[550] Voir SAINT AUGUSTIN, Contra lulianum Pelagianum H, in, 5-7 (PL 44, 675-678) VI, xxm, 70-74 (PL 44, 865-868). Voir encore l’interprétation de ces paroles dans Ad Simphcianum I, Q. I, 7 (BA 10, 420-423); Expositio quarundam propositionum ex epistola ad Romanos VII, 14, prop. XLI et XLII (PL 35, 2071; CSEL 84, 18); De gratia Christi I, XXXIX, 44 (BA 22, 132-135); Contra duas Epistolas Pelagianonem I, x-XII, n° 17-25 (BA 23, 348-363); Retrac tationes I, XXIII, l-3 et XXIV, l-2 (BA 12, 408-423); II, I, 1-2 (BA 12, 450-455).
[551] Au sens large, qui s’applique ici, raison et intelligence sont des termes équivalents. Au sens strict, il n’en va pas de même "le nom d’intellect désigne la pénétration intime de la vérité, alors que celui de raison désigne la recherche et la discussion" (Somme Théologique 2a-2ae, Q. 49, a. 5). L’intelligence voit, la raison calcule; voir Jean BORELLA, La Chanté profanée, Ed. du Cèdre, 1979, p. 127-131.
[552] Voir ARISTOTE, Éthique à Nicomaque IX, 9 [ b 311; AL, XXVI, fasc. 3, p. 336. — Lieu parallèle Ethic. IX, lect. 9, éd. Léonine, 1969, t. XLVII, vol. II, p. 531, I. 40-46.
[553] Lieux parallèles Somme Théologique 1a-2ae Q. 77; Q. 109, a. 8.
[554] Lieu parallèle : Somme Théologique 1 Q. 13, a. 5, sol. 1.
[555] Saint Thomas a toujours enseigné, d’accord avec Aristote, que l’intelligence meut la volonté en ce que, pour vouloir quelque chose, il faut déjà en connaître l’existence et la nature. C’est donc l’intel ligence qui présente à la volonté l’objet déterminé auquel s’attache son vouloir. Mais, comme le remarque également Aristote (De anima III, 6, 433a-b; in Librum de anima, éd. R. Gauthier, p. 490-491), l’intelligence ne fait pas connaître le désirable en tant que désirable : c’est l’appétit qu’il éveille en nous qui le révèle comme désirable. D’où le rôle moteur que saint Thomas progressant dans sa réflexion a reconnu à la volonté dans l’acte même de l’intel ligence pour connaître, encore faut-il vouloir connaître. Assu rément le vrai est l’objet de l’intelligence et le bien celui de la volonté (car toute volonté désire son bien). Mais on doit dire aussi que le vrai est le bien de l’intelligence et que le bien est la vérité de la volonté, " Quant à l’exercice de l’acte, la volonté meut l’intelligence, car le vrai lui-même, qui est la perfection de l’intelligence, est contenu dans le bien universel comme un certam bien particulier. Mais pour ce qui est de la détermination de l’acte, laquelle vient de l’objet, c’est l’intelligence qui meut la volonté car le bien lui-même est saisi sous une certaine raison particulière comprise sous la raison universelle du vrais (Somme Théologique 1-2 Q. 9, a. 1; trad. H. Gardeil, Les Actes humains, t. I, Paris; Tournai-Rome, Desclée et Cie et Ed. du Cerf, 1962 (rééd. Ed. du Cerf, 1997], p. 93).
[556] Sur l’intelligence comme moteur de la volonté, et récipro quement, voir les lieux parallèles Somme Théologique 1 Q. 9, a. 1; Q. 17, a. 1; Q. 82, a. 4; De veritate, Q. 14, a. 1 et 2; Q. 22, a. 2; De malo, Q. 4, a. 2; Q. 6 (corps de l’article et sol. 10 et 12).
[557] Dans ce passage, " parfait" doit être pris au sens littéral de "entièrement fait", "entièrement accompli", et non au sens de " doué de toutes les qualités." De même "imparfait" signifie "inachevé", "incomplet." Saint Thomas se réfère ici â son analyse de l’acte volontaire (devenue classique en philosophie). Il distingue, en particulier, l’intention, la délibération et le consentement, le choix (Ou élection) et la décision, enfin l’exécution. C’est donc l’exécution qui rend "parfaite" l’action pécheresse, puisqu’elle l’achève. Au contraire, la seule concupiscence qui en reste au stade de l’intention constitue une "action imparfaite" (d’où le " je le fais " paulinien), compatible avec l’état de grâce. Comme nous l’avons déjà vu, le péché ne consiste pas pour saint Thomas dans la concu piscence.
[558] Lieu parallèle Somme Théologique 1a-2 Q. 63, a. 1.
[559] C’est le lieu de répéter que la nature étant voulue par Dieu, qui l’a créée, est bonne en elle-même et bon le vouloir de la nature, par quoi il faut entendre, dans le cas de l’être humain, non la seule nature sensible, mais d’abord la nature rationnelle qui le spécifie parmi tous les vivants. Nous sommes ici aux antipodes de l’anthro pologie luthérienne.
[560] Voir ARISTOTE, Métaphysique I, 2 [ b 25-271; AL, XXV, 1-l’, p. 9; AL, XXV 2, p. 11. Lieu parallèle Super Metaphys. I, lect. 3.
[561] SAINT AUGUSTIN, De nuptiis et concupiscentia I, XXVIII, 31 (BA 23, 124-125). La traduction est empruntée à l’édition citée. — Glosa in Rom. VII, 20 (GPL, col. 1429 A).
[562] Lieux parallèles Somme Théologique P, Q. 49, a. 1; 1a-2ae, Q. 75, a. 1; 2 Sentences dist. 34, a. 3; De malo, Q. 1, a. 3; Ad Rom. 11, 36, lect. 5 (éd. Marietti, n 984).
[563] Voir Glosa in Rom. VII, 20 (GPL, col. 1423 D).
[564] "Selon la raison", c’est-à-dire "de crainte que l’on comprenne ce en moi comme désignant la raison" puisqu’on a dit, au para graphe 571, que la raison peut être prise pour la personne humaine, le moi. Or, il y aurait là une contradiction, car ce qui habite dans le moi véritable (la raison, la personne, le cœur), c’est le bien, et, tout particulièrement en ce texte de saint Paul qui parle du péché et de la grâce, le bien sumaturel du salut, et non la puissance du péché. S’ensuit-il que la chair soit mauvaise de nature — comme le soutiennent les manichéens et beaucoup de sectes gnosncisantes ? Si oui, alors le texte de saint Paul (nul bien n’habite en moi, c’est-à-dire dans ma chair) signifie que la création corporelle est mauvaise par elle-même. On voit l’enjeu du débat. Saint Thomas va répondre, fort brièvement, en distinguant le bien de la nature et le bien de la grâce : que le bien de la grâce n’habite pas dans la chair ne signifie pas que la chair soit privée du bien de la nature. Or, saint Paul parle du premier, non du second.
[565] Lieux parallèles Somme Théologique I’, Q. 48, a. 1; Q. 49, a. 3; Q. 91, a. 2;
[566] Voir SAINTAUGUSTIN, De haeresibus XLVI (CCL 46, 316-317).
[567] Lieu parallèle : Somme Théologique 1a Q. 83, a. 1.
[568] Lieux parallèles Somme Théologique 1a-2ae, Q. 10, a. 1; De veritate, Q. 22, a. 5 et 9.
[569] Voir SAINT AUGUSTIN, De libero arbitrio III, III, 6-8 (BA 6, 334-343). Voir aussi Retractationes I, Ix, 3 (BA 12, 314-315).
[570] Lieux parallèles Somme Théologique Ia, Q. 23, a. 5; 1a-2ae, Q. 109, a. 6 ; 2a-2 Q. 6, a. 1; 3 Contra Gentiles c. 149; De venu., Q. 24, a. 14; De quodL 1, Q. 4, a. 2.
[571] Voir SAINT AUGUSTIN, De haeresibus LXXXVIII (CCL 46, 340-341).
[572] "Je fais ce que je ne veux pas." Cette proposition joue le rôle d’un moyen terme, parce que, par son moyen, saint Paul parvient à établir les deux conclusions qu’il avait en vue. Pourquoi deux conclusions ? Parce que cette "proposition moyen terme" comprend deux affirmations : 1) je fais cela; 2) que je ne veux pas. Prenons la seconde : pourquoi est-ce que je ne veux pas (le mal que je fais) Parce que, de sa nature rationnelle et spirituelle (échappant au déterminisme de la chair), la volonté acquiesce au bien, lequel est connu, déjà par la loi naturelle, plus encore par la Loi révélée et sumaturelle. Ainsi, le fait même de ce non-vouloir prouve que la volonté comme la Loi dont elle reconnaît spontanément la vérité appartiennent au domaine de l’esprit. Mais (Ce que je ne veux pas), je le fais quand même, ce qui ne s’explique que si l’on admet qu’en nous règne et prévaut la puissance du péché.
[573] Lieux parallèles : Somme Théologique P, Q. 75, a. 1 et a. 5; 2 Contra Gentiles C. 49; IIAd Cor. 4, 16, Iect. 5 (éd. Marietti, n° 146).
[574] Voir TERTULLIEN, De anima V (CCL 2, 786-787). Voir dans saint Augustin son commentaire sur l’erreur de Tertullien à propos de la nature, De Genesi adiitieram X, xxv, 41-43 (BA 49, 220-223).
[575] Bien que les œuvres de saint Thomas contiennent bon nombre de citations de Piston, ces références sont presque tou; ours de seconde main (voir à ce propos l’introduction à la Somme contre les Gentils par le père René-Antoine Gauthier, o. p., p. 40-4 1). L’unique citation de PIston, Alcibiade <129e-130c> (voir PLATON, Œuvres complètes, t. I, texte établi et trsduit par Maurice Croiset, p. 103-104), que nous rencontrons ici, dans son Commentaire de l’épitre aux Romains, saint Thomas l’emprunta vraisemblablement au Peri phuseôs anthrôpou, De natura hominis I (PG 40, 505 A; Corpus latinum commentariorum in Aristotelem graecorum, Supplementum I, p. 5, I. 26-27) de Némésius d’Emèse. Ce traité écrit aux alentours des années 400 de notre ère, traduit en diverses langues, fut très lu au Moyen Age. L’anthropologie de Némésius s’inspire proba blement du commentaire du philosophe néo-platonicien Jamblique (vers 250-325) sur l’Alcibiade de Platon. Voir aussi chez saint Augustin, dans son De moribus catholicae Ecclesiae, c. XXVII, 52 (BA 1, 98-99).
[576] Lieux parallèles : Somme Théologique 1a-2ae, Q. 91, a. 6; Q. 93, a. 3.
[577] Variante de la Vous lanna, voir DOM SABATIER, BibL sacr., t. III, p. 619 (Notae ad versionem ansiquam).
[578] Lieu parallèle : S. Ia, Q. 109, a. 8.
[579] Le texte grec porte bien "ek tou sômatos tou thanatou toutou", du corps de cette mort", comme le traduit fidèlement la Vulgate corpus hujus mortis e. Les bibles françaises rendent cette formule par ce corps de mort", ce qui est plus élégant, mais risque de favoriser une spiritualité ennemie de toute réalité corporelle. Telle n’est pas la pensée de l’Apôtre, comme le montre saint Thomas. Saint Paul ne demande pas à être délivré de son corps, mais que son corps soit délivré de cette mort qu’est le péché et donc que sa chair, libérée de sa corruptibilité, puisse accéder à la glorieuse incorruptibilité de la résurrection.
[580] voir ce mot et son explicarion au chap. 2, V. 8; leçon 2, n° 198, p. 137, n. 5.
[581] C’est dans Tertullien (De anima I, 4 [n° 2, 782] Advenus Marcionem I, 28 [n° 1, 4721; De pudicitia XVIII, 17 [n° 2, 13191; De baptismo XIII, I [n° 1, 288-2891) que l’on rencontre pour la première fois la définition du baptême comme sacramentum fidei (sacrement de la foi). — Lieux parallèles Somme Théologique 3a, Q. 66, a. 1, sol. 1 e e Le baptême est une profession, aussi esr-il appelé "sacrement de la foi" s; 4 Sentences dist. 3, a. 1 (expos. litt.) et sol. 3
[582] Lieux parallèles Somme Théologique 1a-2ae Q. 89, a. 5; De malo, Q. 7, a. 3, sol. 17; De quodlibet 4, Q. 11, a. 2.
[583] On prendra garde â ces beaux commentaires de saint Thomas qui sont le reflet de son réalisme foncier et de l’admirable équilibre de sa doctrine. Ce n’est pas le mouvement de la chair, en tant que tel, qui fait le péché mortel, c’est l’acquiescement de la personne â l’acte du péché. Nous retrouvons ce principe de bon sens que nous avons déjà souligné et qui fait de l’être raisonnable et libre le véri table auteur de ses actes. Et cela est vrai de tous les hommes, y compris les infidèles.
[584] Lieux parallèles Somme Théologique 1a-2ae, Q. 78, a. 2 et 3; 2 Sent. dut. 43, a. 2.
[585] 1 Jn 2, 27. Dans la Vulgate on lit docet (instruit) au lieu de docebit (instruira). Voir Vetus lajina, Epistulae catholicae, 1 Jn 2, 27, éd. Walter Thiele, vol. XXVIII, fasc. 4, p. 295.
[586] Voir ARISTOTE, Éhique à Nicomaque II, 1 (1103 b] AL XXVI, fasc. 3, p. 164. Lieu parallèle Ethic. II, 1, éd. Léonine, 1969, t. XLVII, vol. I, p. 78, 1. 135-138.
[587] Jn 14, 26. Lieu parallèle Super Ioan. 14, 26, lect. 7 (éd. Marietti, n° 1958).
[588] Voir l’explication donnée par saint Thomas sur le sens de cette expression, chap. 7, y. 23; leçon 4, n° 587 et 588, p. 284.
[589] Ps 2, 7. — Lieu parallèle : Super Psalmos, in Ps. 2, 7.
[590] Avant l’Incarnation, le Verbe est invisiblement présent dans le monde comme la cause qui donne l’être aux créatures et le leur conserve, et comme la lumière qui illumine l’intelligence humaine (voir Super Ioan. I, 9-lob, lect. 5 [ Marietti, n° 124-1411).
[591] Lieux parallèles Somme Théologique 3a, Q. 6, a. 1; a. 4, sol. 3; Q. 50, a. 2, sol. 2; 3Sentences dist. 2, Q. 2, a. l, Q. l; a. 3; dist. 21, Q. l, a. 1, Q. I, sol. I; 4 Contra Gentiles c. 44; De spirzt. creat., a. 3, sol. 5.
[592] Voir SAINT AUGUSTIN, De haeresibus XLVI (CCL 46, 318). — Lieu parallèle : Super Ioan. 1, 14, lect. 7 (éd. Marietti, n° 169).
[593] Lieux parallèles Somme Théologique 3a, Q. 5, a. 1; 3 Sentences dist. 2, Q. 1, a. 3, q 1, 2; dist. 4, Q. 2, a. 1; 4 Sentences dist. 3, a. 3, Q. 2, sol. 2; 4 Contra Gentiles c. 29, 30; Compend. theol., c. 207; IIAd Cor, 5, 16, lect. 4 (éd. Marietti, n° 189).
[594] Lieu parallèle r 3 Sentences dist. 4 (expos. litt.).
[595] Voir Glosa in Rom. VIII, 3 (GPL, col. 1433 C).
[596] Lieu parallèle Somme Théologique 3a, Q. 49.
[597] Pour ces deux interprétations données, voir Glosa in Rom. VIII, 3 (GPL, col. 1434 A-B).
[598] Saint Thomas a en effet expliqué au paragraphe 608 que la chair du Christ avait "la ressemblance du péché" en tant qu’elle était passible et sujette à la souffrance et à la mort. C’est donc bien par le péché, c’est-à-dire par cette conséquence du péché qu’est la passibilité de la chair assumée par le Christ, que s’opère la victoire sur le péché et l’affaiblissement du foyer de la concupiscence.
[599] 2 Co 5, 21a. — Lieu parallèle : IIAd Cor. 5, 21, lect. 5 (éd. Marietti, n° 201).