[250] Voir SAINT GRÊGOIRE L. E GRAND, Moralium seu Expositio in librum Job 36, 6, lib. XXVI, 27 (CCL 143b, 1303-1306).
[251] Voir saint Grégoire le Grand, reprenant un thème ancien (Joseph TIXERONT, Histoire des dogmes, t. III, p. 433), distingue, rela tivement au jugement général, quatre catégories les élus et réprouvés qui le seront sans jugement, et les élus et réprouvés soumis au Jugement. Transmise au Moyen Age et reprise par Pierre Lombard (Sentences, lib. IV, dist. 47, c. 3, éd. I. Brady, t. II, p. 538-540), cette opinion est une question disputée à la fin du xsr siècle. Elle semble rcstreindre en effet l’universalité du jugement dernier puisque en sont exceptés ceux des saints et des impies dont les mérites ou les démérites sont trop évidents pour offrir matière à discussion. Saint Thomas s’efforce de résoudre cette difficulté en maintenant l’universalité du jugement quant aux récompenses et aux condamnations, mais en contre-distinguant un jugement de discussion, qui concernera ceux aux mérites desquels ont été mêlés quelques péchés, solution d’autant plus plausible que le jugement dernier ne peut que ratifier le jugement particulier (le destin ultime de l’âme est irrévocablement fixé à la mort), et qu’il a essentiellement pour fonction de rendre manifeste à tous la vérité des âmes, comme l’exige la justice divine. C’est du moins ce qui ressort de la lecture des trois articles que le supplément de la Somme théologique a consacrés à la question (Q. 89, a. 5 à 7). Les théologiens ultérieurs (Francisco Suarez en particulier) ont estimé cette distinction fragile et enseignent en général l’universalité sans restriction du jugement général (voir DTC, t. VIII, col. 1824-1825).
[252] Voir SAINT GREGOIRE LE GRAND, Moralium seu Expositio in iibrum Job (CCL 143b, 1305).
[253] Lieu parallèle : Somme Théologique lj-2ae, Q• 100, a. 12.
[254] Mais si, écrit saint Thomas (Somme Théologique 1a Q. 100, a. l2c), on entend par justification la mise en œuvre de la justice, alors tous les préceptes de la loi justifiaient, mais à des titres divers. Dans leur intention générale, il est vrai, comme contribution au culte divin, les préceptes cérémoniels incluaient essentiellement la justice; mais dans le détail de leurs dispositions le juste qu’ils contenaient était tel par la seule détermination de la loi divine et non pas essentiellement Justice. Aussi admet-on que ces préceptes ne justifiaient qu’en vertu de la dévotion et de l’obéissance de ceux qui les pratiquaient " (trad. de J. Tonneau, " Revue des Jeunes", t. I, p. 147). — Autres lieux parallèles Somme Théologique 1a-2 Q. 98, a. 1; 3 Sentences dist. 11, a. 3; Ad Gal. 2, 16, lect. 4 (éd. Marietti, n° 94); 3, 10, lect. 4 (éd. Marietti, n° 136).
[255] L’exégèse de saint Thomas des versets 14 et suivants s’inspire manifestement de celle d’Origène (Super epistulam ad Romanos II, 14 [n° 14, 892]; éd. C. P. Hammond Bammel, p. 134-136).
[256] Les pélagiens étaient les disciples du moine irlandais Pélage, au début du V’ siècle. L’hérésie de Pélage ou pélagianisme "niant toute transmission du péché originel et toute altération des possibilités innées de la nature humaine qui en aurait été la conséquence, mini misait en retour la nécessité et l’efficacité de la grâce divine, comme si celle-ci ne faisait qu’éclairer l’homme sur la fin â poursuivre, pour ensuite couronner ses efforts en vue de l’atteindre. Enoncée d’abord par un ascète, que la préoccupation de l’effort ascétique avait conduit a perdre de vue l’importance de la grâce donnée d’en haut, cette hérésie, avec Julien d’Eclane, aboutira, par un retournement singulier mais prévisible (dès lors que l’intégrité de la nature humaine actuelle était proclamée ainsi), à une certaine justification de la sensualité. Saint Augustin mènera la lutte contre le pélagia nisme, qui sera condamné notamment par les conciles de Carthage de 418 et d’Orange de 529, ainsi que par une lettre très importante du Pape Célestin I", de 431, â laquelle on joindra l’Indiculus de Gratia" (Louis BOUYER, Dictionnaire théologique, p. 265. Voir aussi Catholicisme, t. X, fasc. 48, col. 1091-1099). — Lieux parallèles Somme Théologique 1a Q. 100, a. 10, sol. 3; Q. 109, a. 4; 2 Sentences dist. 28, Q. 1, a. 3; 3 Sentences dist. 36, Q. I, a. 6; Contra Cent. 3, ç. 155 (in fine); De malo, Q. 2, a. 5, sol. 7; De quodlibet 1, Q. 4, a. 2; 1 Ad Cor. 12, 3, lect. 1 (éd. Marietti, n° 718).
[257] Voir Glosa in Rom. Il, 14 (GPL, col. 1345G).
[258] Lieux parallèles : Somme Théologique P, Q. 84, a. 5; 1a-2ae, Q. 91, a. 2 Super Psalmos, in Ps. 4, 6b-7a; Super Ioan. 1, 4b, lect. 3 (éd. Marietti, n° 101).
[259] ARISTOTE, Éthique à Nicomaque X, 9 [; AL xxvi, fasc. 3, p. 366. — Lieu parallèle Ethic. 10, lect. 14, éd. Léonine, 1969, t. XLVII, vol. H, p. 600, 1. 219-222
[260] Ces textes de saint Paul sont allégués par tous les penseurs chrétiens désireux de fournir une confirmation scripturaire è la doctrine du droit naturel. Saint Thomas soutient en outre l’identité foncière du droit naturel et du droit positif la Loi écrite ne fait qu’imposer extérieurement ce qu’intérieurement commande la Loi non écrite. Au demeurant, cette loi naturelle, ayant été gravée par Dieu dans le cœur des hommes, possède un caractère sacré; elle est une participation à la loi étemelle et finalement à l’ordre cosmique tout entier "en elle-même la créature participe de la raison éternelle grâce à laquelle elle possède une inclination naturelle vers l’acte et la fin convenables. Cette participation de la loi éternelle dans la créature raisonnable, c’est ce qu’on appelle la loi naturelle (5. Th. l Q. 91, a. 2).
[261] Lieux parallèles Somme Théologique Ia, Q. 79, a. 13; i Q. 19, a. 5;
2 Sentences dist. 24, Q. 2, a. 4; dist. 39, Q. 3, a. 2, sol. 2; De veritate, Q. 17, a. 1 et 2; De quodlibet 3, Q. 12, a. 1 (in fine).
[262] Il s’agit évidemment de la conscience morale, seul sens connu de ce mot jusqu’au xvii’ siècle. La conscience au sens philosophique et psychologique de connaissance de soi n’apparaît qu’avec Descartes (Lettre au P. <GibieuJ7’, 19janvier 1642, dans Œuvres de Descartes publiées par Ch. Adam et P. Tannery, Correspondance III <CCLXII, janvier 1640-juin 1643>, p. 474. — "Ma propre pensée ou conscience e) et ne deviendra d’usage courant qu’au XVIII. siècle. Cette conscience morale n’est pas seulement une connaissance irré cusable (d’où l’idée de témoignage) du bien et du mal déposée par Dieu dans nos âmes, c’est aussi un jugement qui applique cette connaissance générale aux actes particuliers (De veritate, Q. 17, a. 3).
[263] e Gogitationum accusantium aut etiam defendentium. Cette version, qui est un calque maladroit des génitifs grecs, est en réalité déjà corrigée par un ablatif absolu chez quelques Pères de l’Eglise, dont AMBROSIASTER, Gommentaria in epistolam ad Romanos II, 15 (CSEL 8 1/1, 76-81); SAINT AUGUSTIN, De civitate Dei XX, xxvi, 3 (BA 37, 340); Enarr. in Ps. IX, 9 (CCL 38, 63); et même SAINT JÉRÔME, Gommentariorum in Hiezechielem 1. V, c. XVI (CCL 75, 200). Voir DOM SABATIER, Bibl. sacr., t. III, p. 602 (Notae ad versionem antiquam). Voir aussi Glosa in Rom. II, 15 (GPL, col. 1346 B-C).
[264] Voir Glosa in Rom. II, 15 (GPL, coI. 1346 C).
[265] C’est-â-dire non pas pour indiquer qu’il fera jour, à ce moment-là, mais...
[266] Voir SAINT AUGUSTIN, De civitate Dei XX, 14 (BA 37, 256-261).
[267] Les manuscrits lisent ici notae au lieu de notitia. Le commentaire d’Origéne sur l’épître aux Romains II, 16 (PG 14, 894; éd. C. P. Hammond Bammel, p. 139), cité ici par saint Thomas à travers la Glose de Pierre Lombard, utilise le mot notae que nous reprenons et traduisons.
[268] Voir Glosa in Rom. II, 16 (GPL, col. 1346 C).
[269] Lieu parallèle Somme Théologique 1a-2a Q. 87.
[270] Lieu parallèle : Somme Théologique 3a, Q. 66, a. 5.
[271] Lieux paralléles : Somme Théologique 3 Q. 59, a. 2; Suppl., Q. 90; 4 Contra Gentiles c. 96; Compend. theol., c. 241; ColI. in Symb. Apost., c. 7; De quodlibet 10, Q. 1, a. 2; Super Matth. 25, 31 (éd. Marietti, n° 2079); Super Ioan. 5, 27, lect. 5 (éd. Marietti, n° 789) "Le pouvoir de juger a été donné au Chnst en tant qu’homme, pour trois raisons D’abord pour qu’Il soit vu de tous. Il est nécessaire en effet, que le juge soit vu de ceux qui doivent être jugés. Or bons et méchants seront jugés; les bons, eux, verront le Christ selon sa divinité et son humanité; mais les méchants ne pourront pas le voir selon sa divinité, car cette vision est la béatitude des saints et elle est réservée aux cœurs purs : "Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu" (Mt 5, 8). C’est pourquoi, afin d’être vu lors du jugement, non seulement des bons, mais aussi des méchants, Il jugera dans sa force humaine "Tout œil Le verra, et même ceux qui L’ont transpercé" (Ap 1, 7). Ensuite, si le pouvoir de juger a été donné au Christ en tant qu’homme, c’est parce qu’Il a, par l’humilité de sa Passion, mérité la gloire de son exaltation. [ -Enfin, le pouvoir de juger a été donné au Christ en tant qu’homme, pour nous faire comprendre la clémence du juge" (Commentaire sur l’évangile de saint Jean, trad. et notes sous la direction de M. -D. Philippe, o. p., t. II, p. 320-32 1; ou dans nouv. éd., Editions du Cerf t. I, 1998, p. 348-349).
[272] Ap 1, 7. La citation s’inspire en réalité de Lc 3, 6 citant Is 40, 5 selon la version de la Septante (éd. Alfred Rahlfs, vol. II, p. 619) : "opsetaipasa sarx to sôtérion tou theou" ("Toute chair verra le salut de Dieu"), mais le contexte requiert plutôt la citation indiquée de Ap 1, 7 — "Le voici qui vient sur les nuées, et tout œil le verra, et même ceux qui l’ont transpercé."
[273] 1 Pendant que dix tribus, rebelles et schismatiques, se séparent de leur Dieu et de leur roi, les enfants de Judas, fidèles Dieu et à David qu’il avait choisi, demeurent dans l’alliance et dans la foi d’Abraham. Les Lévites les accompagnent et se joignent à eux avec Benjamin. Le royaume de Dieu subsiste par leur union sous le nom de royaume de Juda, et la loi de Moïse s’y maintient dans toutes ses observances.
[274] "Le mot "Juif’, en hébreu yehoudi, issu de Yehoudah (Juda), est devenu dans le langage courant synonyme d"Israélite." En fait, il apparut d’abord plus précisément réservé à la désignation des habitants du royaume de Juda (2 R 16, 6; 25, 25; Jr 32, 12; 34, 9; 38, 19; 40, 11), ainsi distingués des Israélites du royaume schisma tique du Nord. Mais après le retour de l’Exil, l’administration perse connajt sous le nom de Yehoud (Ou Jehoud) la petite province où renaît autour de Jérusalem, sur le sol de ses ancêtres, le peuple d’lsraêl; et dés lors on nomme "Juifs" les habitants de ce pays la "Judée" (Ne 1, 2; 3, 33 ou 4, 1 selon les versions; 4, 6 ou 12; 13, 23; etc.), noyau d’un nouvel Etat israélite qui tendra à retrouver les frontières de l’ancien royaume de David et de Salomon. Cette Judée au sens large sera tenue pour la patrie de tous les "fils d’Israêl" dispersés "parmi les nations" (Est 2, 5; 3, 4; 5, 13; 6, 13; 8, 1; etc.) " (André-Marie GERARD, Dictionnaire de la Bible, p. 746).
[275] Voir Glosa in Rom. II, 17 (GPL, col. 1347 B).
[276] Voir chez CASSIODORE, Expositio psalmorum, in Ps. II, 11
(CCL 97, 47-48) et chez ISIDORE DE SÉvILLE, Etymologies X (PL 82, 375 C; Bibliotheca de Autores Cristianos", 433, p. 814, n° 81). — L’étymologie donnée par saint Thomas est presque celle qui est admise aujourd’hui. Voir Dictionnaire étymologique de la langue latine par A. Emout et A. Meillet, p. 1022, au mot mdis.
[277] Lieu parallèle Somme Théologique 2 Q. 66, a. 3 principalement.
[278] Lieux parallèles : Somme Théologique 2 Q. 154, a. 1 et 8; 4 Sentences dist. 41, a. 4, Q. 1, 2; De malo, Q. 15, a. 3; Cou, in decem praec., De sexto praecepto.
[279] Lieu parallèle Somme Théologique 2 Q. 99.
[280] Lieu parallèle Somme Théologique 2a-2 Q. 13.
[281] Cette version figure dans Glosa <n Rom. II, 24 (GPL, col. 1348 A) "Nomen Dei blasphemacur per vos <nier genses.
[282] Cette affirmation peut surprendre si la circoncision remet le péché onginel, à quoi bon la passion du Christ et le baptême ? C’est pourtant un enseignement que saint Thomas reçoit de la tradition (latine) et qu’il estime devoir tenir tout en s’efforçant de répondre aux objections qu’il soulève. Ce qui est admis par tous, Orientaux et Occidentaux, c’est que les rites de l’ancienne Loi préfigurent ceux de la nouvelle Loi la circoncision, en particulier, selon saint Paul (Col 2, 11-12), doit être m, se en rapport avec le baptême. Les Pères latins vont plus loin, affirmant que dès que la circoncision fut établie, dans le peuple de Dieu, comme le signe de la justice par la foi, elle fut capable de sanctifier les petits enfants et de les punfier de l’antique péché originel " (sAisir AUGUSTIN, De nuptns et concu piscentia II, XI, 24 [n° 23, 198-199]; thèse reprise par saint Grégoire le Grand et beaucoup d’autres [Voir DTC, t. II, col. 2523-2525]). Mais cette thèse posa de difficiles problèmes lorsque, au xii siècle, s’élabora une théologie rigoureuse des sacrements et de leur mode opératoire. Les sacrements sont des signes efficaces producteurs de la grâce ils possèdent par eux-mêmes la vertu salvatrice de la passion du Christ qu’ils appli quent à ceux qui les reçoivent. En est-il de même pour les sacrements de l’ancienne Loi, et surtout pour la circoncision ? Saint Thomas, comme il le reconnaît lus-même, a varié sur ce point (Somme Théologique 3a, Q. 62, a. 6, sol. 3). Suivant Pierre Lombard (4 Sentences dist. 4, Q, 2, a. 4, Q. 3), il a d’abord admis que, par elle-même (ex opere operato) la circoncision remettait le péché originel et donnait la grâce d’accéder à la vie étemelle, sans toutefois libérer de la concu piscence. Après examen, il s’est convaincu qu’on ne pouvait introduire de telles distinctions dans la grâce sanctifiante qui forme un tout. Il a donc maintenu que la circoncision était ordonnée et à la rémission du péché originel et à la justification, et qu’elle "conférait la grâce avec tous ses effets; qu’en étant circoncis, on recevait non seulement la rémission du péché originel, mais aussi celle du péché actuel." Toutefois on la recevait autrement que par le baptême le baptême confère la grâce par sa vertu propre", alors que la circoncision la conférait parce qu’elle était le signe de la foi à la passion future (du Christ)" (Somme Théologique 3a, Q. 70, a. 4).
[283] Lieux parallèles Somme Théologique 3a, Q. 37. a. 1; Q. 40, a. 4; Q. 70, a. 4 Ad Rom. 4, 12, lect. 2 (éd. Marietti, n° 347).
[284] 1 R (1") 16, 7. Deus selon la Vestes latina, Doininus selon la Vulgate. Voir DOM SABATIER, Bibi. sacr., t. II, p. 498 (Textus et notas ad verstonem anriquam).
[285] Voir Glosa in Rom. III, 4 (GPL, col. 1352 A).
[286] Lieu parallèle 4 Contra Gentiles c. 1.
[287] Voir Glosa in Rom. III, 3 sous le nom d’Origène (GPL, col. 1351 A); ORIGÈNE, Expositio in divi Pauli epistolas. Ad Romanos III, 3 (PG 14, 918; éd. C. P. Hammond Bammel, p. 184). Ces deux interprétations figurent aussi dans Haymon d’Auxerre (Super epistolam ad Romanos III, 3 [n° 117, 384]).
[288] SAINT AUGUSTIN, Lettre aux fidèles d’Hippone LXXVIII, VI (CSEL 34/2, 339-341).
[289] Lieux parallèles 5. Th. P, Q. 16, a. 1; Q. 21, a. 2.
[290] Voir ARISTOTE, Catégories 5, 4b9-1l (AL I, l-5, p. 13).
[291] Lieu parallèle De veritate, Q. 1, a. 2 (in colpore).
[292] Voir sAINTJÉRÔME, Epistola XV, 4 (PL 22, 357; CSEL, t. I, 54, 65); trad. fse par Jérôme Labourt, (I-XXII), p. 48, 1. 16-17.
[293] Ps 50, 6. — Lieu parallèle Super Psalmos, in Ps. 50, 6.
[294] Lieux parallèles Somme Théologique 1a Q. 19, a. 7, sol. 2; 2a-2ae, Q. 174, a. 1; 4 Sentences dist. 46, Q. 2, a. 3; 3 Contra Gentiles ç. 154; De veritate, Q. 12, a. 10; Super (s., 38, 1; Super 1er., 18, 6-7; Super Matth., 1, 23 (éd. Marietti, n° 145-146); Ad Rom. 14, 11, lect. 1 (éd. Marietti, n° 1109); Ad Hebr. 6, 17, lect. 4 (éd. Marietti, n° 322).
[295] Voir Glosa in Rom. III, 4 (GPL, col. 1352-1353 A).
[296] "Mais si l’impie fait pénitence de tous ses péchés qu’il a commis, et qu’il garde tous mes préceptes, et qu’il accomplisse le jugement et la justice, il vivra de la vie et ne mourra point" (Ez 18, 21). Voir aussi les versets 22, 26 et 30.
[297] Il s’agit du fragment du psaume (51, 6 ou 50, 6 selon la Vulgate) cité par saint Paul et que saint Thomas vient de commenter (n°261). Dans sa version latine, cette citation commence ainsi "Ut just" La conjonction ut indique en général soit le but, la fin visée (on la traduit par "afin que", "pour que"), sost la conséquence (on la traduit par "de telle sorte que"). Dans le premier cas, elle pourrait donc indiquer ce que la philosophie appelle "cause finale" : la justification de Dieu serait la cause (finale) du péché de l’homme. On voit l’importance d’une détermination exacte de la signification de cette conjonction. De telles remarques sémantiques abondent dans l’œuvre de saint Thomas.
[298] Lieu parallèle Super Psalmos, in Ps. 50, 6 — "<La conjonction> us peut être prise parfois au sens causal, parfois au sens de conséquence uniquement, et alors son sens est : "J’ai fait le mal [ tes yeux] de sorte que toi tu sois reconnu", car personne n’est justifié en raison de son péché, mais il résulte du péché, c’est-â-dire du fait que l’homme pèche, que la justice divine est rendue plus manifeste car il est évident que Dieu a puni <David> à cause de ses péchés" (trad. par Jean-Fric Stroobant de Saint-Eloy, p. 646).
[299] "Il y a chez Aristore (Physique III [ VII, 1, fasc. 2, P. 96-1341 et V-VIII [ V 1, fasc. 2, p. 192-3401) quatre sortes de "mouvements" (ou "changements") : 1) selon la substance, c’est la génération et la corruption; 2) selon la qualité, c’est l’amélioration ou la détérioration; 3) selon la quantité, c’est l’accroissement ou la diminution; 4) selon le lieu, c’est le mouvement local (naturel ou violent). D’autre part, tout mouvement d’un mobile suppose une cause motrice qui exerce actuellement son action sur le mobile (Anstote ignore le principe d’inertie) si l’action cesse, l’effet cesse. Pour qu’il y ait mouvement il y a mouvement (les astres) —, il faut donc qu’existe une cause première mouvant tout le reste, et qui elle-même n’est pas mue, sinon elle ne serait pas première et en supposerait une autre. Comme acte pur et premier, elle est parfaite et donc immobile, puisque tout mouvement naturel est un processus de réalisation de sa propre nature. Elle est immobile non seulement quant au lieu, mais aussi quant à la substance et à la qualité elle est donc immuable et infaillible en elle-même et par elle-même. C’est tout cela que signifie l’adjectif immueabilis employé par saint Thomas pour qualifier ce moteur premier, adjectif qui est traduit ici, confor mément à l’usage, par "immobile." Ce moteur immobile et éternel, distinct du monde qu’il meut par le désir que ce monde a de lui, c’est Dieu. Précisons que chez Aristote Dieu ne saurait juger un monde qu’il ignore er donr il ne s’occupe pas (pas de Dieu providenr).