[300] Jb 13, 7. — Lieu parallèle : Super lob 13, 7.
[301] Sg 17, 10. La Vulgate lit : e dat jestimonium condemnationis. e Pour la version citée ici, voir Vetus latina, Sapientia 17, 10; éd. W. Thiele, vol. XIIi, fasc. 7, p. 546.
[302] Le syllogisme, dont Aristote a, le premier, exposé la théorie, est un raisonnement concret comprenant trois propositions prédicatives (c’est-à-dire du type : S est P). Les deux premières se nomment les prémisses; la troisième, qui se déduit des deux premières, se nomme la conclusion. Etant concret, la validité de ce raisonnement dépend non seulement de l’observance des règles formelles de la logique, mais encore de la vérité des prémisses, c’est-à-dire de leur conformité au réel. Au fond, il n’y " de raisonnement que pour la conclusion; les deux prémisses, elles, énoncent des faits. D’où l’importance de leur vérité, car, du faux on ne peut rien conclure (voir n 472, n. 4).
[303] Voir Glosa in Rom. III, 9 (GPL, col. 1356 C).
[304] Le péché d’omission consiste à omettre de faire le bien que la Loi commande; le péché de commission consiste à commettre le mal que la Loi défend.
[305] Lieux parallèles 5. Th. 1-2 Q. 71, a. 3, sol. 3; Q. 71, a. 5; Q. 72, a. 6; 2 Sentences dist. 35, a. 3; De malo, Q. 2, a. 1; Super Psalmos, in Ps. 18, 13; 24, 7; Ad Rom. 1, 29, lect. 8 (éd. Marietti, n° 157).
[306] Ps 13, 3. Lieu parallèle : Super Psalmos, in Ps 13, 3."
[307] Lieu parallèle : Super Psalmos, in Ps. 13, 3a "Par le fait qu’on se détourne de Dieu, on devient inutile car une chose est inutile dans la mesure où elle n’atteint pas ce pour quoi elle a été faite. Or l’homme a été créé pour jouir de Dieu" (trad. par 1. -E. Stroobant de Saint-Eloy, p. 157-158).
[308] Le texte latin autorise cette première interprétation "non est usque ad unum peut se traduire littéralement : il n’est pas (d’homme faisant le bien) " Jusqu’à un seul", au sens de " sauf un seul."
3. Eccli (Qo) 7, 29.
[309] Lieu parallèle Somme Théologique 1a-2a, Q. 72, a. 6 et 7.
6. Lieux parallèles Somme Théologique 2a-2 Q. 162, a. 4, sol. 4; 4 Sentences dist. 16; dist. 38, Q. 2, a. 1, sol. 3; Super Psalmos, in Ps. 9, 28.
[310] Lieux parallèles 5. Th. 2a-2 Q. 73, a. 1 et 2; Q. 74, a. 1 Q. 75, a. 1; Ad. Rom. 1, 30, lect. 8 (éd. Marietti, n 162); 13, 9, lect. 2 (éd. Marietti, n° 1054).
[311] Lieu parallèle De male, Q. 2, a. 10.
[312] On distingue en enfer deux sortes de peines : la peine du dam, qui est infinie et qui correspond à l’éloignement de Dieu et des biens impérissables; la peine du sens (le feu de l’enfer), qui est finie et qui correspond à l’attachement aux biens périssables. — Lieux parallèles : Somme Théologique 1a Q. 87, a. 4; 2a-2 Q. 79, a 4, sol. 4; 3a, Q. 46, a. 6, sol. 3; Q. 52, a. 2, sol. 2; 2 Sentences dist. 34, a. 2; 3 Sentences dist. 22, Q. 2, a. 1, Q. 1; 4 Sentences dist. 15; dist. 21, Q. 1, a. 1, Q. 3; 3 Contra Gentiles c. 145; 4, c. 90 sol. 3; De malo, Q. 5, a. 2; II Ad Thess. 1, 9, lect. 2 (éd. Marietti, n° 18).
[313] Voir Glosa in Rom. III, 19 (GPL, col. 1358 B).
[314] Par "canon des Ecritures" on désigne l’ensemble des textes bibliques dont l’autorité religieuse garantit le caractère révélé. Une telle notion suppose que la formation du corpus est achevée et close l’ère de la Révélation. A l’époque du Christ, cette déclaration de clôture n’a pas encore été prononcée et le canon des livres bibliques n’est pas définitivement fixé. Néanmoins la tradition juive s’accorde à répartir les textes en trois groupes La Tôrah de Moïse, qu’on traduit par "Loi" (au sens le plus large et le plus sacré, et non au sens exclusivement juridique) et qui comprend les cinq premiers livres (le Pentateuque) les Nebiim, ou " Prophètes", qui comprennent aussi certains livres historiques; les Ketoubim, ou "Ecrits", qui comprennent en particulier les Psaumes (plus Job, les Proverbes, le Cantique des Cantiques, etc.). Les indications "tech niques que donne ici saint Thomas gardent donc toute leur valeur pour un lecteur moderne, même si la question du canon des Ecritures a été renouvelée par la recherche contemporaine.
[315] Pour cette troisième répartition, voir dans SAINT AUGUSTIN, Traité 48 sur saint jean, n° 9 (BA 73 B, 186-187); et surtout La Trinité, xv, xvii, 30 (BA 16, 506-507).
[316] Lieux parallèles Somme Théologique 2a-2 Q. 112; 4 Ethic., lect. 15.
[317] Lieux parallèles : Somme Théologique 1a-2a, Q. 99, a. 3, a. 4, a. 5; Q. 101, a. l; Q. l03, a. 3; Q. I04, a. 1; 2 dist. 1, Q. 1; De quodlibet 2, Q. 4, a. 3; Super Matth. 23, 23 (éd. Marietti, n° 1872).
[318] Lieux parallèles : Somme Théologique 1 Q. 91, a. 2; Q. 94; Q. 97, a. 1, sol. 1; 2 Q. 57, a. 2, sol. 1; 3 Sentences dist. 37, a. 3; a. 4, sol. 2; 4 Sentences dist. 33, Q. 1, a. 1; a. 2, sol. 1; De malo, Q. 2, a. 4, sol.
[319] Lieux parallèles Somme Théologique 2 Q. 79, a. 1; Super Psalmos, in Ps. 13, 1; 33, 15; 36, 27.
[320] Note du Traducteur : "la foi vivante par la charité" : Notion essentielle de la théologie catholique. Le protestantisme de Luther interprétera autrement ces textes desaint Paul. Pour lui, la foi qui justifie, c'est la simple confiance en Dieu. Le Concile de Trente réaffirmera, à la suite de saint Thomas (VI° session) : "Non c'est bien la foi entendue sous ce sens : "la foi vivante par la charité". Ce sujet est si fondamental en théologie catholique que nous rappelerons cette acception à chaque fois que saint Thomas la sous-entend.
[321] Note du Traducteur : "la foi vivante par la charité" : Notion essentielle de la théologie catholique. Le protestantisme de Luther interprétera autrement ces textes desaint Paul. Pour lui, la foi qui justifie, c'est la simple confiance en Dieu. Le Concile de Trente réaffirmera, à la suite de saint Thomas (VI° session) : "Non c'est bien la foi entendue sous ce sens : "la foi vivante par la charité". Ce sujet est si fondamental en théologie catholique que nous rappelerons cette acception à chaque fois que saint Thomas la sous-entend.
[322] Lieux parallèles Somme Théologique 1a-2ae Q. 111, a. 8; 2 Sentences dist. 26, a. 5; De veritate, Q. 26, a. 5, sol. 6; II Ad Cor. 6, 2, lect. 1 (éd. Marietti, n° 206).
[323] Bien que les traductions mettent habituellement par la foi en Jésus-Christ, le contexte requiert ici de lire : par la foi de Jésus-Christ. Cette traduction, que nous reproduirons chaque fois que cette formulation se rencontrera dans la suite du commentaire.
[324] Pour les pélagiens, le péché originel est ramené au péché personnel et actuel, c’est-è-dire accompli par un acte déterminé, et n’est plus un péché de nature. Pélage est un moine originaire des îles Britanniques dont le nom Morgan ("homme de la mer") fut latinisé en celui de Pelagius (pelagius "marin"). Il vécut au début du V siècle et vint â Rome où il eut beaucoup de succès. Il niait le péché originel, affirmant que tous les enfants naissaient dans la méme condition qu’Adam, laquelle d’ailleurs était mortelle et semblable à la nôtre. Le péché d’Adam était certes le premier, imité par tous les hommes venus après lui, mais non point transmis par propagation. Il accordait beaucoup à la puissance de la volonté, quant au progrès spirituel, et peu à la grâce. Le baptême n’était pas ordonné à l’effacement d’une tache originelle inexistante, mais seulement à l’adoption filiale. Saint Augustin l’a longuement combattu et a approfondi contre lui sa doctrine du péché onginel.
[325] Lieux parallèles : Somme Théologique Ia, Q. 111, a. 1, sol. 1; 1a-2ae', Q. 114, a. 5, sol. 1; 2a2ae, Q. 6, a. 1; 3 Contra Gentiles c. 152; c. 154; De vert Q. 18, a. 3; Con>. error. Graec., c. 30; Ad Eph. 2, 8-9, lect. 3 (éd. Marietti, n° 95-96).
[326] Voir n°' 105 à 108. — Lieux parallèles : Somme Théologique 2a-2ae, Q. 4, a. 3; Q. 23, a. 8; 3Sentences dist. 23, Q. 3, a. 1; Deveritate Q. 14, a. 5; De virtut., Q. 2, a. 3.
[327] Lieux parallèles : Somme Théologique 1a-2ae, Q. 81; 3a, Q. 27, a. 2; Q. 31, a. 8, 2Sentences dist. 30, Q. 1, a. 2; dist. 31, Q. l, a. let2; 3, dist. 3, Q. 4, a. 3, Q. 1; 4, dist. 43, a. 4, Q. 1, sol. 3; 4 Contra Gentiles c. 50, 51, 52s., 83; De malo, Q. 4, a. 1, 6, 8; Dequodlibet 6, Q. 5, a. 1; Compend. theol., c. 196 et 197; Super Psalmos, in Ps. 50; Ad Rom. 5, 12, lect. 3 (éd. Marietti, n° 406-420).
[328] Lieux parallèles : Somme Théologique 3a, Q. 4, a. 6, sol. 2; Q. 14, a. 3; Q. 15, a. 1 et 2; Q. 27, a. 3, sol. 1; Q. 31, a. 7; 3 Sentences dist. 12, Q. 2, a. 1, sol. I; dist. 13, Q. 1, a. 1, sol. 5; a. 2, Q. 1; Compend. theol., C. 224.
[329] Lieu parallèle : I Ad Thess., Prol. (éd. Marietti, n° 1); Super Psalmos, in P 28, 10.
[330] Lieux parallèles : Somme Théologique 3a, Q. 50, a. 1; Q. 52, a. 1; 3 Sentences dist. 20, a. 3; 4 Contra Gentiles c. 55; De quodlibet 2, Q. 1, a. 2; Compend. theol., c. 227; Contra error. Graec., c. 7.
[331] Lieux parallèles : 5. Th. 3a, Q. 48, a. 6; Q. 49, a. 1; Ad Rom. 4, 25, Iect. 3 (éd. Marietti, n° 380).
[332] Le mot "limbe", du latin limbus, désigne le bord d’un vêtement. A partir du XI° siècle, ce mot en est venu à être appliqué à un lieu et à un état intermédiaires où pourraient se trouver dans l’éternité ceux, comme les enfants morts sans baptême, qui ne seraient point parvenus à la grâce rédemptrice, mais n’auraient d’autre part aucune faute personnelle. A la suite de saint Thomas (2 Sentences dist. 33, Q. 2, a. 1 et 4 Sentences dist. 45, Q. 1, a. 2; voir De malo, Q. 5, a. 2 et 3), la plupart des théologiens modernes tendent à admettre que, tout en étant privés de la béatitude surnaturelle, ces êtres, non seulement n’auraient pas de souffrance positive, mais jouiraient d’un bonheur naturel. L’Eglise ne s’est ‘amais prononcée sur cette question " (Louis BOUYER, art. "Limbes", Dictionnaire théo logique, p. 205). Le mot "limbes" ou "enfers" désigne ici le lieu où étaient rassemblées les âmes des saints patriarches et de tous les justes avant la passion du Sauveur. — Lieux parallèles : Somme Théologique 3a, Q. 52, a. 2; 3 Sentences dist. 22, Q. 2, a. 1, Q. 2
[333] Voir ici n° 288. — Lieux parallèles : 2 Sentences dist. 42, Q. 1, a. 5, sol. 2; 4, dist. 46, Q. 1, a. 3.
[334] Note du Traducteur : Seule la foi vivante par la charitéfait entrer dans la justification, non à titre de commencement mais de réalité. "la foi vivante par la charité" : Notion essentielle de la théologie catholique. Le protestantisme de Luther interprétera autrement ces textes desaint Paul. Pour lui, la foi qui justifie, c'est la simple confiance en Dieu. Le Concile de Trente réaffirmera, à la suite de saint Thomas (VI° session) : "Non c'est bien la foi entendue sous ce sens : "la foi vivante par la charité". Ce sujet est si fondamental en théologie catholique que nous rappelerons cette acception à chaque fois que saint Thomas la sous-entend.
[335] Exclusor, "exciuseur", c’est en latin l’s orfèvre", le " graveur", parce que son art consiste à " repousser " (exciudere) le métal (Cuivre, argent, or, étain) pour en faire surgir une figure en relief. Il faut donc comprendre que la gloire dont peut se glorifier le pécheur " été réalisée en Jésus-Christ et s’est exprimée exclusivement en lui.
[336] Cette exégèse est importante et même décisive la distinction de la loi extérieure (exotérique) des œuvres et de la Loi intérieure (ésotérique) de la foi montre que pour saint Thomas la foi appartient déjà à l’ordre de l’intériorité et nous engage sur la voie de l’Esprit.
[337] Voir au n°297. Lieu parallèle Somme Théologique 1a Q. 98, a. 1, sol. 1.
[338] Il ne s’agit en effet nullement d’exclure les œuvres la foi vivante, c’est-à-dire informée par la charité, est une foi fructifiante et active, alors que la foi informe (non informée par la charité) se contente d’une adhésion "de tête " et reste stérile. Mais il s’agit de ne pas mettre la Loi des œuvres extérieures, c’est-à-dire les actions accomplies par conformité extérieure à la Loi, à la place de la Loi de la foi. Loin d’abolir les œuvres, la primauté de la Loi de la foi leur confère seule leur véritable valeur.
[339] Nous avons déjà indiqué, dans une note précédente (voir Prologue, n. 8, p. 61), que saint Thomas use constamment de la doctrine aristotélicienne des quatre causes de la statue d’Apollon, la forme Apollon " est la cause formelle, le marbre est la cause matérielle, le sculpteur est la cause efficiente ou active (car ni la forme ni la matière ne passent d’elles-mêmes à l’acte), et la statue à réaliser est la cause finale. Ici, il s’agit non de statuaire mais de la justification. La cause matérielle, c’est l’état de péché : il y a justifi cation parce qu’il y a matière à justification (l’âme pécheresse). La cause formelle (et finale), c’est la justification elle-même. La cause efficiente (ou active), c’est Dieu justifiant. Remarquons que, si la justification est bien une forme qui vient informer cette matière qu’est l’âme pécheresse, elle constitue une grâce qui est communiquée à l’être humain lui-même, l’établissant dans un nouvel état (l’état de justifié), et non une grâce qui justifierait l’homme pécheur de l’extérieur et sans pénétrer en lui, ainsi que le soutiendra Luther.
[340] Lieux parallèles Somme Théologique I’, Q. 22, a. 2; Q. 103, a. 5; 1 Sentences dist. 39, Q. 2, a. 2; 3 Contra Gentiles c. 1, 64, 65, 94; De veritate, Q. 5, a. 2s. ; Gompend. theol., c. 123, 130, 132; De subst. separ., c. 13, 14, 15; De div. nom., c. 3, lect. 1.
[341] Ps 46, 8. — Lieu parallèle Super Psalmos, in Ps. 46, 8.
[342] Voir Glosa in Rom. 3, 30 (GPL, col. 1365 C; GOS, <Glosa interlin. >, t. IV, p. 281 b).
[343] Lieux parallèles Somme Théologique 1a-2ae Q. 102, a. 2; Ad Rom. 4, 12, lect. 2 (éd. Marietti, n° 348-349).
[344] Voir Gn 17, 10 " Et voici mon alliance que vous observerez entre moi et vous, et ta postérité après toi Tout mêle d’entre vous sera circoncis.
[345] En latin, la préposition in suivie de l’accusatif (credere in Deum) indique une idée de mouvement qui n’est pas explicite en français. "Croire en Dieu", c’est donc aller vers Dieu dans une démarche de foi ("en croyant"). Dans cette foi en mouvement se manifeste le rôle de la volonté qui meut l’intelligence à croire, et donc le rôle de la charité l’amour de Dieu est l’acte théologal de la volonté. Le credere in Deum réalise la perfection de l’acte de foi il découle de son essence spécifique. Mais il présuppose qu’on croie à Dieu, c’est-à-dire qu’on croie à ce que Dieu dit, à la vérité de sa Parole. C’est là que se manifeste le plus proprement ce qui fait la spécificité de l’acte de foi, lequel est principalement un acte de l’intelligence, puisqu’il concerne la vérité et que c’est dans l’intelligence que la vérité est reçue, mais sous la motion de la volonté. Et en effet pourquoi adhérons-nous à la vérité des paroles, sinon parce que nous reconnaissons leur autorité (et non pas à cause de leur évidence intrinsèque) ? Autrement dit, le motif pour lequel un acte d’adhésion de l’intelligence revêt la forme de la foi (par laquelle il se distingue des autres actes intellectuels) et se spécifie comme acte de foi, c’est l’autorité de Dieu révélant. C’est pourquoi ce motif constitue l’objet formel de la foi. On a donc, dans le " croire à Dieu les éléments spécifiques de l’acte de foi et ce sont eux, précisément, qui se mani festent dans l’exemple d’Abraham. Cependant, outre l’objet formel de la foi, il y a son objet matériel, son contenu, ce que je crois. Le premier objet matériel de la foi, c’est Dieu lui-même je crois que Dieu existe. Gredere Deum signifie littéralement "croire Dieu" (Dieu comme objet de l’acte de foi), c’est-à-dire "croire [que] Dieu [est]." Le credere Deum rend compte du caractère théologal (théologal "qui a Dieu pour objet") de la vertu (de foi), mais non de son caractère spécifique, c’est-à-dire du fait que cette vertu théologale revêt la forme de la foi (et non celle de l’espérance ou de la charité). Ce qui spécifie cette vertu, ce qui confère à cet habitus la forme spécifique de la foi, c’est de croire à la Parole de Dieu. Et de fait, Abraham est le père des croyants, non parce qu’il croit que Dieu existe — c’est le cas de nombreux paiens — mais parce qu’il croit que c’est Dieu qui lui parle et qu’il obéit à cette parole. Quant aux actes de l’intelligence autres que l’acte de foi, il s’agit, en bonne doctrine aristotélicienne, de la science et de l’opinion. L’habitus de la science, c’est-à-dire la capacité scientifique de l’intelligence (sa capacité à connaître le vrai) a, pour activité spécifique, le syllogisme démonstratif, celui qui aboutit à une conclusion certaine. L’habitus de l’opinion, c’est-à-dire la capacité de l’intelligence à peser le pour et le contre, à argumenter, a, pour activité spécifique, le syllogisme dialectique, nommé aussi syllogisme probable la dialectique, chez Aristote et les médiévaux, désigne en effet l’art de la discussion rigoureuse qui conclut non au certain, mais au vraisemblable.
[346] 1 R (1") 16, 7. Deus selon la Vetus latina, Dominus selon la Vulgate. Voir DOM SABATIER, Bibi. sacr., t. II, p. 498 (Textus et notae ad versionem antiquam).
[347] Lieux parallèles sur la génération des habitudes infusées par Dieu : Somme Théologique 1 Q. 51, a. 4; Q. 63, a. 3; 3 Sentences dist. 33, q. 1, a. 2, Q. 3; De virtut., Q. 1, a. 10. Sur la nécessité de la grâce Somme Théologique 1a-2ae, Q. 109, a. 5; Q. 114, a. 2; 2 Sentences dist. 28, a. 1 dist. 29, a. 1; 3 Contra Gentiles c. 147; De veritate, Q. 24, a. 1, sol. 2; a. 14; De quodlibet 1, Q. 4, a. 2.
[348] Voir ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, II, 1 [n° 103b1; AL XXVI, fasc. 3, p. 164.
[349] "L’habitude de cette justice." Il s’agit évidemment de la notion d’habitus que nous avons déjà rencontrée (voir chap. 1, y. 17 leçon 6, n° 106, n. 10, p. 104), c’est-à-dire d’une qualité acquise (habitus vient de habere, " avoir") qui perfectionne l’agir humain en vue d’une opération à accomplir. La justice humaine est un habitus, une vertu ou qualité acquise par l’exercice et qui nous permet d’accomplir des actes justes. Mais la justice dont le pécheur est justifié est ordonnée à une opération divine, celle de notre gloire (ou justification), en vue de laquelle elle nous dispose. Elle ne peut donc s’acquérir par l’exercice et les œuvres c’est un don de Dieu. Elle reste cependant un habitus, c’est-à-dire une qualité inhérente au cœur méme de l’homme qui " reçu la grâce de la justification. De l’intériorité de la foi, a l’intériorité de la "justice", on voit â quelle profondeur spirituelle saint Thomas, suivant l’enseignement même de l’épître aux Romains dont c’est là le thème essentiel — situe la grâce de la justification on est loin de la conception exotérique d’un état de justice par simple soumission à la Loi.