Ressources Catholiques Bible

précédent
TROISIÈME PARTIE : LA VIE DANS LE CHRIST
PREMIÈRE SECTION : LA VOCATION DE L’HOMME : LA VIE DANS L’ESPRIT
 
357. Comment la vie morale du chrétien est-elle liée à la foi et aux sacrements ?
CEC 1691-1698
Ce que professe le Symbole de la foi, les sacrements le communiquent. Par eux en effet, les fidèles reçoivent la grâce du Christ et les dons de l’Esprit Saint, qui les rendent capables de vivre la vie nouvelle de fils de Dieu dans le Christ accueilli avec la foi.
« Chrétien, reconnais ta dignité » (saint Léon le grand).

CHAPITRE I : LA DIGNITÉ DE LA PERSONNE HUMAINE
L’HOMME, IMAGE DE DIEU
 
358. Quelle est le fondement de la dignité de l’homme ?
CEC 1699-1715
La dignité de la personne humaine s’enracine dans sa création à l’image et à la ressemblance de Dieu. Dotée d’une âme spirituelle et immortelle, d’intelligence et de volonté libre, la personne humaine est ordonnée à Dieu et appelée, en son âme et en son corps, à la béatitude éternelle.
NOTRE VOCATION AU BONHEUR
 
359. Comment l’homme parvient-il à la béatitude ?
CEC 1716
L’homme parvient à la béatitude en raison de la grâce du Christ, qui le rend participant de sa vie divine. Dans l’Évangile, le Christ montre aux siens la route qui conduit au bonheur sans fin : les Béatitudes. La grâce du Christ agit aussi en tout homme qui, suivant sa conscience droite, recherche et aime le vrai et le bien, et évite le mal.
 
360. Les Béatitudes sont-elles importantes pour nous ?
CEC 1716-1717, 1725-1726
Les Béatitudes sont au centre de la prédication de Jésus ; elles reprennent et portent à leur perfection les promesses de Dieu, faites depuis Abraham. Elles expriment le visage même de Jésus, elles caractérisent l’authentique vie chrétienne et elles révèlent à l’homme la fin ultime de sa conduite : la béatitude éternelle.
 
361. Quel est, pour l’homme, le rapport entre les Béatitudes et le désir de bonheur ?
CEC 1718-1719
Les Béatitudes répondent au désir inné de bonheur que Dieu a déposé dans le cœur de l’homme pour l’attirer à lui et que lui seul peut combler.
 
362. Qu’est ce que la béatitude éternelle ?
CEC 1720-1724, 1727-1729
Elle est la vision de Dieu dans la vie éternelle, où nous serons pleinement « participants de la nature divine » (2P 1,4), de la gloire du Christ et de la jouissance de la vie trinitaire. La béatitude dépasse les capacités humaines. Elle est un don surnaturel et gratuit de Dieu, comme la grâce qui y conduit. La béatitude promise nous place devant des choix moraux décisifs concernant les biens terrestres, nous incitant à aimer Dieu par-dessus tout.
LA LIBERTÉ DE L’HOMME
 
363. Qu’est-ce que la liberté ?
CEC 1730-1733, 1743-1744
C’est le pouvoir donné par Dieu à l’homme d’agir ou de ne pas agir, de faire ceci ou cela, de poser ainsi soi-même des actions délibérées. La liberté caractérise les actes proprement humains. Plus on fait le bien, et plus on devient libre. La liberté tend à sa perfection quand elle est ordonnée à Dieu, notre bien suprême et notre béatitude. La liberté implique aussi la possibilité de choisir entre le bien et le mal. Le choix du mal est un abus de notre liberté, qui conduit à l’esclavage du péché.
 
364. Quel rapport existe-t-il entre liberté et responsabilité ?
CEC 1734-1737, 1745-1746
La liberté rend l’homme responsable de ses actes dans la mesure où ils sont volontaires, même si l’imputabilité et la responsabilité d’une action peuvent être diminuées et parfois supprimées, en raison de l’ignorance, de l’inadvertance, de la violence subie, de la crainte, des affections immodérées, des habitudes.
 
365. Pourquoi tout homme a-t-il le droit d’exercer sa liberté ?
CEC 1738, 1747
À tout homme appartient le droit d’exercer sa liberté, car celle-ci est inséparable de sa dignité de personne humaine. Un tel droit doit donc toujours être respecté, notamment en matière morale et religieuse. Il doit être civilement reconnu et protégé, dans les limites du bien commun et de l’ordre public juste.
 
366. Quelle place tient la liberté humaine dans l’ordre du salut ?
CEC 1739-1742, 1748
Notre liberté est fragile à cause du premier péché. Cette fragilité devient plus aiguë avec les péchés ultérieurs. Mais le Christ « nous a libérés, pour que nous soyons vraiment libres » (Ga 5,1). Par sa grâce, l’Esprit Saint nous conduit à la liberté spirituelle, pour faire de nous ses libres collaborateurs, dans l’Église et dans le monde.
 
367. Quelles sont les sources de la moralité des actes humains ?
CEC 1749-1754, 1757-1758
La moralité des actes humains dépend de trois sources : l’objet choisi, c’est-à-dire un bien véritable ou apparent, l’intention du sujet qui agit, c’est-à-dire la fin qui motive l’acte, les circonstances de l’acte, y compris les conséquences.
 
368. Quand l’acte est-il moralement bon ?
CEC 1755-1756, 1759-1760
L’acte est moralement bon quand il y a en même temps la bonté de l’objet, de la fin et des circonstances. L’objet du choix peut à lui seul vicier toute une action, même si l’intention est bonne. Il n’est pas permis de faire le mal pour qu’en résulte un bien. Une fin mauvaise peut corrompre l’acte, même si son objet en soi est bon. À l’inverse, une fin bonne ne rend pas bonne une conduite qui est mauvaise en raison de son objet, car la fin ne justifie pas les moyens. Les circonstances peuvent atténuer ou augmenter la responsabilité de l’auteur, mais elles ne peuvent modifier la qualité morale des actes eux-mêmes. Elles ne rendent jamais bonne une action mauvaise en soi.
 
369. Y a-t-il des actes toujours illicites ?
CEC 1756, 1761
Il y a des actes dont le choix est toujours illicite en raison de leur objet (par exemple le blasphème, l’homicide, l’adultère). Leur choix comporte un désordre de la volonté, à savoir un mal moral qui ne peut être justifié par la considération des biens qui pourraient éventuellement en résulter.
LA MORALITÉ DES PASSIONS
 
370. Que sont les passions ?
CEC 1762-1766, 1771-1772
Les passions sont les affections, les émotions ou les mouvements de la sensibilité – composantes naturelles du psychisme humain –, qui poussent à agir ou à ne pas agir en vue de ce qui est ressenti comme bon ou comme mauvais. Les principales passions sont l’amour et la haine, le désir et la crainte, la joie, la tristesse, la colère. La passion primordiale est l’amour, provoqué par l’attirance du bien. On n’aime que le bien, réel ou apparent.
 
371. Les passions sont-elles moralement bonnes ou mauvaises ?
CEC 1767-1770, 1773-1775
Parce qu’elles sont des mouvements de la sensibilité, les passions ne sont, en elles-mêmes, ni bonnes, ni mauvaises. Elles sont bonnes lorsqu’elles contribuent à une action bonne, et mauvaises dans le cas contraire. Elles peuvent être assumées dans les vertus ou perverties dans les vices.
LA CONSCIENCE MORALE
 
372. Qu’est-ce que la conscience morale ?
CEC 1776-1780, 1795-1797
Présente au plus intime de la personne, la conscience morale est un jugement de la raison qui, au moment opportun, enjoint à l’homme d’accomplir le bien et d’éviter le mal. Grâce à elle, la personne humaine perçoit la qualité morale d’un acte à accomplir ou déjà accompli, permettant d’en assumer la responsabilité. Quand il écoute sa conscience morale, l’homme prudent peut entendre la voix de Dieu qui lui parle.
 
373. Qu’implique la dignité de la personne en ce qui concerne la conscience morale ?
CEC 1780-1782, 1798
La dignité de la personne humaine implique la rectitude de la conscience morale, c’est-à-dire qu’elle soit en accord avec ce qui est juste et bon au regard de la raison et de la Loi divine. Au titre de cette dignité personnelle, l’homme ne doit pas être contraint d’agir contre sa conscience, et on ne doit même pas l’empêcher, dans les limites du bien commun, d’agir en conformité avec sa conscience, surtout en matière religieuse.
 
374. Comment se forme la conscience morale pour qu’elle soit droite et véridique ?
CEC 1783-1788, 1799-1800
La conscience morale droite et véridique se forme par l’éducation, l’intégration de la Parole de Dieu et de l’enseignement de l’Église. Elle est soutenue par les dons du Saint-Esprit et aidée par les conseils de personnes sages. En outre, la prière et l’examen de conscience contribuent beaucoup à la formation morale.
 
375. Quelles normes la conscience doit-elle toujours suivre ?
CEC 1789
Les trois règles principales sont : 1) Il n’est jamais permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien ; 2) La Règle d’or : « Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux, vous aussi » (Mt 7,12) ; 3) La charité passe toujours par le respect du prochain et de sa conscience, même si cela ne signifie pas accepter comme un bien ce qui est objectivement un mal.
 
376. La conscience morale peut-elle porter des jugements erronés ?
CEC 1790-1794, 1801-1802
La personne doit toujours obéir au jugement certain de sa conscience ; mais elle peut émettre aussi des jugements erronés, pour des raisons qui ne sont pas toujours exemptes de culpabilité personnelle. On ne peut cependant imputer à la personne le mal accompli par ignorance involontaire, même s’il reste objectivement un mal. C’est pourquoi il est nécessaire de tout mettre en œuvre pour corriger la conscience morale de ses erreurs.
LES VERTUS
 
377. Qu’est-ce que la vertu ?
CEC 1803, 1833
La vertu est une disposition habituelle et ferme à faire le bien. « Le but d’une vie vertueuse consiste à devenir semblable à Dieu » (saint Grégoire de Nysse). Il existe des vertus humaines et des vertus théologales.
 
378. Qu’est-ce que les vertus humaines ?
CEC 1804, 1810-1811, 1834, 1839
Les vertus humaines sont des dispositions habituelles et stables de l’intelligence et de la volonté, qui règlent nos actes, ordonnent nos passions et guident notre conduite selon la raison et la foi. Acquises et renforcées par les actes moralement bons et répétés, elles sont purifiées et élevées par la grâce divine.
 
379. Quelles sont les principales vertus humaines ?
CEC 1805, 1834
Ce sont les vertus appelées cardinales. Toutes les autres se regroupent autour d’elles et elles constituent les fondements de la vie vertueuse. Ce sont : la prudence, la justice, la force et la tempérance.
 
380. Qu’est-ce que la prudence ?
CEC 1806, 1835
La prudence dispose la raison à discerner en toute circonstance notre véritable bien et à choisir les moyens appropriés pour l’atteindre. Elle guide les autres vertus, en leur indiquant leur règle et leur mesure.
 
381. Qu’est-ce que la justice ?
CEC 1807, 1836
La justice consiste dans la volonté constante et ferme de donner à autrui ce qui lui est dû. La justice envers Dieu est appelée « vertu de religion ».
 
382. Qu’est-ce que la force ?
CEC 1808, 1837
La force assure la fermeté dans les difficultés et la constance dans la recherche du bien ; elle peut aller jusqu’à la capacité de faire éventuellement le sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause.
 
383. Qu’est-ce que la tempérance ?
CEC 1809, 1838
La tempérance modère l’attrait des plaisirs, assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et rend capable d’équilibre dans l’usage des biens créés.
 
384. Qu’est-ce que les vertus théologales ?
CEC 1812-1813, 1840-1841
Ce sont les vertus qui ont Dieu lui-même pour origine, pour motif et pour objet immédiat. Infuses en l’homme avec la grâce sanctifiante, elles rendent capables de vivre en relation avec la Trinité ; elles fondent et animent l’agir moral du chrétien, en vivifiant les vertus humaines. Elles sont le gage de la présence et de l’action de l’Esprit Saint dans les facultés humaines.
 
385. Quelles sont les vertus théologales ?
CEC 1813
Ce sont la foi, l’espérance et la charité.
 
386. Qu’est-ce que la foi ?
CEC 1814-1816, 1842
La foi est la vertu théologale par laquelle nous croyons en Dieu et à tout ce qu’il nous a révélé, et que l’Église nous propose de croire, parce que Dieu est la vérité même. Par la foi, l’homme s’en remet librement à Dieu. C’est pourquoi le croyant cherche à connaître et à faire sa volonté, car la foi « agit par la charité » (Ga 5,6).
 
387. Qu’est-ce que l’espérance ?
CEC 1817-1821, 1843
L’espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons et attendons de Dieu la vie éternelle comme notre bonheur, mettant notre confiance dans les promesses du Christ et comptant sur l’appui de la grâce du Saint-Esprit pour mériter la vie éternelle et pour persévérer jusqu’à la fin de notre vie sur la terre.
 
388. Qu’est-ce que la charité ?
CEC 1822-1829, 1844
La charité est la vertu théologale par laquelle nous aimons Dieu par-dessus tout et notre prochain comme nous-mêmes, par amour de Dieu. Jésus en a fait le commandement nouveau, la plénitude de la Loi. Elle est le « lien de la perfection » (Col 3,14), le fondement des autres vertus, qu’elle anime, inspire et ordonne. Sans elle, « je ne suis rien et… rien ne me sert » (1Co 13,1-3).
 
389. Qu’est-ce que les dons du Saint-Esprit ?
CEC 1830-1831, 1845
Les dons du Saint-Esprit sont des dispositions permanentes qui rendent l’homme docile à suivre les inspirations divines. Ils sont au nombre de sept : la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu.
 
390. Qu’est-ce que les fruits de l’Esprit Saint ?
CEC 1832
Les fruits de l’Esprit Saint sont des perfections formées en nous comme des prémices de la gloire éternelle. La tradition de l’Église en donne douze : « la charité, la joie, la paix, la patience, la longanimité, la bonté, la bénignité, la mansuétude, la fidélité, la modestie, la continence, la chasteté » (Ga 5,22-23 vulg.).
LE PÉCHÉ
 
391. Qu’implique pour nous l’accueil de la miséricorde de Dieu ?
CEC 1846-1848, 1870
Elle implique la reconnaissance de nos fautes et le repentir de nos péchés. Dieu lui-même, par sa Parole et son Esprit, éclaire nos péchés, nous assure la vérité de notre conscience et l’espérance du pardon.
 
392. Qu’est-ce que le péché ?
CEC 1849-1851, 1871-1872
Le péché est « une parole, un acte ou un désir contraires à la Loi éternelle » (saint Augustin). Il est une offense à Dieu, par désobéissance à son amour. Il blesse la nature de l’homme et porte atteinte à la solidarité humaine. Le Christ, dans sa Passion, éclaire pleinement la gravité du péché et il le vainc par sa miséricorde.
 
393. Y a-t-il plusieurs sortes de péchés ?
CEC 1852-1853, 1873
La variété des péchés est grande. On peut les distinguer selon leur objet, ou selon les vertus ou les commandements auxquels ils s’opposent. On peut les ranger aussi selon qu’ils concernent directement Dieu, le prochain ou nous-mêmes. En outre, on peut distinguer les péchés en pensée, en paroles, par action ou par omission.
 
394. Comment se distinguent les péchés en fonction de leur gravité ?
CEC 1854
On distingue le péché mortel et le péché véniel.
 
395. Quand commet-on le péché mortel ?
CEC 1855-1861, 1874
On commet le péché mortel quand il y a à la fois matière grave, pleine conscience et propos délibéré. Le péché mortel détruit en nous la charité, nous prive de la grâce sanctifiante et conduit à la mort éternelle de l’enfer s’il n’y a pas de repentir. Il est pardonné ordinairement par les sacrements du Baptême, de la Pénitence ou Réconciliation.
 
396. Quand commet-on le péché véniel ?
CEC 1862-1864, 1875
Le péché véniel, qui est radicalement différent du péché mortel, est commis quand sa matière est légère, ou même si elle est grave mais sans qu’il y ait pleine conscience ou total consentement. Il ne rompt pas l’alliance avec Dieu, mais il affaiblit la charité. Il traduit un attrait désordonné pour les biens créés. Il empêche les progrès de l’âme dans l’exercice des vertus et dans la pratique du bien moral. Il mérite des peines temporelles purificatoires.
 
397. Comment le péché prolifère-t-il en nous ?
CEC 1865, 1876
Le péché crée un entraînement au péché, et, par sa répétition, il engendre le vice.
 
398. Qu’est-ce que les vices ?
CEC 1866-1867
Étant contraires aux vertus, les vices sont des habitudes perverses qui obscurcissent la conscience et inclinent au mal. Ils peuvent être rattachés aux sept péchés que l’on appelle les péchés capitaux : l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la gourmandise, la paresse ou acédie.
 
399. Avons-nous une responsabilité dans les péchés commis par autrui ?
CEC 1868
Nous avons une responsabilité lorsqu’il y a de notre part une coopération coupable.
 
400. Qu’est ce que les structures de péché ?
CEC 1869
Ce sont des situations sociales ou des institutions contraires à la loi divine ; elles sont la manifestation et le résultat de péchés personnels.
CHAPITRE II : LA COMMUNAUTÉ HUMAINE
LA PERSONNE ET LA SOCIÉTÉ
 
401. En quoi consiste la dimension sociale de l’homme ?
CEC 1877-1880, 1890-1891
En même temps qu’il est appelé personnellement à la béatitude, l’homme a une dimension sociale, qui est une composante essentielle de sa nature et de sa vocation. Tous les hommes sont en effet appelés à la même fin, Dieu lui-même. Il existe une certaine ressemblance entre la communion des Personnes divines et la fraternité que les hommes doivent instaurer entre eux, dans la vérité et dans la charité. L’amour du prochain est inséparable de l’amour pour Dieu.
 
402. Quel est le rapport entre la personne et la société ?
CEC 1881-1882, 1892-1893
Le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions sociales sont et doivent être la personne. Certaines sociétés, telles que la famille et la cité, lui sont nécessaires. D’autres associations lui sont aussi utiles, tant à l’intérieur de la société politique que sur le plan international, dans le respect du principe de subsidiarité.
 
403. Que signifie le principe de subsidiarité ?
CEC 1883-1885, 1894
Ce principe signifie qu’une société d’ordre supérieur ne doit pas assumer des fonctions qui reviennent à une société d’ordre inférieur, la privant de ses compétences. Elle doit plutôt la soutenir en cas de nécessité.
 
404. Que requiert d’autre un authentique vivre ensemble humain ?
CEC 1886-1889, 1895-1896
Il requiert le respect de la justice, une juste hiérarchie des valeurs, la subordination des dimensions physiques et instinctives aux dimensions intérieures et spirituelles ; En particulier, là où le péché pervertit le climat social, il faut faire appel à la conversion des cœurs et à la grâce de Dieu, afin d’obtenir des changements sociaux qui soient réellement au service de toute personne et de toute la personne. La charité, qui exige la justice et rend capable de la pratiquer, est le plus grand commandement social.
LA PARTICIPATION À LA VIE SOCIALE
 
405. Quel est le fondement de l’autorité dans la société ?
CEC 1897-1902, 1918-1920
Toute communauté humaine a besoin d’une autorité légitime qui assure l’ordre et contribue à la réalisation du bien commun. Cette autorité trouve son fondement dans la nature humaine, parce qu’elle correspond à l’ordre établi par Dieu.
 
406. Quand l’autorité s’exerce-t-elle de manière légitime ?
CEC 1901, 1903-1904, 1921-1922
L’autorité s’exerce de manière légitime quand elle agit pour le bien commun et qu’elle utilise pour l’atteindre des moyens moralement licites. C’est pourquoi les régimes politiques doivent être déterminés par la libre décision des citoyens et ils doivent respecter le principe de l’« état de droit », dans lequel est souveraine la loi et non pas la volonté arbitraire des hommes. Les lois injustes et les mesures contraires à l’ordre moral n’obligent pas les consciences.
 
407. Qu’est-ce que le bien commun ?
CEC 1905-1906, 1924
Par bien commun, on entend l’ensemble des conditions de la vie sociale qui permettent aux groupes et aux personnes d’atteindre leur perfection.
 
408. Que comporte le bien commun ?
CEC 1907-1909, 1925
Le bien commun comporte le respect et la promotion des droits fondamentaux de la personne ; le développement des biens spirituels et temporels des personnes et de la société ; la paix et la sécurité de tous.
 
409. Où se réalise d’une façon plus complète le bien commun ?
CEC 1910-1912, 1927
La réalisation la plus complète du bien commun se trouve dans la communauté politique, qui défend et promeut le bien des citoyens et des corps intermédiaires, sans négliger le bien universel de la famille humaine.
 
410. Comment l’homme prend-il part à la réalisation du bien commun ?
CEC 1913-1917, 1926
Tout homme, selon la place qu’il occupe et le rôle qu’il joue, a sa part dans la promotion du bien commun : par le respect des lois justes et dans la prise en charge des domaines dont il assume la responsabilité personnelle, tels le soin de sa famille et l’engagement dans son travail. Les citoyens doivent aussi, dans la mesure du possible, prendre une part active à la vie publique.
LA JUSTICE SOCIALE
 
411. Comment la société assure-t-elle la justice sociale ?
CEC 1928-1933, 1943-1944
La société assure la justice sociale quand elle respecte la dignité et les droits de la personne, qui constituent la fin propre de la société. D’autre part, la société recherche la justice sociale, qui est liée au bien commun et à l’exercice de l’autorité, quand elle accomplit les conditions qui permettent aux associations et aux individus d’obtenir ce à quoi ils ont droit.
 
412. Quel est le fondement de l’égalité entre les hommes ?
CEC 1934-1935, 1945
Tous les hommes jouissent d’une égale dignité et des mêmes droits fondamentaux, en tant qu’ils sont créés à l’image du Dieu unique et qu’ils sont dotés d’une âme raisonnable ; ils ont même nature et même origine, et ils sont appelés, dans le Christ, unique Sauveur, à la même béatitude divine.
 
413. Comment évaluer les inégalités entre les hommes ?
CEC 1936-1938, 1946-1947
Il y a des inégalités iniques sur les plans économique et social, qui frappent des millions d’êtres humains. Elles sont en contradiction ouverte avec l’Évangile et sont contraires à la justice, à la dignité des personnes, à la paix. Mais il y a aussi des différences entre les hommes, causées par divers facteurs, qui appartiennent au plan de Dieu. Il veut en effet que chacun reçoive d’autrui ce dont il a besoin et que ceux qui ont des « talents » particuliers les partagent avec les autres. Ces différences encouragent et souvent obligent les personnes à la magnanimité, à la bienveillance et au partage. Elles incitent les cultures à s’enrichir les unes les autres.
 
414. Comment s’exprime la solidarité humaine ?
CEC 1939-1942, 1948
La solidarité, qui découle de la fraternité humaine et chrétienne, se manifeste en premier lieu dans la juste répartition des biens, dans la rémunération équitable du travail et dans l’engagement pour un ordre social plus juste. La vertu de solidarité pratique aussi le partage des biens spirituels de la foi, encore plus importants que les biens matériels.
CHAPITRE III : LE SALUT DE DIEU : LA LOI ET LA GRÂCE
LA LOI MORALE
 
415. Qu’est-ce que la loi morale ?
CEC 1950-1953, 1975-1978
La loi morale est l’œuvre de la Sagesse divine. Elle prescrit à l’homme les voies et les règles de conduite qui mènent à la béatitude promise et qui proscrivent les chemins qui éloignent de Dieu.
 
416. En quoi consiste la loi morale naturelle ?
CEC 1954-1960, 1978-1979
La loi naturelle, inscrite par le Créateur dans le cœur de tout homme, consiste en une participation à la sagesse et à la bonté de Dieu. Elle exprime le sens moral originel, qui permet à l’homme de discerner, par la raison, le bien et le mal. Elle est universelle et immuable, et elle pose les bases des devoirs et des droits fondamentaux de la personne, ainsi que de la communauté humaine et de la loi civile elle-même.
 
417. Cette loi est-elle accessible à tous ?
CEC 1960
À cause du péché, la loi naturelle n’est pas toujours perçue par tous avec une clarté égale et immédiate.
C’est pourquoi « Dieu a écrit sur les tables de la Loi ce que les hommes ne lisaient pas dans leurs cœurs » (saint Augustin).
 
418. Quel est le rapport entre la loi naturelle et la Loi ancienne ?
CEC 1961-1962, 1980
La Loi ancienne est le premier état de la Loi révélée. Elle exprime de nombreuses vérités qui sont naturellement accessibles à la raison et qui se trouvent ainsi confirmées et authentifiées dans les Alliances du salut. Ses prescriptions morales, qui sont résumées dans les Dix Commandements du Décalogue, posent les fondements de la vocation de l’homme. Elles proscrivent ce qui est contraire à l’amour de Dieu et du prochain, et elles commandent ce qui leur est essentiel.
 
419. Comment se situe la Loi ancienne dans le plan du salut ?
CEC 1963-1964, 1982
La Loi ancienne permet de connaître bon nombre de vérités accessibles à la raison. Elle montre ce que l’on doit faire ou ne pas faire, et surtout, à la manière d’un sage pédagogue, elle prépare et dispose à la conversion et à l’accueil de l’Évangile. Cependant, tout en étant sainte, spirituelle et bonne, la Loi ancienne est encore imparfaite, car elle ne donne pas par elle même la force et la grâce de l’Esprit pour être observée.
 
420. Qu’est-ce que la Loi nouvelle ou Loi évangélique ?
CEC 1965-1972, 1983-1985
La Loi nouvelle ou Loi évangélique, proclamée et réalisée par le Christ, est la plénitude et l’accomplissement de la Loi divine, naturelle et révélée. Elle se résume dans le commandement de l’amour de Dieu et du prochain, et de l’amour des uns envers les autres comme le Christ nous a aimés. Elle est aussi une réalité intérieure à l’homme : la grâce du Saint-Esprit, qui rend possible un tel amour. Elle est « la loi de liberté » (Ga 1, 25), car elle incline à agir spontanément sous l’impulsion de la charité.
« La Loi nouvelle est d’abord la grâce même de l’Esprit Saint, qui est donnée aux croyants dans le Christ » (saint Thomas d’Aquin).
 
421. Où se trouve la Loi nouvelle ?
CEC 1971-1974, 1986
La Loi nouvelle se trouve dans toute la vie et la prédication du Christ, et dans la catéchèse morale des Apôtres. Le Discours sur la Montagne en est la principale expression.
GRÂCE ET JUSTIFICATION
 
422. Qu’est-ce que la justification ?
CEC 1987-1995, 2017-2020
La justification est l’œuvre la plus excellente de l’amour de Dieu. Elle est l’action miséricordieuse et gratuite de Dieu qui nous remet nos péchés et qui nous rend justes et saints dans tout notre être. Cela se réalise par la grâce de l’Esprit Saint, qui nous a été méritée par la passion du Christ et qui nous est donnée par le Baptême. La justification ouvre la voie à la libre réponse de l’homme, c’est-à-dire à la foi au Christ et à la collaboration avec la grâce de l’Esprit Saint.
 
423. Qu’est-ce que la grâce qui justifie ?
CEC 1996-1998, 2005, 2021
La grâce est le don gratuit que Dieu nous donne afin de nous rendre participants de sa vie trinitaire et capables d’agir par amour pour lui. Elle est appelée grâce habituelle, ou sanctifiante ou déifiante, parce qu’elle sanctifie et divinise. Elle est surnaturelle, parce qu’elle dépend entièrement de l’initiative gratuite de Dieu et qu’elle dépasse les capacités de l’intelligence et des forces humaines. Elle échappe donc à notre expérience.
 
424. Quelles sont les autres sortes de grâce ?
CEC 1999-2000, 2003-2004, 2023-2024
Hormis la grâce habituelle, il y a les grâces actuelles (dons circonstanciés), les grâces sacramentelles (dons propres à chaque sacrement), les grâces spéciales ou charismes (qui ont comme finalité le bien commun de l’Église), parmi lesquels il y a les grâces d’état, qui accompagnent l’exercice des ministères ecclésiaux et des responsabilités de l’existence.
 
425. Quel rapport y a-t-il entre la grâce et la liberté humaine ?
CEC 2001-2002
La grâce prévient, prépare et suscite la libre réponse de l’homme. Elle répond aux profondes aspirations de la liberté humaine, l’invite à coopérer et la mène à la perfection.
 
426. Qu’est-ce que le mérite ?
CEC 2006-2010, 2025-2026
Le mérite est ce qui donne droit à la récompense pour une action bonne. Dans ses rapports avec Dieu, l’homme, de lui-même, ne peut rien mériter, ayant tout reçu gratuitement de Dieu. Néanmoins, Dieu lui donne la possibilité d’acquérir des mérites par son union à la charité du Christ, source de nos mérites devant Dieu. Les mérites des bonnes œuvres doivent donc être attribués avant tout à la grâce divine, et ensuite à la volonté libre de l’homme.
 
427. Quels biens pouvons-nous mériter ?
CEC 2010-2011, 2027
Sous la motion de l’Esprit Saint, nous pouvons mériter, pour nous mêmes et pour autrui, les grâces utiles pour nous sanctifier et pour parvenir à la vie éternelle, ainsi que les biens temporels qui nous sont nécessaires, selon le dessein de Dieu. Nul ne peut mériter la grâce première, qui est à l’origine de la conversion et de la justification.
 
428. Sommes-nous tous appelés à la sainteté chrétienne ?
CEC 2012-2016, 2028-2029
Tous les fidèles sont appelés à la sainteté chrétienne. Elle est la plénitude de la vie chrétienne et la perfection de la charité ; elle se réalise dans l’union intime avec le Christ et, en lui, avec la Sainte Trinité. Le chemin de sanctification du chrétien, après être passé par la croix, aura son achèvement dans la résurrection finale des justes, dans laquelle Dieu sera tout en tous.
L’ÉGLISE, MÈRE ET ÉDUCATRICE
 
429. Comment l’Église nourrit-elle la vie morale du chrétien ?
CEC 2030-2031, 2047
L’Église est la communauté où le chrétien accueille la Parole de Dieu et les enseignements de la « Loi du Christ » (Ga 6,2). Il y reçoit la grâce des sacrements. Il s’y unit à l’offrande eucharistique du Christ, en sorte que sa vie morale soit un culte spirituel. Il y apprend l’exemple de sainteté de la Vierge Marie et des saints.
 
430. Pourquoi le Magistère de l’Église intervient-il dans le domaine moral ?
CEC 2032-2040, 2049-2051
Il revient au Magistère de l’Église d’annoncer la foi à croire et à appliquer dans la vie concrète. Cette tâche s’étend aussi aux préceptes spécifiques de la loi naturelle, parce que leur observance est nécessaire pour le salut.
 
431. Quelle est la finalité des préceptes de l’Église ?
CEC 2041, 2048
Les cinq préceptes de l’Église ont pour but de garantir aux fidèles le minimum indispensable en ce qui concerne l’esprit de prière, la vie sacramentelle, l’engagement moral, et la croissance de l’amour de Dieu et du prochain.
 
432. Quels sont les préceptes de l’Église ?
CEC 2042-2043
Ce sont les suivants : 1) participer à la Messe le dimanche et les autres fêtes de précepte, et se libérer des travaux et des activités qui pourraient empêcher la sanctification de ces jours-là ; 2) confesser ses fautes en recevant le sacrement de la Réconciliation au moins une fois par an ; 3) recevoir le sacrement de l’Eucharistie au moins à Pâques ; 4) s’abstenir de manger de la viande et jeûner aux jours fixés pas l’Église ; 5) subvenir aux besoins matériels de l’Église, chacun selon ses possibilités.
 
433. Pourquoi la vie morale des chrétiens est-elle indispensable pour l’annonce de l’Évangile ?
CEC 2044-2046
Par leur vie conforme au Seigneur Jésus, les chrétiens attirent les hommes à la foi au vrai Dieu ; ils édifient l’Église ; ils pénètrent le monde de l’esprit de l’Évangile et préparent la venue du Royaume de Dieu.
suivant