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[158] Joan., i, 31. Les peintres nous ont trop familiarisés avec l’idée gracieuse et exprimée par leur pinceau sous les formes les plus charmantes, mais entièrement fausse, d’après laquelle Jésus et Jean auraient vécu l’un près de l’autre, durant leurs jeunes années.

[159] Le texte de saint Matthieu (Matth., iii, 14) est significatif sous ce rapport. Le verbe διεκώλυεν, prohibebat, à l’imparfait de la durée, empêchait [s’opposait], marque des efforts prolongés pour dissuader Jésus.

[160] Luc., i, 40-45.

[161] Hébraïsme, pour dire : toute perfection.

[162] Luc., iii, 29-30.

[163] Sur la première, voir le t. I, p. 431-432.

[164] Nous devons ce précieux détail à saint Luc, qui, nous l’avons dit, aime à signaler les prières de l’Homme-Dieu.

[165] C’est l’expression employée par saint Marc : « Il vit les cieux déchirés », « εἶδεν σχιζομένους τοὺς οὐρανοὺς, il-vit se-déchirant les cieux ». Le poète latin écrit de même : « Scisso densa inter nubila cælo, se déchirant, à travers d’épaisses nuées, le ciel » (Punica, i, 537). Saint Matthieu et saint Luc disent simplement que le ciel « s’ouvrit » ; locution qu’on rencontre aussi ailleurs dans la Bible, Ez., i, 1 ; Act., vii, 36 ; Apoc., iv, 1 ; etc.

[166] Nous devons ce dernier détail au quatrième évangile, Joan., i, 32.

[167] Justin, Dialogus cum Tryphone, 88 ; , Diatessaron ; , Evangelion Da-Mepharreshe, t. II, p. 115, et d’autres encore ajoutent un quatrième phénomène : celui d’une « grande lumière » qui aurait accompagné la voix divine.

[168] Voir , Evangelium secundum Matthæum…, t. I, p. 147.

[169] Jérôme, Commentaire sur Is., xi, 2.

[170] Is., xi, 2, et lxi, 1.

[171] Saint Luc met fortement en relief le caractère extérieur de cette apparition, en disant qu’elle eut lieu « σωματικῷ εἴδει ὡς περιστερὰν, en-corporel aspect comme une-colombe », « sous une forme corporelle » (Luc., iii, 22).

[172] Gen., viii, 11.

[173] Cant., i, 14 ; ii, 10, 12 ; iv, 1 ; v, 2 ; vi, 8.

[174] Matth., x, 10.

[175] Gen., i, 2.

[176] Talmud, Chagiga, 15, a.

[177] Cant., ii, 12.

[178] Talmud, Bammidbar rabba, 25. Cf. , Neue Beiträge zur Erläuterung der Evangelien aus Talmud und Midrasch, p. 21-22.

[179] D’après la rédaction de saint Marc et de saint Luc, Dieu s’adresse directement à Jésus : « Tu es mon Fils bien-aimé… » D’après saint Matthieu, il s’adresse à Jean-Baptiste : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé… » Ce sont de simples nuances, pour exprimer un seul et même fait. La forme directe est probablement celle qui fut employée. Justin, Dialogus cum Tryphone, 88 et 103, , Le Pédagogue, xvi, 25 et quelques manuscrits ont à tort la variante « Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui », empruntée au Ps., ii, 7. Augustin, De consensu Evangelistarum libri quatuor, ii, 14, la signale pour dire qu’elle n’existait pas, de son temps, dans les manuscrits les plus anciens.

[180] Entre autres, Zahn, Das Evangelium des Matthäus ausgelegt, in h. loc.

[181] « Ὁ υἱός μου ὁ ἀγαπητός. » À la lettre : « Le fils de moi, le bien-aimé ».

[182] Marc., i, 1.

[183] Matth., xvii, 5, et aux passages parallèles de saint Marc et de saint Luc.

[184] Joan., xii, 28-30.

[185] Joan., xii, 28.

[186] Sur l’interprétation du baptême de Jésus par les néo-critiques, voir l’Appendice II.

[187] Saint Marc ne manque pas d’employer ici son adverbe favori : « εὐθὺς, statim, aussitôt ».

[188] Nous devons encore à saint Marc (Marc., i, 12) ce détail spécial : « τὸ πνεῦμα αὐτὸν ἐκβάλλει εἰς τὴν ἔρημον, l’Esprit le jette-dehors dans le désert, Spiritus expulit eum in desertum, l’Esprit le chassa dans le désert », c’est-à-dire exerça sur lui une forte pression. Les deux autres synoptiques disent, avec des nuances : « ὁ Ἰησοῦς ἀνήχθη εἰς τὴν ἔρημον ὑπὸ τοῦ πνεύματος, Jésus fut-conduit-en-haut (dans un lieu plus élevé) dans le désert par l’Esprit, Jesus ductus est in desertum a Spiritu, Jésus fut conduit vers le désert par l’Esprit » (Matth., iv, 1) ; « ἤγετο ἐν τῷ πνεύματι ἐν τῇ ἐρήμῳ, agebatur a Spiritu in desertum, il-était-conduit par l’Esprit dans le désert (Luc., iv, 1) ».

[189] Hebr., iv, 15.

[190] Hebr., ii, 18.

[191] Phil., ii, 7-8.

[192] Hebr., iv, 15.

[193] Voir Thomas, Summa Theologiæ, IIIa, q. xli, a. 1-4 ; , Commentarium ac disputatio in Tertiam partem divi Thomæ, xxxix, 1-4.

[194] I Joan., iii, 8.

[195] Jean Chrysostome, Homilia in Matthæi Evangelium, in h. loc.

[196] Cet épisode de sa vie n’ayant pas eu de témoins, nous en devons le récit à Jésus lui-même, qui l’aura communiqué à ses apôtres. La source ne pouvait pas être plus sûre.

[197] Voir plus haut, la note à propos de Matth., iv, 1.

[198] , The Land of Israel, p. 244 ; , The historical geography of the Holy land…, p. 316-137.

[199] Saint Luc est formel sur ce point : « Il ne mangea rien durant ces jours ». La formule de saint Matthieu, « Il jeûna pendant quarante jours et quarante nuits », n’est guère moins explicite.

[200] Le récit de la tentation que nous lisons dans le second évangile est condensé à l’extrême. Sans mentionner les trois phases de la tentation du Sauveur, saint Marc se borne à signaler brièvement quatre faits. Voici la traduction de son récit d’après le texte grec : « (Jésus) passa quarante jours et quarante nuits dans le désert, tenté par Satan, et il était avec les bêtes (sauvages) et les anges le servaient ». De ce sommaire on a conclu parfois, à la suite de saint Justin, de l’auteur des Homélies clémentines, d’Origène, de saint Augustin et de quelques autres anciens auteurs, que la tentation de Jésus se serait prolongée pendant toute la durée des quarante jours ; saint Matthieu et saint Luc n’en raconteraient que la dernière phase (Justin, Dialogus cum Tryphone, 103 ; , Homélies clémentines, xix, 9 ; Origène, Homilia in Lucam, xxix ; Augustin, De consensu Evangelistarum libri quatuor, ii, 16). Ce sentiment ne paraît guère vraisemblable. Suivant une expression fort juste, saint Marc ne donne, en réalité, qu’un torso de l’épisode, et il a tellement abrégé sa rédaction, qu’elle en est devenue obscure. On doit donc l’expliquer par les deux autres, qui sont complètes et très claires. Si le dernier trait « les anges le servaient » ne peut concerner que la fin de l’épisode, et non pas les quarante jours et les quarante nuits dans leur entier, les mots « tenté par Satan » ne sauraient non plus s’appliquer à toute cette même période. Tel est le sentiment de la plupart des commentateurs.

[201] Nous suivons ici le texte de saint Luc, qui semble plus naturel. Saint Matthieu a le pluriel : « Ordonne que ces pierres deviennent des pains ».

[202] Les avis des commentateurs ont toujours été partagés sur ce point. D’après saint Jean Chrysostome, saint Jérôme, saint Augustin, et d’assez nombreux auteurs modernes et contemporains, le prince des démons aurait réellement éprouvé des doutes sur le caractère messianique de Jésus.

[203] Fillion, Évangile selon saint Matthieu, p. 82.

[204] Cf. Eph., vi, 17 ; Hebr., iv, 12.

[205] Deut., viii, 3. Elle est faite littéralement d’après la traduction des Septante.

[206] Ex., xvi, 1-36 ; Jos., v, 12 ; Ps., lxxvii, 23-25.

[207] Quelques commentateurs ont fait dévier la réponse de Jésus de son véritable sens, en l’expliquant comme si les mots « parole de Dieu » désignaient ici, non pas un aliment matériel, mais une nourriture spirituelle ; par exemple, l’obéissance aux volontés divines, la parole inspirée des saints Livres, etc.

[208] Saint Matthieu, qui écrivait surtout pour des Juifs, donne à la capitale théocratique son nom glorieux de « cité sainte », souvent employé dans les livres de l’Ancien Testament et du Nouveau (cf. Is., xlviii, 2 ; lii, 1 ; Dan., iii, 28 ; Tob., xiii, 9 ; Apoc., xi, 2, etc.), comme aussi par Philon et Josèphe.

[209] Nous empruntons ce nom à la Vulgate, qui traduit très exactement par pinnaculum l’expression grecque correspondante τὸ πτερύγιον. Ce diminutif de « πτερυξ, aile », servait souvent à designer, au figuré, le faîte d’un édifice, et surtout le fronton en forme d’aile.

[210] Τὸ ἱερόν, et non pas ὁ ναός.

[211] Josèphe, Antiquitates judaicæ, XV, xi, 5. Voir le t. I, p. 194 et 195.

[212] Eusèbe, Historia Ecclesiastica, ii, 29 et xi, 5, raconte aussi, mais sans spécifier davantage, que c’est du pinacle du temple que saint Jacques, évêque de Jérusalem, fut précipité plus tard par les Juifs.

[213] Ps., xc, 11-12.

[214] Deut., vi, 16, d’après les Septante.

[215] Cf. Ex., xvii, 2 ; Ps., lxxvii, 18-19.

[216] Nos lecteurs savent que saint Luc n’a pas suivi le même ordre que saint Matthieu pour la suite des deux dernières tentations. Il donne la troisième place à celle que nous venons d’étudier, et la seconde à celle qui occupe le troisième rang dans le récit de saint Matthieu. On accorde très généralement la préférence — c’était déjà l’opinion de saint Justin, au second siècle (Justin, Dialogus cum Tryphone, 103) — au plan adopté dans le premier évangile, car il présente une gradation plus naturelle et plus logique. Du reste, comment le démon, après avoir été chassé honteusement par les mots : « Éloigne-toi, Satan », aurait-il pu revenir à la charge ?

[217] Luc., iv, 5 : « ἐν στιγμῇ χρόνου, in momento temporis, en un-instant de-temps ».

[218] Jérôme, Commentarium in Matthæum, in h. loc.

[219] Joan., xii, 31 ; xiv, 30.

[220] II Cor., iv, 4. Cf. Eph., ii, 2.

[221] Les mots « derrière moi » ajoutés par plusieurs manuscrits et quelques Pères grecs, ne paraissent pas avoir fait partie du texte original. C’est un emprunt fait à Matth., xvi, 23.

[222] Elle est faite avec une certaine liberté, comme les précédentes.

[223] Deut., vi, 13.

[224] Matth., xxii, 36-38 ; Marc., xii, 28-34.

[225] Luc., vi, 13. C’est-à-dire toute espèce de tentation.

[226] , Homilia in Matthæi Evangelium, xvi ; Thomas, Summa Theologiæ, IIIa, q. xii, a. 4.

[227] Cf. Joan., xiii, 27.

[228] Matth., xvi, 23 ; Marc., viii, 33.

[229] Joan., xiv, 30.

[230] Le verbe « διακονεῖν, ministrare, servir » a fréquemment cette signification spéciale dans le Nouveau Testament. Cf. Matth., viii, 15 ; xxv, 24 ; xxvii, 55 ; Marc., 1, 13-31 ; Luc., iv, 39 ; xii, 37 ; xvii, 8 ; Act., vi, 2 ; etc.

[231] Voir le t. I, p. 230-234.

[232] Joan., xiv, 30. Voir l’Appendice III.

[233] Joan., i, 19, 29, 35, 44.

[234] Sur cette haute assemblée voir t. I, p. 136-137,

[235] Matth., iii, 5 ; Marc., i, 5.

[236] Talmud, Sanhédrin, i, 5. Cf. Deut., xviii, 21-22.

[237] Matth., iii, 7-12.

[238] Mal., ii, 7. Cf. Os., iv, 6.

[239] La leçon la plus autorisée du texte grec, place le pronom ἐγώ en avant de la phrase, pour l’accentuer davantage. Depuis longtemps on a remarqué que, dans tout ce passage, Jean-Baptiste répète fréquemment ce même pronom, pour donner plus de force à son témoignage. Voir les versets 20, 23, 26, 27, 30, 31 (deux fois), 33, 34.

[240] Mal., iv, 5-6 (iii, 23-24, dans le texte hébreu).

[241] Eccli., xlviii, 1-11.

[242] Matth., xvi, 14 ; xvii, 10-13 ; Joan., i, 21 ; etc.

[243] Cf. Justin, Dialogus cum Tryphone, 8 ; , Das Judentum in Palästina zur Zeit Christi, p. 490-491 ; , System der altsynagogalen palästinischen Theologie, p. 337-339 ; , Die Religion des Judentums…, p. 220 ; , The Life and Times of Jesus the Messiah, t. II, p. 703-706.

[244] Matth., xi, 13-14 ; xvii, 10-13.

[245] Luc., i, 17.

[246] προφήτης.

[247] Joan., vi, 14 et vii, 40.

[248] Deut., xviii, 15-18.

[249] Cf. Joan., vii, 40, et aussi Matth., xvi, 14 ; Marc., vi, 15 ; viii, 28 ; Luc., ix, 8, 19.

[250] Joan., i, 45.

[251] Act., iii, 22-23 ; vii, 37.

[252] La brièveté et la vigueur de ses réponses sont remarquables : « Moi, je ne le suis pas » ; « Je ne le suis pas » ; « Non ! »

[253] Is., xl, 3. Voir la p. ….

[254] À la suite d’Origène, on a parfois interprété cette note comme si elle indiquait qu’à ce moment une autre députation, composée de pharisiens, était venue trouver le précurseur, pour l’interroger à son tour. Mais le texte même du récit s’oppose à une pareille interprétation, car ses différentes parties (Joan., i, 20-28) sont reliées entre elles comme les portions d’un tout inséparable. Il s’agit d’une seule et même audience, d’une seule et même délégation. On a dit, sans raison suffisante, que le sanhédrin n’aurait pas choisi ses délégués dans le parti des pharisiens. Il est certain, au contraire, que ceux-ci avaient pénétré depuis longtemps dans le grand Conseil, où leur influence se faisait sentir comme partout ailleurs. Nous savons aussi, par Josèphe, Antiquitates judaicæ, XVIII, i, 3, qu’ils étaient particulièrement compétents en ce qui concernait les rites religieux. Il était donc naturel que le narrateur insérât ce détail rétrospectif, au moment où il allait parler du baptême inauguré par Jean. Un certain nombre de prêtres et de lévites s’étaient affiliés à la secte pharisaïque.

[255] Matth., iii, 11 ; Marc., i, 7-8 ; Luc., iii, 16.

[256] Dans le grec, « ό ἐρχόμενος, le venant » au participe ; un des noms du Messie chez les Juifs. Cf. Matth., xi, 3, etc. Nous avons cité cette réponse de Jean conformément à la leçon du texte qui paraît être la plus autorisée. Après les mots « Vous ne connaissez pas », on lit dans la Vulgate et ailleurs : « C’est lui qui doit venir après moi et qui a été fait avant moi ; je ne suis pas digne… »

[257] Joan., i, 26-27.

[258] Il y a dans le grec un « ὑμεῖς, vous », très accentué (Joan., i, 26).

[259] Joan., xi, 1-18. Nous n’avons pas à entrer ici dans la discussion soulevée par la variante Βηθαβαρᾷ, dont Origène s’est fait le champion peu judicieux. Il avoue lui-même que, de son temps, la leçon Βηθανίᾳ, était la mieux garantie ; seulement comme, durant un voyage qu’il fit en Palestine vers l’an 215, il ne réussit pas à découvrir une localité du nom de Béthanie sur la rive gauche du Jourdain, tandis qu’il y trouva un village appelé Betha-bara, il adopta et fit adopter par d’autres cette leçon, qui est certainement fautive, et que condamnent les meilleurs critiques.

[260] Elle est due au P. Féderlin, des Pères Blancs de Sainte-Anne de Jérusalem.

[261] , La Palestine…, 2e éd., p. 280-281. Parmi les autres localités avec lesquelles on a essayé d’identifier cette Béthanie, nous citerons les ruines nommées aujourd’hui Bétânê, dans l’ouadi Abou Mouhaa, à environ une heure de marche au sud-ouest d’Es-Salt sur l’emplacement de l’ancienne Botnin (Jos., xiii, 26). Voir Jérôme, Onomasticon, 103, 14.

[262] Voir cependant ce qui a été dit plus haut, p. …, au sujet du site traditionnel du baptême de Notre-Seigneur. Il est vrai que Jean-Baptiste ne se tenait pas toujours au même endroit.

[263] Joan., iii, 26. Voir aussi Joan., x, 40-42.

[264] Cf. I Reg., x, 5-12 ; III Reg., xviii, 4 ; IV Reg., ii, 15 ; vi, 1 ; etc.

[265] Matth., ix, 14 ; Marc., ii, 18 ; Luc., v, 33.

[266] Luc., xi, 1.

[267] Dans le grec, l’emploi du temps présent, « βλέπει, il voit » dramatise le fait (Joan., i, 29).

[268] Joan., i, 29-34.

[269] Nous en avons donné plus haut la description. Voir le t. I, p. 277-280.

[270] Ex., xii, 3-28.

[271] I Cor., v, 7 ; Joan., xix, 31.

[272] Jérôme, Epistola liii, ad Paulinum.

[273] Is., liii, 7.

[274] Bossuet, Élévations sur les mystères, XXIV, ii, .

[275] Comme l’hébreu נשא, nâça, le verbe grec αἴρω, qui a d’ordinaire le sens de porter, signifie en cet endroit enlever, en expiant par son sacrifice personnel.

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