44. Ici commence la prophétie de Jérémie déjà établi dans la fonction prophétique. Elle se divise en trois parties. Dans la première, il prédit la captivité à venir ; dans la deuxième, il pleure sur [la captivité] déjà arrivée, dans les Lamentations ; dans la troisième, il incite ceux qui sont déjà captifs au repentir, dans le livre de Baruch.
45. La première [partie] se divise en deux. Dans la première, il prédit la captivité sous forme de prophétie ; dans la seconde, il la raconte sous forme d’histoire, dans le chapitre 53 : UN FILS DE VINGT ET UN ANS (Jr 52, 1).
46. La première [partie] se divise en deux. Dans la première, il prophétise au peuple des Juifs ; dans la seconde, aux divers peuples des nations, car il a été établi comme prophète pour elles, comme il ressort clairement de la partie précédente. [Il fait] cela dans le chapitre 46 : LA PAROLE DE DIEU FUT ADRESSÉE À JÉRÉMIE CONTRE LES NATIONS (Jr 46, 1).
47. La première [partie] se divise en deux. Dans la première partie, est présentée, avant la captivité, la prophétie adressée au peuple qui doit devenir captif ; dans la seconde, aux restes de la captivité après la captivité, chapitre 39 : LA NEUVIÈME ANNÉE DE SÉDÉCIAS, ROI DE JUDA (Jr 39, 1).
48. La première [partie] se divise en deux. Dans la première, la prédication de Jérémie est présentée ; dans la seconde, l’objection des auditeurs, chapitre 34 : PAROLE QUI FUT ADRESSÉE À JÉRÉMIE PAR LE SEIGNEUR (Jr 34, 1).
49. La première [partie] se divise en deux. Premièrement, il présente la menace ; deuxièmement, la consolation, chapitre 30 : PAROLE QUI FUT ADRESSÉE À JÉRÉMIE, DISANT, etc. (Jr 30, 1).
50. La première [partie] se divise en deux. Dans la première, il présente une menace adressée au peuple d’une manière universelle ; dans la seconde, aux grands d’une manière particulière, chapitre 20 : OR, LE PRÊTRE PHASSUR, FILS DU PRÊTRE EMMER, QUI AVAIT ÉTÉ ÉTABLI COMME DIRIGEANT DANS LA MAISON DU SEIGNEUR, [ENTENDIT] JÉRÉMIE QUI PROFÉRAIT CES PAROLES (Jr 20, 1).
51. La première [partie] se divise en deux. Dans la première, il présente la menace ; dans la seconde, le prophète, comme s’il était pris de compassion, fait intervenir sa prière, chapitre 14 : PAROLE DU SEIGNEUR ADRESSÉE À JÉRÉMIE À L’OCCASION DE LA SÉCHERESSE (Jr 14, 1).
52. La première [partie] se divise en deux. Dans la première, il [les] convainc de leur faute par un jugement ; dans la seconde, il les appelle de nouveau à la pénitence, chapitre 3 : ON DIT COMMUNÉMENT, etc. (Jr 3, 1).
53. La première [partie] se divise en deux. Dans la première, il précise la cause d’une telle faveur, à savoir que [le Seigneur] ne se soit pas vengé aussitôt après la faute, mais [les] mette en accusation dans un procès afin de les ramener ; dans la seconde, il poursuit le déroulement du procès, en cet endroit : ÉCOUTE LA PAROLE DU SEIGNEUR, MAISON DE JACOB (Jr 2, 4).
54. À propos du premier point, il fait deux choses. Premièrement, il tire une justification de la tendresse de Dieu : PROCLAME, annonce ouvertement, À JÉRUSALEM, à celui qui l’habite (Jr 2, 2). Et il présente trois choses qui poussent à la tendresse. Premièrement, la pureté de l’âge : TON ADOLESCENCE, pendant laquelle les épouses sont aimées avec plus d’impétuosité ; ALORS QUE TU M’AS SUIVI, lorsqu’ils sortaient d’Égypte. Os 2, 15 : Et elle y chantera comme aux jours de sa jeunesse, et comme aux jours où elle montait de la terre d’Égypte. Deuxièmement, la mémoire de son amour antérieur : ET DE L’ARDEUR DE MON AMOUR, par lequel je t’ai unie à moi par contrat. Plus loin : Je t’ai toujours chérie, aussi t’ai-je attirée vers moi avec compassion (Jr 31, 3). Troisièmement, l’obéissance du comportement : LORSQUE TU M’AS SUIVI AU DÉSERT, SUR LA TERRE QUI N’EST PAS ENSEMENCÉE. Ainsi n’étais-tu pas rebutée par la difficulté de la route, bien que certains aient dit en murmurant, Nb 20, 5 : Tu nous as menés dans le pire des endroits où l’on ne peut rien semer, etc.
55. Deuxièmement, il tire une justification de la dignité du peuple. Ainsi, en premier lieu, il présente la dignité du peuple : [ISRAËL EST UNE PART] SAINTE (Jr 2, 3), en tant que voué au culte du Seigneur et consacré au Seigneur. LES PRÉMICES [DE SA RÉCOLTE], parce que le Seigneur t’a choisi parmi tous les peuples comme prémices de sa récolte. Dt 32, 9 ; Son peuple fut la part du Seigneur ; Jacob fut sa part d’héritage. Os 9, 10 : Comme un fruit sur un figuier en prime saison, j’ai vu leurs pères. Deuxièmement, il écarte la menace de l’ennemi : TOUS CEUX QUI LE DÉVORENT, selon la loi qu’on trouve en Lv 7, 31s, selon laquelle il était permis aux seuls prêtres de manger des prémices. Ps 14[13], 4 : Eux qui dévorent mon peuple comme une bouchée de pain.
56. Ici, il poursuit le déroulement du procès. Premièrement, il présente l’accusation ; deuxièmement, il repousse l’alibi, en cet endroit : MOI, CEPENDANT, JE T’AVAIS PLANTÉE COMME UN CEP DE CHOIX, TOUT ENTIER D’EXCELLENTE SEMENCE (Jr 2, 21).
57. La première [partie] se divise en trois. Premièrement, il montre la grandeur de leurs fautes en raison de l’ingratitude compte tenu de ses bienfaits ; deuxièmement, en raison de l’énormité de leur comportement, en cet endroit : AUSSI VAIS-JE ENCORE PLAIDER CONTRE VOUS (Jr 2, 9) ; troisièmement, en raison de l’entêtement de leur esprit, en cet endroit : ISRAËL EST-IL UN ESCLAVE OU UN DOMESTIQUE ? (Jr 2, 14).
58. À propos du premier point, il fait trois choses. Premièrement, [le Seigneur] se disculpe, afin qu’on ne voie pas en lui de cause d’ingratitude : QU’EST-CE QUE VOS PÈRES ONT TROUVÉ de mal EN MOI ? (Jr 2, 5). Rien. ILS SE SONT ÉLOIGNÉS, ils sont partis depuis longtemps, POUR UNE CHOSE VAINE, une idole, qui n’est aucunement utile à ceux qui lui rendent un culte. Mi 6, 3 : Ô mon peuple, que t’ai-je fait, en quoi t’ai-je maltraité ? Réponds-moi.
59. Deuxièmement, il présente l’abondance des bienfaits, en abordant principalement la sortie d’Égypte. Et il aborde ce bienfait de trois façons. Quant au lieu d’où il les a fait sortir : ET ILS N’ONT PAS DIT : «OÙ EST LE SEIGNEUR ?» (Jr 2, 6). Ils me cherchaient de tout leur désir. «QUI NOUS A FAIT MONTER», en raison de l’endroit où se situe le pays. Plus loin : Je les ai tirés du pays d’Égypte (Jr 7, 22 ; 11, 4.7 ; 34, 13). Quant à la route par laquelle il les a menés : QUI NOUS A FAIT TRAVERSER LE DÉSERT... À L’IMAGE DE LA MORT, car il les menaçait de mort par son aspect même. Dt 8, 15 : Il te conduisit dans le désert. Et quant au pays dans lequel il le conduisit : ET JE VOUS AI CONDUITS AU PAYS DU CARMEL (Jr 2, 7), à cause de sa ressemblance avec la fertilité, et non parce que cette montagne se trouve dans la Terre promise. Nb 14, 7 : Le pays que nous avons parcouru est très bon.
60. Troisièmement, il présente la faute d’ingratitude. Premièrement, celle de tous d’une manière générale : VOUS ÊTES ENTRÉS ET VOUS AVEZ SOUILLÉ, par vos idoles. Ps 106[105], 38 : Le pays a été pollué par le sang et souillé par leurs actions. Deuxièmement, celle des dirigeants d’une manière spéciale. LES PRÊTRES (Jr 2, 8), à qui il appartient de mener à Dieu ; LES GARDIENS DE LA LOI, les docteurs ; LES PASTEURS, les dirigeants, à qui il appartient d’éloigner de l’idolâtrie. Is 56, 11 : Les pasteurs eux-mêmes ont ignoré l’intelligence.
61. Ici, il grossit leur faute pour ce qui est de l’énormité de leur comportement. Premièrement, il présente ce qu’il a l’intention d’accomplir, à savoir, un procès : AUSSI VAIS-JE ENCORE PLAIDER (Jr 2, 9), au sujet de l’énormité [de leur comportement], comme il l’a fait pour leur ingratitude ; CONTRE VOS FILS, qui imitent la malice de leurs pères. Mi 6, 2 : Le procès du Seigneur contre son peuple et lorsque Israël sera jugé.
62. Deuxièmement, il met en œuvre son intention, en montrant l’énormité du péché dans son procès. Premièrement, en comparant les cultes : PASSEZ, par l’esprit, AUX CÉTHIM (Jr 2, 10), à l’ouest de Chypre ; OU À LA VILLE DE CÉDAR, où habitaient les Ismaélites. [UNE NATION] A-T-ELLE CHANGÉ [DE DIEUX] ? (Jr 2, 11), comme s’il disait : «Elle n’en a pas changé.» Ainsi, ils sont condamnés par comparaison à d’autres. Ez 5, 6 : Il a méprisé mes jugements, de sorte qu’il s’est montré plus impie que les nations, et mes commandements, plus que les pays qui l’entourent. Deuxièmement, en comparant les dieux, en étant frappé de stupeur : [CIEUX,] SOYEZ STUPÉFIÉS ! (Jr 2, 12), comme s’il disait : «Si cela était possible, les cieux seraient stupéfiés, ou les anges qui sont dans les cieux, comme la ville du roi.» CONSTATEZ SA [FAUTE], à savoir, les principaux parmi les anges, qui sont comme des dirigeants et des juges des autres. [On trouve] quelque chose de semblable en Is 1, 2 : Cieux, écoutez, terre, entends de tes oreilles que le Seigneur a parlé. Troisièmement, il ajoute la raison de la stupeur. [CAR MON PEUPLE A COMMIS] DEUX [CRIMES] (Jr 2, 13), contre les deux parties du commandement. Ex 20, 3 : Je suis le Seigneur, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte. Tu n’auras pas de dieux étrangers en ma présence, etc. Et encore : Tu ne feras pas de dieux en argent et tu ne feras pas de dieux en or pour vous. [ILS ONT ABANDONNÉ] LA SOURCE D’EAU VIVE, moi qui peux leur donner la véritable consolation. Ps 36[35], 10 : Près de toi se trouve la source de vie. ILS SE SONT CREUSÉ DES CITERNES, qui ne peuvent sauver, car ce sont eux qui les ont creusées. Ps 135[134], 15 : Les simulacres des nations, œuvres d’argent et d’or faites de main d’homme.
63. Ici, il grossit leur faute en raison de l’entêtement de leur esprit. Premièrement, parce qu’ils ne reconnaissaient pas leur péché ; deuxièmement, parce qu’ils les multipliaient, en cet endroit : DEPUIS LONGTEMPS, TU AS BRISÉ TON JOUG (Jr 2, 20).
64. À propos du premier point, il fait trois choses. Premièrement, il tire argument des châtiments pour sa faute, en écartant la condition d’esclave, afin qu’il ne paraisse pas ainsi avoir été justement amené en esclavage : [ISRAËL EST-IL UN ESCLAVE] OU UN DOMESTIQUE (Jr 2, 14), né dans la maison du maître ? Comme s’il disait : «Non.» Jn 8, 33 : Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Il présente les diverses souffrances causées par la captivité des hommes : POURQUOI DONC EST-IL DEVENU LA PROIE ? LES LIONS (Jr 2, 15), les dirigeants des Chaldéens, [ONT ÉLEVÉ] LA VOIX, par leurs commandements et leurs guerres. [Les souffrances causées] par la dévastation du pays : ILS ONT TRANSFORMÉ [SA TERRE EN DÉSERT]. Is 1, 7 : Votre pays est désert, vos villes ont été détruites. [Les souffrances causées] par le viol des femmes : MÊME LES FILS [DE NOPH] (Jr 2, 16), les villes de l’Égyptien, [T’ONT RASÉ] LE CRÂNE, en commettant des abus contre nature et en n’épargnant aucun membre. Ou, au sens spirituel, en menaçant par l’idolâtrie même ceux qui sont solides. Lm 5, 11 : Ils ont humilié les femmes dans Sion, et les vierges dans les villes de Juda. Et il conclut en donnant la vraie raison : CELA NE T’EST-IL PAS ARRIVÉ PARCE QUE TU AS ABANDONNÉ LE SEIGNEUR, TON DIEU ? (Jr 2, 17). [ALORS QU’]IL TE GUIDAIT, avec bonheur. En effet, ce n’est pas lui, mais toi qui l’as [abandonné]. Dn 9, 5-6 : Parce que nous nous sommes éloignés de toi et que nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur notre Dieu, en marchant selon la loi qu’il a établie pour nous par ses serviteurs, les prophètes..., il a laissé s’abattre sur nous la malédiction.
65. Deuxièmement, un remède inutile est présenté, qu’ils administraient contre ces souffrances. Par là, il est clair qu’ils ne reconnaissaient pas leur péché, en comptant sur l’aide des nations. [Le Seigneur] indique donc la recherche d’une aide : ET MAINTENANT, POURQUOI VEUX-TU [PARTIR EN ÉGYPTE] POUR BOIRE L’EAU DU NIL ? (Jr 2, 18), en envoyant chercher de l’aide. Comme s’il disait : «Tu ne devrais éviter ainsi les souffrances, mais en apaisant Dieu.» [POUR BOIRE]. [POURQUOI PARTIR EN ASSYRIE BOIRE] L’EAU DE [L’EUPHRATE], au pays des Assyriens ? Is 30, 2 : Vous qui marchez pour descendre vers l’Égypte et n’avez pas interrogé ma bouche. Faute de reconnaissance de [ta] faute, QUE TA MÉCHANCETÉ TE CHÂTIE, alors que tu supporteras des souffrances à cause d’elle. Is 3, 9 : L’expression de leurs visages témoignera contre eux, et ils étalé leur péché comme Sodome.
66. Troisièmement, [le Seigneur] donne un conseil utile : reconnaître leur péché. RECONNAIS [TON] MAL (Jr 2, 19), malhonnête, amer, douloureux. So 1, 14 : Clameur amère du jour du Seigneur ! Le fort sera alors ébranlé.
67. Ici, [le Seigneur] montre qu’ils multipliaient les péchés par leur esprit obstiné. Premièrement, par la durée du temps. DEPUIS LONGTEMPS [TU AS BRISÉ TON JOUG] (Jr 2, 20). Comme s’il disait : «Depuis le moment où la loi t’a été donnée.» Is 48, 8 : Je t’ai appelé «transgresseur» dès le sein. Jb 21, 15 : Qu’est-il besoin de le servir, à quoi nous sert-il de le prier ? Deuxièmement, par la multiplication des actes : [TU T’ES ÉTENDUE COMME UNE PROSTITUÉE] SUR TOUTE COLLINE (Jr 2, 20) : ils immolaient aux idoles en des lieux élevés et agréables. Is 65, 7 : Ils ont sacrifié sur les montagnes et ils m’ont fait des reproches sur les collines. En effet, ce sont toujours des choses agréables et élevées qui sont immolées aux idoles.
68. Ici, il écarte l’excuse. Premièrement, celle qu’ils pourraient avoir, en présentant la négligence de celui qui rend le culte. À l’encontre de cela : MOI, JE T’AVAIS PLANTÉE COMME UN CEP DE CHOIX (Jr 2, 21), parmi les pères élus. Is 5, 1-6 : Ma vigne est devenue pour mon bien-aimé un maquis, etc.
69. Deuxièmement, celle qu’ils pourraient avoir en négligeant leur faute, en cet endroit : QUAND TU TE LAVERAIS [À LA POTASSE] (Jr 2, 22). En premier lieu, il les convainc de leur faute contre Dieu ; deuxièmement, de leur faute contre leur prochain, en cet endroit : POURQUOI T’EFFORCES-TU DE MONTRER QUE TU MARCHES SUR LE BON CHEMIN ? (Jr 2, 23).
70. À propos du premier point, il fait deux choses. Premièrement, il le convainc de sa faute, en montrant l’impossibilité de nier. [QUANT TU TE LAVERAIS] À LA POTASSE (Jr 2, 22), qui, condensé par le soleil, lave les saletés. BERITH : une herbe qui sert à laver les saletés. Et c’est une manière de parler, comme s’il disait : «Toute l’eau du fleuve ne te purifierait pas», c’est-à-dire qu’il n’y a aucune excuse ni purification. Pr 30, 12 : La génération qui se croit pure, alors qu’elle n’est pas lavée de ses souillures. COMMENT PEUX-TU DIRE : «JE NE SUIS PAS SALE» ? (Jr 2, 23). Pr 20, 9 : Qui peut dire : «Mon cœur est pur, je suis pure du péché» ? Et [le Seigneur] présente la purification du péché en proposant deux circonstances. En premier lieu, le lieu : REGARDE LES CHEMINS, les actions, DANS LA VALLÉE des fils d’Ennon, où ils rendaient un culte aux idoles. Cet endroit est irrigué par les sources de Siloé, et il y avait là un sanctuaire de Baal, selon la Glose. Plus loin : Mène ton cœur sur le droit chemin où tu as marché (Jr 31, 21). Et il présente la manière de pécher pour ce qui est de l’application à pécher : COURANT EN TOUT SENS, comme pressé de pécher. Pr 1, 16 : Leurs pieds courent au mal et se dépêchent de répandre le sang. Pour ce qui est de l’ardeur de la concupiscence : COMME UN ONAGRE EN RUT (Jr 2, 24), de coït, QUI ASPIRE LE VENT, par lequel il perçoit l’odeur de sa femelle, DE SON AMOUR de la chose aimée. Plus loin : Les onagres se tenaient sur les rochers, en aspirant le vent comme des dragons (Jr 14, 6). Pour ce qui est de leur fort attachement : QUI LE DÉTOURNERA, en le détachant ? Et aussi pour ce qui est de la promptitude à pécher : TOUS CEUX QUI LA CHERCHENT, comme en parlant d’une prostituée. Qui, même au temps de ses menstruations, se montre à ses amants. Ez 16, 15 : Tu as partagé tes pas avec tous les passants, et tu as multiplié tes fornications.
71. Deuxièmement, il les convainc de leur dureté de cœur : premièrement, même avertis, ils ne sont pas revenus ; deuxièmement, ils ne se corrigent pas malgré les coups, en cet endroit : POURQUOI ME FAITES-VOUS UN PROCÈS ? (Jr 2, 29) ; troisièmement, ils ne laissent pas fléchir par les bienfaits, en cet endroit : VOYEZ LA PAROLES DU SEIGNEUR (Jr 2, 31).
72. À propos du premier point, [le Seigneur] fait trois choses. Premièrement, il présente un avertissement : PRENDS GARDE ! (Jr 2, 25). Comme s’il disait : «Cesse tes péchés, pour lesquels tu seras mené en captivité pieds nus et assoiffé», comme en Is 20, 4 : Comme mon serviteur Isaïe a marché nu et déchaussé, ainsi le roi des Assyriens menacera-t-il de captivité Les Égyptiens, et de déportation, les jeunes et les vieux d’Éthiopie, nus et déchaussés, les fesses découvertes, pour la honte de l’Égypte. Deuxièmement, [le Seigneur] montre la rébellion du peuple : ET TU AS DIT : «NOUS AVONS PERDU ESPOIR. JAMAIS JE NE LE FERAI. [J’AIME] LES ÉTRANGERS», les idoles. Plus loin : Ils ont dit : «Nous avons perdu espoir. Nous poursuivrons nos pensées, et chacun agira selon la méchanceté de son propre cœur» (Jr 18, 12). Troisièmement, [le Seigneur les] menace de les confondre. Premièrement, il présente une image de la confusion : COMME LE VOLEUR EST CONFONDU LORSQU’IL EST PRIS, AINSI ONT-ILS ÉTÉ CONFONDUS (Jr 2, 26), pris dans leurs souffrances. [ILS DISENT] AU BOIS (Jr 2, 27), à l’idole de bois : «PÈRE !», Dieu. Ps 97[96], 7 : Que soient confondus tous ceux qui adorent des sculptures et qui se glorifient dans leurs simulacres ! Is 1, 29 : Qu’ils soient confondus à cause de leurs idoles ! Deuxièmement, [le Seigneur] présente l’ordre dans lequel ils seront confondus, en présentant d’abord la privation de l’aide divine : CAR ILS ME TOURNENT [LE DOS], en désobéissant. Za 7, 11 : Ils ont tourné le dos en s’éloignant, et ils se sont bouché les oreilles afin de ne pas écouter ma loi. MAIS AU TEMPS DE LEURS MALHEUR. Os 6, 1 : Ils s’élanceront vers moi au matin dans leurs tribulations. «Venez, retournons au Seigneur !» Ensuite, il présente l’inutilité des idoles : OÙ SONT-ILS LES DIEUX ? (Jr 2, 28). Dt 32, 37 : Où sont leurs dieux en qui ils mettaient leur confiance ? Enfin, [il présente] la multitude des idoles : AUSSI NOMBREUX QUE TES VILLES ÉTAIENT TES DIEUX, JUDA. Is 2, 8 : Le pays est rempli de ses chevaux et innombrables sont ses chars.
73. Ici, [le Seigneur] montre la dureté de leurs cœurs, car ils n’ont pas été corrigés par les fléaux. Premièrement, il s’étonne de leurs objections : POURQUOI ME FAITES-VOUS UN PROCÈS ? (Jr 2, 29). Jb 9, 3 : S’il veut lui faire un procès, il ne pourra répondre une fois sur mille. Deuxièmement, il montre leur incorrigibilité en raison des fléaux qui ont frappé les plus jeunes : EN VAIN J’AI FRAPPÉ VOS FILS (Jr 2, 30), et les grands : VOTRE ÉPÉE A DÉVORÉ, [l’épée] des ennemis envoyée pour tuer comme vous l’avez mérité, VOS PROPHÈTES, les faux [prophètes] de Baal et les devins, et, pour ce qui concerne tous d’une manière générale, COMME UN LION DESTRUCTEUR, ainsi détruit-elle ; ou bien : COMME UN LION DESTRUCTEUR, il dévaste. En effet, tous s’élancent contre un lion ; de même, contre un loup. Plus loin : Le soufflet est haletant. En effet, leur méchanceté n’est pas consumée. Appelez-les : «Argent de rebut», car le Seigneur les a rejetés (Jr 6, 29).
74. Ici, [le Seigneur] montre leur dureté, car ils ne sont pas fléchis par les bienfaits. Premièrement, il présente les bienfaits qui se rapportent aux habitudes de vie : VOYEZ, comprenez, SUIS-JE DEVENU UN DÉSERT POUR ISRAËL ? (Jr 2, 31). Bien au contraire, je suis pour vous une ville et un pays très fécond, car je vous défends et je vous donne les fruits de la terre. Os 6, 3 : Il viendra pour nous comme l’ondée, comme la pluie tardive pour la terre. Deuxièmement, [il présente] ce qui se rapporte à l’ornementation : UNE VIERGE OUBLIE-T-ELLE SES PARURES ? (Jr 2, 32). Is 61, 10 : Il m’a entouré d’un manteau de justice.