[797] , Geschichte Jesu von Nazara, t. I, p. 362.
[798] Ce qui équivalait, pour nous, à 9h du matin et à 3h de l’après-midi.
[799] Quelques auteurs choisissent l’heure du sacrifice du soir, parce que c’est à ce moment que l’ange Gabriel était autrefois apparu à Daniel, pour lui prédire la date de l’avènement du Messie. Cf. Dan., ix, 20-21.
[800] D’après les calculs de , ancien rabbin, dans The Life and Times of Jesus the Messiah, t. I, p. 134. Aux jours de sabbat le nombre des prêtres était beaucoup plus considérable.
[801] En plus d’une contrée, les enfants ont recours à une méthode analogue pour désigner ceux d’entre eux qui rempliront tel ou tel rôle dans certains de leurs jeux.
[802] On y brûlait de préférence le bois de figuier, qui fournit une excellente braise.
[803] Voir la p. […].
[804] Le nombre des prêtres à l’époque du Sauveur a été évalué à environ 20 000.
[805] Ex., xxx, 34-38. C’était un mélange, par parties égales, de styrax, d’ongle odorant, de galbanum et de la gomme-résine produite par l’arbre nommé Boswellia sacra. Ces ingrédients, auxquels les rabbins en avaient ajouté plusieurs autres, formaient un mélange exquis.
[806] Pour de plus amples détails, voir , Évangile selon saint Luc, p. 33-34 ; , Horæ hebraicæ et talmudicæ in Evangelia, in Luc., i, 8-10, et surtout , The Temple, its ministry and services…, p. 124-144 ; , Geschichte des Jüdischen Volkes im Zeitalter Jesu Christi, 4e éd., t. II, p. 451-462.
[807] Apoc., viii, 3-4.
[808] Cf. Ps., cxl, 2.
[809] C’est le mot employé ici par le narrateur : ἐφημερία, c’est-à-dire classe. L’historien Josèphe fait également allusion à l’existence de ces classes sacerdotales au temps de notre Seigneur. Cf. , Antiquitates judaicæ, VII, iii, 7.
[810] I Par., xxiv.
[811] Les prêtres étaient libres de choisir leur femme dans n’importe laquelle des tribus d’Israël, pourvu qu’aucun caractère déshonorant ne s’attachât à sa personne. Cf. Lev., xxi, 7.
[812] Luc., i, 36. Συγγενίς est une expression un peu vague, de même que cognata de la Vulgate.
[813] Il n’est guère possible de déterminer ici la nuance exacte que l’écrivain sacré a établie entre les expressions ἐντολαί et δικαιώματα. La première paraît être plus générale, tandis que la seconde désignerait la multitude des préceptes particuliers que tout Israélite fidèle était tenu d’accomplir.
[814] Ps., cxii, 9.
[815] Ps., cxxvi, 3-4. Cf. Ps., cxxvii, 1, 3.
[816] Cf. Luc., i, 25 ; Gen., xvi, 4 ; xx, 18 ; xxix, 32 ; xxx, 23 ; Is., liv, 1 ; Os., ix, 14 ; etc.
[817] Cet autel, décrit au livre de l’Ex., xxx, 1-10, n’avait qu’une coudée de largeur (environ 52, 5 cm) et deux de hauteur (environ 1, 05 m). Il était construit en bois d’acacia et revêtu de lames d’or. Sa partie supérieure était munie d’une petite galerie, qui empêchait les charbons et l’encens de tomber.
[818] Voir , Atlas archéologique de la Bible, pl. xcvi, fig. 2 ; pl. ciii, fig. 11 ; pl. civ, fig. 2, 3, 6.
[819] Dan., viii, 17-18 ; Act., x, 14 ; etc.
[820] Is., xlv, 8. Telle était déjà la pensée de saint Jean Chrysostome, de saint Augustin du Vén. Bède, etc. « Pro adventu Messiæ deprecabatur », disait , Quaestiones Evangeliorum, II, 1, et Sermones, ccxli (In nativitate Joannis Baptistæ).
[821] En grec, Ἰωάννης : d’après l’orthographe la plus habituellement employée par les anciens manuscrits, et de la vient le latin Joannes. Plus exactement Ἰωάνης, d’après la forme hébraïque de ce nom : Yohanân ou Yehohanân (la seconde lettre h représente le heth hébreu, gutturale à laquelle rien ne correspond dans notre langue, et qui équivaut au ch allemand).
[822] Jud., xiii, 4 ; I Reg., i, 11.
[823] Num., vi, 1-4. Outre cette abstinence, le nazir proprement dit devait laisser croître sa chevelure durant la période entière de son vœu. Cf. Num., vi, 5, 18 ; Act., xviii, 18 ; xxi, 23-24
[824] Matth., iii, 4 ; xi, 18 ; Marc., i, 6 ; Luc., i, 80 ; vii, 33.
[825] Telle est la signification des mots ἐκ τἤς κοιλίας, ainsi qu’il ressort de Luc., i, 41, 44. Plusieurs manuscrits latins et saint Ambroise traduisent le grec par in ventre ou in utero.
[826] Ils datent vraisemblablement de l’année 433 av. J.-C.
[827] Mal., iii, 1. Cf. Is., xl, 3.
[828] Mal., iv, 5-6.
[829] Matth., xi, 14 ; xvi, 14 ; xvii, 10-12 ; xxvii, 47 ; Marc., xi, 9-13 ; Luc., ix, 8, 19 ; Joan., i, 21.
[830] Matth., xvii, 9-13 ; Marc., ix, 10-12.
[831] C’est là, croyons-nous, la meilleure interprétation des mots « Il ramènera… » Voir notre commentaire (, Évangile selon saint Luc, p. 57).
[832] Nous lisons ici dans le grec le verbe εὐαγγελιζέσθαι, evangelizare, très cher à saint Luc, qui l’emploie, environ dix fois dans son évangile et quinze fois au livre des Actes.
[833] Probablement l’un des sept anges supérieurs dont il est fait mention aux livres de Tobie (Tob., xii, 15), et de l’Apocalypse (Apoc., i, 4 ; iv, 3 ; viii, 2). Ailleurs aussi, les anges en général sont représentés, dans la Bible, debout à la façon de serviteurs zélés, constamment prêts à accomplir les ordres de Dieu, leur maître. Cf. Job, i, 6 ; ii, 1 ; Apoc., vii, 11.
[834] Dan., viii, 16 ; ix, 20-27.
[835] Luc., i, 26-38. « Dès que nous voyons l’ange saint Gabriel envoyé, remarque très justement , Élévations sur les mystères, XII, i, nous devons attendre quelque nouvelle sur la venue du Messie ».
[836] Gen., xv, 8 ; Jud., vi, 36-40 ; IV Reg., xx, 8.
[837] En outre, ainsi qu’il a été dit plus haut, les circonstances extérieures étaient telles, que Zacharie ne pouvait avoir alors devant lui qu’un esprit céleste.
[838] Num., vi, 24-20. Les assistants répondaient : Amen.
[839] L’expression employée par le narrateur, ἦν διανεύων, Luc., i, 22 (Vulg., « erat innuens »), marque fort bien cette répétition des gestes.
[840] Dès l’époque de Josué (Jos., xxi, 1-40), quarante-huit villes ou bourgades, disséminées à travers tout le territoire de la Palestine, avaient été assignées aux prêtres et aux lévites comme centres d’habitation. Nous essayerons de fixer bientôt celle où Zacharie avait son domicile.
[841] Tel avait été le cas pour Sara, Gen., xviii, 12,
[842] Rom., v, 14 ; I Cor., xv, 45-49,
[843] , Évangile selon saint Luc, p. 40.
[844] Dan., ix, 24-27.
[845] « Gabriel a été envoyé pour contracter des fiançailles entre la terre et le ciel », écrivait en ce sens saint Grégoire le Thaumaturge. De là le titre de pronubus, « paranymphe », qui est parfois attribué par les anciens à l’ange Gabriel.
[846] Nous la décrirons plus loin. Les manuscrits grecs sont indécis au sujet de l’orthographe de ce mot, auquel ils donnent jusqu’à quatre formes : αζαρέθ, ναζαρέτ, ναζαρά et ναζαράθ. Mais les deux dernières formes sont très rares (ναζαρά, Matth., iv, 13, et Luc., iv, 16). Les meilleurs critiques hésitent entre Nazareth et Nazaret. adopte, dans la 8e édition de son Novum Testamentum grec, l’orthographe Ναζαρέθ, qui a prévalu dans les différentes langues européennes.
[847] Dans l’hébreu massorétique, Miriam (c’était le nom de la sœur de Moïse et d’Aaron, Ex., xv, 20). Le texte grec des évangiles a, comme les Septante, tantôt Μαρίaμ, qui se rapproche davantage de l’hébreu, tantôt Μαρία. Josèphe emploie tour à tour les formes Μαριάμμη, Μαριάμη, et Μαριάμνη. La signification de ce nom, si cher aux cœurs catholiques, est malheureusement incertaine. Dans son livre sur les noms hébreux, saint Jérôme signale quatre interprétations : illuminatrix mea, illuminans nos, smyrna (c.-à-d.myrrha) maris, stilla (et non pas stella) maris ; ailleurs il en ajoute une cinquième, amarum mare. D’après une autre traduction, qui se rattache à l’idiome araméen, Maria signifierait domina. , dans sa savante étude intitulée Der Name Maria, 1895, rapporte qu’il a relevé jusqu’à 50 interprétations différentes, qui lui ont été fournies par 120 auteurs. Il adopte le sentiment d’après lequel Miriam aurait le sens de pinguis, et par suite de venusta, belle, gracieuse, conformément à l’esthétique orientale. Voir aussi , Evangelium secundum Lucam, Commentarius in Quatuor S. Evangelia Domini N. Jesu Christi, 2e éd., p. 47-48.
[848] Matth., i, 18 ;Luc., i, 26.
[849] Les mots « ἐξ οἴκου Δαυεῖδ, de la maison de David », retombent-ils uniquement sur « Ἰωσήφ, Joseph » ou uniquement sur « παρθένον, vierge », ou sur ces deux substantifs en même temps ? C’est ce qu’on ne saurait déterminer avec certitude, et les exégètes sont en désaccord sur ce point. Du moins il est certain, d’après Luc., i, 32, 69, que l’évangéliste attribuait une origine royale à Marie, et nos docteurs les plus anciens — les Ignace d’Antioche, les Justin, les Irénée, les Tertullien —, attestent le même fait. Au reste, pour que Jésus ait été « fils de David » dans un sens strict, pour que le sang royal ait réellement coulé dans ses veines, il était nécessaire que sa mère fut personnellement sortie de la famille de ce prince, puisqu’il n’a pas eu de père selon la chair. Voir l’Appendice X, p. […].
[850] En hébreu Sãlõm lâk. Cf. II Reg., xviii, 28 ; II Par., xii, 18, dans le texte original. Voir aussi Luc., x, 5 ; xxiv, 36 ; Joan., xx, 19, 26, etc. Ici, saint Luc a traduit cette locution en grec par ΧαΧαῖρε, et le traducteur latin a employé l’équivalent romain Ave. Comme ce dernier mot, écrit à rebours, forme le nom Eva, les Pères latins ont établi parfois d’ingénieux rapprochements entre Ève et Marie, opposant l’obéissance et l’humilité de celle-ci à l’orgueil et à la désobéissance de celle-là.
[851] En grec, « κεχαριστωμένη, qui a reçu la grâce », mais très abondamment ; aussi la traduction de la Vulgate, « gratia plena », qui est également celle du syriaque, est-elle exacte au fond. Comme cette épithète se rapporte à toute la vie antérieure de Marie, on en a déduit très légitimement que la future mère du Christ a été conçue sans péché. Voir I. Knabenbauer, in h. loc. ; , Synopsis Theologiæ dogmaticæ, t. I, 5e éd., p. 592-593.
[852] Il n’est pas sûr que cette dernière proposition soit authentique en cet endroit, car elle est omise par d’importants manuscrits grecs. Elle a été peut-être empruntée à Luc., i, 42.
[853] Dans le grec, διεταράχθη. D’après une leçon accréditée par de nombreux manuscrits, mais qui est loin d’être certaine, car elle a contre elle d’autres témoins des plus anciens, ce trouble aurait eu un premier motif dans la vue de l’ange, qui était apparu sous une forme humaine (« ἰδοῦσα, ayant vu »).
[854] , Évangile selon saint Luc, p. 43.
[855] Is., vii, 14. Voir nos Essais d’exégèse, 1881, p. 1-99.
[856] La locution « il sera appelé » revient à dire : « Non seulement il sera le fils du Très-Haut, mais il sera reconnu et traité comme tel ». Le nom de Très-Haut, en grec ὑψίστος, est l’équivalent de l’hébreu Éliyõn et apparaît assez fréquemment dans la Bible, pour exprimer la grandeur de Dieu. Cf. Gen., xiv, 18 ; Ps., vii, 18 ; Marc., v, 7 ; Luc., vii, 28 ; Act., vii, 48 ; Hebr., vii, 1 ; etc.
[857] II Reg., vii, 12-13. Elle est magnifiquement développée au Ps., lxxxviii, 20-38.
[858] Cf. Is., ix, 6 ; Jer., xxx, 9 ; Ez., xvii, 22 et xxxiv, 13 ; Dan., vii, 13 ; Os., iii, 5 ; Αm., ix, 11-15 ; Mich., iv, 7-8 ; IV Esdras, xii, 32 ; Psaumes de Salomon, xvii, 23-24 ; Marc., xi, 10 ; Act., i, 6 ; etc.
[859] Gen., xlix, 10.
[860] Phil., ii, 9.
[861] Près de deux cent cinquante fois dans les épîtres de saint Paul.
[862] Matth., i, 21.
[863] Sa forme hébraïque complète est Iehõchouah, « Jéhovah sauve » ; par abréviation, Iechouah, dont les Grecs ont fait Ἰησοῦς et les Latins Iesus.
[864] Les Septante et la Vulgate les appellent quelquefois « Jésus ».
[865] D’après Col., iv, 11, un des compagnons de saint Paul se nommait « Jésus le Juste ». Dans la liste des ancêtres du Christ citée par saint Luc (Luc., iii, 29), nous trouvons aussi un Jésus.)
[866] Is., vii, 14.
[867] , Commentaire littéral sur tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament (Luc., i, 34).
[868] Voir , Evangelium secundum Lucam…, p. 71-72 ; , Maria Verkündigung, p. 120-134, et l’Appendice XIII, p. […].
[869] Dans la partie précédente de son message, on trouve déjà le parallélisme des membres, qui est une des marques distinctives de la poésie hébraïque.
[870] Gen., i, 2 ; Job, xxxiii, 4 ; Ps., xxxii, 6 ; ciii, 29-30.
[871] Ex., xl, 32-36. Voir aussi III Reg., viii, 8-10.
[872] « Une chose sainte », selon la traduction littérale du texte grec (ἅγιον, au neutre).
[873] Matth., iii, 17 ; Marc., i, 11 ; Luc., iii, 22.
[874] Matth., xvii, 5 ; Marc., ix, 6 ; Luc., ix, 35.
[875] Joan., vi, 70 ; Matth., xvi, 16.
[876] Joan., xi, 27 ; xx, 31 ; Rom., i, 4 ; etc.
[877] On s’est parfois appuyé sur ce trait, pour affirmer que la sainte Vierge appartenait, non pas à la tribu de Juda, mais à celle de Lévi, puisque Élisabeth comptait, ainsi que saint Luc nous l’a dit précédemment, « parmi les filles d’Aaron ». Cette induction n’a rien de fondé. Pour expliquer la parenté de Marie et d’Élisabeth, il suffisait, en effet, que leurs mères ou leurs grand-mères eussent épousé, l’une un membre de la tribu de Juda, l’autre un membre de la famille sacerdotale. Le livre apocryphe connu sous le nom de Testament des douze patriarches (Testament de Siméon, vii), suppose sans raison que le Messie devait faire partie simultanément de la tribu de Lévi et de celle de Juda. Cf. , Codex pseudepigraphus, t. II, p. 42 ; , Die Apokryphen und Pseudoepigraphen des Alten Testaments, t. II, p. 465.
[878] , Sermones de tempore, xvii. Cf. , Sermones super “Missus est”, iv, et , Bethléem, p. 74-75.
[879] À la lettre, d’après le texte grec, l’esclave, δούλη.
[880] , Das Leben Jesu, 4e éd., t. I, p. 213.
[881] « Quelle délicatesse exquise dans dette scène ! quelle simplicité, quelle noblesse dans le dialogue ! Pas un mot de trop ; pas un de trop peu. Une narration si parfaite n’a pu émaner que de la sphère sainte dans laquelle le mystère s’était accompli. » (, Commentaire sur l’évangile de saint Luc, 2e éd., t. I, p. 117.) Rien pour satisfaire la curiosité oiseuse. « En passant de bouche en bouche, les détails relatifs à l’apparence extérieure de l’ange, à sa beauté et à sa splendeur, à l’attitude et à l’occupation de Marie, se seraient glissés (dans le récit) et le dialogue aurait reçu des développements. » (, « Annonciation » dans , A Dictionary of Christ and the Gospels, t. I, p. 75.) Ces développements maladroits ne manquent pas dans les évangiles apocryphes, tandis que la narration de saint Luc est vraiment digne d’un auteur inspiré.
[882] Voir en particulier , Commentarium ac disputatio in Tertiam partem divi Thomæ, xxx ; Disputationes Metaphysicæ, IX, iv, 1.
[883] Joan., i, 14.
[884] « Non quasi incredula de oraculo, nec quasi incerta de nuntio, nec quasi dubitans de exemplo, sed quasi læta pro voto, religiosa pro officia, festina præ gaudio », dit fort bien (Expositio in Lucam, i, 39).
[885] Formule hébraïque, employée ailleurs encore par saint Luc, pour introduire le fait d’un prochain départ. Cf. Luc., xv, 18-20 ; Act., x, 20 ; xxii, 10.
[886] Autre hébraïsme, qui marque ici un intervalle assez court, à partir du jour de l’Annonciation.
[887] Voir p. […] et suivante. L’expression par laquelle saint Luc la désigne ici « εἰς τὴν ὀρείνην (ou ὀρίνην) », reparaît encore un peu plus bas dans son récit (i, 65). , Histoire naturelle, V, 70, la mentionne également sous le nom de Oriné, et il y place Jérusalem.
[888] Εἰς πόλιν Ἰούδα, dit-il, sans employer d’article, « dans une ville de Juda », c’est-à-dire de l’ancienne tribu de Juda.
[889] Cf. Jos., xxi, 9-19.
[890] À la suite de , Palæstina ex monumentis veteribus illustrata, 1714, t. II, p. 78, le Père , s.j., De Evangelis libri tres, dissert. x, 1, et divers autres auteurs (tout récemment , Das Evangelium des Lucas ausgelegt, t. I, 1913, p. 91-95) ont adopté cette opinion. Mais elle n’a pas de base sérieuse, puisque tous les manuscrits grecs et toutes les versions ont la leçon Ἰούδα, qui, en cet endroit, ne peut représenter que la tribu de ce nom. Ioulta, comme l’appelle l’hébreu, Jos., xv, 55 et xxi, 16, est nommée Iota par la Vulgate au premier de ces deux passages, et Iéta au second ; Ἰτάν et Τανό par les Septante.
[891] Voir , La Palestine…, 2e éd., p. 315-316. Le nom de Carem n’apparaît pas dans le texte hébreu ; il n’est mentionné que par les Septante, au passage Jos., xv, 59.
[892] , Vita, 54, dit expressément qu’il fallait trois jours pour aller de Galilée à Jérusalem.
[893] Luc., i, 42. D’après une leçon très autorisée : ἀνεφώνησεν κραυγῇ μεγάλη. C’est du reste par des formules analogues que saint Luc a coutume d’exprimer les vives émotions. Cf. Luc., ii, 10 ; iv, 33 ; viii, 28 ; xvii, 15 ; xix, 37 ; xxiii, 23, 46 ; xxiv, 52.
[894] Matth., iii, 13-14.
[895] Du langage d’Élisabeth, de nombreux Pères et théologiens ont très légitimement conclu que ce privilège fut alors conféré à Jean-Baptiste. Puisque son enfant avait tressailli « de joie », c’est qu’il avait conscience de ce qu’il faisait. Aussi , De carne Christi, 21, l’appelle-t-il « Domini sui conscium Infantem ». On discute toutefois sur la durée de cette faveur, qui, d’après plusieurs auteurs, aurait été seulement transitoire.
[896] Nous examinerons plus loin la leçon très fausse de quelques manuscrits latins, Et ait Elisabeth, et l’étrange abus qu’en font les néo-critiques pour attribuer le Magnificat à la mère du précurseur. Voir l’Appendice XVIII, p. […].
[897] Ex., xv, 1-21 ; Jud., v, 1-31 ; I Reg, ii, 1-10 ; Jud., xvi, 1-21.
[898] , Sermones de Sanctis, xviii.
[899] On ferait un contre-sens en traduisant ici le mot « ταπείνωσιν » (Vulg. « humilitatem ») par « humilité ».
[900] Luc., xi, 27.
[901] « Que les protestants et les rationalistes nous accusent, s’ils le veulent, d’adorer la Vierge de Nazareth ; ils savent aussi bien que nous que nous n’adorons que Dieu. Mais nous vénérons d’un culte spécial (nommé par les théologiens hyperdulia) la mère de notre Seigneur Jésus-Christ, et nous aimons en elle notre propre mère. Ceux-là seuls refusent de s’associer à nos hommages qui ne comprennent pas le sens de ces deux titres ». (, Évangile selon saint Luc, p. 50.) Un certain nombre de protestants, surtout en Angleterre, sont revenus sous ce rapport à de meilleurs sentiments.
[902] Les mots in sæcula de la Vulgate, par lesquels s’achève le cantique de Marie, correspondent au grec εἰς τὸν αἰωνα, in sœculum ou, d’après une autre leçon, ἒως ἀιώνας, in sæcula, jusqu’à l’ère du Messie.
[903] I Reg., ii, 1-10. Les commentaires les plus récents signalent ces divers échos ou emprunts, verset par verset. Voir , Évangile selon saint Luc, p. 53 ; , The Gospel according to St. Luke, p. 30-31 ; , Evangelium secundum Lucam…, p. 92-93.
[904] L’opinion contraire a néanmoins trouvé d’assez nombreux adhérents depuis Origène et saint Ambroise. Suivant eux, c’est d’une manière anticipée et pour conclure le récit relatif à la Visitation, que saint Luc aurait inséré sa note chronologique avant de passer à un autre épisode.
[905] Formule toute hébraïque, et, en même temps, solennelle comme le fait auquel elle sert d’introduction.
[906] Gen., xvii, 12 ; Lev., xii, 3.
[907] C’est le nom hébreu du circumcisor.
[908] Sur la circoncision dans le judaïsme ancien et contemporain, voir , Cérémonies et coutumes qui s’observent aujourd’hui parmi les Juifs, IV, viii ; , Le judaïsme, esquisse des mœurs juives, p. 96, 102-103.
[909] Gen., xvii, 5 ; xxi, 3-4.
[910] Cf. Luc., ii, 21.
[911] Le livre de Ruth, iv, 13-16, signale un trait semblable.
[912] Cf. Job., i, 1 ; , Antiquitates judaicæ, XIV, i, 3 ; De bello judaico, V, xiii, 2.
[913] De ce trait, on a fréquemment conclu que Zacharie avait été atteint de surdité en même temps que de mutisme. Mais cette opinion n’est pas suffisamment justifiée. L’ange n’avait menacé Zacharie que du mutisme, et bientôt le texte sacré, racontant sa guérison, dira seulement que « sa langue se délia », sans mentionner la cessation d’une autre infirmité. Du reste, les muets s’exprimant au moyen de signes, on est naturellement porté à leur parler aussi par signes, même lorsqu’ils ne sont pas sourds.
[914] Voir , Atlas archéologique de la Bible, pl. lxx, fig. 6, 7, 8. « Loquitur in stylo, auditur in cera », dit spirituellement à ce sujet , De Idolatria, 23.
[915] « Et il prophétisa », dit encore saint Luc, en guise de formule d’introduction.
[916] À la lettre, dans le texte grec : une corne de salut. Métaphore toute hébraïque, assez fréquente dans les livres de l’Ancien Testament. Cf. I Reg., ii, 10 ; II Reg., xxii, 3 ; Ps., lxxv, 5, 6, 11, et surtout cxxxi, 17 (« Je susciterai une corne à David »). Elle est empruntée à la vigueur qui réside dans la tête et les cornes de certains animaux, tels que le bœuf, le buffle sauvage, etc.
[917] Éloquent appel aux oracles messianiques, qui avaient prédit avec tant de clarté la venue du rédempteur.
[918] Comme Marie, le père du précurseur mentionne avec une intime confiance le pacte solennel que Dieu avait conclu avec les premiers patriarches, et le serment par lequel il l’avait confirmé. Cf. Gen., xxii, 16 ; Ps., civ, 8-10 ; Hebr., vi, 13-18.
[919] Luc., i, 13-17.
[920] Voir , The Gospel according to St. Luke, p. 39-40.
[921] Is., ix, 2 ; xlii, 6 ; xlix, 6 ; lx, 1 ; Mal., iv, 2.
[922] Joan., i, 9 ; viii, 12.
[923] C’est la croissance physique. Elle avait lieu en d’excellentes conditions, bien que Jean fût né de parents avancés en âge.
[924] C’est la croissance intellectuelle et morale. Elle fut remarquable aussi, sous l’influence de la bénédiction céleste.
[925] Nous le décrirons plus tard.
[926] Matth., i, 18-25.
[927] Luc., i, 27.
[928] Tel est bien le sens du mot grec μνηστευθείσης. C’est uniquement pour des raisons de convenance que des commentateurs anciens et récents ont supposé que le mariage avait eu lieu avant la Visitation ; mais le récit entier de saint Matthieu est contraire à cette hypothèse.
[929] Les riches faisaient don d’une pièce d’or ; mais la plus petite pièce de monnaie était regardée comme suffisante.
[930] Matth., i, 19, 20, 24. Saint Jérôme n’a pas manqué de noter ce fait, dans son commentaire du premier évangile : « Recordare consuetudinem Scripturarum, quod sponsi viri et sponsæ vocantur uxores ».
[931] Deut., xxii, 24-27.
[932] En prenant pour guides saint Jean Chrysostome et saint Jérôme (æquus et benignus), divers auteurs ont donné au mot « juste » la signification de doux, bienveillant. Mais, au point de vue juif, auquel se place évidemment saint Matthieu, ce sens ne saurait être ici que secondaire.
[933] L’expression grecque « ἐνθυμηθέντος αὐτοῦ » exprime fort bien cette cruelle et constante préoccupation.
[934] C’est ce que n’ont pas voulu comprendre tels et tels théologiens rationalistes, qui se permettent de juger sévèrement la conduite de la sainte Vierge, et même de nier le caractère historique des faits racontés, sous prétexte que « tous les motifs de prudence et d’honneur auraient dû déterminer Marie à avertir immédiatement son fiancé » (, Das Leben Jesu, 4e éd., t. I, p. 153-154). La situation décrite s’explique pourtant très bien sous le rapport psychologique.
[935] Tel est le sens du grec « δειγματίσαι » (Vulg. « traducere ») ; plus fortement encore, d’après plusieurs manuscrits importants, « παραδειγματίσαι ».
[936] Λάθρα ἀπολυεῖν, occulte dimittere. C’est par le même verbe ἀπολυεῖν que la dissolution du lien conjugal est désignée dans les évangiles. Cf. Matth., v, 31-32 ; xix, 3, 7-9 ; Marc., x, 2, 4, 11-12 ; Luc., xvi, 18. Ce trait confirme ce que nous avons dit plus haut de l’assimilation des fiançailles au mariage chez les Juifs, au point de vue de la légalité.
[937] L’évangéliste exprime par une nuance exquise le résultat de ce débat intime : « μὴ θέλων… ἐβουλήθη ». Le premier de ces verbes marque, en effet, une volonté arrêtée ; le second, une tendance de l’esprit. Joseph était donc décidé à épargner Marie, et il inclinait à la renvoyer purement et simplement. C’est à ce dernier parti qu’il s’arrêta.
[938] C’est tout d’abord en faveur d’Israël que Dieu devait envoyer le Messie. Cf. Matth., x, 5-6 ; xv, 24 ; Joan., iv, 22 ; Rom., i, 16 ; etc.
[939] Is., ix, 7 ; xi, 5 ; xviii, 5 ; xlii, 4 ; liii, 4-6 ; liv, 4 ; Jer., xxxi, 32 ; Ez., xxxvi, 25-26 ; Dan., ix, 13 ; Os., ii, 19 ; xiv, 5 ; Mich., vii, 18 ; Soph., iii, 13 ; etc.
[940] Matth., i, 22 ; ii, 15, 17, 23 ; iii, 14, etc. Le premier évangile ne cite pas moins de quarante-trois fois l’Ancien Testament d’une manière directe.
[941] La conjonction ἵνα du texte grec a donc la signification stricte de ita ut, « de sorte que ». Elle marque un but final, une intention très nette de la part de Dieu, et non pas une simple accommodation dont l’évangéliste serait l’auteur.
[942] Matth., xiii, 14 ; xxi, 42 ; xxii, 41, 45 ; xxvi, 24, 31, 54 ; Marc., ix, 12-13 ; xiv, 21, 27, 49 ; Luc., iv, 21 ; xxiv, 44 ; Joan., v, 39-46 ; xiii, 18 ; xv, 25 ; xvii, 12.
[943] Is., vii, 14.
[944] Avec de très légères modifications.
[945] , Commentarium in Isaiam, vii, 14.
[946] Is., liv, 4.
[947] Sur la naissance toute virginale de notre Seigneur Jésus-Christ, voir l’Appendice XII, p. […]. D’assez nombreux commentateurs appartenant au protestantisme orthodoxe appliquent aussi à notre Seigneur Jésus-Christ, d’une manière exclusive et directe, l’oracle de l’almah. Voir , Kommentar über das Evangelium des Matthäus, p. 69-71. Au second siècle de notre ère, les rabbins, pour se débarrasser des objections gênantes que les apologistes chrétiens tiraient contre eux de cette prophétie, prétendirent que l’enfant promis à l’almah n’était autre qu’Ezéchias, fils du roi Achaz. le leur reproche nettement dans son Dialogus cum Tryphone, 43, 67, 71, 77 ; etc. Lorsqu’ils traduisirent à leur tour la Bible hébraïque en grec, les Juifs Aquila, Symmaque et Théodotion remplacèrent le mot παρθένος des Septante par νεάνις, qui désigne simplement une jeune fille quelconque. Nous avons longuement expliqué l’oracle de l’almah dans nos Essais d’exégèse, p. 1-99, en nous efforçant d’aplanir toutes les difficultés soulevées par les néo-critiques. Voir aussi les commentaires de I. Knabenbauer et de Th. von Zahn sur l’évangile selon saint Matthieu, in h. loc.
[948] Voir p. […].
[949] Cf. Deut., xx, 7 ; I Mach., ix, 37-41 ; Matth., xxv, 1-6. Sur le cérémonial complet des noces juives, voir le curieux ouvrage de , Uxor hebraica absolvans nuptias, et divortia veterum Hebræorum, 1712, p. 92-126 ; , Lehrbuch der hebräischen Archäologie, 1894, t. I, p. 155-164 ; et , L’Orient et la Bible. L’Israélite de la naissance à la mort, (traduit de l’anglais par Clément de Faye), 1896, p. 147-165.
[950] Entre autres, saint Ignace d’Antioche et saint Jérôme.
[951] , La sainte Vierge, 1902, p. 70-71.
[952] , Epistola ad Ephesos, xix.
[953] Sur la virginité perpétuelle de la mère de Jésus, voir l’Appendice XIII, p. […].
[954] Luc., ii, 1-20.
[955] Six mois après la naissance de saint Jean-Baptiste. Cf. Luc., i, 26, 36, 56. On était encore « aux jours du roi Hérode ». Luc., i, 25.
[956] Voir l’Appendice XV, p. […]. Une littérature considérable s’est formée à son sujet. On lui a consacré non seulement de nombreux articles de revues, mais des volumes entiers, ou de longs et savants chapitres, dans lesquels la question a été étudiée sous toutes ses faces. Pour ne pas encombrer notre narration, nous exposerons plus loin, en premier lieu, les principaux systèmes qui ont été imaginés pour supprimer le plus possible les difficultés d’interprétation ; en second lieu, les violentes attaques que les rationalistes ont dirigées, de ce chef, contre la véracité de l’écrivain sacré.
[957] Il est désigné en grec par le verbe « ἀπογραφεσθαι » (Vulg. : « ut describeretur »), dont la signification directe est « mettre par écrit, inscrire ».
[958] Dans le texte grec : « πᾶσαν τὴν οἰκουμένην », sous-entendu « γήν » ou « χώραν » (Vulg., « universus orbis »). Sur d’anciennes inscriptions grecques, les empereurs romains reçoivent le titre flatteur de « κυρίος τῆν οἱκουμὲνης, maîtres de la terre habitée ». , Géographie, II, i-ii, se sert du même terme, et raconte qu’« en peu de temps les Romains soumirent toute la terre habitée » (Histoires, VI, 48). Ces détails montrent à quel point saint Luc se conforme au langage du temps.
[959] Nous en donnerons plus loin la liste (Appendice XV, p. […]).
[960] , De vita Cæsarum, Augustus, cx.
[961] , Annales, I, xi.
[962] , Évangile selon saint Luc, p. 63.
[963] Voir les textes dans , L’autorité de l’Évangile, 3e éd., p. 305-320.
[964] Matth., ii, 1-19 ; Luc., i, 5.
[965] , Antiquitates judaicæ, XVI, ix, 3.
[966] , Antiquitates judaicæ, XIV, iv, 4 ; x, 5-6.
[967] , Antiquitates judaicæ, XVI, xi, 1-7 ; XVII, v, 3-8 ; De bello judaico, I, xxvii, 1-7 et xxxii, 1-7.
[968] , Antiquitates judaicæ, XVI, ix, 3.
[969] , Antiquitates judaicæ, XVII, viii, 2-4 ; ix, 3-6 ; De bello judaico, II, ii, 1-6.
[970] Six mille pharisiens s’illustrèrent en refusant cette allégeance.
[971] Voir , Annales, II, xxx, 4 ; III, xxii, 1-2 et xxiii, 1, 48 ; , De vita Cæsarum, Tiberius, xlix ; , Historia Romana, XLVIII.
[972] Κυρηνίος en grec ; Κυρείνος dans quelques manuscrits dont la Vulgate a suivi la leçon (Cyrinus).
[973] Mich., v, 2. Cf. Matth., ii, 4-5.
[974] I Reg., xvi, 1-13 ; xvii, 12-15, 58.
[975] Sur l’étrange assertion des néo-critiques, qui font naître Jésus à Nazareth, et non à Bethléem, voir l’Appendice XIV, p. […].
[976] Esdr., ii, 59, 62 ; , Vita, 1.
[977] Expression pour ainsi dire technique, qui servait à désigner un voyage ayant pour but Jérusalem et ses alentours, parce que, de quelque côté que l’on vînt, il fallait monter pour y arriver. Cf. Matth., xxvi, 17 ; Luc., ii, 42, etc. ; , Atlas géographique de la Bible, pl. xviii, profils a et b.
[978] De ces deux expressions, « la maison et la famille », la première est moins étendue, la seconde plus générale. Elles sont empruntées à l’ancien langage Israélite. Chacun des fils de Jacob avait fondé une tribu (en hébreu matteh ; en grec, φύλη ; les grandes branches de ces tribus furent désignées par le substantif mispâhhâh, que les Septante ont traduit par πατρία, la Vulgate par familia ; chaque subdivision de ces branches reçut le nom de beit ‘abôt, « maison des pères », en grec οἶκος, maison, en latin domus. Voir , Handbuch der biblischen Archäologie, § 140.
[979] Le texte grec présente ici trois leçons distinctes : « τῇ ἑμνηστεύμενῃ αὐτῷ, desponsata sibi » ; « τῇ γυναικί αὐτοῦ, uxore ejus » ; « τῇ ἑμνηστεύμενῃ αὐτῷ γυναίκι, desponsata sibi uxore ». La troisième, qu’adoptent la Vulgate, le syriaque, l’éthiopien et de nombreux manuscrits grecs, pourrait bien être celle de l’évangéliste lui-même. Elle est certainement remarquable, et, si elle est authentique, elle s’harmonise pleinement avec l’idée que saint Matthieu et saint Luc veulent inspirer à leurs lecteurs au sujet de la parfaite virginité de Marie, qui était à la fois l’épouse de Joseph et chaste comme une fiancée. Le mot ἑμνηστεύμενῃ semble, en toute hypothèse, parfaitement garanti.