utilité de sa venue pour ce qui est de sauver du châtiment : EN CES JOURS-LÀ, [JUDA] SERA SAUVÉ (Jr 23, 6). Lors du premier avènement, d’une manière particulière ; lors du second avènement, d’une manière universelle, lorsque tout Israël sera sauvé. Rm 11. Is 10, 22-23 : Même si les fils d’Israël sont nombreux comme le sable de la mer, un reste parmi eux se convertira. Et pour ce qui est de la sécurité : ET ISRAËL HABITERA EN SÉCURITÉ. Et cela doit être expliqué comme ci-dessus. Is 32, 18 : Mon peuple siégera dans la beauté de la paix, dans des tentes de justice et dans la plénitude du repos. Et il dit JUDA pour ce qui est des deux tribus, et ISRAËL, pour ce qui est des dix tribus, afin d’indiquer qu’elles seront d’accord dans la foi au Christ. Os 1, 11 : Et elles se donneront un seul chef, etc.