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Leçon 8 — Romains 1, 26-32 — Le châtiment issu du péché

[n° 146] 26 C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions ignominieuses; car leurs femmes ont échangé l’usage naturel en celui qui est contre nature.

[n° 150] 27 Et semblablement les mâles, ayant délaissé l’usage naturel de la femme, ont dans leurs désirs brûlé les uns pour les autres, en commettant la turpitude, mâles avec mâles, et recevant en eux-mêmes le salaire dû à leur égarement.

[n° 152] 28 Et de même qu’ils n’ont pas approuvé le fait de pouvoir connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour faire ce qui ne convient pas,

[n° 156] 29 remplis de toute iniquité, de malice, de fornication, d’avarice, de méchanceté, pleins d’envie, d’homicides, de querelle, de ruse, de malignité; chuchoteurs de médisances,

[n° 162] 30 détracteurs, haïs de Dieu, insolents, orgueilleux, altiers, inventeurs du mal, désobéissants à leurs parents,

[n° 165] 31 insensés, désordonnés, sans affection, infidèles aux traités, sans miséricorde.

[n° 166] 32 Eux qui, bien qu’ayant connu la justice de Dieu, n’ont pas compris que ceux qui commettent de telles actions sont dignes de mort, et non seulement ceux qui les font, mais encore ceux qui approuvent ceux qui les font.

146. — Après avoir exposé la faute de l’impiété [n° 141], selon laquelle les Gentils ont péché contre la nature divine, l’Apôtre expose <à présent> la peine qui les a réduits à pécher contre leur propre nature.

I) Et il commence par exposer cette peine.

II) Ensuite, il l’explique [n° 148] : Car leurs femmes ont échangé, etc.

III) Il en montre enfin la convenance [n° 151] : recevant en eux—mêmes le salaire, etc.

147. — I. [176]<L’Apôtre> commence donc par dire : 26 C’est pourquoi, c’est-à-dire parce qu’ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, Dieu les a livrés, non en les poussant au mal, mais en les abandonnant à des passions ignominieuses, c’est-à-dire à des péchés contre nature, qu’on appelle passions. On qualifie à proprement parler de passion[177] ce qui est entraîné hors de l’ordre de sa nature, par exemple lorsque l’eau chauffe ou qu’un homme tombe malade Ainsi, du fait que par ces péchés l’homme s’éloigne de l’ordre naturel, il convient de les appeler passions : « Les passions des péchés, […] opéraient dans nos membres. »

Mais ces passions sont qualifiées d’ignominieuses, parce qu’elles sont indignes <de porter> un nom[178], selon ce passage de l’épître aux Ephésiens : "Ce qu’ils font en secret est honteux même à dire " Si en effet les péchés de la chair sont ordinairement plus blâmables, parce que par eux l’homme est ravalé à ce qui en lui est animal, combien plus le péché contre nature[179], par lequel l’homme déchoit même de sa nature animale : "Je changerai leur gloire en ignominie."

148. — II. Ensuite, lorsqu’il dit : car leurs femmes, etc., il explique ce qu’il avait dit, et :

A) D’abord, quant aux femmes.

B) Puis, quant aux mâles : Et semblablement les mâles, etc.

149. A. Il commence donc par dire : Ils ont été livrés à des passions ignominieuses, car leurs femmes ont échangé l’usage naturel en celui qui est contre nature. — "La nature même ne vous apprend-elle pas que si un homme entretient sa chevelure, c’est une ignominie pour lui ?" Et encore : "Ils ont changé le droit[180], rompu l’alliance éternelle ", c’est-à-dire le droit naturel[181].

Il faut prendre en considération le fait qu’une chose peut être contre la nature de l’homme de deux manières[182] —

1. Soit sous le rapport de sa différence constitutive, qui est d’être raisonnable; ainsi dit-on de tout péché qu’il est contre la nature de l’homme, en tant qu’il est contre la droite raison. Et c’est pourquoi, selon Jean Damascène[183] l’ange par son péché s’est détourné de ce qui est conforme à sa nature, pour aller vers ce qui est contre elle.

2. Soit sous le rapport de sa différence générique, qui est d’être animal. Or il est manifeste que, selon l’intention de la nature, l’union des sexes chez les animaux est ordonnée à l’acte de la génération; d’où il suit que tout mode d’union qui ne peut concourir à la génération est contre la nature de l’homme en tant qu’il est animal. Et selon cela, il est dit dans la Glose "L’usage naturel est que l’homme et la femme s’unissent par un même accouplement; mais <l’acte> de se souiller entre mâles ou entre femelles est contre nature[184]." Et il en est de même de tout acte de coït dont la génération ne peut résulter[185].

150. — B. Puis, lorsque <l’Apôtre> dit : 27 Et semblablement, il explique <ce qu’il avait dit> en parlant des mâles, qui ayant délaissé l’usage naturel de la femelle, ont brûlé, c’est-à-dire se sont embrasés au-delà des limites de la nature, selon ce verset d’un psaume : "Ils se sont embrasés comme un feu dans des épines "; et cela dans leurs désirs charnels, les uns pour les autres, en commettant la turpitude, mâles avec mâles. — "Je mettrai à nu ton ignominie devant eux, et ils verront toute ta turpitude."

151. — III. Enfin, lorsqu’il ajoute : le salaire, il montre que cette peine convient à la faute; car il dit : recevant en eux-mêmes, c’est-à-dire par la dégradation de leur nature, le salaire dû à leur égarement, par lequel ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge. Le salaire, c’est-à-dire la rétribution, qui <leur> était dû, c’est-à-dire qu’ils devaient recevoir selon l’ordre de la justice[186], qui exigeait que ceux qui avaient outragé la nature de Dieu, en attribuant aux créatures ce qui lui appartient en propre, soient ignominieux envers leur propre nature. Et bien que <ce mot> "salaire" semble vouloir exprimer à proprement parler une chose bonne, ici cependant il est pris pour toute rétribution, même à l’égard des méchants, au sens où il est dit : "La solde du péché est la mort."

— "Tous leurs salaires seront brûlés au feu."

Il faut observer que l’Apôtre présente à juste titre les vices contre nature, qui sont les plus graves parmi les péchés de la chair, comme peine de l’idolâtrie[187]; car c’est en même temps que l’idolâtrie qu’ils semblent avoir pris naissance, au temps d’Abraham, époque que l’on considère comme étant le début de l’idolâtrie. Aussi lit-on que ce fut pour la première fois que <ces péchés> furent punis chez les Sodomites, comme on le rapporte dans la Genèse." Et à mesure que l’idolâtrie se développait, ces sortes de vices croissaient. Ainsi est-il dit au second livre des Maccabées que Jason "osa établir un gymnase sous la citadelle même, et exposer tous les jeunes hommes, les meilleurs, dans les lieux infâmes. Et ce n’était pas un commencement, mais un certain accroissement et un progrès de la vie païenne et étrangère, causée par le crime abominable et inouï de l’impie et non prêtre Jason."

152. — Ensuite lorsque <l’Apôtre> dit : 28 Et de même qu’ils n’ont pas approuvé, il montre qu’ils ont été soumis à la justice.

A) Et il montre d’abord à partir de quelle faute antécédente ils sont tombés dans ces péchés.

B) Puis, il énumère les différences qu’il y a entre ces péchés [n° 156] : remplis de toute iniquité, de malice, de fornication, etc.

153. — A. Il expose la faute précédente, lorsqu’il dit : Et de même qu’ils n'ont pas approuvé le fait de pouvoir connaître Dieu. Ce qui peut se comprendre de deux manières

1. D’abord en ce sens que tout en ayant pu, par la lumière de la raison et par les créatures visibles, avoir une véritable connaissance de Dieu, cependant pour pouvoir pécher plus librement, ils n’ont pas montré, c’est-à-dire n’ont pas approuvé le fait qu’eux-mêmes avaient Dieu dans leur connaissance : "Retire-toi de nous; nous ne voulons pas connaître tes voies "

2. Ensuite en ce sens qu’eux-mêmes n’ont pas approuvé le fait que Dieu a dans sa connaissance les actions humaines : "Le Seigneur ne le verra pas, et le Dieu de Jacob ne le saura pas. "Et suivant ce sens, lorsque <l’Apôtre> ajoute : Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, la peine répond convenablement à cette faute.

154. — Il n’est pas question ici du sens extérieur de l’homme, par lequel on discerne les choses sensibles, mais du sens intérieur, par lequel il juge de ce qu’il doit faire, selon ce verset de la Sagesse : "Occuper sa pensée de la sagesse, c’est le sens parfait "On appelle "sens réprouvé celui par lequel l’homme a un jugement blâmable par rapport à ce qu’il doit faire, selon ce verset de la seconde épître à Timothée : "Hommes corrompus d’esprit, réprouvés quant à la foi." <Et selon ce passage de> Jérémie : "Appelez-les un argent réprouvé, parce que le Seigneur les a rejetés"

155. Et c’est pourquoi il ajoute : pour faire ce qui ne convient pas, c’est-à-dire ce qui est en désaccord avec la droite raison "Leurs œuvres sont inutiles."

Or il est convenable que ceux qui ont péché contre la connaissance de Dieu, soit en refusant de le connaître, soit en pensant qu’il ne connaît pas <toutes choses>, soient livrés à la perversité de leur sens. Et c’est pourquoi il est dit au livre de la Sagesse "La peine des pécheurs marche toujours contre la prévarication des hommes injustes."

156. — B. Ensuite lorsqu’il dit : 29 remplis, etc., il énumère ces œuvres inconvenantes. Et il expose en premier lieu ce qui est général, en disant : remplis de toute iniquité, parce qu’il est dit : "Tout péché est iniquité." Car de même que toute vertu, en tant qu’elle accomplit le précepte de la Loi, relève de la justice, ainsi tout péché, en tant qu’il se sépare de la règle de la Loi divine, relève de l’iniquité. Et c’est sous ce rapport que dans la sainte Ecriture les péchés sont surtout blâmés.

<L’Apôtre> souligne la grandeur de leur faute de deux manières :

1. D’abord dans son <degré d’> intensité, quand il dit : remplis. Car on considère comme rempli d’iniquité celui dont l’affection est tout entière disposée à pécher, selon ce verset du psaume : "Leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume"

2. Puis dans son étendue, parce qu’ils n’ont pas péché seulement en un point, mais en tous : "Le culte des infâmes idoles est la cause, le principe et la fin de tout mal"

157. — Ensuite lorsqu’il dit : de malice, etc., il énumère les péchés selon leur espèce.

a) Et d’abord ceux qui concernent la transgression[188] et qui sont opposés aux préceptes négatifs[189].

b) Puis, ceux qui concernent l’omission et qui sont opposés aux préceptes positifs[190] [n° 163] : orgueilleux.

a. À l’égard des péchés de transgression, il expose

— En premier lieu, les péchés par lesquels on s’avilit soi-même.

— En second lieu, les péchés par lesquels on nuit au prochain [n° 159] : de méchanceté.

158. — [191]À l’égard des premiers, <l’Apôtre> expose d’abord ce qui est général, lorsqu’il dit : de malice, <mot> qui indique une habitude vicieuse opposée à la vertu. C’est ainsi que sont dits pécher par malice ceux qui pèchent par habitude[192] "Pourquoi te glorifies-tu en ta malice ?"

En disant : de fornication, <l’Apôtre> expose en particulier <d’abord> le péché par lequel on est entraîné au désordre en suivant l’appétit des délectations corporelles. Car bien qu’au sens strict la fornication se commette avec des courtisanes, qui se prostituaient publiquement près des voûtes (iuxta fornices[193]), c’est-à-dire des arcs de triomphe, cependant <ce mot> est pris ici pour toute union illicite : "Garde-toi, mon fils, de toute fornication, et hors de ta femme, ne te permets jamais de connaître le crime.[194]"

Puis en mentionnant ce qui est un appétit immodéré de posséder, <l’Apôtre> expose le vice par lequel on est entraîné au désordre en suivant l’appétit des choses extérieures : "Que votre conduite soit sans avarice, vous contentant de ce que vous avez."

159. — Ensuite sont énumérés les péchés qui portent préjudice au prochain. Il énumère tout d’abord ce qui est général, lorsqu’il dit : de méchanceté, ce qui a lieu quand on entreprend ce qu’on ne peut accomplir, surtout dans les choses nuisibles au prochain, à qui <le méchant> ne peut quelquefois nuire selon son désir : "La méchanceté des pécheurs sera consumée."

Puis <l’Apôtre> indique la racine de ces péchés en disant : pleins d’envie. L’envie[195] est une tristesse provoquée par le bien du prochain, tristesse qui incite à lui nuire "Par l’envie du diable, la mort est entrée dans le monde "

160. — Après quoi sont énumérés les dommages, et d’abord ceux qui sont extérieurs et dans les faits, lorsqu’il dit : d’homicides, lesquels sont les dommages principaux : "L’imprécation, et le mensonge, et l’homicide, et le vol, et l’adultère, ont inondé <la terre>, et le sang s’est mêlé au sang." Et il dit : d’homicides au pluriel, parce que l’homicide ne consiste pas seulement en acte, mais aussi dans la volonté : "Quiconque hait son frère est homicide ", c’est-à-dire celui qui le hait jusqu’à le tuer.

Puis <sont énumérés> les dommages en paroles : de querelle. Or la querelle est un assaut contre la vérité s’accompagnant de clameurs effrontées[196] — "C’est un honneur pour l’homme de se séparer des disputes "

161. — Ensuite il expose les dommages secrets, et d’abord en général, quand il dit : de ruse[197], c’est-à-dire quand on simule une chose, tandis qu’on en fait une autre : "C’est une flèche blessante que leur langue, elle ne parle que pour la ruse; <chacun> en sa bouche parle de paix avec son ami, et en cachette il lui tend des pièges."

Après quoi, <l’Apôtre> expose la racine intérieure de ces dommages, lorsqu’il dit : de malignité. La malignité suppose un feu mauvais[198], c’est-à-dire une mauvaise affection dans le cœur : "Ils parlent de paix avec leur prochain, et ils ont le mal dans leurs cœurs." — "Le méchant n’habitera pas près de toi."

162. — Ensuite <l’Apôtre> expose les dommages secrets, qui se font principalement en paroles, en disant : chuchoteurs de médisances[199], c’est-à-dire ceux qui en cachette chuchotent à l’oreille des hommes dans le dessein de semer la discorde entre eux : "Le chuchoteur de médisances et l’homme à deux langues est maudit" dans le peuple, "car il troublera beaucoup de personne qui vivent en paix." Détracteurs. Les détracteurs sont ceux qui amoindrissent la réputation de quelqu’un en cachette[200], la personne ignorant que l’on dit du mal d’elle : "Si un serpent mord dans le silence, celui qui diffame en secret n’a rien de moins que ce serpent"

Et pour qu’on ne croie pas ces péchés légers, parce qu’ils se commettent par la langue seule, il ajoute : haïs de Dieu. Car ils attaquent surtout ce que Dieu aime chez les hommes, c’est-à-dire l’amour mutuel : "Voici mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés." C’est pourquoi il est dit dans les Proverbes : "Il y a six choses que hait le Seigneur, et la septième, son âme la déteste ", à savoir celui qui sème la discorde parmi ses frères.

Il ajoute : insolents, c’est-à-dire ceux qui jettent le mal à la face[201] — "Moi qui étais auparavant blasphémateur, persécuteur et outrageant."

Ainsi donc ces trois vices ont une matière commune, parce que tous <ces pécheurs> disent du mal du prochain. Mais <l’Apôtre> les énumère dans l’ordre de leur finalité, car l’intention du chuchoteur de médisances est la discorde, celle du détracteur l’infamie, celle de l’insolent l’injure.

163. — b. Viennent ensuite les péchés qui concernent l’omission, et <l’Apôtre> expose tout d’abord la racine de ces péchés, quand il dit : orgueilleux[202]. Ils sont appelés ainsi, comme s’ils s’élevaient au-dessus d’eux-mêmes par un appétit désordonné de leur propre excellence; car ils veulent commander et non dépendre d’un règlement autre que le leur, et par là ils omettent d’accomplir les préceptes : "Le commencement de tout péché est l’orgueil." Ce qui est vrai pour l’acte de se détourner de Dieu, mais non pour une conversion au bien périssable; car il est dit dans la première épître de Paul à Timothée que "la racine de tous les maux est la cupidité."

164. <L’Apôtre> expose en second lieu la progression de la superbe. Elle commence à engendrer dans le cœur l’exaltation par laquelle l’homme s’élève au-dessus des autres : "Le pharisien, se tenant debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères; ni même comme ce publicain." Aussi est-il dit contre ceux qui s’élèvent : "Seigneur, mon cœur ne s’est pas exalté, et mes yeux ne se sont pas élevés."

Puis la superbe donne naissance à l’innovation présomptueuse dans les œuvres. Et <l’Apôtre> ajoute à ce propos : inventeurs du mal, parce que le bien étant déjà établi par Dieu et par les hommes, il s’ensuit que <les pécheurs> eux-mêmes font advenir le mal en innovant : "Leurs inventions sont contre le Seigneur."

165. — Puis sont énumérées les omissions elles-mêmes.

— Et d’abord <l’omission> à l’égard des supérieurs; aussi dit-il vis-à-vis des parents : désobéissants à leurs parents. Et cela contrairement à cette parole : "Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur; car cela est juste." Mais vis-à-vis de Dieu il dit : 31 insensés, c’est-à-dire agissant contre le respect <dû> à Dieu : "Voici : la crainte du Seigneur, c’est la sagesse, et s’éloigner du mal, l’intelligence."

— Ensuite, il expose l’omission à l’égard de soi-même, lorsqu’il dit : désordonnés, dans la tenue et la démarche : "Le vêtement du corps, le rire des dents, et la démarche d’un homme le font connaître." Cependant certains ont été blâmés de ce qu’ils marchaient avec un pas affecté parce que cette affectation s’écartait des manières de vivre des hommes de leur entourage.

— Puis, il expose l’omission à l’égard des égaux, à qui nous devons d’abord l’affection du cœur. Contre ce manque ment <l’Apôtre> dit : sans affection. — Il est écrit dans les Proverbes : "Les entrailles des impies sont cruelles > Et dans la seconde épître à Timothée : "Il y aura des hommes s’aimant eux-mêmes ", et non les autres. Puis nous devons leur témoigner une relation sociale. Contre ce manquement il ajoute : Infidèles, ce qui fait qu’ils ne vivent pas en société : "Ils les frappèrent du tranchant du glaive, et livrèrent la ville aux flammes. Il n’y eut personne pour la secourir, parce qu’ils habitaient loin de Sidon, et qu’ils n’avaient avec quelque homme que ce soit aucune société et aucun commerce." — "Malheur à celui qui est seul, parce que, lorsqu’il tombe, il n’a personne pour le relever."

— Enfin, il expose l’omission à l’égard des inférieurs, en ajoutant : sans miséricorde, sentiment que nous devons témoigner aux malheureux : "Le jugement est sans miséricorde pour celui qui n’a pas fait miséricorde; mais la miséricorde s’élève au-dessus du jugement "

166. — En disant ensuite : 32 Eux qui, bien qu’ayant connu la justice de Dieu, <l’Apôtre> montre qu’ils sont objets de la colère ou de la vengeance divine. Et à cet égard il y a trois choses à considérer : Leur affection naturelle, parce que, bien que connaissant un Dieu juste et pourvu de toutes les autres perfections, ils n’ont pas cru qu’il leur infligerait une peine pour leurs péchés : "Eux qui disent en leurs cœurs le Seigneur ne fera pas de bien, et il ne fera pas de mal." Et c’est bien ce que <l’Apôtre> dit Eux qui, bien qu’ayant connu la justice de Dieu, n’ont pas compris.

167. — La peine due à leurs péchés, lorsqu’il dit : sont dignes de mort. "La solde du péché est la mort." Il est juste, en effet, que l’âme qui abandonne Dieu, soit abandonnée de son corps par la mort corporelle, et finalement de Dieu par la mort éternelle, dont il est dit dans ce psaume : "La mort des pécheurs est très funeste." — "La seconde mort n’aura pas de pouvoir sur eux; ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans"

168. Enfin il faut considérer ceux à qui cette peine est due. Cette peine est d’abord due à ceux qui commettent de telles actions, c’est-à-dire <qui commettent> les péchés que l’on vient de mentionner, selon ce verset du psaume : "Tu hais tous ceux qui opèrent l’iniquité, tu perdras ceux qui disent le mensonge."

Et non seulement ceux qui les font, mais encore ceux qui approuvent ceux qui les font. Et cela de deux manières soit directement, en louant le péché, selon ce verset du psaume : "Le pécheur est loué dans les désirs de son âme "; ou même en leur donnant conseil et faveur, selon qu’il est dit : "Tu donnes du secours à l’impie, et tu te lies d’amitié avec ceux qui haïssent le Seigneur; et c’est pour cela certainement que tu méritais la colère du Seigneur."

Soit indirectement, quand on ne reprend pas ou que l’on n’empêche pas le péché de quelque manière que ce soit, si on le peut, et surtout si le devoir nous en incombe, comme Elie à qui furent imputés les péchés de ses fils : "<Je lui ai prédit que je devais juger sa maison à jamais, pour cause d’iniquité, parce qu’il savait que ses fils agissaient indignement, et qu’il ne les a pas corrigés> " L’Apôtre dit cela expressément en raison de quelques sages d’entre les Gentils, qui, tout en ne rendant pas de culte aux idoles, ne s’opposaient cependant pas à ceux qui les honoraient.

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