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Leçon 4 — [Jr 26, 10-16]

511.     Ici est présentée la libération [du prophète] et, à ce propos, il y a deux choses. Premièrement, le jugement des dirigeants en vue de la libération de Jérémie est présenté ; deuxièmement, l’apaisement de la colère du peuple par les paroles des anciens, en cet endroit : CERTAINS DES ANCIENS DU PAYS SE LEVÈRENT DONC (Jr 26, 17).

512.     À propos du premier point, il y a trois choses. Premièrement, il présente le plan des dirigeants : ILS MONTÈRENT VERS LA MAISON DU SEIGNEUR (Jr 26, 10); en vue de réprimer une NOUVELLE sédition, car elle avait de nouveau été soulevée pour obtenir le jugement des prêtres à propos de ce qui se rapportait au culte religieux. Dt 16, 18 : Tu établiras à toutes tes portes les juges et les maîtres que ton Dieu t’aura donnés dans chacune de tes tribus, afin qu’ils jugent le peuple par un juste jugement et ne penchent d’un côté, etc.

513.     Deuxièmement, il présente la discussion au sujet de l’accusation : ALORS LES PRÊTRES PARLÈRENT [À TOUT LE PEUPLE] (Jr 26, 11). Et ils s’efforcent de [lui] attribuer le crime de blasphème afin qu’il soit tué. De même, Ac 6, 13 : Cet homme ne cesse de parler contre le lieu saint et la loi. Et au sujet de la défense : MAIS JÉRÉMIE DIT (Jr 26, 12). Or, il répond prudemment, car il récuse la faute : LE SEIGNEUR M’A ENVOYÉ ; je ne dois donc pas être tenu coupable de ce que j’ai dit. Si 4 27-28 : Ne crains pas ton prochain lorsqu’il est tombé, et ne retiens pas ta parole au temps du salut. Is 48, 16 : Maintenant, le Seigneur m’a envoyé ainsi que son Esprit. Et il atténue la colère en montrant le remède : MAINTENANT DONC, AMÉLIOREZ VOS VOIES ET VOS EFFORTS (Jr 26, 13). Plus haut, Jr 18, 11 : Que chacun revienne de ses voies mauvaises, redressez vos voies et vos efforts. Il répond avec humilité, car il reconnaît [leur] puissance : ME VOICI ENTRE VOS MAINS (Jr 26, 14). Pr 15, 1 : Une réponse calme brise la colère, une manière âpre de parler suscite la fureur. Il répond aussi avec constance, car il interdit qu’on agisse injustement [contre lui] : MAIS SACHEZ [QUE SI VOUS ME FAITES MOURIR] (Jr 26, 15). Gn 14, 10 : La voix du sang de ton frère crie vers moi depuis la terre. Et parce qu’il confirme le jugement [du Seigneur] : LE SEIGNEUR M’A BEL ET BIEN ENVOYÉ. Ac 4, 19 : S’il est juste au regard de Dieu de vous écouter plutôt que Dieu, jugez-en.

514.     Troisièmement, la promulgation de la sentence est présentée : ALORS [LES PRINCES ET LE PEUPLE ENTIER] DIRENT (Jr 26, 16). Et, en premier lieu, la sentence est promulguée par les dirigeants : CET HOMME NE MÉRITE PAS LA PEINE DE MORT. Lc 23, 15 : On n’a rien proféré contre lui qui mérite la mort. En deuxième lieu, la sentence est confirmée par les anciens, à qui il appartient de connaître les faits anciens. Jb 12, 12 : La sagesse se trouve chez les anciens, et la prudence chez les gens âgés.

Leçon 5 — [Jr 26, 17-24]

515.     Ici est présenté le refoulement de la fureur du peuple contre Jérémie par les paroles des anciens (Jr 26, 17). Premièrement, ils proposent d’imiter l’exemple d’un juste dans ce qui est arrivé à Michée, en présentant sa prédication : MICHÉE, l’un des douze petits prophètes ; DE MORASTHI, pour le distinguer de Michée, fils de Yela, dont il est question en 1 R 22 ; [A BIEN DIT À TOUT LE PEUPLE :] SION [SERA UNE COLLINE DE LABOUR] (Jr 26, 18). Mi 3, 1 : Écoutez, dirigeants de Jacob et chefs de la maison d’Israël. Plus haut, Jr 9, 11 : Je ferai de Jérusalem un tas de sable et un repaire de chacals, et je livrerai les villes de Juda à la désolation, à tel point que personne n’y habitera. [Et en présentant] la conversion du peuple : EST-CE QU’IL L’A CONDAMNÉ À MORT ? (Jr 26, 19). Comme s’il répondait que non. Plus haut, Jr 6, 16 : Interrogez les anciens, au sujet de la route, pour savoir quelle est la bonne, et vous trouverez le repos de votre âme. Et ils amènent la conclusion : NE LE FAISONS DONC PAS. Ps 7, 17 : Sa peine retombera sur sa tête, et son iniquité s’abattra sur le sommet de sa tête.

516.     Deuxièmement, ils proposent un exemple d’injustice à éviter afin qu’ils n’ajoutent pas le mal au mal : IL Y EUT ENCORE UN HOMME QUI PROPHÉTISAIT (Jr 26, 20). En premier lieu, sa prédication est présentée : IL PROPHÉTISA [CONTRE CETTE VILLE]. 1 Co 14, 33 : Car Dieu n’est pas un Dieu de discorde, mais de paix. Et ainsi, tous disaient la même chose. En deuxième lieu, la persécution et la fuite sont présentées : [LE PROPHÈTE] ENTENDIT ET PRIT LA FUITE (Jr 26, 21). Mt 10, 23 : S’ils vous persécutent dans une ville, fuyez dans une autre. En troisième lieu, la mise à mort [du prophète] : MAIS LE ROI ENVOYA [EN ÉGYPTE] (Jr 26, 22-23), car il s’était allié aux Égyptiens. C’est pourquoi celui-ci fut tué et Jérémie, libéré, car Dieu permet que certains soient tués parmi les saints pour la condamnation des méchants et [pour donner] un exemple de patience des bons. Jc 5, 10 : Frères, prenez l’exemple de la mort du méchant, et de la longanimité, des peines et de la patience chez les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. Même chose, Ac 12, où Jacques est tué et Pierre est libéré.

517.     Troisièmement, l’exécution de la sentence de libération de Jérémie est présentée : AHICAM, FILS DE SAPHAN, PROTÉGEA DONC JÉRÉMIE (Jr 26, 24).

CHAPITRE 27 — [LES FAUSSES CONSOLATIONS DES FAUX PROPHÈTES]
Leçon 1 — [Jr 27, 1-11]

518.     Ici, après avoir donné un titre clair (Jr 27, 1), [Jérémie] écarte les fausses consolations de la part des prophètes : premièrement, d’une manière générale ; deuxièmement, en allant jusqu’à certains prophètes en particulier : ET IL ARRIVA, DANS CETTE MÊME ANNÉE (Jr 28, 1).

519.     À propos du premier point, il fait deux choses : premièrement, il écarte les consolations de la part des prophètes des nations ; deuxièmement, de la part des prophètes des Juifs, en cet endroit : ET J’AI PARLÉ À SÉDÉCIAS, ROI DE JUDA (Jr 27, 12).

520.     À propos du premier point, il fait deux choses. Premièrement, il indique à l’avance la prophétie par un acte : FAIS-TOI DES LIENS (Jr 27, 2), comme signe de l’esclavage sous les nations, [PUIS ENVOIE-LES AU ROI D’ÉDOM...] PAR L’ENTREMISE DE LEURS ENVOYÉS (Jr 27, 3), qui avaient été envoyés en vue de s’allier au roi de Jérusalem ou en vue de résister à Nabuchodonosor. Os 12, 11 : J’ai multiplié les visions et j’ai ressemblé aux mains des prophètes. Ez 3, 25 : Et toi, fils d’homme, voici que des liens t’ont été mis, et on te liera par eux, et tu ne sortiras pas d’entre eux, etc.

521.     Deuxièmement, il exprime [la prophétie] par la parole : ET TU ORDONNERAS (Jr 27, 4). Car il les incite à se soumettre au roi de Babylone à l’encontre du conseil donné par les prophètes. En premier lieu, en raison de la puissance de Nabuchodonosor qu’il montre de deux façons. Premièrement, à partir d’une autorisation divine, en présentant la création des êtres : C’EST MOI QUI AI FAIT LA TERRE (Jr 27, 5), pour ce qui est de l’œuvre de la création et de son aménagement ; LES HOMMES, pour ce qui est de l’œuvre d’embellissement ; PAR MON BRAS, qui indique l’application de sa puissance à l’œuvre. Is 42, 5 : Affermissant la terre et ce qui pousse en elle. Et il conclut par l’autorité [qu’a Dieu] de [la] donner : ET JE LA DONNE À QUI [BON ME SEMBLE], à un homme ou à n’importe quel autre. Dn 4, 14 : Le Seigneur est au-dessus du pouvoir des hommes, et il donne celui-ci à qui il veut. Et en montrant que Dieu l’a remise à Nabuchodonosor, pour ce qui est des hommes : ET MAINTENANT, J’AI REMIS TOUS CES PAYS AUX MAINS DE NABUCHODONOSOR (Jr 27, 6). Dn 5, 18 : Dieu, le plus grand des rois, a donné à Nabuchodonosor, ton père, une grande gloire et un honneur. Et, à cause de la magnificence qu’il lui avait donnée, tous les peuples, tribus et langues tremblaient et le craignaient, etc. Et pour ce qui est des bêtes : ET MÊME LES BÊTES : il s’agit d’une manière hyperbolique de parler. Ou bien, par les bêtes, sont signifiés les hommes féroces qui lui sont soumis. Ou bien, parce que, une fois les hommes soumis, même les bêtes qui leur sont soumises lui sont soumises. Ainsi, Dn 4, les bêtes se reposaient à l’ombre d’un arbre, par lequel Nabuchodonosor est signifié. D’une autre façon, il montre sa puissance par le fait de la soumission des nations : [TOUTES LES NATIONS] LE SERVIRONT (Jr 27, 7). Qo 3, 1 : Toutes choses ont leur temps. Troisièmement, il les incite par le châtiment des rebelles, en présentant le châtiment des rebelles : MAIS LA NATION OU LE ROYAUME [QUI NE SERVIRA PAS NABUCHODONOSOR] (Jr 27, 8). C’est pourquoi en Rm 13, 5 : Forcés, soyez soumis, non seulement à cause de la colère, mais aussi pour raison de conscience. Et il écarte le conseil des prophètes : ET VOUS, N’ÉCOUTEZ PAS LES PROPHÈTES (Jr 27, 9), dont les païens disent qu’ils peuvent même connaître les choses à venir par l’éclat de l’intellect agent dans leurs âmes ; LES DEVINS, dans les temples des idoles ; LES RÊVEURS, qui [parlent] de leurs songes ; LES AUGURES, qui [parlent] du chant des oiseaux ; LES VATICINATEURS, qui prédisent l’avenir en conjurant les démons. Plus haut, Jr 23, 16 : N’écoutez pas les paroles des prophètes qui prophétisent pour vous, mais vous trompent. Ils parlent de ce que voit leur cœur, et non selon la parole du Seigneur, etc. Et il assigne comme cause le mensonge des prophètes : CAR ILS PROPHÉTISENT LE MENSONGE (Jr 27, 10) ; et un danger imminent : EN LE DISANT LOINTAIN[5]. 1 R 22, 22 : Je serai un esprit de mensonge dans la bouche des prophètes.

522.     Troisièmement, il les incite par la grâce de ceux qui obéissent, qu’ils recevront du Seigneur : MAIS LA NATION [QUI OFFRIRA SA NUQUE AU ROI DE BABYLONE] (Jr 27, 11). Plus loin, Jr 40, 9 : Ne craignez pas d’être les esclaves des Chaldéens : habitez dans leur pays, servez le roi de Babylone, et il vous en viendra du bien.


[5] Le texte ajoute : et est ut consecutivum. Autrement dit, le ut employé dans le membre de phrase précédent (ut longe faciant) a valeur consécutive.


Leçon 2 — [Jr 27, 12-15]

523.     Parce que ces messagers pourraient demander pourquoi il n’a pas dit ces choses à son peuple prompt à la rébellion, celui-ci répond qu’il leur a dit les mêmes choses : premièrement, l’avertissement donné au roi est présenté ; deuxièmement, [l’avertissement donné] aux prêtres et au peuple, en cet endroit : ET J’AI PARLÉ AUX PRÊTRES ET À CE PEUPLE (Jr 27, 16).

524.     À propos du premier point, il fait deux choses. En premier lieu, il présente un bon conseil, en le présentant : PLIEZ LA NUQUE (Jr 27, 12). 1 P 2, 18 : Soyez des esclaves soumis à vos maîtres en tout temps, non seulement à ceux qui sont bons et aux bienveillants, mais aussi à ceux qui sont difficiles. Et en annonçant à l’avance un danger imminent : POURQUOI TENEZ-VOUS À MOURIR ? (Jr 27, 13). Plus haut, Jr 21, 9 : Celui qui sera demeuré dans cette ville mourra par l’épée, la faim et la peste ; mais celui qui en sera sorti et aura fui chez les Chaldéens qui vous assiègent, vivra, et il aura sa propre âme comme butin. En second lieu, il écarte le faux conseil des prophètes : N’ÉCOUTEZ PAS [LES PAROLES DES PROPHÈTES] (Jr 27, 14), pour trois raisons. Premièrement, en raison de leur promesse trompeuse : CAR [ILS PROPHÉTISENT] UN MENSONGE. Ez 22, 28 : Ses prophètes les couvraient d’huile sans modération, en voyant des vanités et en leur annonçant un mensonge, en disant : «Voici ce que dit le Seigneur», alors que le Seigneur n’a pas parlé. Deuxièmement, en raison de leur prétendue autorité : CAR JE NE [LES] AI PAS ENVOYÉS (Jr 27, 15). Plus haut, Jr 23, 21 : Je ne les envoyais pas, et ils couraient ; je ne leur parlais pas, et ils prophétisaient. Troisièmement, en raison du châtiment imminent : [LA CONSÉQUENCE EST QUE] JE VOUS CHASSERAI, comme ce sera le cas. Os 4, 5 : Tu trébucheras aujourd’hui, et le prophète aussi trébuchera avec toi.

Leçon 3 — [Jr 27, 16-22]

525.     Ici est présenté l’avertissement adressé aux prêtres et au peuple.

526.     Premièrement, il écarte le faux conseil : N’ÉCOUTEZ PAS...; VOICI LES USTENSILES (Jr 27, 16), qui avaient été emportés à Babylone sous Jéchonias, 2 R 24. Et il précise la cause, en présentant le mensonge des prophètes : ILS VOUS PROPHÉTISENT LE MENSONGE. Le résultat de l’esclavage : AFIN QUE VOUS VIVIEZ (Jr 27, 17) ; le danger de la rébellion : POURQUOI CETTE VILLE SERAIT-ELLE TRANSFORMÉE EN DÉSERT ? Plus haut, Jr 21, 9 : Celui qui sera sorti et aura fui chez les Chaldéens qui vous assiègent, vivra, etc.

527.     Deuxièmement, il demande un signe de la vérité : S’ILS SONT PROPHÈTES (Jr 27, 18), comme s’il disait : «Qu’ils fassent ce qui est moindre, à savoir, ne pas faire emporter ce qui reste, en s’adressant à Dieu par leurs prières, afin que leur soit apporté ce qui est plus grand, à savoir, faire rapporter ce qui avait été emporté.» Ez 13, 5 : Vous n’êtes pas montés aux brèches, vous n’avez pas dressé un mur en faveur de la maison d’Israël, pour tenir fermes au combat, au jour du Seigneur.

528.     Troisièmement, il présente un argument manifeste de leur fausseté en recourant à [un argument] a majori, car ce qui est plus vraisemblable ne se produira pas, à savoir que les ustensiles restants demeurent [à Jérusalem] ; et pas davantage ce qui l’est moins, à savoir que les ustensiles emportés soient rapportés. CAR AINSI PARLE LE SEIGNEUR AU SUJET DES COLONNES (Jr 27, 19-20), des deux [colonnes] que Salomon avait placées dans le portique, DES BASES, celles [des colonnes], ET DE LA MER, un bassin dans lequel était conservée l’eau destinée à l’ablution des prêtres, qui est placé sur douze bases. Il est question de tout cela en 1 R 7. Et il reprend : CAR AINSI PARLE LE SEIGNEUR (Jr 27, 21), en raison des ustensiles du Temple, car on n’avait déplacé que les ustensiles qui se trouvaient dans le portique. 1 M 2, 9 : Les vases qui faisaient sa gloire ont été emportés. Et il promet leur retour dans un avenir éloigné : JE LES FERAI EMPORTER (Jr 27, 22), à l’époque de Cyrus, 1 Esd 5. Cyrus emporta les vases sacrés du Seigneur, que Nabuchodonosor avait emportés de Jérusalem, et il les consacra à son idole. Et, en les produisant, Cyrus, le roi des Perses, les livra à Mithridate, qui veillait sur ses trésors ; mais, par celui-ci, ils furent livrés à Salmanasar, qui gouvernait la Judée.

CHAPITRE 28 — [LES DIVERS FAUX PROPHÈTES]
Leçon 1 — [Jr 28, 1-4]

529.     Ici, il s’arrête d’une manière particulière à certains faux prophètes : premièrement, à l’un qui prophétisait pour ceux qui étaient restés à Jérusalem ; deuxièmement, à certains qui prophétisaient aux captifs de Babylonie, chap. 29 : VOICI LE TEXTE DU LIVRE QUE LE PROPHÈTE JÉRÉMIE ENVOYA (Jr 29, 1).

530.     À propos du premier point, [il fait] deux choses : premièrement, la fausse consolation du faux prophète est présentée ; deuxièmement, le reproche adressé par Jérémie à sa fausseté, en cet endroit : ET LA PAROLE DE DIEU FUT ADRESSÉE À JÉRÉMIE (Jr 28, 12).

531.     À propos du premier point, [il fait] deux choses : premièrement, la fausse consolation que le faux prophète faisait en parole est présentée ; deuxièmement, [celle] qu’il faisait par un geste, en cet endroit : ET LE PROPHÈTE HANANIAS ENLEVA LA CHAÎNE DES ÉPAULES DE JÉRÉMIE (Jr 28, 10).

532.     À propos du premier point, [il fait] deux choses : premièrement, la fausse consolation est présentée ; deuxièmement, la réponse de Jérémie, en cet endroit : ET JÉRÉMIE DIT, etc. (Jr 28, 6).

533.     À propos du premier point, [il fait] deux choses. Premièrement, il présente le titre de la fausse prophétie, dans lequel le moment est indiqué : LA QUATRIÈME ANNÉE, LE PROPHÈTE HANANIAS, comme on le croyait ; [et il indique] le lieu : DANS LA MAISON DU SEIGNEUR (Jr 28, 1). Plus haut, Jr 23, 11 : J’ai trouvé leur mal dans ma maison, dit le Seigneur. Deuxièmement, il présente la fausse parole de consolation : AINSI PARLE LE SEIGNEUR. En premier lieu, il promet la liberté : J’AI BRISÉ, j’ai détruit (en raison de la certitude, il parle au passé), LE POUVOIR [DU ROI DE BABYLONE] (Jr 28, 2), qui allait être détruit, mais pas à ce moment. Is 10, 27 : Le joug pourrira devant l’huile. En second lieu, il prédit la proximité de l’accomplissement : ENCORE DEUX ANS (Jr 28, 3), afin qu’on ne croie pas qu’il s’agit d’années au sens d’années, comme ce que dit Ez 4, 6 : Un jour pour un an, je t’ai donné un jour pour an. Premièrement, pour ce qui est du retour des ustensiles : ET MOI, JE FERAI REVENIR EN CE LIEU TOUS LES USTENSILES DU SEIGNEUR, dont la capture [est décrite] en Lm 1, 10 : L’ennemi a fait main basse sur tout ce qui était désirable chez lui, etc. Deuxièmement, pour ce qui est de la libération de ses dirigeants : DE MÊME, [JE FERAI REVENIR] JÉCHONIAS (Jr 28, 4), contrairement à ce qui a été dit plus haut, au chapitre précédent. Plus haut, Jr 22, 29 : Terre ! Terre ! Terre ! Écoute la parole du Seigneur.

Leçon 2 — [Jr 28, 5-9]

534.     Ici est présentée la réponse de Jérémie (Jr 28, 5).

535.     Premièrement, il montre son sentiment, en souhaitant que s’accomplisse ce que [le prophète] disait : AMEN ! (Jr 28, 6), c’est-à-dire : que s’accomplisse. Mi 2, 11 : Je souhaiterais être un homme qui n’a pas l’Esprit, et dire plutôt un mensonge ! Ne s’oppose pas à cela le fait qu’il savait que le Seigneur voulait le contraire, car ce souhait doit être compris conditionnellement, à savoir, si Dieu le voulait, et parce qu’en cela il conforme sa propre volonté à la volonté divine par le fait qu’il veuille ce dont Dieu veut l’existence.

536.     Deuxièmement, afin de ne pas paraître consentir à une fausseté, il donne un signe de la vérité : CEPENDANT, ÉCOUTE BIEN [LA PAROLE QUE JE VAIS PRONONCER] (Jr 28, 7-9). Et ce signe est donné. Dt 18, 22 : Ce que ce prophète a prédit au nom du Seigneur et qui n’est pas arrivé, cela le Seigneur ne l’a pas dit. Mais il semble raisonner à partir du sens contraire, et il semble que cela ne soit pas valable, car cela démolit l’antécédent. Et c’est pourquoi on trouve le contraire en Dt 13, 1s : Si un prophète surgit chez toi ou quelqu’un qui dise avoir eu un songe, et s’il prédit un signe et un prodige, et si se réalise ce qu’il a dit, et qu’il te dise : «Allons, suivons des dieux étrangers que tu ignores, et servons-les !», tu n’écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce rêveur, etc. Et il faut dire que l’argument est efficace afin de montrer la fausseté de ce [prophète], et c’est cela que lui-même vise.

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