489. Ici est présentée une menace universelle contre les dirigeants de toutes les nations. Et cela se divise en deux parties. Dans la première est présentée la menace ; dans la seconde, la révélation de la menace, en cet endroit : PARCE QU’AINSI PARLE LE SEIGNEUR (Jr 25, 8).
490. À propos du premier point, [il fait] deux choses. Premièrement, il présente le titre de la prophétie : PAROLE QUI FUT ADRESSÉE À JÉRÉMIE, etc. (Jr 25, 1), d’où l’on conclut que la prophétie a précédé la vision précédente. Deuxièmement, la prophétie de menace est présentée, en cet endroit : DEPUIS LA TREIZIÈME ANNÉE DE JOSIAS (Jr 25, 3).
491. En premier lieu, il indique la cause de la menace ; en second lieu, il menace d’un châtiment, en cet endroit : C’EST POURQUOI AINSI PARLE LE SEIGNEUR DES ARMÉES (Jr 25, 8). Il indique la cause du fait de la désobéissance en raison de laquelle ils ont été comptés pour le châtiment parmi les autres peuples, désobéissance qu’il aggrave pour trois raisons. Premièrement, en raison du prophète même qui annonce, car il a été constant dans son annonce : DEPUIS LA TREIZIÈME ANNÉE DE JOSIAS (Jr 25, 3) jusqu’à la fin de [sa] vie et de son règne : comme il a régné trente-et-un ans, cela fait dix-huit ans, auxquels, si l’on ajoute les quatre ans de Joiakim et les trois mois que Joathan a régné, on trouve que l’année de la prédication de Jérémie où cela est arrivé est la vingt-troisième. SE LEVANT PENDANT LA NUIT, à la manière de celui qui s’empresse d’accomplir une action. Pr 6, 3 : Parle, hâte-toi, importune ton ami, etc. Deuxièmement, en raison de celui qui envoie, qui se montre empressé par le nombre de ses envoyés : ET LE SEIGNEUR, [SANS SE LASSER, VOUS A ENVOYÉ TOUS SES SERVITEURS, LES PROPHÈTES] (Jr 25, 4). Plus haut, Jr 7, 25 : Je vous ai envoyé tous mes serviteurs, les prophètes, chaque jour ; je me suis levé le matin pour les envoyer, et ils ne m’ont pas écouté, etc. Pour indiquer la sollicitude divine, il parle de «matin» ; il parle aussi de «nuit», car Dieu brille dans les ténèbres. Il s’agit des ténèbres dont parle Jn 3 1ss : il dit que Nicodème vint voir Jésus de nuit, etc. En raison aussi de l’avertissement, qui est honnête en lui-même et utile en regard du pardon promis. C’est pourquoi il amène en premier lieu le châtiment pour les maux passés en présentant un commandement : REVENEZ DONC CHACUN DE VOTRE VOIE MAUVAISE (Jr 25, 5). Is 55, 7 : Que l’impie abandonne sa voie et le méchant ses pensées ; qu’il revienne au Seigneur et il aura pitié d’eux, et à notre Dieu, car il est prompt à pardonner. [Puis, il amène] la promesse : ALORS VOUS HABITEREZ LA TERRE. Is 1, 19 : Si vous voulez bien m’écouter, vous mangerez de bonnes choses de la terre. En second lieu, il prescrit de prendre garde aux maux futurs en présentant un commandement : N’ALLEZ PAS SUIVRE D’AUTRES DIEUX, pour ce qui est de l’idolâtrie, ET NE PROVOQUEZ PAS MA COLÈRE (Jr 23, 6), pour ce qui est des mauvais comportements. Ex 20, 3 : Vous n’aurez pas d’autres dieux devant moi, etc. Et pour ce qui est du mépris du commandement : MAIS VOUS NE M’AVEZ PAS ÉCOUTÉ (Jr 25, 7). Dt 32, 21 : Ils m’ont provoqué par ce qui n’était pas Dieu, et ils m’ont irrité par leurs idoles.
492. Ici, il menace d’un châtiment (Jr 25, 8). Premièrement, de celui que les Babyloniens ont infligé, en décrivant l’ennemi : VOICI QUE J’ENVOIE CHERCHER ET QUE J’ENVERRAI [NABUCHODONOSOR,] MON SERVITEUR (Jr 25, 9), pour autant que celui-ci exerçait le ministère de la volonté divine. Plus haut, Jr 6, 22 : Voici qu’un peuple vient d’un pays du nord, qu’une grande nation se lève des confins de la terre. Et il décrit le châtiment imminent quant à la tuerie : ET JE LES TUERAI, ET J’EN FERAI UN OBJET DE STUPEUR, UNE RISÉE, DES RUINES POUR TOUJOURS. Et ils ne seront jamais rétablis, mais ils seront transformés à l’image d’un éternel désert. Plus haut, Jr 19, 8 : Je ferai de cette ville un objet de stupeur et de dérision. Tout passant en restera stupéfait et sifflera devant tant de blessures. Et quant à la cessation des fonctions humaines pour la joie, JE FERAI DISPARAÎTRE [CHEZ EUX LES CRIS DE JOIE], et pour les besoins de la vie, LE BRUIT DE LA MEULE (Jr 25, 10). Plus haut, Jr 16, 9 : Je vais faire taire ici, sous vos yeux, les cris de joie et d’allégresse, la voix du fiancé et de la fiancée. Et il décrit un châtiment encore plus dur : ILS SERONT ASSERVIS [AU ROI DE BABYLONE] PENDANT SOIXANTE-DIX ANS (Jr 25, 11). En effet, le règne des Chaldéens a eu cette durée. Is 57, 16 : Je ne serai pas éternellement irrité, car mon souffle sortira de mon visage, etc.
493. Deuxièmement, il présente le châtiment que les Chaldéens ont supporté : MAIS QUAND SERONT ACCOMPLIS LES SOIXANTE-DIX ANS (Jr 25, 12). En premier lieu, il présente la menace : JE VISITERAI [LE ROI DE BABYLONE]. Ap 13, 10 : Celui qui a mené en captivité ira en captivité ; celui qui aura tué par le glaive, il faut qu’il soit tué par l’épée. En deuxième lieu, [il présente] la certitude de la menace : ET JE FERAI S’ACCOMPLIR TOUT CE QUE J’AI DIT CONTRE LUI (Jr 25, 13). Is 13, 21, 46, et 47. JÉRÉMIE PROPHÉTISA, plus loin, Jr 50 et 51. CAR ILS ONT ÉTÉ EN ESCLAVAGE (Jr 25, 14), mais ils ont abusé par orgueil du bienfait de Dieu. En troisième lieu, il montre l’équité du châtiment : ET JE LEUR RENDRAI [SELON LEURS ACTES]. Ps 28[27], 4-5 : Rends-leur selon l’œuvre de leurs mains, rends-leur ce qu’ils méritent, car ils n’ont pas compris les œuvres du Seigneur, et tu les détruiras pour l’œuvre de leurs mains, et tu ne les édifieras pas.
494. Ici est présentée sous forme de vision imaginaire la révélation de la menace annoncée. Premièrement, il présente la vision (Jr 25, 15) ; deuxièmement, il l’explique, en cet endroit : TU LEUR DIRAS TOUTES CES PAROLES (Jr 25,30).
495. À propos du premier point, il fait deux choses. Premièrement, [le Seigneur] l’envoie pour [les] faire boire ; deuxièmement, sont invités à boire ceux à qui il préparait à boire, en cet endroit : ET TU LEUR DIRAS (Jr 25, 27).
496. À propos du premier point, [il fait] deux choses. Premièrement, le Seigneur verse une boisson, comme il semblait [à Jérémie] dans une vision imaginaire : PRENDS CETTE COUPE DE VIN (Jr 25, 15). Il lui semblait que le Seigneur, étendant la main, lui versait une coupe. Par le vin est indiquée l’indignation divine, par le calice, le pouvoir des tyrans, par lesquels cette indignation devait se déverser sur les nations. TU FERAS BOIRE, non pas comme si tu [leur] infligeais un châtiment, mais comme si tu [les] dénonçais. Ps 75[74], 9 : Le Seigneur a en main une coupe remplie d’un mélange épicé. Plus loin, Jr 51, 7 : Le Seigneur tient à la main la coupe d’or de Babylone pour enivrer toute la terre ; les nations boiront de son vin et elles en seront ébranlées.
497. Deuxièmement, il présente l’effet du breuvage : [LES NATIONS] BOIRONT, en supportant l’affliction, ELLES SERONT TROUBLÉES, à l’intérieur, par la crainte et la douleur, ET DEVIENDRONT FOLLES, à l’extérieur, en se battant les unes contre les autres à la manière d’un homme ivre (Jr 25, 16). Is 24, 9 : Le breuvage sera amer pour ceux qui le prendront.
498. Troisièmement, le prophète accomplit la fonction enjointe : ET JE PRIS LA COUPE (Jr 25, 17). Premièrement, il fait boire les Juifs : JÉRUSALEM (Jr 25, 18). Ez 9, 6 : Commencez par mon sanctuaire. 1 P 4, 17 : Le temps est venu de commencer le jugement par la maison de Dieu. Deuxièmement, [il fait boire] les amis du dehors, en commençant par les Égyptiens en qui ils avaient confiance : PHARAON... [AINSI QUE TOUS LES ROIS] DU PAYS D’UÇ (Jr 25, 19-20), qui est autrement appelé le pays d’Hus, aux confins de l’Idumée et de l’Arabie. ET TOUS LES AUTRES : il dit cela pour Geth, qui est la cinquième ville des Philistins ; ET TOUS LES ROYAUMES (Jr 25, 21-25). Is 14, 26 : Telle est la décision que j’ai prise pour toute la terre et tel est mon bras étendu sur toutes les nations. Troisièmement, [il fait boire] les gens de Babylone : ET LE ROI DE SÉSACH (Jr 25, 26), c’est-à-dire de Babylone, qui est appelée Babel en hébreu. Ainsi, pour cacher le nom , il a inversé les voyelles et changé les consonnes qui leur sont jointes, selon la coutume des Hébreux, qui enseignent aux enfants à dire la première lettre en reculant à partir de la dernière, la deuxième à partir de l’avant-dernière, et ainsi de suite. Ainsi, pour le double beth, qui est la deuxième lettre chez les Hébreux, il met deux fois [la lettre] sin, qui est l’avant-dernière ; et pour lamed, il met caph, qui lui est jointe selon le premier calcul. 1 Co 15, 26 : À la fin, la mort sera détruite.
499. Ici, il invite à boire, et, à ce propos, il fait trois choses. Premièrement, l’invitation est présentée : BUVEZ ! en supportant le châtiment, ENIVREZ-VOUS ! par l’excès, comme s’ils perdaient l’usage de la raison au point de ne pas savoir quoi faire, VOMISSEZ ! rejetez les richesses, TOMBEZ ! dans la mort et la captivité (Jr 25, 27). Et il parle par comparaison avec un homme ivre. Jb 20, 15 : Les richesses qu’il a dévorées, il les vomira, et Dieu les lui arrachera du ventre ! Is 29, 9 : Soyez frappés de stupeur et d’étonnement, soyez ébranlés et vacillez : vous êtes ivres, et non pas de vin ; vous êtes ébranlés, et non par l’ivresse, etc.
500. Deuxièmement, la coercition est présentée : S’ILS REFUSENT...VOUS BOIREZ DE FORCE ! (Jr 25, 28), c’est-à-dire, que vous le vouliez ou non. Ap 14, 9-10 : Si quelqu’un a adoré la bête et son image et a reçu son sceau sur le front et sur la main, celui-ci boira le vin de la colère de Dieu, qui a été mélangé dans la coupe de sa colère.
501. Troisièmement, la raison de la coercition est donnée, et premièrement, par un exemple : CAR VOICI QUE DANS LA VILLE (Jr 25, 29), à savoir, Jérusalem. 1 P 4, 17 : S’il en est ainsi de nous, quelle sera la fin de ceux qui ne croient pas à l’évangile de Dieu ? Plus loin, Jr 49, 12 : Voici que ceux qui n’avaient pas de raison de boire la coupe la boivent de force, et toi, tu resterais impuni ? Tu ne resteras pas impuni, mais tu la boiras pour de bon ! Deuxièmement, en raison d’une décision du Seigneur : [J’APPELLE MOI-MÊME] L’ÉPÉE [CONTRE VOUS], ce qui est la même chose que le breuvage. Ez 21, 3 : Je tirerai mon glaive de son fourreau, et je tuerai chez toi le juste et l’impie.
502. Ici est présentée l’explication de la vision. Premièrement, contre les nations ; deuxièmement, contre les dirigeants des nations, en cet endroit : HURLEZ, PASTEURS ! (Jr 25, 34).
503. À propos du premier point, il fait deux choses. Premièrement, il présente une menace, en présentant l’indignation divine : LE SEIGNEUR RUGIRA, terriblement comme un lion enragé, D’EN HAUT, c’est-à-dire depuis la hauteur de son jugement (Jr 25, 30). Am 3, 8 : Le lion rugira : qui n’aura pas peur ? [Il présente] l’universalité du châtiment : SUR SA BEAUTÉ, c’est-à-dire le Temple, comme s’il disait : «Sa colère commencera par le Temple et se répandra sur toute la terre.» IL POUSSE LE CRI DES FOULEURS [À LA CUVE] : le chant des vendangeurs, par lequel est indiquée la joie des vainqueurs dans la dévastation des terres ; ils sont signifiés par les fouleurs parce qu’ils versent le sang humain comme ceux-ci le sang du raisin. Ainsi, Is 63, 3 : À la cuve j’ai foulé solitaire, et des nations personne n’était avec moi. Je les ai foulés dans ma fureur, et je les ai écrasés dans ma colère ; et leur sang s’est répandu sur mes vêtements, et j’ai souillé tous mes habits. Plus loin, Jr 48, 33 : Le fouleur ne chantera plus son chant de joie. Et il présente l’équité du châtiment, en présentant le jugement : LE SEIGNEUR ENTRE EN PROCÈS CONTRE LES NATIONS (Jr 25, 31). Mi 6, 2 : Le Seigneur est en procès contre son peuple, et il plaide contre Israël. Et la forme du procès : LES IMPIES, [IL LES LIVRE À L’ÉPÉE]. Is 1, 20 : Car si vous provoquez ma colère, l’épée vous dévorera, car la bouche du Seigneur a parlé.
504. En second lieu, il présente le déroulement et l’ordre du châtiment : AINSI PARLE LE SEIGNEUR (Jr 25, 32). Premièrement, il présente le déroulement du châtiment : VOICI QUE [LE MALHEUR] SORTIRA [D’UNE NATION POUR ALLER VERS L’AUTRE], car une nation en combattra une autre et elle-même sera combattue, et ainsi de suite. DEPUIS LES SOMMETS, depuis les plus puissants, comme les Chaldéens, les Grecs, etc. Si 10, 8 : La souveraineté passe d’une nation à l’autre en raison des injustices et des outrages, des affronts et des diverses ruses. Plus loin, Jr 30, 23 : Voici l’ouragan du Seigneur, sur la tête des impies il fait irruption. Deuxièmement, il présente l’effet de la tribulation, car ils perdront la vie : IL Y AURA DES VICTIMES DU SEIGNEUR, c’est-à-dire du fait du Seigneur (Jr 25, 33). Plus haut, Jr 12, 12 : L’épée du Seigneur dévorera la terre d’une extrémité à l’autre. Et ils n’auront pas de sépulture : ON NE LES PLEURERA PAS, ON NE LES RAMASSERA PAS, ON NE LES ENSEVELIRA PAS. Plus haut, Jr 16, la même chose.
505. Ici, il profère des menaces contre les dirigeants des nations. Premièrement, pour ce qui est de leurs personnes, en indiquant d’avance le châtiment : HURLEZ (Jr 25, 34), comme s’ils ne pouvaient exprimer leur douleur par des paroles, mais en élevant la voix. Is 34, 6 : L’épée du Seigneur est couverte de sang, elle s’est gorgée du sang des agneaux et des boucs, et du sang des béliers bien engraissés, etc. LES GRANDS (Jr 25, 35), qui sont les riches et les dirigeants du peuple. Et il écarte une voie salvatrice : PAS D’ÉVASION ! Lm 1, 6 : Ils s’en sont allés sans force devant celui qui les suivait.
506. Deuxièmement, pour ce qui est des territoires affectés : CLAMEUR [DES PASTEURS] (Jr 25, 36). En premier lieu, il présente la comparaison des villes dévastées : CAR LE SEIGNEUR A DÉVASTÉ LEURS PACAGES, à savoir, leurs villes et leurs villages, et, conformément à la métaphore du troupeau, LEURS PAISIBLES PÂTURAGES, qui, en temps de paix, étaient très beaux, ONT ÉTÉ RÉDUITS AU SILENCE (Jr 25, 37), comme s’il disait : «Ils ont été ramenés au néant, de sorte qu’on ne parle plus d’eux.» Jl 1, 19 : Le feu a dévoré les beautés du désert, et les flammes ont brûlé tous les arbres de la région. Et pour ce qui est de la destruction du Temple : LE LION, à savoir, Dieu, A ABANDONNÉ SON REPAIRE (Jr 25, 38), le Temple, que nul n’osait approcher lorsque [Dieu] le gardait. Plus haut, Jr 12, 7 : J’ai quitté ma maison. Deuxièmement, il présente l’explication : CAR LEUR PAYS EST DEVENU UN DÉSERT DEVANT LA COLÈRE DE LA COLOMBE, à savoir, de Dieu, qui punit sans être bouleversé. Ou de Jérusalem, qui se met en colère parce qu’elle s’est détournée de Dieu. Ou de Nabuchodonosor, en raison de la stupidité de l’orgueil. Os 7, 11 : Éphraïm est comme une colombe séduite parce qu’elle n’a pas de cœur. Ou bien parce qu’il avait une colombe dans les pâturages. Ou parce qu’il a accompli le commandement du Seigneur comme un homme doux. Ou par antiphrase, parce qu’il était cruel.
507. Ici est présentée la conspiration des dirigeants contre le prophète. Et cela se divise en trois. Premièrement, il présente le titre ; deuxièmement, une prophétie, en cet endroit : AINSI PARLE LE SEIGNEUR (Jr 26, 2) ; troisièmement, il conclut, en cet endroit : AU DÉBUT DU RÈGNE DE JOACHIM (Jr 27, 1).
Le titre est clair par lui-même.
508. Ici est présentée une prophétie, et il y a trois parties. Dans la première, l’occasion de la persécution [du prophète] est présente ; dans la deuxième, la persécution est présentée, en cet endroit : ET LES PRÊTRES ONT ENTENDU, etc. (Jr 26, 7) ; dans la troisième est présentée la libération [du prophète], en cet endroit : ET LES DIRIGEANTS ENTENDIRENT, etc. (Jr 26, 16).
509. Or, l’occasion venait de la prédication [du prophète]. C’est pourquoi il indique en premier le lieu de sa prédication : TIENS-TOI DANS LA COUR [DU TEMPLE] (Jr 26, 2). Plus haut, Jr 7, 2 : Tiens-toi à la porte de la maison du Seigneur et prononces-y tous tes discours. Deuxièmement, pour ce qui est du résultat de la correction : N’EN RETRANCHE AUCUN MOT ; pour ce qui est de la correction de la faute : [PEUT-ÊTRE] SE DÉTOURNERA-T-IL (Jr 26, 3), et pour ce qui est de la rémission de la peine : JE ME REPENTIRAI. Plus haut, Jr 18, 8 : Si cette nation se repent de sa faute, pour laquelle j’ai parlé contre elle, je me repentirai du mal que j’ai pensé lui faire. Troisièmement, il présente les paroles de la prédication : ET TU [LEUR] DIRAS (Jr 26, 4-6). Plus haut, Jr 7, 14 : Je ferai à cette maison où mon nom a été invoqué et en laquelle vous avez confiance, et au lieu que je vous ai donné ainsi qu’à vos pères, comme j’ai fait pour Silo : je vous rejetterai de ma face, comme j’ai repoussé tous vos frères, toute la descendance d’Ephraïm.
510. Ici est présentée la persécution. À ce propos, il présente quatre choses. Premièrement, l’écoute de la prédication : ET [ILS] ENTENDIRENT (Jr 26, 7). Ez 33, 31 : Ils entendent tes paroles et ne les mettent pas en pratique, car ils les tournent en mélopée dans leur bouche. Deuxièmement, [il présente] leur décision impie : QUAND JÉRÉMIE EUT FINI... LES PRÊTRES SE SAISIRENT DE LUI (Jr 26, 8). Sg 2, 20 : Condamnons-le à une mort honteuse. Am 5, 10 : Ils ont pris en haine celui qui les corrigeait à la porte, et celui qui parlait parfaitement, ils l’ont pris en abomination. Troisièmement, [il présente] la raison de leur méchanceté : CAR IL A PROPHÉTISÉ (Jr 26, 9), comme s’il disait : «Il semble que [Jérémie] dise quelque chose de faux puisque le Seigneur a choisi ce lieu.» 1 R 22, 8 : Je l’ai haï, car il ne me prophétise pas quelque chose de bon, mais de mauvais. Quatrièmement, [il présente] le rassemblement du peuple : ET TOUT LE PEUPLE SE RASSEMBLA. Si 10, 2 : Tel est le dirigeant de la ville, tels sont ceux qui y habitent. Ibidem, 7, 7-8 : Ne te joins pas au peuple, et tu ne t’associeras pas à un double péché.