Ces épisodes de l’Enfance du Sauveur comptent parmi ceux contre lesquels la critique rationaliste s’est le plus acharnée. Elle ne voit, en eux aussi, qu’une « légende », qu’elle consent à trouver « très dramatique et très belle », « riche en couleurs », en sorte qu’« il est naturel qu’elle ait toujours attiré les peintres et les poètes… ; seulement, il n’y a pas là un grain d’histoire[2270] ». Elle les attribue, plus encore que beaucoup d’autres faits évangéliques, à la foi de l’Église primitive, qui se proposait de glorifier son Christ par l’hommage que le monde païen lui aurait apporté dès son berceau, et par la manière merveilleuse dont il aurait échappé aux embûches du cruel Hérode[2271]. Des « motifs » ou influences de divers genre, empruntés au judaïsme et au paganisme auraient servi de point de départ à cette série de légendes.
Pour procéder avec ordre, nous partagerons les objections des néo-critiques en deux groupes. Nous répondrons d’abord à celles qui tendent à rejeter le caractère historique de la visite des Mages ; nous examinerons ensuite celles qui concernent les mesures persécutrices d’Hérode. Mais, auparavant, nous jetterons un regard général sur l’ensemble du récit, en nous demandant s’il justifie les soupçons dont il est devenu l’objet.
I. Ceux qui l’attaquent avouent eux-mêmes, directement ou indirectement, qu’ils nient surtout sa véracité à cause des éléments surnaturels qu’il contient : raison qui, nous l’avons démontré, est tout à fait inacceptable au point de vue d’une critique impartiale. On parle de légendes. Que ceux qui lancent cette accusation contre une page si simple, si sobre, si naturelle, veuillent bien se reporter encore, pour cette partie spéciale de la sainte Enfance, aux évangiles apocryphes et à leurs élucubrations fantaisistes, banales, presque toujours visiblement mensongères. Ils verront toute la différence qui existe, entre la légende et l’histoire véritable. Mais il y a plus : le cadre extérieur dans lequel se meut le récit est admirablement conforme aux données que nous avons par ailleurs. « L’arrivée des Mages à Jérusalem et la forme de leur question prouvent qu’ils n’étaient pas Juifs ; la signification messianique de cette même question et l’appréciation que portèrent sur elle le peuple et Hérode, l’effet qu’elle produisit sur la ville et sur le roi, la demande adressée par Hérode aux scribes touchant le lieu de la naissance du Christ, … leur réponse si bien d’accord, non seulement avec la prophétie de l’Ancien Testament, mais avec les idées messianiques de l’époque, enfin le caractère d’Hérode, soupçonneux, dissimulé, traître… : la description entière reflète visiblement les conditions historiques des dernières années du règne d’Hérode. La couleur locale ne trahit pas l’erreur la plus légère. Les idées et le tableau sont appropriés à l’époque, et le caractère qui est tracé d’Hérode est parfaitement le sien[2272] ». À un autre point de vue, qui a été déjà indiqué ci-dessus, la visite des Mages n’a rien en elle-même que de très plausible, puisque « tout démontre que les idées messianiques avaient pu pénétrer fort avant dans l’Orient[2273] ». Bref, « il est difficile de trouver une explication satisfaisante de l’origine (de cet épisode), si ce n’est celle de sa réalité[2274] ».
Il est vrai qu’il y a l’étoile, et aussi, paraît-il, une erreur psychologique dans la description du caractère d’Hérode. Mais, tout en croyant personnellement à la nature miraculeuse de l’étoile des Mages, nous avons admis que la présence du miracle n’est pas absolument exigée par le récit. Toute difficulté sérieuse disparaît donc de ce côté, car l’étoile a singulièrement offusqué les rationalistes[2275].
Il n’y aurait qu’à dire avec E. de Pressensé[2276] : « Évidemment, une étoile ne s’arrête pas sur une maison, elle ne saurait borner à ce point son rayonnement. Mais ce qui est possible, c’est que, après être demeurée inaperçue, elle reparaisse au moment même où l’on arrive en un lieu déterminé. Le récit évangélique parle le langage populaire, et de même qu’il fait lever et coucher le soleil, il ne prétend à aucune exactitude scientifique dans la description des phénomènes naturels ».
C’est bien à tort aussi que la conduite d’Hérode à l’égard des Mages a été jugée inexplicable au point de vue psychologique. On l’a déclarée « imprudente », et en contradiction avec tout ce que l’histoire nous apprend de son caractère habile et rusé[2277]. On n’a pas voulu comprendre pourquoi il a confié à des étrangers « des investigations que les gens de sa police », et même « le premier habitant venu de Bethléem, auraient pu lui fournir[2278] ». Soit ! Hérode n’avait pas besoin du concours des Mages pour trouver l’Enfant Jésus. Mais la crainte, la haine, la colère, en un mot les passions humaines, font souvent abandonner aux plus prudents les vraies voies de la sagesse. C’est en partie pour cela que le rusé despote, au lieu d’employer les limiers habituels de sa police, préféra dissimuler momentanément ses sentiments intimes. Il craignit sans doute de faire échouer son sinistre projet, en recourant à d’autres moyens. Sa manière d’agir dans, cette circonstance ne fut donc ni « imprudente », ni « superflue », comme les adversaires des évangiles aiment à le répéter.
II. Cela dit, passons aux théories imaginées par les néo-critiques, pour découvrir ce qu’ils nomment les « motifs » qui auraient servi de thème créateur à l’épisode de la visite des Mages. Deux de ces motifs ou influences ont été indiqués successivement. Le premier est emprunté au judaïsme. C’est la prophétie de Balaam[2279], suivant les uns[2280] ; telle série de textes d’Isaïe[2281] et des Psaumes[2282], suivant les autres[2283]. Mais déjà nos lecteurs savent que l’étoile de Balaam est simplement une métaphore pour désigner directement le Messie, et non pas un astre proprement dit. Les autres textes allégués prophétisent la conversion du monde païen au vrai Dieu, et dépassent de beaucoup l’incident très spécial de la visite des Mages ; un génie littéraire de premier ordre aurait été nécessaire pour les transformer en un si brillant épisode. De plus, comment se fait-il que saint Matthieu, qui signale d’ordinaire avec tant de zèle l’accomplissement des anciens oracles par notre Seigneur Jésus-Christ, ne fait pas même une allusion discrète à ceux qui, dans l’hypothèse rationaliste, auraient inspiré son récit de fond en comble[2284] ?
La plupart des théologiens libéraux sont allés chercher de préférence la source de l’histoire évangélique des Mages dans les idées ou dans les faits du paganisme. À propos de l’étoile, plusieurs d’entre eux insistent sur la croyance presque générale chez les païens, au début de notre ère, d’après laquelle des phénomènes sidéraux extraordinaires auraient été associés aux principaux événements de la vie des rois et des héros, sinon même de tous les hommes[2285]. Mais, demanderons-nous encore, comment cette superstition aura-t-elle pu créer en détail l’histoire de la visite des Mages à la crèche ? Une donnée vague est incapable de créer de toutes pièces le plus touchant des récits. Au reste, nous l’avons vu par d’autres exemples, sur lesquels les néo-critiques ont vainement tenté d’appuyer leurs systèmes destructeurs, si l’on rencontre parfois, entre tels incidents ou telles idées des évangiles et certains rites ou certains concepts des religions païennes, des analogies qui frappent à première vue, on ne doit pas en être surpris ; mais il faut étudier plus à fond ces similitudes. On ne tardera pas à découvrir qu’elles n’existent qu’au dehors, et qu’elles ne supposent nullement l’emprunt, l’imitation, soit d’un côté, soit de l’autre. En ce qui concerne l’étoile des Mages, elle n’a certainement rien de commun avec la superstition païenne à laquelle on voudrait injustement la rattacher.
D’autres critiques ont pensé que la religion de Mithra, le dieu soleil, n’aurait pas été sans influence sur l’épisode évangélique que nous étudions. Pour le prouver, ils ont mis à profit un fait d’histoire qui se passa l’an 66 de notre ère, et dont voici le résumé rapide, d’après Dion Cassius[2286]. À la date indiquée, le mage Tiridate vint d’Arménie en Italie, accompagné d’autres mages et de trois mille cavaliers qui lui formaient un cortège magnifique. Son but avoué était de présenter ses hommages à Néron. Neuf mois durant, il traversa toutes les contrées voisines de l’Euphrate, en vrai triomphateur. Trois de ses compagnons étaient des fils de rois. C’est à Naples qu’il eut sa première entrevue avec l’empereur. Fléchissant le genou devant lui, il le nomma son Seigneur et l’adora. Néron donna de grandes fêtes eu son honneur. Au jour le plus solennel, Tiridate s’avança avec sa suite devant le trône impérial, qui avait été dressé sur une place publique, et rendit encore hommage à Néron en se prosternant devant lui. Puis il lui dit : « Seigneur, moi, fils d’Arrakos, … je suis ton esclave ; je suis venu à toi comme à mon Dieu, et je t’adore comme Mithra ». L’historien ajoute que Tiridate s’en retourna dans son pays par une route différente de celle qu’il avait suivie pour venir en Italie.
Le parallélisme entre ce trait et la visite des Mages à l’Enfant Jésus est remarquable à première vue. Mais devons-nous en conclure, avec de nombreux néo-critiques[2287], que c’est d’après cette base historique que le récit de saint Matthieu aurait été inventé ? Non, sans aucun doute. Il y a à cela plusieurs grands empêchements. Les différences qui existent entre les deux faits sont tellement considérables, que l’hypothèse d’un emprunt de la part de l’évangéliste non seulement « semble risquée[2288] », mais doit être rejetée d’emblée, comme étant plus difficile à croire que le caractère historique des incidents racontés par saint Matthieu. Aussi plusieurs théologiens libéraux refusent-ils ouvertement de l’adopter[2289]. Mais nous avons une raison encore plus convaincante : c’est que, de l’aveu de A. Harnack, l’évangile selon saint Matthieu avait paru depuis plusieurs années au moins, lorsque Tiridate fit son célèbre voyage en Italie pour saluer la prétendue divinité de Néron.
III. Nous venons de nommer A. Harnack. L’appréciation qu’il porte sur la fuite de la sainte Famille en Égypte et sur le massacre des Innocents est vraiment surprenante de la part d’un critique sérieux. Il reconnaît que le premier de ces deux faits est « peut-être historique », et que le second peut avoir eu « un noyau historique ». Et cependant il affirme, sans apporter aucune preuve de son assertion, qu’une légende a pu se former au sujet de la fuite en Égypte, et que « nous n’avons aucun moyen de porter un jugement » sur le massacre des enfants de Bethléem[2290]. La parole de saint Matthieu ne compte pas pour cet historien. D’autres rationalistes sont plus affirmatifs. « Quant au massacre des enfants de Bethléem, qui fait corps avec la légende des Mages, il ne paraît pas plus historique que cette légende elle-même. Josèphe nous a raconté par le menu tous les crimes d’Hérode le Grand, et il paraît étrange qu’il n’ait rien dit d’un acte aussi, monstrueux[2291] ».
Cette fois, on signale une raison, mais toute négative. Elle consiste dans l’argumentum e silentio, dont nous avons démontré la grande faiblesse, mais que nos adversaires manient volontiers, à défaut d’arme meilleure[2292]. Ils oublient, en alléguant le silence de Josèphe sur ce point spécial, que c’est comme un principe pour cet historien de taire à peu près complètement dans ses écrits ce qui regarde la vie de Jésus, et qu’en outre, il est loin d’être complet, même sur l’histoire de son propre peuple[2293]. Ils oublient surtout que Josèphe rend un témoignage très réel, quoique indirect, à la véracité de l’évangéliste, en racontant tout au long des atrocités autrement barbares, commises par Hérode. Contentons-nous de citer le jugement général qu’il porte sur le despote, en ces termes[2294] : « Quand on prend en considération les arrêts de mort et tous les outrages sanglants qu’il fit subir à ses sujets et à ses plus proches parents, quand on se rappelle la dureté inexorable de son cœur, il est impossible de ne pas le déclarer un barbare, un monstre sans pitié. Il suffisait de ne point parler selon ses idées, ou de ne pas se montrer son très humble serviteur en toutes choses, ou encore d’être soupçonné de manifester peu de respect ou de soumission à son égard, pour qu’aussitôt on devînt l’objet de sa colère aveugle et violente, qui atteignait indistinctement parents, amis et ennemis ». Comparé à tant de forfaits[2295], qu’était, tout horrible qu’il fût en lui-même, le massacre de quelques petits enfants ? Une goutte d’eau dans la mer, a-t-on dit justement. On conçoit donc que Josèphe soit demeuré muet sur ce crime spécial[2296]. En outre, à ce silence, nous pouvons opposer l’attestation, tout au moins du séjour de Jésus en Égypte, par les calomnies du Talmud que nous avons citées en leur temps[2297]. Les circonstances ne sont pas les mêmes, il est vrai, car, au dire des rabbins, Jésus ne se serait réfugié en Égypte qu’après avoir atteint l’âge d’homme ; mais le témoignage conserve tout son prix pour garantir le fait principal.
D’ailleurs, s’il n’est pas exact qu’Hérode ait persécuté l’Enfant Jésus, et commis l’atrocité la plus abominable pour se défaire de lui, comment les incidents de la fuite en Égypte et du massacre des Innocents ont-ils pris naissance ? Le répertoire des néo-critiques n’est vraiment pas riche en fait d’hypothèses, ou, comme ils disent, de « motifs » créateurs des prétendues légendes. De nouveau, ils ont recours à des influences juives et à des influences païennes, soit séparées, soit combinées ensemble ; ils ne sortent pas de là.
On a trouvé des indices de l’influence juive jusque dans la vie d’Abraham et dans celle de Moïse, telles que les racontent les écrits rabbiniques. « Ce récit (de la persécution de Jésus par Hérode) est sans doute l’écho d’une antique légende…, concernant Abraham. Le roi Nemrod avait lu dans les étoiles la prochaine naissance d’un homme qui devait détruire son pouvoir, il fit égorger tous les petits enfants de son empire. Mais, avertie à temps, la mère d’Abraham prit la fuite et donna le jour à son fils dans une grotte[2298] ». Ce « motif » est tiré de si loin, qu’il n’est présenté que par un très petit nombre de néo-critiques. C’est plutôt, suivant quelques-uns d’entre eux, « l’histoire de la délivrance de Moïse enfant[2299] qui a exercé une influence sur le récit de Matthieu[2300] » ; moins toutefois, ajoutent-ils, d’après le récit de l’Exode, que d’après les amplifications fabuleuses que cet épisode avait reçues sous la plume des rabbins, et sous celle de Flavius Josèphe à leur suite[2301]. Un prêtre égyptien aurait prédit au pharaon d’alors la naissance prochaine d’un enfant israélite, qui humilierait l’Égypte et rendrait sa propre nation très puissante. C’est par crainte de cet adversaire dangereux que le pharaon ordonna de mettre à mort tous les enfants mâles des Hébreux[2302]. Mais ne faut-il pas être à bout d’arguments solides, pour supposer que saint Matthieu s’est inspiré de pareilles fables afin de composer un récit tout nouveau et, en somme, si différent[2303] ? Car les contrastes sont multiples. Ainsi, Moïse n’a pas été conduit de Palestine en Égypte ; il y est né. C’est par milliers que le pharaon fit périr les enfants des Hébreux ; etc.
On a compris le peu de solidité de cette base, et l’on a cherché ailleurs, sans cependant abandonner le domaine du judaïsme. On a rapproché de la persécution de Jésus par Hérode le récit contenu au chapitre xiie de l’Apocalypse, où nous voyons le Messie et sa mère en butte à la haine d’un dragon terrible, qui voudrait leur donner la mort. Dans la narration de saint Matthieu, le roi Hérode remplacerait donc le dragon de l’Apocalypse. Ce sentiment a trouvé des adhérents assez nombreux[2304] ; nous y reviendrons dans un instant.
Enfin, l’évangéliste aurait « mis à profit le prophète Osée[2305], sans égard à sa véritable signification[2306] » Mais l’oracle d’Osée n’a pas plus servi que l’Exode ou l’Apocalypse à la composition fantaisiste des faits relatifs à la persécution de l’Enfant Jésus par Hérode. Si saint Matthieu cite ce texte pour l’appliquer au Sauveur ramené d’Égypte en Terre sainte, c’est, répétons-le, dans un sens typique, qu’il savait fort bien distinguer de sa signification littérale et directe. Et l’on ne voit pas comment une parole de ce genre aurait pu servir de thème à toute la série des événements dont se compose l’histoire des Mages.
Pour la fuite en Égypte et le massacre des enfants de Bethléem, les critiques rationalistes font aussi appel aux influences mythologiques, spécialement à l’idée, assez fréquemment exprimée aux temps anciens, suivant laquelle les personnages illustres, après avoir été l’objet de graves persécutions de la part de puissants ennemis, étaient ensuite sauvés grâce à la protection divine. Sous ce rapport, écrit H. Gunkel[2307], « nous possédons une quantité considérable de narrations parallèles au récit » évangélique. Il mentionne Cyrus[2308], Romulus et Rémus[2309], Auguste[2310] ; puis il conclut : « Ces parallèles nous fournissent la preuve décisive du caractère légendaire » de la narration de saint Matthieu[2311]. On cite pareillement, comme modèles de cette hostilité et de cette délivrance merveilleuse, le roi assyrien Sargon Ier,[2312] le dieu égyptien Hathor attaqué par Typhon, etc.
Où veut-on nous conduire par ce véritable dévergondage de prétendues influences ? Quelle relation existe-t-il entre ces opinions, souvent contradictoires et le récit de l’évangile, qui n’est pas plus emprunté au judaïsme, qu’à des concepts mythologiques ? En réalité, ces soi-disant « parallèles » ne font que placer dans un plus vif relief le caractère unique de la révélation chrétienne, toujours si noble dans sa simplicité. « La théorie moderne d’après laquelle cette histoire (la visite des Mages avec ses conséquences immédiates) est une fiction littéraire, uniquement basée sur des motifs légendaires et des analogies du folklore, viole toute vraisemblance[2313] ».
[2270] , Jésus de Nazareth, t. I, p. 396-397. « C’est de la poésie sous forme d’histoire », dit aussi , Geschichte Jesu von Nazara, t. I, p. 377. , Die Geburtsgeschichte Jesu Christi, p. 16-17, mesure encore moins son langage : « Aucun homme intelligent ne regardera comme historiques les détails qui concernent la fuite en Égypte et le massacre des enfants de Bethléem ». Voir aussi , Religionsgeschichtliche Erklärung des Neuen Testaments, p. 231-239 ; , Neue Untersuchungen zur Apostelgeschichte… p. 105-106 ; etc.
[2271] « Les Mages représentent l’hommage anticipé du monde païen, … rendu au Sauveur universel qui était issu d’Israël. À cet hommage de l’humanité non juive s’associe aussi le firmament, en tant qu’il est la portion la plus noble du monde de la nature. Tout rend hommage à Jésus qui est le centre du monde entier ». , Jesus im Unterricht, p. 12.
[2272] dans , A Dictionary of Christ and the Gospels, t. I, p. 721.
[2273] , Histoire évangélique…, p. 151. Les destinées du « pays de l’Occident » ont toujours excité un très vif intérêt dans les contrées orientales, et particulièrement en Chaldée, comme on le voit par les anciens monuments. « Aucun nom géographique n’y apparaît aussi souvent que celui de cette région. » (, Babylonisches im Neuen Testament, p. 55.) Sous ce rapport, le récit de saint Matthieu est donc bien d’accord avec les inscriptions cunéiformes. , dans son livre Wo lag das Paradies ?, p. 133, parle d’oracles babyloniens très anciens, annonçant l’avènement d’un grand roi, qui surgira dans l’Occident, et qui fera régner sur toute la terre le droit et la justice, la paix et la joie, rendant ainsi tous les peuples heureux. Cf. , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 320.
[2274] , The Gospel according to St. Matthew, ii, 12.
[2275] Elle leur crée des « perplexités » (, The first three Gospels, p. 109), quelque sentiment qu’on accepte. Leur parlez-vous d’une conjonction planétaire ? Ils répondent, assez justement peut-être, que « cette conjonction n’a aucune ressemblance avec l’étoile des Mages » (, Ibid.). D’une étoile fixe ? Mais « une étoile qui s’avance et qui s’arrête au-dessus d’une maison, … cela se conçoit aisément au point de vue des anciens. Pour nous, qui savons ce qu’est une étoile et à quelle distance de la terre ont lieu ses évolutions, cette marche en avant pour indiquer le chemin et cet arrêt au-dessus d’une maison n’ont pas de sens » (, Geschichte Jesu : Nach akademischen Vorlesungen, 2e éd., p. 231). On est même allé jusqu’à dire que cet astre aurait pu « accomplir toute son œuvre à la fois, en conduisant directement les Mages au terme de leur voyage (à Bethléem). De la sorte, Hérode n’aurait pas entendu parler d’eux… et les enfants de la cité de David seraient demeurés sains et saufs » (, Ibid.).
[2276] , Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvre, p. 279.
[2277] , Geschichte Jesu von Nazara, t. I, p. 376 ; , Geschichte Jesu : Nach akademischen Vorlesungen, 2e éd., p. 229 ; etc.
[2278] , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 367 ; , Jésus de Nazareth, t. I, p. 367 et 397 ; , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 220 ; , Die Synoptiker, p. 48 ; etc.
[2279] Num., xxiv, 17. Voir la p. […], où elle a été citée.
[2280] , Die Synoptiker, p. 47 ; , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 364 ; etc.
[2281] Is., ix, 1-2 ; xlii, 6 ; xlix, 6-7 : trois passages où le Messie est annoncé comme devant être la « lumière des nations » et attirer à lui tous les peuples ; surtout Is., lx, 3 : « (Jérusalem), les nations marcheront vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton lever ».
[2282] Ps., lxviii, 29-35 (en particulier le verset 30 : « À ton sanctuaire de Jérusalem les rois t’offriront des présents ») ; Ps., lxxi, 10.
[2283] , Geschichte Jesu von Nazara, t. I, p. 377 ; etc.
[2284] Plusieurs néo-critiques, parmi ceux qui n’admettent pas une influence juive, mais un « motif » païen, sont d’accord avec les théologiens conservateurs pour faire cette remarque très juste. Entre autres, , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 220.
[2285] , De divinatione, i, 47 ; , Epitoma Historiarum Philippicarum, xxx[v]ii, 2, pour Mithridate ; , Historia Augusta, xiii, 5-6, pour Alexandre Sévère. Cf. dans , Encyclopedia biblica, t. III, col. 3350-3351 ; , Die Geburtsgeschichte Jesu Christi, p. 19-20 ; , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 220 ; , Babylonisches im Neuen Testament, p. 50 ; etc.
[2286] , Historia Romana, LXIII, i-vii. Voir aussi , Histoire naturelle, xxx, 16 ; , De vita Cæsarum, Nero, xiii.
[2287] Cf. , dans Zeitschrift für die Neutestamentliche Wissenschaft…, 1902, p. 1-5 ; , Ibid., 1903, p. 19-20 ; , Die Geburtsgeschichte Jesu Christi, p. 19-20, , Licht vom Osten, 1903, p. 257 ; , Das urchristentum, seine Schriften und Lehren, 2e éd., t. I, p. 101 ; , Die Stellung des Urchristentums zum Staat, 1908, p. 24 ; etc.
[2288] , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 77.
[2289] , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 220 : « Nous n’avons pas le courage de dire que le récit de Matthieu a été engendré par cette histoire ». Voir aussi , Bible problems and the new material for their solution, p. 246-247 ; , Babylonisches im Neuen Testament, p. 55 ; , Religionsgeschichtliche Erklärung des Neuen Testaments, p. 233.
[2290] , Neue Untersuchungen zur Apostelgeschichte…, p. 105.
[2291] , Jésus de Nazareth, t. I, p. 398.
[2292] , Jésus de Nazareth, p. 42 : « Josèphe, qui souligne complaisamment tous les crimes d’Hérode, ne dit rien de ce massacre ». Cf. , Geschichte Jesu : Nach akademischen Vorlesungen, 2e éd., p. 228 ; , « Matthäus » dans , Handbuch zum Neuen Testament, p. 160 ; etc.
[2293] , Das Evangelium des Matthäus ausgelegt, p. 110, note 24.
[2294] , Antiquitates judaicæ, xviii, 15.
[2295] Nous avons mentionné les principaux (p. […]).
[2296] Le païen , grammairien latin qui vivait au ve siècle de notre ère, fait très probablement allusion au massacre des Innocents, lorsqu’il écrit dans ses Saturnales, ii, 4 : « (Auguste) ayant entendu dire que, parmi les enfants âgés de moins de deux ans qu’Hérode avait fait égorger en Syrie, se trouvait le propre fils du roi, fit cette réflexion : Il vaut mieux être le pourceau (ὖν) d’Hérode que son fils (ὑιόν) ». Le jeu de mots est grossier, mais légitime.
[2297] Voir p. […]. Cf. , Contra Celsum, i, 38 et iii, 1 ; , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 222.
[2298] , Jésus de Nazareth, p. 42.
[2299] Ex., ii, 1-10.
[2300] , Die Synoptiker, p. 49.
[2301] , Antiquitates judaicæ, II, ix, 2.
[2302] , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 370 ; , Jesus im Unterricht, p. 14-15 ; , Das Alte Testament im Lichte des Alten Orients, 2e éd., p. 410-411 ; , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 220-221 ; etc.
[2303] , Religionsgeschichtliche Erklärung des Neuen Testaments, p. 235 : « Pourquoi aurait-on appliqué de telles choses à Jésus ? »
[2304] Cf. , Religionsgeschichtliche Erklärung des Neuen Testaments, p. 234-236 ; , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 220 ; , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 377 ; , Zum religionsgeschichtlichen Verständnis des Neuen Testaments, p. 54-58 ; , « Über babylonische Einflüsse im neuen Testament » dans la Neue kirchliche Zeitschrift, 1906, p. 706 ; etc.
[2305] Os., xi, 1 ; « J’ai rappelé mon fils de l’Égypte ». Cf. Matth., ii, 15.
[2306] , Jesus : wer er geschichtlich war, p. 65.
[2307] , Zum religionsgeschichtlichen Verständnis des Neuen Testaments, p. 69-70.
[2308] D’après , Historia, i, 108.
[2309] D’après , Ab Urbe condita, I, iii.
[2310] , De vita Cæsarum, Augustus, xciv.
[2311] , Nouvelle Vie de Jésus, trad. franc., avait déjà proposé ce parallélisme, t. II, p. 75-76 ; de même , Les évangiles et la seconde génération chrétienne, p. 191. Il est aussi accepté par , Religionsgeschichtliche Untersuchungen, t. I, p. 77-78 ; , Das urchristentum, seine Schriften und Lehren, 2e éd., t. I, p. 553-554 ; , Die Synoptiker, p. 197 ; etc.
[2312] Voir les détails et la réfutation dans , Die Geschichte der Geburt…, p. 110-115. Comme certains néo-critiques attribuent une origine babylonienne au dragon de l’Apocalypse dont nous venons de parler, ce même savant catholique, très au courant des questions assyriologiques, remet les choses au point, Ibid., p. 118-176, et démontre l’inanité du rapprochement.
[2313] , Commentary on the Gospel according to St. Matthew, p. 14.