CHAPITRE IV - VERS LE TROISIÈME MILLÉNAIRE CHRÉTIEN
I. Les défis actuels
72. L’Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques a été convoquée pour permettre à l’Église de Dieu, répandue dans ce continent, de réfléchir à sa mission évangélisatrice en vue du troisième millénaire et de mettre en œuvre, comme je l’ai rappelé, « une solidarité pastorale organique dans tout le territoire africain et les îles adjacentes ».
[137] Une telle mission comporte, ainsi qu’il a déjà été dit,
des urgences et des défis, dus aux mutations profondes et rapides que connaissent les sociétés africaines et aux effets d’une civilisation qui devient planétaire.
La nécessité du Baptême
73. La première urgence est naturellement l’évangélisation elle-même. D’une part, l’Église doit assimiler et vivre toujours mieux le message que le Seigneur lui a confié. D’autre part, ce message, elle doit en témoigner et l’annoncer à tous ceux qui ne connaissent pas encore Jésus Christ. Car c’est pour eux que le Seigneur a dit aux Apôtres :
« Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (
Mt 28,19).
Comme à la Pentecôte, la prédication du kérygme a pour finalité naturelle d’amener celui qui l’écoute à la
metanoia et au
Baptême : « L’annonce de la Parole de Dieu est ordonnée à la
conversion chrétienne, c’est-à-dire à l’adhésion pleine et sincère au Christ et à son Évangile par la foi ».
[138] La conversion au Christ, par ailleurs, « est liée au Baptême, non seulement dans la pratique de l’Église mais parce que c’est la volonté du Christ, qui a demandé de faire des disciples de toutes les nations et de les baptiser (cf. Mt
Mt 28,19), et aussi en raison de l’exigence intrinsèque de recevoir la plénitude de la vie en lui : "
En vérité, en vérité, je te le dis - déclare Jésus à Nicodème -,
à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu" (
Jn 3,5). Le Baptême, en effet, nous fait naître à la vie d’enfants de Dieu ; il nous unit à Jésus Christ ; il nous confère l’onction dans l’Esprit Saint. Le Baptême n’est pas seulement le sceau de la conversion, un
signe extérieur qui la fait voir et l’atteste ; c’est
le sacrement qui signifie et opère cette nouvelle naissance dans l’Esprit, crée des liens réels et indissolubles avec la Trinité, rend membre du Corps du Christ qui est l’Église ».
[139] Un itinéraire de conversion qui n’irait pas jusqu’au baptême s’arrêterait à mi-chemin.
Il est vrai que les hommes au cœur droit qui, sans aucune faute de leur part, n’ont pas été rejoints par l’annonce de l’Évangile, mais qui vivent en accord avec leur conscience selon la loi de Dieu, seront sauvés par et dans le Christ. Pour tout être humain, en effet, demeure toujours l’appel
actuel de Dieu, qui attend d’être reconnu et accueilli (cf. 1 Tm
1Tm 2,4). C’est justement pour que soient favorisés cet accueil et cette reconnaissance qu’il est demandé aux disciples du Christ de ne pas s’accorder de repos avant que tous aient reçu l’heureuse annonce du salut.
Urgence de l’évangélisation
74. Le Nom de Jésus Christ, en effet, est le seul par lequel nous pouvons être sauvés (cf. Ac
Ac 4,12). Puisqu’il y a en Afrique des millions de personnes non encore évangélisées, l’Église est confrontée à la tâche nécessaire et urgente de
proclamer la Bonne Nouvelle à tous, et de conduire ceux qui l’écoutent au Baptême et à la vie chrétienne. « L’urgence de l’activité missionnaire résulte de
la nouveauté radicale de la vie apportée par le Christ et vécue par ses disciples. Cette vie nouvelle est un don de Dieu, et il est demandé à l’homme de l’accueillir et de le développer, s’il veut se réaliser selon sa vocation intégrale en se conformant au Christ ».
[140] Cette vie nouvelle dans la nouveauté radicale de l’Évangile comporte aussi des ruptures avec les mœurs et la culture de n’importe quel peuple de la terre, car l’Évangile n’est jamais le produit d’un terroir, il vient toujours « d’ailleurs », d’en haut. Pour les baptisés, le grand défi restera toujours celui de la cohérence d’une existence chrétienne conforme aux engagements de leur Baptême, qui signifie mort au péché et résurrection quotidienne pour une vie nouvelle (cf. Rm
Rm 6,4-5). Sans une telle cohérence, les disciples du Christ ne pourront que difficilement être
« sel de la terre » et
« lumière du monde » (
Mt 5,13 Mt 5,14). Si l’Église en Afrique s’engage vigoureusement et sans hésitation sur cette voie, la Croix pourra être plantée partout dans le continent pour le salut des peuples qui n’ont pas peur d’ouvrir les portes au Rédempteur.
Importance de la formation
75. Dans tous les secteurs de la vie de l’Église, la formation est d’une importance capitale. Personne, en effet, ne peut clairement connaître les vérités de foi qu’il n’a jamais apprises ni poser des actes auxquels il n’a jamais été initié. C’est pourquoi « la communauté entière a besoin d’être préparée, motivée et renforcée pour l’évangélisation, chacun selon son rôle spécifique au sein de l’Église ».
[141] Ceci inclut les évêques, les prêtres, les membres des Instituts de vie consacrée, des Sociétés de vie apostolique et des Instituts séculiers, et tous les fidèles laïcs.
La formation missionnaire occupera une place de choix. Elle « est l’œuvre de l’Église locale avec l’aide des missionnaires et de leurs Instituts, ainsi que du personnel des jeunes Églises. Cette tâche doit être considérée non pas comme marginale mais comme centrale dans la vie chrétienne ».
[142]
Le programme de formation doit inclure, en particulier, la formation des laïcs à jouer pleinement leur rôle d’animation chrétienne de l’ordre temporel (politique, culturel, économique, social), qui est une caractéristique de la vocation séculière du laïcat. On encouragera les fidèles laïcs compétents et motivés à s’engager dans la politique,
[143] dans laquelle, en exerçant correctement des charges publiques, ils pourront « travailler au bien commun et, en même temps, préparer la voie à l’Évangile ».
[144] Approfondissement de la foi
76. L’Église en Afrique, pour être évangélisatrice, doit « commencer par s’évangéliser elle-même. [...] Elle a besoin d’écouter sans cesse ce qu’elle doit croire, ses raisons d’espérer, le commandement nouveau de l’amour. Peuple de Dieu immergé dans le monde et souvent tenté par les idoles, elle a toujours besoin d’entendre proclamer les grandes œuvres de Dieu ».
[145]
Aujourd’hui en Afrique, « la formation à la foi [...] est trop souvent restée au stade élémentaire, et les sectes mettent facilement à profit cette ignorance ».
[146] L’approfondissement de la foi est urgent « en ce sens que l’évolution rapide de la société fait surgir des défis nouveaux, [...] avec notamment les phénomènes de déracinement familial, d’urbanisation, de désœuvrement, et avec les séductions matérialistes de toute sorte, une certaine sécularisation et un ébranlement intellectuel accentué par l’avalanche d’idées insuffisamment critiquées et par l’influence des médias ».
[147]
La force du témoignage
77. La formation doit permettre aux chrétiens d’acquérir non seulement une habileté technique pour mieux transmettre le contenu de la foi, mais encore une profonde conviction personnelle pour en témoigner efficacement dans la vie. Tous les prédicateurs de l’Évangile chercheront à agir en totale docilité à l’Esprit « qui, aujourd’hui comme aux débuts de l’Église, agit en chaque évangélisateur qui se laisse posséder et conduire par lui ».
[148] « Les techniques d’évangélisation sont bonnes, mais les plus perfectionnées ne sauraient remplacer l’action discrète de l’Esprit. La préparation la plus raffinée de l’évangélisateur n’opère rien sans lui. Sans lui, la dialectique la plus convaincante est impuissante sur l’esprit des hommes. Sans lui, les schémas sociologiques ou psychologiques les plus élaborés se révèlent vite dépourvus de valeur ».
[149]
Un vrai témoignage de la part des croyants est essentiel aujourd’hui en Afrique pour proclamer la foi de manière authentique. En particulier, il faut que les croyants donnent le témoignage d’un amour mutuel sincère. « La vie éternelle, c’est qu’ "ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ" (
Jn 17,3). Le but dernier de la mission est de faire participer à la communion qui existe entre le Père et le Fils : les disciples doivent vivre entre eux l’unité, demeurant dans le Père et le Fils, afin que le monde reconnaisse et croie (cf. Jn
Jn 17,21-23). C’est là un texte missionnaire significatif ! Il fait comprendre qu’on est missionnaire avant tout par
ce que l’on est, en tant que membre de l’Église qui vit profondément l’unité dans l’amour, avant de l’être par
ce que l’on dit ou par
ce que l’on fait ».
[150]
Inculturer la foi
78. À cause de sa profonde conviction que
« la synthèse entre culture et foi n’est pas seulement une exigence de la culture mais aussi de la foi » parce que « une foi qui ne devient pas culture est une foi qui n’est pas pleinement accueillie, entièrement pensée et fidèlement vécue »,
[151] l’Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques considère l’inculturation comme une priorité et une urgence dans la vie des Églises particulières en Afrique : c’est surtout par là que l’Évangile pourra s’enraciner solidement dans les communautés chrétiennes du continent. À la suite du Concile Vatican II,
[152] les Pères du Synode ont considéré l’inculturation comme un processus qui embrasse toute l’étendue de la vie chrétienne - théologie, liturgie, coutumes et structures - évidemment sans porter atteinte à la loi divine et à la grande discipline de l’Église, confirmées au cours des siècles par des fruits extraordinaires de vertu et d’héroïsme.
[153]
Le défi de l’inculturation en Afrique consiste à faire en sorte que les disciples du Christ puissent assimiler toujours mieux le message évangélique, restant cependant fidèles à toutes les valeurs africaines authentiques. Inculturer la foi dans tous les domaines de la vie chrétienne et humaine constitue donc une tâche difficile, qu’on ne peut accomplir qu’avec l’assistance de l’Esprit du Seigneur qui conduit l’Église dans la vérité tout entière (cf. Jn
Jn 16,13).
Une communauté réconciliée
79. Le défi du dialogue est, au fond, le défi de la transformation des relations entre les hommes, les nations et les peuples, dans la vie religieuse, politique, économique, sociale et culturelle. C’est le défi de l’amour du Christ pour tous les hommes, amour que le disciple doit reproduire dans sa vie : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (
Jn 13,35).
« L’Évangélisation continue le dialogue de Dieu avec l’humanité, qui atteint son sommet dans la personne de Jésus Christ ».
[154] Par la Croix, en sa personne il a tué la haine (cf. Ep
Ep 2,16) qui divise et éloigne les hommes les uns des autres.
Or, en dépit de la civilisation contemporaine du « village global », en Afrique comme ailleurs dans le monde, l’esprit de dialogue, de paix et de réconciliation est loin d’habiter le cœur de tous les hommes. Les guerres, les conflits, les attitudes racistes et xénophobes dominent encore trop le monde des relations humaines.
L’Église en Afrique éprouve la nécessité de devenir pour tous un lieu d’une authentique
réconciliation, grâce au témoignage rendu par ses fils et ses filles. Ainsi, pardonnés et réconciliés, ceux-ci pourront apporter au monde le pardon et la réconciliation que le Christ, qui est notre Paix (cf. Ep
Ep 2,14), offre à l’humanité par son Église. Faute de quoi, le monde ressemblera toujours davantage à un champ de bataille, où ne comptent que les intérêts égoïstes et où règne la
loi de la force qui éloigne l’humanité de la
civilisation de l’Amour espérée.
II. La famille
Évangéliser la famille
80. « L’avenir du monde et de l’Église passe par la famille ».
[155] En effet, non seulement la famille est la première cellule de la communauté ecclésiale vivante, mais aussi celle de la société. En Afrique en particulier, la famille représente le premier pilier de l’édifice social. C’est pourquoi le Synode considère l’évangélisation de la famille africaine comme une des priorités majeures, si l’on veut qu’elle assume à son tour le rôle de
sujet actif dans la perspective de l’évangélisation des familles par les familles.
Du point de vue pastoral, cela constitue un réel défi, étant donné les difficultés d’ordre politique, économique, social et culturel auxquelles les foyers doivent faire face en Afrique, dans le cadre des mutations importantes de la société contemporaine. Tout en adoptant des valeurs positives de la modernité, la famille africaine devra préserver ses valeurs essentielles.
La Sainte Famille comme modèle
81. À ce propos, la Sainte Famille, qui selon l’Évangile (cf.
Mt 2,14-15), a vécu quelque temps en Afrique, est le
« prototype et l’exemple de toutes les familles chrétiennes »,
[156] « le modèle et la source spirituelle » pour toute famille chrétienne.
[157]
Pour reprendre les paroles du Pape Paul VI, pèlerin en Terre sainte, « Nazareth est l’école où l’on commence à comprendre la vie de Jésus : l’école de l’
Évangile.[...] À cette école, on comprend la nécessité d’avoir une discipline spirituelle, si l’on veut [...] devenir disciple du Christ ».
[158] Dans sa profonde méditation sur le mystère de Nazareth, Paul VI invite à recueillir une leçon de
silence, une leçon de
vie familiale, une leçon de
travail. Dans la maison de Nazareth, chacun vit sa mission en parfaite harmonie avec celle des autres membres de la Sainte Famille.
Dignité et rôle de l’homme et de la femme
82. La dignité de l’homme et de la femme provient du fait que, quand Dieu créa l’homme, «
à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa » (
Gn 1,27). Autant l’homme que la femme sont créés « à la ressemblance de Dieu », c’est-à-dire doués d’intelligence et de volonté et, dès lors, de liberté, ce que montre le récit sur le péché des premiers parents (cf. Gn
Gn 3). Le psalmiste chante en ces termes la dignité incomparable de l’homme : « À peine le fis-tu moindre qu’un dieu ; tu le couronnes de gloire et de beauté pour qu’il domine sur l’œuvre de tes mains ; tout fut mis par toi sous ses pieds » (
Ps 8,6-7).
Créés l’un et l’autre à la ressemblance de Dieu, l’homme et la femme, quoique différents, sont
essentiellement égaux du point de vue de l’humanité. « Depuis le début, tous les deux sont des personnes, à la différence des autres êtres vivants du monde qui les entoure. La femme est un autre "moi" dans leur commune humanité »,
[159] et chacun est une aide pour l’autre (cf. Gn
Gn 2,18-25).
« En créant l’être humain "homme et femme", Dieu donne la dignité personnelle d’une manière égale à l’homme et à la femme, en les enrichissant des droits inaliénables et des responsabilités propres à la personne humaine ».
[160] Le Synode a déploré des coutumes et des pratiques africaines « qui privent les femmes de leurs droits et du respect qui leur est dû »
[161] et a demandé que l’Église en Afrique s’efforce de promouvoir la sauvegarde de ces droits.
Dignité et rôle du Mariage
83. Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, est Amour (cf.
1Jn 4,8). « La communion entre Dieu et les hommes trouve son accomplissement définitif en Jésus Christ, l’époux qui aime et qui se donne comme Sauveur de l’humanité en se l’unissant comme son corps. Il révèle la vérité originelle du Mariage, la vérité du "commencement" et, en libérant l’homme de la dureté du cœur, le rend capable de la réaliser entièrement. Cette révélation parvient à la plénitude définitive dans le don d’amour que le Verbe de Dieu fait à l’humanité en assumant la nature humaine et dans le sacrifice que Jésus Christ fait de lui-même sur la Croix pour son Épouse, l’Église. Dans ce sacrifice se manifeste entièrement le dessein que Dieu a imprimé dans l’humanité de l’homme et de la femme depuis leur création (cf.
Ep 5,32-33) ; le Mariage des baptisés devient ainsi
le symbole réel de l’Alliance nouvelle et éternelle, scellée dans le sang du Christ ».
[162]
L’amour mutuel de l’époux et de l’épouse baptisés représente l’Amour du Christ et de l’Église. Signe de cet Amour du Christ, le Mariage est un
sacrement de la Nouvelle Alliance : « Les époux sont pour l’Église le
rappel permanent de ce qui est advenu sur la Croix. Ils sont l’un pour l’autre et pour leurs enfants des
témoins du salut dont le sacrement les rend participants. Le Mariage, comme tout sacrement, est un mémorial, une actualisation et une prophétie de l’événement du salut ».
[163]
Il est donc un état de vie, une voie de sainteté chrétienne, une vocation qui doit conduire à la résurrection glorieuse et au Royaume, où l’« on ne prend ni femme ni mari » (
Mt 22,30). C’est pourquoi le Mariage suppose un amour indissoluble ; grâce à sa stabilité, il peut contribuer efficacement à la pleine réalisation de la vocation baptismale des époux.
Sauver la famille africaine
84. Un grand nombre d’interventions dans la salle du Synode ont fait état des menaces qui pèsent sur la famille africaine aujourd’hui. Les inquiétudes des Pères synodaux étaient d’autant plus justifiées que le document préparatoire d’une conférence des Nations Unies, qui devait se tenir au mois de septembre au Caire, en terre africaine, semblait de toute évidence vouloir adopter des résolutions qui contrediraient de nombreuses valeurs familiales africaines. Aussi, faisant leurs mes propres préoccupations exprimées à cette conférence ainsi qu’à tous les chefs d’État du monde,
[164] ils lancèrent un pressant appel, pour que soit sauvée la famille africaine : « Ne laissez pas bafouer la famille africaine sur sa propre terre ! Ne laissez pas l’Année internationale de la Famille devenir l’année de la destruction de la Famille ! »,
[165] s’écrièrent-ils.
La famille ouverte à la société
85. Le Mariage, de par sa nature, transcende le couple, puisqu’il a pour mission spéciale de perpétuer l’humanité. De même, par nature, la famille dépasse les limites du foyer : elle est orientée vers la société. « La famille a des liens organiques et vitaux avec la société parce qu’elle en constitue le fondement et qu’elle la sustente sans cesse en réalisant son service de la vie : c’est au sein de la famille, en effet, que naissent les citoyens et dans la famille qu’ils font le premier apprentissage des vertus sociales, qui sont pour la société l’âme de sa vie et de son développement. Ainsi donc, en raison de sa nature et de sa vocation, la famille, loin de se replier sur elle-même, s’ouvre aux autres familles et à la société et remplit son rôle social ».
[166]
Dans cet ordre d’idées, l’Assemblée spéciale pour l’Afrique affirme que la finalité de l’évangélisation est d’édifier l’Église Famille de Dieu, anticipation, bien qu’imparfaite, du Royaume sur la terre. Les familles chrétiennes d’Afrique deviendront alors de véritables « Églises domestiques », contribuant au progrès de la société vers une vie plus fraternelle. Ainsi s’opérera la transformation des sociétés africaines par l’Évangile.
CHAPITRE V : « VOUS SEREZ MES TÉMOINS » EN AFRIQUE
Témoignage et sainteté
86. Tous les défis signalés jusqu’à présent montrent combien l’Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques était opportune : la tâche de l’Église en Afrique est immense, tous doivent y collaborer. Le
témoignage en est l’élément central. Le Christ interpelle ses disciples en Afrique et leur donne le mandat qu’il confia aux Apôtres le jour de l’Ascension : « Vous serez mes témoins » (
Ac 1,8) en Afrique.
87. L’annonce de la Bonne Nouvelle par la parole et par les actes ouvre les cœurs au désir de
la sainteté, à la configuration au Christ. Saint Paul, dans sa première Lettre aux Corinthiens, s’adresse « à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus, appelés à être saints avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de Jésus Christ notre Seigneur » (1, 2). La prédication de l’Évangile a pour but également de construire l’Église de Dieu, dans la perspective de la royauté que le Christ remettra au Père à la fin des temps (cf. 1 Co
1Co 15,24).
« L’entrée dans le Royaume de Dieu demande une transformation de mentalité (
metanoia)et de comportement et une vie de témoignage en paroles et en actes, nourrie au sein de l’Église par la réception des sacrements, particulièrement l’Eucharistie, le sacrement du salut ».
[167]
L’inculturation par laquelle la foi pénètre la vie des personnes et de leurs communautés d’origine est aussi une voie vers la sainteté. D’une manière analogue à l’Incarnation où le Christ a assumé l’humanité à l’exception du péché, par l’inculturation le message chrétien assimile les valeurs de la société à laquelle il est annoncé, écartant ce qui est marqué par le péché. Si une communauté ecclésiale sait intégrer les valeurs positives d’une culture déterminée, elle sera l’instrument de leur ouverture à la sainteté chrétienne. Une inculturation conduite avec sagesse purifie et élève les cultures des différents peuples.
De ce point de vue,
la liturgie est appelée à jouer un rôle important. En tant que manière efficace de proclamer et de vivre les mystères du salut, elle peut réellement contribuer à élever et à enrichir les manifestations spécifiques de la culture d’un peuple déterminé. Suivant des modèles artistiques de valeur, il reviendra donc à l’autorité compétente de veiller à l’inculturation des éléments liturgiques qui, à la lumière des normes en vigueur, peuvent être modifiés.
[168]
I. Agents de l’évangélisation
88. L’évangélisation a besoin d’agents. Car « comment invoquer [le Seigneur] sans d’abord croire en Lui ? Comment croire sans d’abord L’entendre ? Et comment entendre sans prédicateur ? Et comment prêcher sans être d’abord envoyé ? » (
Rm 10,14-15). L’annonce de l’Évangile ne peut se réaliser pleinement que grâce à la contribution de tous les croyants, à tous les niveaux de l’Église universelle et locale.
Il revient à cette dernière, c’est-à-dire à l’Église particulière placée sous la responsabilité de l’évêque, de coordonner les activités de l’évangélisation, en rassemblant les fidèles, en les confirmant dans la foi grâce aux prêtres et aux catéchistes, en les soutenant dans l’accomplissement de leurs missions respectives. À cette fin, le diocèse veillera à instituer les structures nécessaires de rencontre, de dialogue et d’organisation. En s’appuyant sur elles, l’évêque pourra orienter utilement le travail des prêtres, des religieux, des religieuses et des laïcs, respectant les dons et les charismes de chacun, pour les mettre au service d’une pastorale adaptée et dynamique. À cet égard, les différents conseils prévus par le droit canonique seront d’une grande utilité.
Communautés ecclésiales vivantes
89. Les Pères ont reconnu d’emblée que l’Église Famille ne pourra donner sa pleine mesure d’Église que si elle se ramifie en communautés suffisamment petites pour permettre des relations humaines étroites. Ces communautés ont été caractérisées de manière synthétique par l’Assemblée : elles devront être d’abord les lieux de leur propre évangélisation, pour porter ensuite la Bonne Nouvelle aux autres ; elles devront donc être des lieux de prière et d’écoute de la Parole de Dieu, de responsabilisation des membres eux-mêmes, d’apprentissage de la vie en Église, de réflexion sur les divers problèmes humains à la lumière de l’Évangile. Et surtout on s’y efforcera de vivre l’amour universel du Christ, qui surpasse les barrières des solidarités naturelles des clans, des tribus ou d’autres groupes d’intérêt.
[169]
Laïcat
90. On aidera les laïcs à prendre de plus en plus conscience de leur rôle dans l’Église et à honorer ainsi leur mission de baptisés et de confirmés, suivant l’enseignement de l’exhortation apostolique post-synodale
Christifideles laïci[170] et de l’encyclique
Redemptoris missio.
[171] On formera les laïcs à cette fin grâce à la mise sur pied d’écoles ou de centres de formation biblique et pastorale. Dans le même ordre d’idées, les décideurs chrétiens seront soigneusement préparés à leurs tâches politiques, économiques et sociales par une solide formation à la doctrine sociale de l’Église, pour être des témoins fidèles dans leur milieu d’action.
[172]
Catéchistes
91. « Le rôle des catéchistes a été et demeure déterminant dans l’implantation et l’expansion de l’Église en Afrique. Le Synode recommande que les catéchistes non seulement bénéficient d’une parfaite formation initiale [...], mais aussi continuent à recevoir une formation doctrinale, ainsi qu’un soutien moral et spirituel ».
[173] Autant les évêques que les prêtres suivront attentivement leurs catéchistes et veilleront à ce qu’ils jouissent de conditions de vie et de travail dignes, pour le bon accomplissement de leur mission. Au sein de la communauté chrétienne, leur charge sera reconnue et honorée.
La famille
92. Le Synode a lancé explicitement un appel pour que chaque famille chrétienne africaine devienne « un lieu privilégié de témoignage évangélique »,
[174] une véritable « Église domestique »,
[175] une communauté qui croit et qui évangélise,
[176] une communauté en dialogue avec Dieu
[177] et une communauté prête à servir l’homme avec générosité
[178] « C’est au sein de la famille que les parents sont "par la parole et par l’exemple [...] pour leurs enfants les premiers hérauts de la foi"« .
[179] « C’est ici que s’exerce de façon privilégiée le
sacerdoce baptismal du père de famille, de la mère, des enfants, de tous les membres de la famille, "par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâce, le témoignage d’une vie sainte, et par leur renoncement et leur charité effective". Le foyer est ainsi la première école de vie chrétienne et une "école d’enrichissement humain"« .
[180]
Les parents veilleront à l’éducation chrétienne de leurs enfants. Avec l’aide de familles chrétiennes solides, épanouies et dévouées, les diocèses planifieront l’apostolat familial dans le cadre de la pastorale d’ensemble. En tant qu’« Église domestique », construite sur les bases culturelles solides et les riches valeurs de la tradition familiale africaine, la famille chrétienne est appelée à être une cellule puissante de témoignage chrétien, dans la société marquée par des mutations rapides et profondes. Le Synode a ressenti cette interpellation avec une urgence particulière dans le contexte de l’Année de la Famille que l’Église célébrait alors en union avec l’ensemble de la communauté internationale.
Jeunes
93. L’Église en Afrique sait bien que la jeunesse n’est pas seulement le présent mais surtout l’avenir de l’humanité. Il faut donc aider les jeunes à vaincre les obstacles à leur épanouissement, tels que l’analphabétisme, le désœuvrement, la faim et la drogue.
[181] Et pour affronter ces défis, on appellera les jeunes à être évangélisateurs de leur milieu. Personne ne le sera mieux qu’eux. Il est nécessaire que la
pastorale de la jeunesse soit explicitement présente dans la pastorale d’ensemble des diocèses et des paroisses, de manière à fournir aux jeunes l’occasion de découvrir très tôt la valeur du don de soi, chemin primordial pour l’épanouissement de la personne ».
[182] À ce propos, la célébration de la Journée mondiale des Jeunes se présente comme un moyen privilégié de pastorale de la jeunesse contribuant à leur formation par la prière, l’étude et la réflexion.
Hommes et femmes consacrés
94. « Dans une Église Famille de Dieu, la
vie consacrée a un rôle particulier, non seulement pour indiquer à tous l’appel à la sainteté, mais aussi pour témoigner de la vie fraternelle dans la communauté. Par conséquent les consacrés sont invités à répondre à la vocation à laquelle ils sont appelés, dans un esprit de communion et de collaboration avec leurs évêques respectifs, le clergé et les laïcs ».
[183]
Dans les circonstances actuelles de la mission en Afrique, il est urgent de promouvoir les vocations religieuses de vie contemplative et active, choisies avec un grand discernement. On leur ménagera une solide formation humaine, spirituelle et doctrinale, apostolique et missionnaire, biblique et théologique. Cette formation sera renouvelée au cours des années, de manière continue et régulière. Pour la fondation de nouveaux Instituts religieux, on procédera avec une grande prudence et un discernement attentif, en se référant aux critères indiqués par le Concile Vatican II et aux normes canoniques en vigueur.
[184] Une fois fondés, on les aidera à acquérir leur personnalité juridique et à jouir de leur autonomie dans les finances et les œuvres propres.
L’Assemblée synodale, après avoir demandé aux « Instituts religieux qui n’ont pas de maisons en Afrique » de ne pas se sentir autorisés à y « chercher de nouvelles vocations sans un dialogue préalable avec l’Ordinaire du lieu »,
[185] a ensuite exhorté les responsables des Églises locales, de même que ceux des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique, à promouvoir entre eux le dialogue, afin de créer, dans l’esprit de l’Église Famille, des groupes mixtes de concertation comme témoignage de fraternité et signe d’unité au service de la mission commune.
[186] Dans cette perspective, j’ai aussi reçu l’invitation des Pères synodaux à réviser, si c’est nécessaire, certains points du document
Mutuae relationes,
[187] pour une meilleure définition de la place de la vie religieuse dans l’Église locale.
[188]
Futurs prêtres
95. « Aujourd’hui plus que jamais - ont affirmé les Pères synodaux -, l’on aura soin de former nos
futurs prêtres aux vraies valeurs culturelles de leur pays, au sens de l’honnêteté, de la responsabilité et de la parole donnée. Ils seront formés de manière à revêtir les qualités de représentants du Christ, de vrais serviteurs et animateurs des communautés chrétiennes [...], de manière à être des prêtres spirituellement solides et disponibles, dévoués à la cause de l’Évangile, capables de gérer avec transparence les biens de l’Église, et de mener une vie simple en conformité avec leur milieu ».
[189] Tout en respectant les traditions propres aux Églises orientales, que les séminaristes soient formés de manière à ce qu’ils « acquièrent une maturité affective et qu’ils aient des idées claires et une conviction intime sur l’indissociabilité du célibat et de la chasteté du prêtre » ;
[190] en outre, « qu’ils reçoivent une formation adéquate sur le sens et la place de la consécration au Christ dans le sacerdoce ».
[191]
Diacres
96. Là où les conditions pastorales se prêtent à l’estime et à la compréhension de ce ministère antique dans l’Église, les Conférences et les Assemblées épiscopales étudieront la manière la plus adaptée de promouvoir et d’encourager le diaconat permanent « comme ministère ordonné et aussi comme agent d’évangélisation ».
[192] Et, là où les diacres existent déjà, on fera en sorte qu’ils bénéficient d’une mise à jour méthodique et complète de leur formation.
Prêtres
97. Profondément reconnaissant à tous les prêtres, diocésains et membres d’Instituts, pour l’œuvre apostolique qu’ils accomplissent, et conscient des exigences de l’évangélisation des peuples d’Afrique et de Madagascar, le Synode a exhorté les prêtres à « la fidélité à leur vocation, dans un don total à leur mission et en pleine communion avec leur évêque ».
[193] Quant aux évêques, ils veilleront à la formation permanente des prêtres, notamment dans les premières années de ministère,
[194] et ils les aideront en particulier à approfondir le sens du célibat et à y persévérer dans une adhésion fidèle, « en reconnaissant la grandeur de ce don que le Père leur a accordé et que le Seigneur exalte si ouvertement, et en ayant devant les yeux les grands mystères signifiés et réalisés par le célibat ».
[195] Dans cette formation, on sera aussi attentif aux saines valeurs du milieu de vie des prêtres. Il convient de rappeler en outre que le Concile Vatican II a encouragé les prêtres à « une certaine vie commune », ou à une certaine communauté de vie, dans les différentes formes répondant à leurs besoins concrets personnels et pastoraux. Cela contribuera à favoriser la vie spirituelle et intellectuelle, l’action apostolique et pastorale, la charité et la sollicitude réciproques, en particulier à l’égard des prêtres âgés, malades ou en difficulté.
[196]
Évêques
98. Les évêques eux-mêmes prendront grand soin de paître l’Église que Dieu s’est acquise par le sang de son propre Fils en accomplissant la charge que l’Esprit Saint leur a conférée (cf. Ac
Ac 20,28). Suivant la recommandation conciliaire, ils « s’appliquent à leur charge apostolique comme des témoins du Christ devant tous les hommes ».
[197] En collaboration confiante avec le presbytérium et les autres agents pastoraux, ils exercent personnellement l’irremplaçable service de l’unité dans la charité, en remplissant avec sollicitude leurs fonctions d’enseignement, de sanctification et de gouvernement pastoral. En outre, ils ne manqueront pas d’approfondir leur culture théologique et de fortifier leur vie spirituelle, en prenant part, autant que possible, aux sessions d’
aggiornamento et de formation organisées par les Conférences épiscopales ou le Siège apostolique.
[198] Ils se rappelleront en particulier que, selon la remarque de saint Grégoire le Grand, le pasteur est la lumière de ses fidèles, avant tout par une conduite morale exemplaire et empreinte de sainteté.
[199]
II. Structures d’évangélisation
99. Il est heureux et réconfortant de constater que « les fidèles laïcs sont de plus en plus associés à la mission de l’Église en Afrique et à Madagascar », grâce notamment « au dynamisme des mouvements d’action catholique, des associations d’apostolat, et des nouveaux mouvements de spiritualité. Les Pères du Synode ont vivement souhaité que cet élan se poursuive et se développe à tous les niveaux du laïcat, qu’il s’agisse des adultes, des jeunes ou des enfants ».
[200]
Paroisses
100. La paroisse est par nature le milieu de vie et le lieu de culte habituel des fidèles, où ceux-ci peuvent exprimer et mettre en œuvre les initiatives que la foi et la charité chrétiennes de la communauté des croyants suggèrent. Elle est le lieu où se manifeste
la communion des divers groupes et mouvements qui doivent y trouver soutien spirituel et appui matériel. Prêtres et laïcs veilleront à ce que la vie de la paroisse soit harmonieuse, dans le cadre d’une Église Famille où tous sont « assidus à l’enseignement des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (
Ac 2,42).
Mouvements et associations
101. L’union fraternelle pour un témoignage vivant de l’Évangile sera aussi la finalité des mouvements apostoliques et des associations à caractère religieux. Les fidèles laïcs y trouvent, en effet, une occasion privilégiée d’être le levain dans la pâte (cf. Mt
Mt 13,33), notamment en ce qui concerne la gestion du temporel selon Dieu et le combat pour la promotion de la dignité humaine, la justice et la paix.
Écoles
102. « Les écoles catholiques sont à la fois lieux d’évangélisation, d’éducation intégrale, d’inculturation et d’apprentissage du dialogue de vie entre jeunes de religions et de milieux sociaux différents ».
[201] Aussi l’Église en Afrique et à Madagascar s’emploiera-t-elle à promouvoir « l’école pour tous »
[202] dans le cadre de l’école catholique, sans négliger « l’éducation chrétienne des élèves des écoles non catholiques. Aux universitaires doit être dispensé un programme de formation religieuse correspondant à leur niveau d’étude ».
[203] Tout cela suppose la formation humaine, culturelle et religieuse des éducateurs eux-mêmes.
Universités et Instituts supérieurs
103. « Les Universités et les Instituts supérieurs catholiques en Afrique ont un rôle important à jouer dans la proclamation de la Parole salvifique de Dieu. Ils sont un signe de la croissance de l’Église en tant qu’ils intègrent dans leurs recherches les vérités et les expériences de la foi, et aident à les intérioriser. Ils sont ainsi au service de l’Église en lui fournissant du personnel bien préparé ; en étudiant des questions théologiques et sociales d’importance ; en développant la théologie africaine ; en promouvant le travail d’inculturation spécialement dans la célébration liturgique ; en publiant des livres et en diffusant la pensée catholique ; en entreprenant toutes recherches que leur confient les évêques et en contribuant à une étude scientifique des cultures ».
[204]
En ces temps de bouleversements sociaux généralisés sur le continent, la foi chrétienne peut apporter un éclairage utile à la société africaine. «
Les centres culturels catholiques offrent à l’Église des possibilités de présence et d’action dans le champ des mutations culturelles. Ils constituent, en effet, des forums publics qui permettent de faire connaître très largement, dans un dialogue créatif, les convictions chrétiennes sur l’homme, la femme, la famille, le travail, l’économie, la société, la politique, la vie internationale, l’environnement ».
[205] Ils sont ainsi des lieux d’écoute, de respect et de tolérance.
Moyens matériels
104. Dans cette perspective, les Pères synodaux ont souligné qu’il est nécessaire que toute communauté chrétienne soit en mesure de pourvoir par elle-même, autant que possible, à ses propres besoins.
[206] L’évangélisation requiert donc, outre les moyens humains, des moyens matériels et financiers substantiels, dont bien souvent les diocèses sont loin de disposer dans des proportions suffisantes. Il est donc urgent que les Églises particulières d’Afrique se fixent pour objectif d’arriver au plus tôt à pourvoir elles-mêmes à leurs besoins et à assurer leur autofinancement. Par conséquent, j’invite instamment les Conférences épiscopales, les diocèses et toutes les communautés chrétiennes des Églises du continent, chacune en ce qui la concerne, à faire diligence pour que cet autofinancement devienne de plus en plus effectif. Par ailleurs, j’adresse un appel aux Églises-sœurs du monde pour qu’elles soutiennent plus généreusement les OEuvres pontificales missionnaires et que, à travers leurs organismes d’aide, puissent être consentis aux diocèses dans le besoin des financements destinés à des projets d’investissement capables de produire des ressources, en vue de l’autofinancement progressif de nos Églises.
[207] Il ne faut d’ailleurs pas oublier qu’une Église ne peut arriver à l’autosuffisance matérielle et financière que dans la mesure où le peuple qui lui est confié ne subit pas une misère extrême.