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XXII. Sur la science de l’âme du Christ.

La Sacrée Congrégation des Séminaires et Universités, ayant posé (à la Congrégation du Saint Office) la question suivante : Peut-on enseigner sans crainte d’erreur les propositions suivantes :

1° Il n’est pas certain que l’âme du Christ, au temps de sa vie ici-bas, ait possédé la science que possèdent les bienheureux, à raison même de la vision béatifique.

2° Et l’on ne peut pas non plus donner comme certaine la doctrine suivant laquelle l’âme du Christ n’a rien ignoré, mais a, dès le début, connu dans le Verbe toutes les choses passées, présentes et futures, c’est-à-dire tout ce que Dieu sait par science de vision.

3° Le sentiment de certains écrivains récents sur le caractère limité de la science dans l’âme du Christ ne doit pas être plus mal accueilli dans les écoles catholiques que la doctrine des anciens sur la science universelle dont l’âme du Christ fut dotée dès le début.

Les Éminentissimes cardinaux, inquisiteurs généraux dans les choses de la foi et des mœurs, après avoir recueilli le vote des consulteurs, ont décidé qu’il fallait répondre négativement (savoir : qu’on ne peut pas enseigner avec sécurité toutes les propositions ci-dessus détaillées).

Le lendemain jeudi, dans l’audience accoutumée accordée à Mgr l’assesseur du Saint-Office, rapport de ce qui précède ayant été présenté à S. S. Benoît XV, Sa Sainteté a approuvé la conclusion des Éminentissimes Pères, l’a confirmée et a ordonné de la publier.

Donné à Rome, au palais du Saint-Office, le 7 juin 1918.