565. Ici, il poursuit en indiquant les parties de la libération. Premièrement, il leur promet la libération de l’esclavage des ennemis ; deuxièmement, [la libération] des multiples destructions qu’ils ont supportées, en cet endroit : CAR AINSI PARLE LE SEIGNEUR (Jb 30, 10).
566. À propos du premier point, [il fait] deux choses. Premièrement, il présente l’oppression antérieure, qu’il indique en présentant la crainte des ennemis : NOUS AVONS ENTENDU UN CRI D’EFFROI (Jr 30, 5), annoncée à l’avance par les prophètes ; C’EST LA TERREUR, NON LA PAIX ! alors que quelqu’un porte secours. Jb 15, 21 : Le bruit de la terreur est toujours dans ses oreilles, et alors que c’est la paix, il soupçonne toujours des pièges ! [Il présente] l’expression de la crainte par un geste corporel, car, à l’image des femmes qui enfantent qui portent les mains à leurs reins dans la stupeur, INTERROGEZ (Jr 30, 6). Ps 48[47], 7 : Ce seront comme les douleurs d’une femme qui accouche ! Et par le passage au rouge : [POURQUOI] LES VISAGES ONT-ILS ROUGI ? C’est une couleur noire mélangée au rouge, qui survient chez ceux qui sont en colère. Et par un vent brûlant. Is 13, 8 : Leurs visages, des visages en feu ! Jl 2, 6 : Tous leurs visages seront tournés dans la marmite ! Il présente aussi l’ampleur de la peur et de l’anxiété : MALHEUR ! C’EST LE GRAND, par l’ampleur de la tribulation, JOUR, celui de la prise de Jérusalem (Jr 30, 7). So 1, 14-15 : La voix du jour du Seigneur est amère : le fort y sera plongé dans les tribulations ! Ce jour est un jour de colère, un jour de tribulation et d’angoisse, un jour de calamité et de misère, un jour de ténèbres et d’obscurité, un jour de sonnerie de cor et de trompette, etc.
567. Deuxièmement, il promet le salut à venir. Premièrement, il promet la libération : ET IL SERA SAUVÉ DE CELUI-CI, c’est-à-dire de ce temps, bien qu’il soit mauvais. Os 1, 7 : Je les sauverai par leur Seigneur, leur Dieu. Deuxièmement, [il indique] le mode du salut et son ordre, en promettant une libération de l’esclavage qui écarte la domination des ennemis : ET IL ARRIVERA QU’EN CE JOUR... JE BRISERAI LE JOUG (Jr 30, 8), Nabuchodonosor lui-même. ET IL NE T’ASSERVIRA PLUS, ce qui s’est accompli à l’époque de Simon. 1 M, vers la fin. Ou bien il faut mettre cela en rapport avec la libération du pouvoir des démons réalisée par le Christ. Is 9, 4 : Car tu l’as emporté sur son joug pesant et sur le bâton posé sur son épaule, et sur le sceptre de son bourreau. Et en promettant le pouvoir souhaité : MAIS [ISRAËL ET JUDA] SERONT SOUMIS (Jr 30, 9), à quelqu’un qui sera pour vous comme David, comme à Simon et à Jonathan. Ou bien à Zorobabel, qui était de la descendance de David. Ou au Christ. Car le pouvoir exercé par David était désiré d’eux au plus haut point en raison de la prospérité et de la paix qu’ils avaient eues en son temps, et parce qu’il ne les avait pas opprimés comme des esclaves, comme Salomon. Ez 37, 25 : David, mon serviteur, sera leur prince à jamais. Il apporte aussi la libération de la captivité en écartant la crainte : TOI DONC, NE CRAINS PAS (Jr 30, 10). Is 43, 5 : Ne crains pas, car je suis avec toi. J’amènerai d’orient ta descendance et je te rassemblerai depuis l’occident. Et en présentant la libération pour ce qui est de son point de départ : CAR VOICI QUE JE VAIS TE SAUVER D’UNE TERRE LOINTAINE. Za 8, 7 : Voici que je sauverai mon peuple d’une terre d’orient et d’une terre où se couche le soleil, et je les amènerai : ils habiteront dans Jérusalem, et ils seront mon peuple et je serai leur Dieu en vérité et justice. Et pour ce qui est du point d’arrivée : [JACOB] REVIENDRA ET SERA PAISIBLE, pour ce qui est de la tranquillité de la paix, EN TOUTES CHOSES, pour ce qui est de l’abondance des biens. Is 32, 18 : Mon peuple sera assis dans une grande paix, dans des tentes sûres et dans un long repos. Troisièmement, il montre l’auteur du salut. En premier lieu, il indique la présence du sauveur : CAR JE SUIS AVEC TOI (Jr 30, 11). Plus haut, Jr 20, 11 : Le Seigneur est avec moi comme un combattant puissant. C’est pourquoi ceux qui me persécutent tomberont, seront affaiblis et seront puissamment confondus, car ils n’ont pas compris la honte éternelle qui ne disparaîtra jamais. En deuxième lieu, [il indique] la vengeance contre les ennemis : JE VAIS EN FINIR [AVEC TOUTES LES NATIONS] : je les mènerai au terme de la déchéance. Is 10, 23 : Le Seigneur Dieu des armées réalisera une destruction complète au milieu de tout le pays. En troisième lieu, [il indique] la miséricorde qui vous préserve : MAIS JE NE TE DÉTRUIRAI PAS, de telle sorte qu’il ne reste rien de toi. Plus haut, Jr 5, 18 : À la vérité, en ces jours-là, dit le Seigneur, je ne vous détruirai pas. En quatrième lieu, il inflige un châtiment modéré en vue d’une correction : JE TE CHÂTIRAI SELON LE DROIT. Plus haut, Jr 10, 24 : Corrige-moi, Seigneur, selon le droit, et non selon la colère pour me ramener au néant, selon le droit de l’équité.
568. Ici, il promet la libération de la destruction et de la grande affliction qu’ils avaient supportée.
569. À ce propos, il fait deux choses. Premièrement, il présente la destruction antérieure, en montrant son ampleur, car c’est comme si l’ampleur de la correction ne pouvait être réparée par la force humaine : TA RUPTURE (Jr 30, 12), qui indique l’interruption de la continuité et signifie la destruction des hommes ou des villes, EST INCURABLE, en elle-même, bien que Dieu puisse sauver, ET INGUÉRISSABLE, en raison de sa profondeur. Lm 2, 13 : Ta brisure est grande comme la mer : qui te guérira ? En écartant même l’intervention d’une aide humaine, soit par un juste jugement de celui qui juge du tort causé : PERSONNE NE PEUT TE JUGER (Jr 30, 13), contre les ennemis, POUR T’ENSERRER, comme les soigneurs couvrent les plaies d’emplâtres. Is 59, 15 : Le Seigneur voit : le mal est apparu à ses yeux, car il n’y a pas de justice ; soit par l’affection d’une amitié secourable : IL N’Y A AUCUNE UTILITÉ POUR TOI (Jr 30, 14), à savoir, de la part de tes amis, car tu as vraiment offensé le médecin. Lm 1, 2 : Tous ses amis l’ont foulé aux pieds, et ils sont devenus ses ennemis. En montrant aussi l’équité du châtiment en indiquant la cause du châtiment : LA BLESSURE FAITE PAR UN ENNEMI, parce qu’il frappe pour tuer, est incurable, CRUELLE, car elle est profonde. [JE T’AI FRAPPÉ] EN RAISON DE LA MULTITUDE [DE TES PÉCHÉS]. Ainsi était-il nécessaire qu’il y ait une grande blessure qui comprenne tous les abcès. UN RUDE [CHÂTIMENT], pour ce qui est de l’entêtement. Ainsi était-il nécessaire que [la blessure] soit violente et profonde afin d’atteindre jusqu’au plus profond. Lm 2, 5 : Le Seigneur est devenu comme un ennemi ; il a abattu Israël, il a abattu tous ses murs, il a dispersé tous ses moyens de défense, et il a accumulé dans la fille de Juda les humiliés et les humiliées. Et il écarte la plainte de ceux qui murmurent : POURQUOI CRIES-TU ? (Jr 30, 15), en murmurant. Ils ne peuvent être guéris que par une poudre très pénétrante, par laquelle je pourrai amputer les chairs corrompues et inguérissables. Lm 3, 39 : Pourquoi l’homme vivant a-t-il murmuré, l’homme brave contre ses péchés ?
570. Deuxièmement, il promet la libération. En premier lieu, il promet le bienfait de son aide pour une juste vengeance contre le tort infligé aux personnes, car il n’y a personne d’autre qui libère : [MAIS TOUS CEUX] QUI TE DÉVORENT (Jr 30, 16), en tuant, TES ENNEMIS, qui te font captif. Plus haut, Jr 2, 3 : Tous ceux qui te dévorent sont coupables ; le mal fondra sur eux, dit le Seigneur. Et contre le tort infligé aux biens : ET TOUS CEUX QUI TE DÉVASTENT, pour ce qui est des biens immobiliers, ET TE PILLENT, pour ce qui est des biens meubles. Is 33, 1 : Malheur à qui te pille ! Ne sera-t-il pas lui aussi pillé ? Et pour ce qui est du sentiment affectueux de celui qui soigne, en présentant les soins : CAR JE VAIS TE PORTER REMÈDE (Jr 30, 17) : je te soignerai tellement bien qu’aucun vestige de ta blessure antérieure ne sera visible. Ps 147[146], 3 : Lui qui guérit les cœurs brisés et qui bande leurs blessures. Ces choses [sont survenues] sous Zorobabel lorsque les Babyloniens et les Chaldéens dévastèrent les Assyriens, et que les Mèdes et les Perses firent de même pour ceux-là. Et alors la cicatrice a été enlevée, etc. Et il en indique la raison : CAR ILS T’APPELAIENT «LA RÉPUDIÉE», à savoir, tes ennemis. Pr 24, 17-18 : Si ton ennemi tombe, ne te réjouis pas, et que ton cœur n’exulte pas lorsqu’il trébuche, de crainte que, voyant cela, le Seigneur ne soit mécontent et qu’il ne détourne de lui sa colère. En effet, l’outrage des ennemis est la cause de la compassion divine.
571. En second lieu, il montre la manière de secourir : AINSI PARLE LE SEIGNEUR (Jr 30, 18) : premièrement, pour ce qui est de la manière de prêter secours : VOICI QUE JE VAIS RÉTABLIR [LES TENTES DE JACOB] ; deuxièmement, pour ce qui est du mode de la vengeance : VOICI L’OURAGAN DU SEIGNEUR (Jr 30, 23).
572. À propos du premier point, il promet en premier lieu le rétablissement de toutes les constructions d’une manière générale : JE VAIS RÉTABLIR (Jr 30, 18), c’est-à-dire que je ramènerai à l’état antérieur, LES TENTES, les demeures. Is 61, 4 : Ils relèveront les endroits vidés de leur population, et ils rebâtiront les ruines antiques ; ils restaureront les villes désertes et abandonnées de génération en génération. Et pour ce qui est des choses principales en particulier : ET LA VILLE SERA RECONSTRUITE, à savoir, Jérusalem. Is 44, 26 : Moi qui dis à Jérusalem : «Tu seras habitée», et aux villes de Juda : «Vous serez reconstruites». Et je relèverai ses déserts. En second lieu, il promet la prospérité des hommes pour ce qui est de la joie de leurs cœurs : ET IL EN SORTIRA LA LOUANGE (Jr 30, 19). Is 51, 3 : On trouvera en elle joie et allégresse, action de grâce et chant de louange. Et pour ce qui est du peuple nombreux : JE LES MULTIPLIERAI, ILS NE DIMINUERONT PLUS, pour autant que cela relève de moi et que cela ne soit pas causé par leur faute. Ps 139[138], 18 : Je les compte : ils seront plus nombreux que le sable. Ou bien il faut l’entendre de ceux qui se convertissent au Christ. Et pour ce qui est de l’exaltation de l’homme : JE [LES] GLORIFIERAI, soit corporellement, soit spirituellement pour ce qui est de la sainteté de la vertu, ET SES FILS SERONT COMME JADIS (Jr 30, 20), c’est-à-dire semblables aux saints pères, DEVANT MOI, par la pureté de la vie. ET JE VISITERAI [SES OPPRESSEURS], car je les défendrai et je les vengerai. Jb 29, 2 : Qui me donnera d’être comme dans les mois anciens, aux jours où Dieu me gardait ? En troisième lieu, pour ce qui est de la bonté des dirigeants, en présentant d’abord leur proximité, car ils seront de la même descendance : SON CHEF SERA ISSU DE LUI (Jr 30, 21). Cela se rapporte à Zorobabel ou au Christ. Os 2, 17 : Je lui donnerai des vendangeurs issus du même endroit. [En présentant] en deuxième lieu leur sainteté : JE M’APPROCHERAI DE LUI, et il viendra [à moi] par la justice : QUI DONC OSERAIT APPROCHER SON CŒUR DE MOI ? En cela est montré l’auteur de l’approche, car personne ne s’approche à moins d’être attiré par Dieu. Jn 6, 44 : Personne ne peut venir à moi à moins que le Père, qui m’a envoyé, ne l’ait attiré. En troisième lieu, il aborde le résultat de la justice : ET VOUS SEREZ MON PEUPLE (Jr 30, 22). Si 10, 2 : Tel le dirigeant de la ville, tels ceux qui l’habitent.
573. Ici, il présente le mode de la vengeance. Premièrement, il menace de châtiment : VOICI L’OURAGAN [DU SEIGNEUR] (Jr 30, 23), qui disperse, par la captivité, comme l’agitation de l’air [disperse] la poussière. L’ORAGE, qui absorbe par la mort comme les vagues de la mer. [SUR LA TÊTE] DES IMPIES, qui ont affligé les Juifs et ne se sont pas corrigés de leurs maux. [L’ARDENTE COLÈRE NE] S’APAISERA [PAS] (Jr 30, 24), comme un châtiment permanent. Is 30, 32 : Ce sera le passage de la férule que le Seigneur fera demeurer sur lui. Deuxièmement, il écarte la miséricorde : NE SE DÉTOURNERA PAS. Is 9, 12 : En tout cela, la colère du Seigneur n’a pas été détournée, mais sa main est encore étendue. Troisièmement, il promet la compréhension de ces choses : À LA FIN DES JOURS, VOUS COMPRENDREZ CELA. Ps 9, 17 : Le Seigneur se fera connaître par ses jugements ; l’impie s’est pris à ses propres œuvres.
574. Ici, il les console par la promesse de la prospérité, et, à ce propos, il fait deux choses : premièrement, il promet la prospérité du peuple ; deuxièmement, le développement de la ville, en cet endroit : VOICI VENIR DES JOURS, etc. (Jr 31, 31).
575. La première [partie] se divise en trois. Dans la première, il console les dix tribus ; dans la deuxième, les deux [tribus], en cet endroit : AINSI PARLE LE SEIGNEUR, ETC. (Jr 31, 23) ; dans la troisième, les deux, en cet endroit : VOICI QUE DES JOURS VIENDRONT, etc. (Jr 31, 27).
576. La première partie se divise en deux. Dans la première, le rétablissement du peuple détruit est présenté ; dans la seconde, l’ordre du rétablissement, en cet endroit : CAR AINSI PARLE LE SEIGNEUR : «CRIEZ DE JOIE POUR JACOB !» (Jr 31, 7).
577. À propos du premier point, il y a trois choses. Premièrement, il leur promet le rétablissement en vue du culte religieux : EN CE TEMPS-LÀ (Jr 31, 1), ou après le retour de Babylone, [JE SERAI LE DIEU] DE TOUTES [LES FAMILLES D’ISRAËL], pour ceux des dix tribus qui s’étaient joints aux deux [tribus] ; ou bien pour tous, car l’ensemble d’Israël sera sauvé après que la totalité des nations y sera entrée, Rm 11. Ap 21, 3 : Ils seront son peuple, et Dieu-avec-eux sera lui-même leur Dieu.
578. Deuxièmement, il promet le rétablissement dans le lieu de leur naissance, en promettant le bienfait de leur rappel : LE PEUPLE QUI AVAIT ÉCHAPPÉ À L’ÉPÉE (Jr 31, 2), de Babylone, AU DÉSERT, dans le pays de [leur] captivité, dans lequel ils semblaient désertés par Dieu, et par lequel il sont revenus purifiés dans leur pays, comme vers une terre promise à travers un désert. IL A TROUVÉ GRÂCE, c’est-à-dire qu’il a trouvé auprès de Dieu cette miséricorde de MARCHER VERS SON REPOS, c’est-à-dire vers son pays où il repose en paix, ce qui peut être interprété mystiquement en rapport avec la paix qu’ils obtinrent à l’époque de Simon le Macchabée, 1 M 14. Is 32, 18 : Mon peuple reposera dans la beauté de la paix et dans des tentes sûres, et dans un généreux repos. En précisant le moment du rappel : DE LOIN (Jr 31, 3), avant que cela ne se produise, [LE SEIGNEUR] M’EST APPARU, me révélant la libération à venir. Plus haut, Jr 28, 11 : Je briserai le joug de Nabuchodonosor, le roi de Babylone, dans deux ans, en l’enlevant des épaules de toutes les nations. Ha 2 : là aussi, il est aperçu de loin, pour apparaître finalement, et il ne mentira pas. Et en montrant les sentiments de celui qui rappelle : D’UN AMOUR ÉTERNEL JE T’AI AIMÉ, comme s’il disait : «Ce n’est pas seulement pour un temps, mais pour l’éternité que je t’ai comblé de biens.» IL [T’]A ATTIRÉ, en ton propre lieu, EN TE PRENANT EN PITIÉ, en accomplissant extérieurement sa miséricorde par un bienfait. Os 11, 4 : Je les menais avec des attaches d’homme, avec des liens d’amour. Plus haut, Jr 2, 2 : Je me suis souvenu de toi, en prenant en pitié ton adolescence et l’amour de tes épousailles.
579. Troisièmement, il présente leur rappel à un état de prospérité. En premier lieu, il promet la prospérité pour ce qui est du rétablissement du peuple : DE NOUVEAU JE [TE] BÂTIRAI (Jr 31, 4), conformément à la métaphore selon laquelle il est appelé maison d’Israël. Plus haut, Jr 24, 6 : Je les bâtirai et ne les détruirai pas ; je les planterai et ne les arracherai pas. Pour ce qui est de la joie du cœur : VIERGE D’ISRAËL, TU SERAS PARÉE DE TES TAMBOURINS, c’est-à-dire que tu t’avanceras parée en jouant au son du tambourin. Is 30, 29 : La joie sera dans vos cœurs comme lorsqu’on marche au son de la flûte pour aller à la montagne du Seigneur, le rocher d’Israël. Et pour ce qui est de la tranquillité de la paix : DE NOUVEAU TU PLANTERAS DES VIGNES SUR LES MONTAGNES DE SAMARIE (Jr 31, 5), en raison des trois villes qui ont été ajoutées pour les Juifs. 1 M 10. ILS PLANTERONT JUSQU’À CE QUE VIENNE LE TEMPS, comme s’il disait : «À cause de la crainte des ennemis, ils ne se préoccuperont pas du moment des vendanges.» Am 9, 14 : Ils planteront des vignes et mangeront de leur fruit. En deuxième lieu, il indique la raison de la prospérité : CAR CE SERA LE JOUR (Jr 31, 6), par quoi est signifié le retour au culte de Dieu auquel ils s’exhortent mutuellement. [MONTONS] À SION, et non à Béthel, vers les veaux de Jéroboam. 1 R 12. Et Is 2, 3 : Venez, montons vers la montagne du Seigneur et vers la maison du Dieu de Jacob ; il nous enseignera ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers.
580. Ici, il déroule l’ordre de l’opération.
581. À ce propos, il fait deux choses. Premièrement, il les incite à l’exultation : CRIEZ DE JOIE (Jr 31, 7). Ps 81[80], 2 : Criez de joie pour Dieu, notre sauveur, réjouissez-vous pour le Dieu de Jacob. Pour faire ressortir cette exultation, il indique l’insulte des ennemis : ET CRIEZ CONTRE LA PREMIÈRE DES NATIONS, à savoir, le roi de Babylone ou des Assyriens, qui [les] a menés en captivité. Ha 2, 7 : Est-ce que ne se relèveront pas aussitôt ceux qui te mordaient et ne seront pas relevés ceux qui t’écorchaient, ne seras-tu pas volé par eux ? [Il indique] aussi la louange divine : FAITES-VOUS ENTENDRE, par des psaumes et des choses de ce genre.
582. Deuxièmement, il présente l’ordre de la libération : VOICI QUE JE LES RAMÈNERAI (Jr 31, 8), en décrivant le point de départ du retour, DU PAYS DU NORD, et le rassemblement de ceux qui revenaient, PARMI EUX [L’AVEUGLE ET LE BOITEUX], comme s’il disait : «Personne ne sera empêché de revenir en raison d’une infirmité corporelle», et cela parce qu’il viendront en sécurité. Is 35, 6 : Alors le boiteux grimpera comme un cerf. [En décrivant] aussi le mode du retour : EN LARMES [ILS REVIENNENT] (Jr 31, 9) : certains, à cause de la joie du retour, d’autres, en voyant la dévastation du pays. 1 Esd 3, 13 : Personne ne pouvait comprendre le cri de ceux qui se réjouissaient et le cri du peuple qui pleurait. ET JE LES RAMÈNERAI AVEC COMPASSION, de la honte de leur esprit. Is 54, 7 : Je te rassemblerai avec une immense pitié. [JE VAIS LES CONDUIRE] AUX COURS D’EAU, sur lesquels ils avancent facilement en naviguant et le long desquels se trouvent de bonnes routes ; par cela sont écartés la fatigue et l’ennui du chemin. Pr 3, 23 : Tu marcheras sur ta route avec confiance, et ton pied ne butera pas.
583. Troisièmement, il en indique la raison, le sentiment paternel, qui le porte vers eux : CAR JE SUIS DEVENU UN PÈRE [POUR ISRAËL]. Ainsi, comme un père, je ne peux m’empêcher de les prendre en pitié. En effet, Israël est le premier-né de tous les peuples. Ex 4 : aux fils de Joseph ont été donnés les premiers-nés ; comme il est dit en 1 Ch 5, où Éphraïm obtient la préséance sur Manassé ; Gn 48 : il reste donc qu’Éphraïm était le premier-né.